Article N° 6416

COQUELUCHE

Un séminaire dédié à la surveillance épidémiologique de la coqueluche tenu à Casablanca

Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2019 07:51

La capitale économique a abrité le 25 juin dernier un séminaire atelier sur la surveillance épidémiologique de la coqueluche. Pour animer cette rencontre, la Société marocaine d’infectiologie pédiatrique et de vaccinologie (SOMIPEV) a fait appel au Pr Nicole Guisou, experte internationale et spécialiste dans le domaine de la vaccinologie et la surveillance de la coqueluche.

Le Pr Nicole Guisou a rappelé que même si la situation épidémiologique de la coqueluche a été largement réduite, elle reste endémique dans tous les pays du monde avec une émergence de foyers épidémiques de temps à autre.

Elle a également mis en exergue l’intérêt de surveiller la charge de morbidité et l’impact du programme de vaccination contre cette maladie. D’après cette experte, ceci peut être assuré grâce à la mise en place d’un réseau de surveillance pédiatrique à l’image du réseau RENACOQ mis en place en France dès 1996. Ce réseau implique 43 centres hospitaliers pédiatriques représentant 30% de l’hospitalisation française.

Le Pr Nicole Guisou a aussi rappelé à l’assistance que les vaccins anticoquelucheux renferment des antigènes du germe entier ou un nombre variable d’éléments acellulaires purifiés. De ce fait, les vaccins disponibles présentent des différences et parfois leur efficacité peut être remise en question. C’est pour cette raison qu’il est primordial d’adapter régulièrement la stratégie vaccinale à la situation épidémiologique du pays et prévoir une pharmacovigilance adaptée. Il est aussi nécessaire de tenir compte d’autres facteurs comme les changements des vaccins et les recommandations vaccinales.

Le responsable du Plan national d’immunisation (PNI) a pour sa part indiqué que la vaccination contre la coqueluche au Maroc fait appel aux vaccins combinés pré-qualifiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et dont l’acquisition se fait à travers une collaboration avec l’Unicef.

Il a aussi rappelé que le PNI prévoit l’administration de trois doses : 2e, 3e et 4e mois avec un rappel le 18e mois et à l’âge de 5 ans.

Ce calendrier est en vigueur depuis une dizaine d’années et il devient, de ce fait, nécessaire de la faire évoluer.

Ce responsable a aussi indiqué que la couverture vaccinale de la coqueluche dépasse et se maintient largement à plus de 97% de la cible. Il est cependant difficile d’atteindre l’objectif de 83% pour les enfants de 5 ans.

Il a terminé son intervention en insistant sur l’importance de mener une surveillance épidémiologique adéquate et/ou des études évaluatives, comme il a évoqué le problème de sous-déclaration des évènements indésirables.

En conclusion de ce conclave, les membres de la SOMIPEV se sont mis d’accord pour adopter une surveillance multicentrique dont la finalité est d’apprécier la charge de morbidité et l’épidémiologie de la coqueluche au Maroc. Cette surveillance constitue un élément clef pour choisir le vaccin à utiliser et le protocole de vaccination. Cette surveillance qui sera mise en place dès le mois de septembre prochain s’appuiera sur les cas de coqueluche avec confirmation biologique diagnostiquée chez les enfants hospitalisés dans les CHU de Casablanca, Fès, Marrakech, Oujda, Rabat et Tanger. Une collaboration la plus étroite possible avec le système national de surveillance épidémiologique et le PNI sera privilégiée dans ce cadre. Pour réussir cette surveillance, des binômes pédiatre-biologiste au niveau de chaque CHU ont été formés séance tenante pour coordonner cette surveillance.

Source : SOMIPEV

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