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RÉPERTOIRE MAROCAIN DES MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES
LEEM : FRACTURE
Cette décision marque une fracture majeure au sein du secteur et débouche sur la création d’une nouvelle structure de représentation, qui serait selon ses initiateurs comme plus “agile” et à même de mieux dialoguer avec les pouvoirs publics français et européens. L’objectif affiché est de défendre plus fermement l’innovation, la compétitivité industrielle et la souveraineté
Cette scission révèle un profond désaccord stratégique. Le LEEM, qui regroupe près de 280 entreprises et représente environ 80000 emplois, rassemble des acteurs très divers, allant des PME aux multinationales. Selon les laboratoires dissidents, cette diversité aurait progressivement dilué la défense des intérêts spécifiques des industriels fortement implantés en France, notamment ceux disposant de sites de production ou de recherche et développement sur le territoire français. La nouvelle structure souhaite précisément fédérer ce type d’acteurs afin de peser davantage dans les débats politiques et économiques.
RICIN : ANTIDOTE
PHARMACIE : FERMETURE DEFINITIVE
Selon les données récemment publiées par le GERSData, entre 2015 et 2025, le nombre d’officines a reculé de 10,9 % au niveau national, soit environ 2500 pharmacies qui ont cessé leurs activités en dix ans. L’année 2025 s’inscrit dans cette même tendance, avec un rythme moyen d’environ vingt fermetures par mois, ce qui représente près de 250 officines par an. D’après les projections, cette érosion devrait se poursuivre dans les prochaines années avant d’atteindre une phase de stabilisation autour de 17000 officines à l’horizon 2035.
LEMM - PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE
Autres articles
Le Conseil de la Concurrence a présenté, le 5 janvier 2026, aux représentants des pharmaciens ses recommandations concernant la distribution du médicament au détail. Considérant que les règles actuelles de détention du capital des officines constitueraient un frein à leur développement, le Conseil plaide notamment pour une ouverture encadrée du monopole de propriété des pharmacies, afin de favoriser les nouvelles installations et de soutenir la modernisation du réseau officinal. L’ouverture du capital des pharmacies à des non-pharmaciens s’installe ainsi progressivement dans le débat public, présentée comme une réforme moderne,pragmatique, et parfois même comme une évolution inéluctable. Pourtant, au-delà de ses dimensions juridique et économique, cette réforme pose une question fondamentale : elle engage un choix disruptif et structurant pour l’avenir de la profession pharmaceutique et pour la place de la pharmacie d’officine dans l’organisation des soins. Elle ne peut donc être appréciée qu’en prenant en considération l’intérêt général et la mission de santé publique confiée au pharmacien. Derrière cette apparente évidence se cache une interrogation essentielle, déjà posée à maintes reprises : quelle pharmacie voulons-nous pour le Maroc ? Il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique, mais d’un véritable choix de société, susceptible de transformer durablement l’exercice officinal et le rôle du pharmacien dans le système de santé. Les expériences internationales montrent que l’ouverture du capital n’est ni une solution miracle ni un danger en soi. Dans certains pays, elle a permis des investissements, une modernisation des outils et l’émergence de réseaux structurés. Dans d’autres, elle a favorisé une concentration excessive, une pression commerciale accrue et une banalisation progressive de l’acte pharmaceutique. La différence tient essentiellement à un élément clé : la qualité de la régulation et la solidité des garde-fous. Le Maroc présente, à cet égard, une réalité spécifique qu’il serait imprudent d’ignorer. Le réseau officinal repose majoritairement sur de petites et moyennes pharmacies indépendantes, souvent économiquement fragiles, mais essentielles sur le plan sanitaire. Elles assurent un maillage territorial irremplaçable, une proximité avec le patient et une continuité des soins, notamment dans les zones les moins favorisées.Une ouverture du capital insuffisamment encadrée risquerait d’instaurer une concurrence profondément déséquilibrée entre des structures fortement capitalisées et les officines de proximité. À terme, cette dynamique pourrait conduire à une concentration du réseau et à une remise en cause du maillage sanitaire actuel. Il est important de rappeler que les pharmaciens ne sont pas opposés à l’évolution du modèle officinal. Ils font déjà face à de nombreux défis: pression économique, érosion des marges, concurrence déloyale, hausse des charges et effritement du monopole,etc. Mais les réponses à ces difficultés ne peuvent se faire au détriment de l’indépendance professionnelle du pharmacien et de son rôle décisionnel. L’enjeu central de cette réforme réside précisément dans cette indépendance. Une gouvernance dominée par des logiques exclusivement financières pourrait fragiliser l’équilibre entre performance économique et mission de santé publique. Le conseil pharmaceutique et l’intérêt du patient doivent rester au cœur de l’exercice officinal. Si cette réforme devient inéluctable, elle devrait obligatoirement s’accompagner de principes clairs et de garde-fous solides : maintien du pharmacien comme actionnaire majoritaire et décideur, encadrement strict de la concentration, interdiction de toute intégration verticale avec l’industrie ou la distribution, et respect absolu de l’indépendance déontologique. Des mécanismes de soutien ciblés devront également être prévus pour préserver les pharmacies de proximité, en particulier dans les zones fragiles. À défaut de telles garanties, les bénéfices économiques à court terme pourraient se payer, à moyen ou long terme, par des déséquilibres structurels préjudiciables à la profession et auxpatients. La pharmacie d’officine n’est pas une entreprise commerciale ordinaire. Elle demeure un pilier du système de santé, porté par un professionnel de santé responsable, au service de la population. Réformer et moderniser le réseau officinal sont des objectifs légitimes. Ils doivent toutefois s’inscrire dans une vision globale, concertée et régulée, où la primauté de l’intérêt sanitaire reste non négociable, afin d’engager des réformes durables que le système de santé marocain n’aura pas à regretter. Abstract The proposed opening of pharmacy ownership to non-pharmacists has emerged as a key reform in Morocco’s pharmaceutical policy debate. While presented as a driver of modernization and investment, this reform raises fundamental questions about the future role of community pharmacies and pharmacists’ professional independence. International experiences show that outcomes largely depend on the strength of regulation and safeguards. In Morocco’s fragile and proximity-based pharmacy network, insufficiently regulated capital opening could lead to excessive concentration and weakened public health missions. Any reform must therefore prioritize patient interest, professional autonomy, and robust regulatory protections.
Abderrahim Derraji - 09 janvier 2026 12:00L’enquête de pharmacovigilance menée entre 2023 et 2025 en France sur les agonistes des récepteurs du GLP-1 (aGLP-1), utilisés dans la prise en charge du diabète et de l’obésité, confirme un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces médicaments sont prescrits et utilisés conformément aux recommandations et aux indications de leur autorisation de mise sur le marché. Les effets indésirables rapportés correspondent majoritairement à des effets déjà connus et bien documentés, en particulier les troubles gastro-intestinaux tels que les nausées, vomissements, diarrhées ou douleurs abdominales. Sur la période étudiée, 376 cas graves ont été déclarés en France, dans un contexte où environ 870 000 patients sont traités par des aGLP-1 pour le diabète. Parmi ces cas, 140 concernaient l’utilisation de ces médicaments dans l’indication de l’obésité. Dix-neuf décès ont été rapportés chez des patients exposés aux aGLP-1, sans qu’un lien de causalité direct avec ces traitements n’ait pu être établi à ce stade. Ces données ont été analysées et discutées au sein des comités scientifiques compétents de l’ANSM à l’automne 2025, confirmant la solidité du profil de sécurité connu. L’enquête met néanmoins en évidence des signaux de vigilance, notamment le risque potentiel de carences nutritionnelles associées à une perte de poids rapide et importante. Des situations de carence en fer avec anémie, de perte de masse musculaire plus marquée que lors d’un régime classique, ainsi que de complications neurologiques liées à un déficit sévère en vitamine B1 ont été signalées. Ces éléments justifient une surveillance renforcée et la nécessité de travailler en lien avec les sociétés savantes de nutrition et les centres spécialisés dans l’obésité afin d’élaborer des recommandations adaptées pour prévenir ces risques. Le rapport souligne également des cas rares d’exposition pendant la grossesse, sans signal de risque identifié pour la mère ou l’enfant à ce jour, tout en rappelant le manque de données disponibles. En conséquence, l’utilisation des aGLP-1 pendant la grossesse n’est pas recommandée et le traitement doit être interrompu en cas de découverte d’une grossesse. Un point particulièrement préoccupant concerne le mésusage des aGLP-1 à des fins de perte de poids. Trente-six cas d’effets indésirables liés à ce mésusage ont été recensés, dont vingt-cinq graves, souvent associés à des médicaments obtenus hors du circuit légal. Les complications rapportées incluent des vomissements sévères nécessitant une hospitalisation, des comas hypoglycémiques et des pancréatites aiguës, ainsi qu’un décès signalé ultérieurement dans un contexte similaire. L’ANSM rappelle avec force que les aGLP-1 sont des médicaments soumis à prescription et que leur utilisation en dehors du cadre médical expose à des risques graves, justifiant une vigilance continue et une surveillance renforcée.
Abderrahim Derraji - 09 janvier 2026 11:56Donald Trump a une nouvelle fois affirmé avoir exercé une pression directe sur Emmanuel Macron au sujet des prix des médicaments, en évoquant un échange téléphonique durant lequel il aurait menacé la France de droits de douane supplémentaires. En effet, lors d’un discours devant les républicains de la Chambre des représentants, au Kennedy Center de Washington, rebaptisé pour l’occasion Trump-Kennedy Center, le président américain a indiqué qu’il a essayé de contraindre le président français à augmenter les prix des médicaments vendus en France afin de permettre une baisse des prix aux États-Unis. Une version déjà évoquée en décembre et formellement démentie par l’Élysée. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait de la baisse du prix des médicaments une priorité politique, rappelant que les Américains paient en moyenne 2,5 fois plus que les Européens pour les traitements sur ordonnance, selon une étude de la Rand Corporation. Pour réduire cet écart, il a menacé à plusieurs reprises d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les médicaments brevetés importés, sauf si les laboratoires pharmaceutiques acceptaient de relocaliser leur production aux États-Unis. Selon sa logique, une baisse des prix sur le marché américain pourrait ainsi s’accompagner d’une hausse dans les autres pays. Dans son récit, Donald Trump affirme qu’Emmanuel Macron aurait fini par accepter cette hausse des prix, allant jusqu’à lui donner son accord en privé, tout en lui demandant de ne pas l’annoncer publiquement. Le président américain a également soutenu que tous les pays concernés auraient tenu un discours similaire. Il avait déjà tenu des propos comparables en décembre, prétendant avoir menacé la France de droits de douane de 25 % en cas de refus. Ces déclarations avaient alors été qualifiées d’infondées par l’Élysée, qui avait rappelé que le président français ne fixe pas le prix des médicaments et que ceux-ci sont restés globalement stables en France. En parallèle, plusieurs grands groupes pharmaceutiques, dont Pfizer, AstraZeneca, Merck et Sanofi, ont accepté de réduire le prix de certains traitements aux États-Unis en échange d’exemptions de droits de douane, illustrant la stratégie de pression commerciale menée par l’administration Trump sur l’industrie pharmaceutique.
Abderrahim Derraji - 09 janvier 2026 11:53Une avancée majeure vient redonner espoir aux personnes atteintes de drépanocytose au Sénégal. Pour la première fois, un médicament essentiel dans la prise en charge de cette maladie génétique est produit localement à Dakar. Il s’agit d’un générique de l’hydroxyurée, baptisé Drepaf, désormais disponible dans certaines pharmacies de la capitale. La drépanocytose constitue un véritable enjeu de santé publique au Sénégal, où des milliers d’enfants et d’adultes vivent avec cette maladie chronique, souvent marquée par des crises douloureuses, des complications sévères et une mortalité précoce. L’hydroxyurée est reconnue depuis plusieurs années comme un traitement de référence, capable de réduire la fréquence des crises et d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients. Toutefois, son coût et sa disponibilité limitaient jusqu’ici son accès pour une grande partie de la population. La production locale de Drepaf marque donc un tournant stratégique. Fabriqué par le laboratoire sénégalais Teranga Pharma, ce médicament ambitionne de rendre le traitement plus accessible, tant sur le plan économique que logistique. Dans un reportage réalisé à Dakar par le journaliste Elimane Ndao, patients, pharmaciens et acteurs de santé saluent une initiative qui répond à un besoin concret et longtemps négligé. Invité du Journal Télévisé Africain (JTA), Mouhamadou Sow, à la tête de Teranga Pharma, a insisté sur la portée symbolique et politique de ce projet. Selon lui, Drepaf s’inscrit dans une logique de souveraineté sanitaire, visant à réduire la dépendance du continent africain aux importations de médicaments essentiels. Au-delà du Sénégal, cette initiative pourrait ouvrir la voie à une production régionale et à une meilleure prise en charge de la drépanocytose en Afrique de l’Ouest. En combinant innovation industrielle, engagement sanitaire et vision souverainiste, Drepaf apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple médicament : un signal fort en faveur d’une santé africaine produite en Afrique, pour les patients africains.
Abderrahim Derraji - 09 janvier 2026 11:50Chaque fin d’année ramène avec elle son lot de bilans et de questions. Pour nous, pharmaciens d’officine, la plus persistante reste sans doute celle-ci : quelle pharmacie voulons-nous réellement pour demain ? Une question simple en apparence, mais lourde de sens, tant elle renvoie à notre quotidien, à nos difficultés, mais aussi à notre responsabilité collective. Une année s’achève, et force est de constater que les promesses faites à la profession n’ont, une fois de plus, pas été tenues. La pharmacie d’officine au Maroc continue de faire du surplace, pendant que des acquis essentiels en matière de régulation se sont progressivement effrités. Nous avons glissé, presque sans nous en rendre compte, d’une profession structurée et respectée vers un exercice fragilisé, parfois désorganisé, où la déontologie semble reléguée au rang de souvenir. Beaucoup d’entre nous regrettent ce temps où la confraternité n’était pas un mot creux, mais une réalité vécue au quotidien. Ce constat, largement partagé par un grand nombre de pharmaciens, ne doit pourtant pas nous condamner au fatalisme. Il est encore temps de redonner du sens à notre métier et de remettre la profession sur des bases solides. Mais cela suppose de regarder la réalité en face et d’oser poser les vrais problèmes. Le premier d’entre eux reste le respect du cadre juridique. Le médicament n’est pas un produit comme les autres, et son circuit de distribution ne peut être contourné par d’autres intervenants sans conséquences. Lorsque l’illégalité prospère, ce sont les pharmaciens respectueux des règles qui se retrouvent pénalisés. Défendre l’État de droit dans notre secteur, c’est défendre la sécurité sanitaire et la crédibilité de l’officine. Un autre enjeu majeur concerne la gouvernance de la profession. Comment accepter que la pharmacie soit privée d’instances élues capables de la représenter, de la réguler et de fixer un cap clair depuis 2019 ? L’absence de conseils de l’Ordre fonctionnels à 100% laisse le champ libre aux dérives et contraint les pharmaciens éthiques à cohabiter avec des pratiques qui ternissent l’image de l’ensemble de la profession. Pourtant, lorsque l’officine est exercée conformément à ses valeurs, elle demeure un pilier incontournable du système de santé. À cela s’ajoute la question cruciale de la rémunération. Notre modèle économique repose exclusivement sur les marges commerciales et des forfaits insignifiants sur les produits onéreux, alors même que les prix des médicaments baissent régulièrement. Sans rémunération des missions, des actes et des services rendus au patient, la pérennité de nombreuses officines est clairement menacée. Dans de nombreux pays, le pharmacien est reconnu et rémunéré pour son rôle clinique, éducatif et préventif. Pourquoi rester à l’écart de cette évolution inévitable ? Assumer ces nouvelles missions suppose également une formation continue de qualité, accessible et adaptée aux réalités du terrain. Le pharmacien d’officine doit rester un professionnel de santé compétent, formé, présent et responsable. L’exercice personnel n’est pas un luxe, mais une condition essentielle pour garantir la qualité du conseil et la sécurité du patient. Au fond, la question « Quelle pharmacie voulons-nous ? » nous renvoie à un choix collectif. Celui de subir les évolutions en silence ou de nous mobiliser pour construire un projet d’avenir crédible et fédérateur. Un projet qui place le pharmacien au cœur du parcours de soins et le patient au centre de nos priorités, loin de toute considération mercantile. Abstract This article reflects on the future of community pharmacy in Morocco, highlighting the growing gap between professional commitments and unfulfilled reforms. It examines the erosion of regulatory frameworks, professional governance, and ethical standards, alongside the economic fragility of the current remuneration model. The author argues for a renewed vision of pharmacy based on legal compliance, institutional legitimacy, and fair compensation for professional services. Emphasis is placed on continuous education and personal practice as prerequisites for quality care. Ultimately, the paper calls for collective action to place the pharmacist at the heart of patient-centered healthcare.
Abderrahim Derraji - 04 janvier 2026 20:25La récente décision du laboratoire danois Novo Nordisk de réduire significativement le prix de son médicament anti-obésité Wegovy® (sémaglutide) en Chine marque un tournant important dans la stratégie mondiale de lutte contre l’obésité. Dans plusieurs provinces chinoises, les autorités sanitaires ont validé une baisse pouvant atteindre près de 40 à 50 % sur certains dosages du produit, afin d’en améliorer l’accessibilité. Cette initiative intervient dans un contexte sanitaire préoccupant en Chine. Ce pays fait face à une augmentation rapide de la prévalence du surpoids et de l’obésité, liée à l’urbanisation, à la sédentarité et à l’évolution des habitudes alimentaires. Selon les autorités chinoises, plus de la moitié de la population adulte pourrait être en surpoids ou obèse à l’horizon 2030, faisant de cette pathologie un enjeu majeur de santé publique. La réduction de prix de Wegovy® répond également à des enjeux économiques et concurrentiels. Le marché chinois attire de plus en plus d’acteurs locaux développant des analogues du GLP-1 à moindre coût. Face à cette concurrence croissante, Novo Nordisk ajuste sa politique tarifaire afin de préserver ses parts de marché tout en s’alignant sur les objectifs des autorités, qui cherchent à contenir les dépenses de santé. Au-delà du cas chinois, cette décision envoie un signal fort à l’échelle internationale. Elle illustre la pression grandissante exercée sur les laboratoires innovants pour concilier rentabilité, accès aux soins et soutenabilité des systèmes de santé. Elle pourrait également inspirer d’autres pays, notamment émergents, à renégocier les prix de traitements innovants dans des indications à forte prévalence. Toutefois, cette baisse soulève aussi des interrogations. Certains observateurs craignent qu’une réduction trop marquée des prix dans certains marchés n’influence les stratégies de fixation des prix ailleurs, notamment en Europe ou dans les pays à revenu intermédiaire. D’autres s’interrogent sur l’impact à long terme sur l’innovation pharmaceutique. En définitive, la baisse du prix de Wegovy® en Chine illustre l’équilibre délicat entre innovation thérapeutique, accès équitable aux médicaments et régulation économique, dans un contexte où l’obésité est désormais reconnue comme une maladie chronique mondiale nécessitant des réponses coordonnées.
Abderrahim Derraji - 04 janvier 2026 20:19Malgré des années de débats politiques et de réformes visant à contenir le coût des médicaments, les prix de plus de 350 spécialités pharmaceutiques augmenteront aux États-Unis en 2026, selon des informations rapportées par Reuters. Cette hausse concerne des traitements largement utilisés, notamment certains vaccins (COVID-19, zona) ainsi que des médicaments anticancéreux, soulignant la persistance d’une inflation pharmaceutique dans le premier marché mondial du médicament. Depuis plusieurs années, les autorités américaines tentent de freiner la progression des dépenses de santé. L’Inflation Reduction Act (IRA), adopté sous l’administration Biden, a notamment introduit la possibilité pour Medicare de négocier les prix de certains médicaments coûteux. Toutefois, ces mesures restent limitées dans leur champ d’application et n’empêchent pas les laboratoires d’ajuster à la hausse les prix d’un grand nombre de produits, en particulier ceux qui ne sont pas encore concernés par la négociation directe. Les industriels justifient ces augmentations par plusieurs facteurs: hausse des coûts de production, inflation générale, investissements massifs en recherche et développement, mais aussi pressions liées aux exigences réglementaires et aux ruptures d’approvisionnement. Dans certains cas, les hausses annoncées restent inférieures à l’inflation, ce que les laboratoires mettent en avant pour atténuer les critiques. Parallèlement, quelques entreprises communiquent sur des baisses ciblées de prix, souvent très médiatisées, mais qui concernent un nombre restreint de médicaments. Cette situation alimente un débat récurrent aux États-Unis sur l’accès aux soins et l’équité du système de santé. Pour de nombreux patients, en particulier ceux qui ne bénéficient pas d’une couverture optimale, l’augmentation des prix se traduit par des restes à charge plus élevés, voire par des renoncements aux traitements. Les associations de patients dénoncent un système dans lequel les innovations thérapeutiques, bien que porteuses d’espoir, restent financièrement inaccessibles pour une partie de la population. L’impact de ces hausses dépasse largement les frontières américaines. Les États-Unis représentant le principal marché de référence pour la fixation des prix, les augmentations décidées outre-Atlantique influencent directement les stratégies tarifaires des laboratoires à l’échelle mondiale. De nombreux pays, notamment en Europe et dans les marchés émergents, utilisent les prix américains comme point de comparaison lors des négociations, ce qui peut compliquer l’accès aux médicaments innovants. En définitive, la hausse annoncée des prix des médicaments aux États-Unis illustre les limites actuelles des politiques de régulation face aux logiques économiques du secteur pharmaceutique. Elle relance le débat sur la nécessité de concilier innovation, soutenabilité financière et accès équitable aux traitements, un enjeu central pour les systèmes de santé du monde entier.
Abderrahim Derraji - 04 janvier 2026 20:16Les sociétés pharmaceutiques canadiennes seront autorisées à commercialiser dès la semaine prochaine des versions génériques moins chères du médicament Ozempic, mais les experts estiment que les patients ne devraient pas s’attendre à le trouver en vente avant plusieurs mois. En effet, au 29 décembre, Santé Canada avait reçu neuf demandes d’autorisation pour la fabrication du sémaglutide, le principe actif de l’Ozempic et du Wegovy, des spécialités mises sur le marché par Novo Nordisk largement utilisées contre le diabète et dans la prise en charge des surcharges pondérales. « Santé Canada comprend qu’il existe un intérêt considérable dans la réduction des coûts associés à ce médicament très prescrit grâce à l’introduction de versions génériques », a déclaré le porte-parole Mark Johnson dans un courriel adressé à La Presse canadienne. Sandoz Canada, Apotex, Teva Canada, Taro Pharmaceuticals et Aspen Pharmacare Canada ont tous demandé l’autorisation de Santé Canada, selon la liste pour les demandes de médicaments génériques. Sandoz Canada et Teva Canada ont indiqué à La Presse canadienne qu’elles ne pouvaient fournir aucune information sur les délais prévus de leurs produits, tandis que les autres entreprises n’ont pas pu être jointes ou n’ont pas répondu aux demandes de commentaires. Mina Tadrous, experte en politique pharmaceutique à l’Université de Toronto, a affirmé qu’il était peu probable qu’un médicament générique à base de sémaglutide soit approuvé avant la fin du printemps ou le début de l’été. «Les Canadiens ne devraient pas s’attendre à voir ce produit arriver sur le marché en janvier», a-t-elle déclaré.
Abderrahim Derraji - 04 janvier 2026 20:13Le secteur du médicament traverse une phase charnière, probablement l’une des plus structurantes de ces dernières décennies. L’innovation thérapeutique progresse à un rythme inédit, portée par les biotechnologies et, désormais, par l’intelligence artificielle, tandis que les contraintes économiques, réglementaires et industrielles n’ont jamais été aussi fortes. Entre promesses scientifiques et réalités budgétaires, le médicament se retrouve aujourd’hui au cœur d’arbitrages complexes qui engagent l’avenir même des systèmes de santé. Les avancées cliniques récentes confirment l’entrée dans une médecine de plus en plus ciblée et personnalisée. Des traitements innovants transforment la prise en charge de maladies chroniques et sévères, notamment en oncologie, en rhumatologie, en dermatologie ou encore dans le champ des maladies rares. Ces progrès ouvrent de nouveaux horizons pour les patients, mais ils s’accompagnent de coûts élevés et d’une sophistication croissante des parcours de soins, rendant indispensable une réflexion globale sur la valeur du médicament et son impact réel sur la santé publique. Dans ce paysage en profonde mutation, l’annonce par Takeda de la mise sur le marché prochaine d’un médicament conçu grâce à l’intelligence artificielle constitue un signal fort. Le zasocitinib, développé pour le traitement du psoriasis, symbolise un véritable changement de paradigme : l’IA n’est plus seulement un outil d’aide à la recherche, mais devient un moteur à part entière de la découverte thérapeutique. En accélérant l’identification des molécules prometteuses et en optimisant leur développement, l’intelligence artificielle pourrait remodeler en profondeur l’industrie pharmaceutique, en réduisant les délais, les coûts et les taux d’échec. Cette révolution technologique soulève néanmoins une question centrale : comment garantir que ces innovations bénéficient réellement aux patients, sans creuser davantage les inégalités d’accès aux soins ? La prévention, et en particulier la vaccination, demeure un pilier encore trop souvent sous-estimé des politiques de santé. Après la pandémie, on observe un regain d’intérêt pour les infections sévères chez l’adulte, telles que la grippe, le pneumocoque ou le zona, dont l’impact humain, sanitaire et économique est désormais mieux documenté. Pourtant, les taux de couverture vaccinale restent insuffisants, révélant un déficit persistant de sensibilisation et de confiance, mais aussi une opportunité majeure pour les professionnels de santé de proximité de jouer un rôle déterminant. Sur le plan économique, la régulation des prix et la multiplication des pénuries de médicaments essentiels illustrent les fragilités d’un modèle trop dépendant de chaînes d’approvisionnement mondialisées. Les États tentent de reprendre la main, évoquant désormais la souveraineté pharmaceutique et la relocalisation industrielle, sans toujours disposer de solutions concrètes et rapides à la hauteur des enjeux. Au Maroc, ces défis prennent une dimension particulière. Le pays s’engage dans une modernisation progressive de son secteur pharmaceutique, cherchant à concilier accès équitable aux médicaments, soutien à la production locale et intégration de l’innovation. Au cœur de cette transformation se trouve pourtant un acteur encore trop souvent absent des grands débats stratégiques : le pharmacien marocain. En première ligne face aux pénuries, à la pression sur les prix et aux attentes croissantes des patients, ce professionnel de proximité est bien plus qu’un simple dispensateur de médicaments. Informateur, éducateur en santé, garant du bon usage du médicament et relais essentiel de la prévention, le pharmacien marocain incarne aujourd’hui l’interface clé entre l’innovation thérapeutique et la réalité du terrain. Le reconnaître pleinement, l’accompagner et le valoriser constituera l’un des leviers majeurs pour réussir la transition du médicament au Maroc, tout en assurant un déploiement efficace et durable de la couverture médicale généralisée.
Abderrahim Derraji - 27 décembre 2025 12:27La détection précoce des sujets à risque clinique élevé de psychose constitue un enjeu majeur, car les premières manifestations sont souvent difficiles à distinguer d’expériences psychotiques transitoires sans évolution ultérieure ou d’autres troubles psychiatriques, notamment dépressifs. Aux stades initiaux, les symptômes se chevauchent largement, tant sur le plan clinique que fonctionnel, ce qui complique l’identification des patients réellement à risque. Les méthodes diagnostiques actuelles reposent sur des évaluations longues, combinant entretiens cliniques et tests cognitifs multiples, nécessitant un personnel spécialisé et plusieurs heures d’examen. Cette complexité peut retarder l’orientation vers une prise en charge préventive, pourtant déterminante pour limiter le risque d’évolution vers une psychose avérée. Dans ce contexte, une équipe de chercheurs américains a évalué une batterie de tests comportementaux numérisés ciblant des mécanismes neurocognitifs connus pour être altérés dans la psychose. L’objectif était de disposer d’un outil plus rapide et plus simple permettant de différencier les sujets à haut risque de psychose d’autres profils cliniques, tout en réduisant le recours aux auto-questionnaires subjectifs et aux entretiens cliniques chronophages. L’étude a porté sur plus de 600 participants, préalablement classés selon des critères diagnostiques de référence, incluant des sujets à risque clinique élevé, des personnes ayant présenté des expériences psychotiques limitées, des patients souffrant d’autres troubles psychiatriques et un groupe contrôle. La batterie comprenait 11 tâches réalisées sur ordinateur, explorant les symptômes positifs, négatifs et les troubles de l’organisation. Elle a montré une bonne capacité globale de discrimination, avec une sensibilité de 0,87 pour l’identification des sujets à haut risque de psychose. Parmi ces tests, l’identification de visages dans des images dégradées s’est révélée particulièrement discriminante : les sujets à risque obtenaient des performances élevées, probablement liées à une tendance à surinterpréter les stimuli perceptifs. Bien que cette batterie ne se substitue pas à une évaluation clinique spécialisée, sa rapidité d’exécution, inférieure à une heure, et son utilisation possible sans supervision en font un outil de repérage précoce et d’orientation des patients vers une prise en charge adaptée.
Abderrahim Derraji - 27 décembre 2025 12:21
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