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MALADIE DE CHARCOT - ERRANCE THERAPEUTIQUE
L’Hajja, l’une de mes patientes, vient de nous quitter après un long et douloureux combat contre la maladie de Charcot, également appelée sclérose latérale amyotrophique (SLA).
Son histoire m’a profondément marqué, non seulement par les souffrances qu’elle a endurées, mais aussi parce qu’elle illustre une réalité à laquelle sont confrontés de nombreux patients : l’errance qui précède parfois le diagnostic d’une maladie rare ou complexe.
Chez L’Hajja, tout avait commencé presque insidieusement, par une fatigue persistante, puis par des troubles de la déglutition de plus en plus invalidants. Elle avait consulté plusieurs médecins dans le secteur privé, fréquenté des cliniques et s’était également tournée vers une structure hospitalière dans laquelle elle avait placé beaucoup d’espoir. Pourtant, le diagnostic tardait à venir.
Pendant ce temps, son état se dégradait. Elle ne pouvait pratiquement plus s’alimenter correctement ni dormir. Lorsque le diagnostic de sclérose latérale amyotrophique a finalement été posé, plus d’une année s’était écoulée depuis l’apparition de la fatigue et des troubles de la déglutition. La maladie avait progressé et la faiblesse musculaire avait fini par atteindre les muscles respiratoires.
Certes, la maladie de Charcot demeure aujourd’hui incurable et un diagnostic précoce n’aurait malheureusement pas permis de la guérir. Mais diagnostiquer plus tôt, c’est permettre au patient et à sa famille de comprendre ce qui arrive, d’anticiper les complications, d’organiser l’alimentation et l’assistance respiratoire, de soulager certains symptômes et surtout d’être accompagnés.
L’Hajja n’est certainement pas un cas isolé. Derrière certaines maladies graves se cachent des mois de consultations, d’examens, d’espoirs et de déceptions avant qu’un nom soit enfin posé sur la souffrance.
Et lorsque la médecine atteint ses limites, une autre réalité apparaît : celle de la famille.
Au Maroc, c’est encore très souvent elle qui porte l’essentiel de l’accompagnement de la fin de vie. Les proches deviennent tour à tour aidants, infirmiers improvisés, gardes de nuit et soutiens psychologiques. Ils donnent énormément, parfois jusqu’à l’épuisement. Face à la douleur, à l’angoisse ou aux difficultés respiratoires, le « système D » vient trop souvent combler les insuffisances d’une prise en charge structurée.
Or accompagner dignement une personne gravement malade ne devrait pas reposer presque exclusivement sur ses proches. Les aidants eux-mêmes ont besoin de répit, d’écoute et de soutien psychologique.
En pensant aujourd’hui à L’Hajja et à sa famille, je forme le vœu que les réformes en cours ne se limitent pas aux structures et aux textes. Qu’elles permettent aussi de raccourcir l’errance diagnostique, de développer les soins palliatifs et de mieux accompagner les familles.
Car lorsqu’on ne peut plus guérir, il reste encore énormément à faire : soulager, accompagner et préserver, jusqu’au bout, la dignité.
Shingrix - Zona - Maladie cardiovasculaire
Et si la vaccination contre le zona avait des bénéfices dépassant largement la prévention de cette infection douloureuse ? Une étude publiée fin août 2026 dans Nature Medicine suggère que le vaccin recombinant Shingrix pourrait également réduire le risque de certaines maladies cardiovasculaires.
Deux technologies vaccinales ont été utilisées contre le zona : le vaccin vivant atténué Zostavax et le vaccin recombinant Shingrix. Ce dernier s’est progressivement imposé dans de nombreux pays en raison de sa meilleure efficacité contre le zona, notamment chez les personnes âgées et immunodéprimées.
Depuis quelques années, plusieurs travaux suggèrent cependant que les bénéfices de cette vaccination pourraient aller au-delà de la prévention du zona. Des études observationnelles ont notamment évoqué une diminution du risque de démence chez les personnes vaccinées, particulièrement avec Shingrix. La composante vasculaire de nombreuses démences a conduit des chercheurs de l’Université d’Oxford à explorer un éventuel effet cardiovasculaire.
Pour limiter le biais classique du « healthy vaccinee » — les personnes vaccinées étant souvent en meilleure santé ou davantage engagées dans leur prévention que les non-vaccinées —, les chercheurs ont adopté une approche originale. Ils ont profité du remplacement rapide de Zostavax par Shingrix aux États-Unis, intervenu en octobre 2017.
L'étude a ainsi porté sur 72 920 adultes de plus de 60 ans, tous vaccinés contre le zona. La moitié avait reçu Zostavax dans les mois précédant la transition, l’autre Shingrix dans les mois suivants. Les chercheurs ont ensuite comparé la survenue d’événements cardiovasculaires : AVC ischémique, cardiopathie ischémique et insuffisance cardiaque.
Après trois ans et demi de suivi, Shingrix était associé à une réduction de 12 % du risque global de maladie cardiovasculaire par rapport à Zostavax. L’association était particulièrement marquée pour l’insuffisance cardiaque, avec une diminution de 16 %, et pour les cardiopathies ischémiques, avec une baisse de 13 %. Chez les hommes, une réduction de 5 % du risque d’AVC était également observée. Une association favorable concernait aussi la fibrillation atriale.
L'effet protecteur diminuait progressivement avec le temps mais demeurait significatif après sept années de suivi.
Comment l’expliquer ? Deux hypothèses sont avancées. La meilleure prévention du zona par Shingrix pourrait éviter certains phénomènes inflammatoires susceptibles de favoriser les événements cardiovasculaires. Son adjuvant AS01 pourrait également intervenir en modulant durablement certaines réponses immunitaires, notamment la production d’IL-6, cytokine impliquée dans plusieurs pathologies cardiovasculaires.
Ces résultats sont prometteurs, mais ne démontrent pas encore un lien de causalité. Des essais prospectifs sont nécessaires avant de pouvoir considérer la protection cardiovasculaire comme un bénéfice établi de Shingrix. Des études sont déjà en cours, notamment au Danemark, avec des résultats attendus en 2027.
Si ces données se confirmaient, la vaccination contre le zona pourrait bien révéler une nouvelle dimension : protéger contre le zona, certes, mais peut-être aussi contribuer à protéger le cœur.
PHARMACIEN - NOUVELLES MISSIONS - PRISE DE TENSION
En France, le rôle du pharmacien dans la prévention cardiovasculaire franchit une nouvelle étape. La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, publiée au Journal officiel le lendemain, autorise désormais explicitement le pharmacien d’officine à mesurer la pression artérielle de ses patients dans le cadre de la prévention des risques cardio-neuro-vasculaires.
Cette mission est désormais inscrite dans le Code de la santé publique. La législation précise également que la mesure tensionnelle réalisée par un pharmacien est exclue du monopole médical et ne peut donc être assimilée à un exercice illégal de la médecine. En revanche, cette possibilité est réservée aux pharmaciens diplômés et ne s’étend pas aux étudiants en pharmacie.
Cette évolution prend tout son sens au regard du poids de l’hypertension artérielle. En France, environ 17 millions de personnes seraient hypertendues et près d’une personne hypertendue sur deux ignorerait sa maladie. Parmi les patients traités, une proportion importante n’atteindrait pas les objectifs tensionnels. Or l’HTA, longtemps silencieuse, constitue l’un des principaux facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie cardiovasculaire.
Grâce à sa proximité et à son accessibilité sans rendez-vous, l’officine constitue ainsi un lieu privilégié de dépistage. Le pharmacien pourra proposer une mesure tensionnelle, notamment aux personnes présentant des facteurs de risque, suivre les patients recevant un traitement antihypertenseur et, lorsque les valeurs mesurées sont anormales, les orienter vers leur médecin.
La loi va d’ailleurs au-delà de cette nouvelle mission. Elle prévoit une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, reposant notamment sur la prévention, le dépistage précoce, l’amélioration des parcours de soins et la réduction des inégalités territoriales et sociales.
Une limite demeure cependant : si la mesure de la pression artérielle est d’ores et déjà autorisée, ses modalités de rémunération et de facturation doivent encore être précisées par les textes d’application.
Cette évolution confirme néanmoins une tendance désormais bien installée : le pharmacien d’officine n’est plus seulement un dispensateur de médicaments. Il devient progressivement un acteur de première ligne du dépistage et de la prévention.
VENTOLINE - GSK - EMPREINTE CARBONE
Réduire l’impact environnemental des médicaments sans compromettre leur efficacité constitue désormais un enjeu important pour l’industrie pharmaceutique. GSK vient de franchir une nouvelle étape dans cette direction en annonçant des résultats positifs de phase III pour une nouvelle version à faible empreinte carbone de son inhalateur-doseur Ventoline (salbutamol).
Utilisé depuis plusieurs décennies dans le traitement symptomatique du bronchospasme, notamment chez les patients asthmatiques ou atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), le salbutamol administré par inhalation constitue l’un des médicaments respiratoires les plus largement utilisés dans le monde.
La particularité du nouveau Ventoline ne réside pas dans son principe actif, mais dans le gaz propulseur permettant de délivrer le médicament. Les inhalateurs-doseurs pressurisés utilisent en effet des hydrofluorocarbures (HFC), gaz dont le potentiel de réchauffement climatique peut être important.
GSK a donc développé une nouvelle formulation utilisant le HFA-152a, un propulseur présentant une empreinte climatique nettement inférieure à celle des gaz actuellement utilisés.
Selon le laboratoire, son adoption permettrait de réduire d’environ 92 % les émissions de gaz à effet de serre associées à chaque inhalateur, sans modifier le bénéfice thérapeutique attendu.
Les résultats de l’étude de phase III constituent à cet égard une étape essentielle. Ils montrent que la nouvelle formulation présente une équivalence thérapeutique avec le Ventoline actuel, avec un profil de sécurité comparable. Autrement dit, la réduction de l’impact environnemental ne se ferait pas au détriment de l’efficacité ou de la tolérance du traitement.
L’enjeu est considérable pour GSK. Ventoline représenterait à lui seul environ 45 % de l’empreinte carbone mondiale du groupe pharmaceutique. Une diminution massive des émissions associées à cet inhalateur pourrait donc avoir un effet significatif sur le bilan environnemental global de l’entreprise.
Le laboratoire prévoit des dépôts auprès des différentes autorités réglementaires afin de permettre la commercialisation de cette nouvelle génération d’inhalateurs. GSK ambitionne d’en faire progressivement une alternative durable pour les décennies à venir.
Au-delà de Ventoline, cette innovation illustre une transformation plus large de l’industrie pharmaceutique. L’empreinte environnementale d’un médicament ne dépend pas uniquement de sa fabrication ou de son transport : sa formulation, son dispositif d’administration et sa fin de vie doivent également être pris en considération.
Pour les traitements des pathologies respiratoires, utilisés quotidiennement par des millions de patients, le choix du dispositif peut donc devenir un véritable levier de décarbonation.
À condition toutefois de respecter une priorité fondamentale : la transition écologique du médicament ne peut se faire au dépend de son efficacité, sa sécurité et son accessibilité.
GESTION OFFICINALE - LGO
Il suffit parfois d’un inventaire pour que les certitudes s’effondrent.
Younes est pharmacien. Pendant des années, il a géré son officine avec sérieux. Puis la maladie l’a contraint à s’en éloigner progressivement. Moins présent, il a naturellement délégué davantage et fait confiance à son équipe. Jusqu’au jour où un inventaire inopiné a révélé un écart important entre le stock physique et celui affiché par son logiciel de gestion officinale.
Pour une pharmacie dont l’activité stagnait depuis plusieurs années, la découverte a été particulièrement douloureuse. Younes a dû, bon gré mal gré, prendre les décisions qui s’imposaient : appliquer la réglementation en vigueur, se séparer d’un collaborateur et engager les démarches nécessaires pour tenter de récupérer les sommes correspondant aux écarts constatés.
L’histoire de Younes n’est malheureusement pas exceptionnelle. Elle pourrait arriver à beaucoup d’entre nous. Car nous sommes pharmaciens avant d’être gestionnaires et notre attention est légitimement tournée vers le patient, le médicament et la qualité de la dispensation. Mais l’officine est aussi une entreprise et, lorsque sa gestion nous échappe, les conséquences peuvent être redoutables.
Un stock qui disparaît, c’est de la trésorerie qui disparaît. Quelques boîtes délivrées sans être enregistrées, une différence de caisse, un crédit client oublié, une remise injustifiée, des retours mal comptabilisés, des périmés qui s’accumulent… Pris isolément, ces écarts peuvent paraître insignifiants. Additionnés pendant des mois ou des années, ils peuvent atteindre des montants considérables.
Et dans le contexte économique actuel, nous n’avons plus droit à l’approximation.
Nous disposons pourtant d’un allié formidable : le logiciel de gestion officinale. Encore faut-il ne pas le réduire à une simple caisse enregistreuse sophistiquée. Le LGO doit devenir le véritable tableau de bord de l’officine.
Le titulaire doit en maîtriser les fonctionnalités, paramétrer rigoureusement les droits d’accès et se réserver certaines opérations sensibles. Modifier un stock, supprimer une vente, changer un prix, accorder une remise importante ou intervenir sur la caisse devrait être parfaitement tracé. Ce n’est pas de la méfiance. C’est simplement de la bonne gestion.
Il faut également remettre l’inventaire au cœur de nos pratiques. L’inventaire annuel est indispensable, mais insuffisant. Les inventaires tournants permettent de contrôler régulièrement certaines familles de produits, particulièrement les médicaments coûteux, ceux à forte rotation, les psychotropes et les produits nécessitant une surveillance particulière. Quelques dizaines de références vérifiées régulièrement peuvent parfois révéler une anomalie avant qu’elle ne devienne un problème majeur.
Les prochaines générations de LGO devraient nous permettre d’aller beaucoup plus loin. Optimisation des commandes, détermination automatique des stocks minimum et maximum, détection des surstocks, anticipation des ruptures, analyse des écarts, suivi des patients : l’intelligence artificielle ouvre des perspectives considérables.
Mais ces outils ne doivent pas être conçus uniquement par des informaticiens. Pharmaciens et éditeurs doivent travailler main dans la main. Nous connaissons les réalités du comptoir ; ils maîtrisent la technologie. C’est de cette collaboration que pourront naître des outils réellement adaptés aux besoins de l’officine.
Ne nous faisons cependant aucune illusion : le meilleur logiciel du monde ne remplacera jamais la présence, la vigilance et la rigueur du titulaire. Il faut se former, former son équipe, surveiller ses indicateurs et garder la maîtrise de sa caisse, de ses achats et de son stock.
Faire confiance à ses collaborateurs est indispensable. Une équipe ne peut fonctionner dans la suspicion permanente. Mais contrôler ne signifie pas soupçonner. Le contrôle protège le pharmacien, l’entreprise, mais aussi les collaborateurs honnêtes.
À une époque où nos marges se contractent, où les charges augmentent et où l’équilibre de certaines officines devient fragile, perdre de l’argent faute de contrôle est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre.
Alors faisons confiance. Déléguons. Modernisons nos officines. Utilisons pleinement nos LGO et demain l’intelligence artificielle.
Mais ne déléguons jamais notre responsabilité de chef d’entreprise.
Car derrière chaque boîte qui entre et qui sort de l’officine, il y a certes un médicament, mais il y a aussi quelques dirhams qui, additionnés les uns aux autres, peuvent faire la différence entre une officine qui résiste et une officine qui vacille.
Autres articles
Le Koweït vient de durcir considérablement les conditions d’implantation des pharmacies privées. Le 12 août 2026, le ministre de la Santé, Ahmed Al-Awadhi, a adopté la décision ministérielle n° 235/2026, qui porte à 1 000 mètres la distance minimale devant séparer une nouvelle pharmacie des officines existantes les plus proches. Jusqu’alors, cette distance était fixée à 400 mètres. La nouvelle réglementation précise également la méthode de calcul : la distance est déterminée entre le point central de la pharmacie projetée et celui de la pharmacie existante la plus proche. Une attestation officielle, certifiée par la municipalité du Koweït, doit permettre de vérifier le respect de cette condition avant la délivrance de l’autorisation. La règle n’est toutefois pas absolue. Des exceptions sont prévues, notamment pour certaines pharmacies implantées dans les coopératives, marchés centraux, centres commerciaux, aéroports, universités et hôpitaux privés. Certaines structures médicales peuvent également bénéficier de dispositions particulières. Avec ce seuil d’un kilomètre, le Koweït fait le choix d’une régulation territoriale particulièrement restrictive. Mais comparer les politiques d’implantation uniquement à travers la distance serait réducteur. Plusieurs pays combinent en effet l’espacement géographique avec des critères démographiques. L’ouverture d’une officine peut ainsi dépendre simultanément de la distance avec les pharmacies existantes et du nombre d’habitants desservis. Cette évolution koweïtienne ne manque pas d’intérêt au regard de la situation marocaine. Au Maroc, l’article 57 de la loi 17-04 impose une distance minimale de 300 mètres en ligne droite entre deux officines. Cette distance doit être certifiée par un ingénieur géomètre-topographe assermenté. En revanche, le dispositif marocain ne prévoit pas de véritable quota démographique national conditionnant l’ouverture d'une pharmacie au nombre d’habitants. Dans un pays où le maillage officinal s’est considérablement densifié, cette particularité alimente régulièrement le débat sur la viabilité économique des officines et l’équilibre de leur répartition territoriale. L’expérience koweïtienne pose ainsi une question qui dépasse largement la simple distance entre deux pharmacies : comment concilier liberté d’installation, accessibilité du médicament et viabilité économique du réseau officinal ?
Abderrahim Derraji - 29 août 2026 18:13Garantir qu’un médicament, un vaccin ou un dispositif médical est efficace, sûr et de qualité suppose l’existence d’une autorité réglementaire suffisamment solide pour l’évaluer et le surveiller. Or, en Afrique, les capacités réglementaires restent très hétérogènes. Les ministres de la Santé de la Région africaine de l’OMS viennent d’adopter une nouvelle stratégie destinée à rattraper ce retard. La Stratégie régionale relative à la réglementation des produits médicaux 2026-2035 intervient alors que le continent cherche simultanément à améliorer l’accès aux traitements, développer la production pharmaceutique locale et renforcer sa capacité à répondre aux futures urgences sanitaires. Son champ est large puisqu’il couvre les médicaments, vaccins, produits sanguins, diagnostics et dispositifs médicaux. L’objectif est de disposer de systèmes capables de garantir de manière constante leur qualité, leur innocuité et leur efficacité selon des standards internationalement reconnus. Des progrès importants ont déjà été réalisés. L’harmonisation de la réglementation pharmaceutique africaine a renforcé la coopération entre États, tandis que la mise en place de l’Agence africaine des médicaments ouvre la voie à une intégration réglementaire plus poussée. Selon l’OMS, le nombre d’autorités réglementaires africaines ayant atteint le niveau de maturité 3, qui correspond à un système stable et pleinement opérationnel, est passé d’une seule en 2018 à huit en 2025. La stratégie 2026-2035 veut accélérer cette dynamique. Elle prévoit notamment d’augmenter le nombre d’autorités atteignant le niveau 3, de renforcer l’Agence africaine des médicaments, de développer les outils numériques et d’améliorer la préparation réglementaire aux crises sanitaires. Elle mise également sur une coopération accrue entre pays : évaluations communes des dossiers, inspections conjointes et reconnaissance plus importante des décisions prises par des autorités réglementaires de référence. Une telle mutualisation pourrait éviter la répétition des mêmes procédures dans chaque pays et accélérer l’arrivée de médicaments de qualité sur les marchés africains. Au-delà de la réglementation, l’enjeu est aussi industriel. Une production pharmaceutique africaine compétitive ne peut durablement se développer sans autorités réglementaires crédibles et performantes. La souveraineté pharmaceutique du continent passera donc autant par les sites de production des produits de santé que par la qualité des institutions chargées de contrôler leurs produits.
Abderrahim Derraji - 29 août 2026 18:11Face aux pénuries récurrentes de médicaments, l’Arabie saoudite ne se contente pas de recommandations. La Saudi Food and Drug Authority (SFDA) a annoncé avoir relevé des infractions auprès de 17 établissements pharmaceutiques, auxquels ont été infligées des amendes représentant au total 1.575 million de riyals saoudiens. Les manquements constatés concernent directement la capacité des autorités à anticiper et prévenir les ruptures. Certains établissements n’auraient pas correctement déclaré les mouvements de médicaments dans le système électronique national de traçabilité. D’autres n’auraient pas assuré la disponibilité de certains médicaments enregistrés ou respecté leurs obligations relatives aux stocks. La SFDA reproche également à certains opérateurs de ne pas avoir signalé suffisamment tôt les risques d’interruption d’approvisionnement. Le dispositif saoudien impose en effet, dans certaines situations, une notification jusqu’à six mois avant une rupture prévisible, afin de laisser aux autorités le temps d’anticiper ses conséquences et de rechercher des solutions alternatives. Cette démarche illustre une approche particulièrement intéressante de la lutte contre les pénuries. Dans de nombreux pays, les ruptures sont encore découvertes lorsque les pharmaciens et les établissements de santé ne parviennent plus à commander le produit. L’Arabie saoudite cherche au contraire à déplacer la gestion du problème vers l’amont de la chaîne pharmaceutique. La traçabilité joue dans ce dispositif un rôle essentiel. En disposant de données fiables sur les mouvements et les stocks de médicaments, les autorités peuvent théoriquement identifier plus rapidement une tension et déterminer si elle résulte d’un problème industriel, logistique ou commercial. Pour les pharmaciens comme pour les médecins, les pénuries ne constituent pas une simple difficulté d’approvisionnement. Elles peuvent conduire à modifier un traitement, utiliser une alternative moins familière, retarder une prise en charge ou augmenter le risque d’erreur médicamenteuse. L’expérience saoudienne pose dès lors une question essentielle : une politique efficace contre les pénuries peut-elle fonctionner sans obligations contraignantes imposées à l’ensemble des acteurs de la chaîne ? En sanctionnant financièrement les manquements à la déclaration, au stockage et à la disponibilité, Riyad semble avoir clairement choisi sa réponse.
Abderrahim Derraji - 29 août 2026 18:04Le Mozambique vient de franchir une étape importante dans le renforcement de son système pharmaceutique. Le 24 août 2026, l’Organisation mondiale de la Santé a annoncé que l’Autorité nationale de réglementation des médicaments du Mozambique (ANARME) avait atteint le niveau de maturité 3 (ML3) pour la réglementation des médicaments et des vaccins importés. Cette reconnaissance est loin d’être purement symbolique. L’OMS évalue les autorités nationales à l’aide de son Global Benchmarking Tool, un dispositif qui analyse différentes fonctions réglementaires indispensables : autorisation de mise sur le marché, surveillance, inspection, pharmacovigilance ou encore contrôle de la qualité. Le niveau 3 signifie qu’un pays dispose d’un système réglementaire stable, intégré et fonctionnant de manière systématique. Le Mozambique rejoint ainsi le groupe encore restreint des pays africains ayant atteint ce niveau. Selon l’OMS, il devient le dixième pays du continent à y parvenir, aux côtés notamment de l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Zimbabwe. L’enjeu est considérable pour un continent confronté à la circulation de médicaments de qualité inférieure ou falsifiés et fortement dépendant des importations. Une autorité réglementaire performante constitue l’un des principaux remparts permettant de s’assurer que les médicaments qui parviennent jusqu’aux professionnels de santé et aux patients répondent aux standards requis. Cette reconnaissance peut également avoir des conséquences économiques. Le développement d’une industrie pharmaceutique locale ou régionale nécessite des autorités capables d’évaluer les dossiers, d’inspecter les sites de production et d’assurer une surveillance post-commercialisation crédible. La montée en puissance des régulateurs africains devient ainsi l’un des piliers de la stratégie visant à développer la production locale de médicaments et de vaccins. L’annonce intervient par ailleurs au moment où les ministres africains de la Santé viennent d’adopter la stratégie réglementaire continentale pour la période 2026-2035. Le cas mozambicain montre que l’objectif d’amélioration des capacités réglementaires n’est plus seulement théorique. Pour l’Afrique, la souveraineté pharmaceutique commence aussi par la souveraineté réglementaire : produire davantage est indispensable, mais encore faut-il disposer d’institutions suffisamment robustes pour garantir la qualité de ce qui est produit, importé et dispensé.
Abderrahim Derraji - 29 août 2026 18:01Développer un médicament n’a jamais été à la portée du premier laboratoire venu. Mais les chiffres atteignent désormais des sommets. Le coût moyen de développement d’un nouveau médicament a atteint 2,2 milliards de dollars en 2024, soit 65 % de plus qu’en 2014. Même en tenant compte de l’inflation, la hausse reste d’environ 25 %. De quoi alimenter un débat aussi ancien que sensible. Le prix élevé des médicaments innovants est-il réellement le prix à payer pour financer l’innovation ? Il faut d’abord reconnaître une réalité. La recherche pharmaceutique est devenue considérablement plus complexe. Nous sommes loin de l’époque où l’innovation reposait essentiellement sur de petites molécules chimiques. Anticorps monoclonaux, thérapies géniques et cellulaires, ARN messager… la médecine s’attaque aujourd’hui à des mécanismes biologiques extrêmement sophistiqués, parfois encore mal compris. Les essais cliniques ont suivi la même tendance. Un protocole de phase 3 comportait en moyenne 19 critères d’évaluation en 2025, soit 30 % de plus qu’en 2012. Plus spectaculaire encore, le volume moyen de données recueillies est passé de 930 000 points en 2012 à près de 6 millions en 2025. À cela s’ajoute une difficulté croissante à recruter les patients. La médecine de précision réduit les populations éligibles. Il ne suffit plus d’avoir un cancer du poumon, par exemple. Il faut parfois présenter une mutation déterminée, un biomarqueur particulier et répondre à de multiples autres critères. Et puis il y a tous les médicaments qui ne verront jamais les rayons d’une officine ou d’une pharmacie hospitalière. Moins de 7 % des molécules entrant en phase 1 obtiennent finalement une autorisation de mise sur le marché. En 2024, les vingt plus grandes entreprises biopharmaceutiques auraient dépensé 7,7 milliards de dollars dans des essais portant sur des médicaments qui n’ont finalement jamais été commercialisés. L’innovation coûte donc incontestablement cher. Mais reconnaître cette réalité ne signifie pas pour autant signer un chèque en blanc à l’industrie pharmaceutique. Car une question essentielle demeure. Combien coûte réellement le développement de chaque médicament ? Sur ce point, l’opacité reste considérable. Les laboratoires publient rarement les dépenses attribuables à un produit précis et les estimations disponibles reposent sur des méthodologies différentes. C’est pourtant là que se joue une partie du débat sur l’accès aux traitements. Comment déterminer si un prix de plusieurs dizaines, voire de plusieurs centaines de milliers de dollars, est justifié lorsque celui qui le fixe est pratiquement le seul à connaître la véritable structure de ses coûts ? Il ne s’agit pas d’opposer les patients à l’industrie pharmaceutique. Sans rentabilité, pas d’investissement. Sans recherche, pas d’innovation. Mais sans transparence, pas de confiance. Et lorsqu’il s’agit de médicaments capables de sauver ou de prolonger des vies, la confiance est primordiale. SOURCE : swissinfo.ch
Abderrahim Derraji - 23 août 2026 21:12La contrefaçon de médicaments franchit une nouvelle étape particulièrement inquiétante. Jusqu’à présent, les trafiquants copiaient essentiellement des médicaments déjà autorisés et commercialisés. Désormais, ils proposent sur Internet des médicaments qui n’ont pas encore franchi avec succès les différentes phases des essais cliniques et qui, de ce fait, n’ont pas obtenu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Le rétatrutide en est un exemple emblématique. Cette molécule expérimentale, développée dans le traitement de l’obésité, agit simultanément sur trois récepteurs hormonaux, ceux du glucagon, du GIP et du GLP-1. Les résultats prometteurs obtenus lors des essais de phase II, notamment sur la perte de poids et l’amélioration de la stéatose hépatique, ont suscité un intérêt considérable. Mais le rétatrutide est toujours en phase III de développement. Il ne dispose donc actuellement d’aucune AMM. Cela n’empêche pourtant pas des produits prétendument à base de rétatrutide d’être proposés illégalement sur différents sites Internet et à travers les réseaux sociaux. L’Académie nationale de pharmacie française alerte sur ce phénomène, qu’elle considère comme une nouvelle forme de falsification. La situation est d’autant plus préoccupante que les consommateurs n’ont aucune garantie quant à la composition de ces produits, à leur dosage, à leur pureté ou à leurs conditions de fabrication. Rien ne permet même d’affirmer qu’ils contiennent réellement la molécule annoncée. Les autorités sanitaires ont commencé à réagir. Depuis 2024, la FDA américaine a adressé des lettres d’avertissement à seize sociétés de télésanté commercialisant du rétatrutide. En France, l’ANSM alerte depuis fin 2025 sur les dangers liés à l’achat d’analogues du GLP-1 contrefaits et lutte contre leur vente et leur promotion illégales. Le phénomène pourrait malheureusement dépasser largement le domaine de l’obésité. L’Académie redoute que cette nouvelle stratégie des faussaires ne concerne demain d’autres innovations très attendues, notamment les peptides, les anticorps monoclonaux, les oligonucléotides ou encore les thérapies géniques et cellulaires. Le succès mondial des nouveaux traitements contre l’obésité aiguise manifestement les appétits. Mais cette fois, les trafiquants n’attendent même plus qu’un médicament soit officiellement autorisé et commercialisé pour le contrefaire. Une raison supplémentaire de rappeler qu’un médicament ne s’achète pas sur un réseau social.
Abderrahim Derraji - 23 août 2026 21:08Le Tavneos (avacopan), médicament utilisé dans le traitement de certaines vascularites rares, est désormais retiré du marché européen. En France, les pharmacies ont reçu, à la mi-août 2026, l’instruction de retirer l’ensemble des boîtes encore disponibles. Cette décision intervient après le signalement, au Japon, d’une vingtaine de décès chez des patients traités par l’avacopan, dont certains étaient associés à de graves atteintes hépatiques. Autorisé dans l’Union européenne depuis janvier 2022, Tavneos était indiqué chez l’adulte dans le traitement de deux vascularites rares et sévères, la granulomatose avec polyangéite et la polyangéite microscopique. L’avacopan agit en bloquant un récepteur impliqué dans les mécanismes inflammatoires responsables des lésions vasculaires. En France, environ 600 patients seraient actuellement traités. Les autorités sanitaires leur demandent de ne surtout pas interrompre leur traitement de leur propre initiative. Un arrêt brutal pourrait en effet favoriser une reprise de la maladie. Les patients concernés doivent contacter rapidement leur médecin afin d’envisager une alternative thérapeutique. La décision européenne est l’aboutissement d’une réévaluation engagée après l’apparition de nouvelles données de sécurité. Fin juin 2026, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait recommandé le retrait de l’autorisation de mise sur le marché. Cette recommandation a été entérinée par la Commission européenne le 4 août 2026. En France, le rappel des lots de Tavneos dosés à 10 mg a débuté le 19 août 2026. L’alerte était initialement venue du Japon, où le médicament est commercialisé depuis 2022. Kissei Pharmaceutical a signalé au printemps 2026 une vingtaine de décès survenus chez des patients exposés au traitement, certains étant associés à de graves atteintes hépatiques. Le laboratoire avait alors alerté les professionnels de santé et demandé l’arrêt des nouvelles prescriptions. Pour plusieurs cas, toutefois, le lien de causalité direct avec l’avacopan n’a pas pu être formellement établi. Au-delà de ces signalements, les autorités européennes ont également réexaminé les données ayant permis l’autorisation initiale du médicament. Des interrogations concernant la fiabilité de l’étude clinique principale ont contribué à cette nouvelle évaluation. Après quatre années de commercialisation, la balance bénéfice-risque de Tavneos n’est donc plus considérée comme favorable, conduisant à son retrait du marché européen et à la nécessité de proposer rapidement une alternative aux patients concernés.
Abderrahim Derraji - 23 août 2026 21:03Une affaire de trafic présumé de médicaments psychotropes impliquant un pharmacien et son assistant vient d’être mise au jour à Casablanca. Trois personnes ont été interpellées dans le cadre de cette enquête menée par les services de sécurité d’El FidaMers Sultan, en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). L’affaire a débuté par l’arrestation, sur la voie publique, d’un homme soupçonné de commercialiser illégalement des médicaments psychotropes normalement délivrés sur prescription médicale. Lors de son interpellation, les policiers l’auraient surpris en possession de comprimés destinés à la vente. Vingt-cinq ordonnances médicales ont également été découvertes en sa possession. Les investigations menées à la suite de cette première arrestation ont conduit les enquêteurs vers une officine et abouti à l’interpellation d’un pharmacien ainsi que de son assistant. Selon les éléments rapportés, les deux hommes sont soupçonnés d’avoir approvisionné le principal mis en cause en médicaments psychotropes. Les perquisitions effectuées dans le cadre de l’enquête ont permis aux services de sécurité de saisir 672 comprimés psychotropes de différentes catégories. Des ordonnances, plusieurs documents médicaux ainsi qu’un ordonnancier afin d’être examinés par les enquêteurs. Cette affaire remet en lumière la problématique sensible du détournement de médicaments psychotropes hors du circuit légal. Ces produits font l’objet de règles strictes de prescription, de délivrance et de traçabilité précisément en raison des risques liés à leur mésusage et à leur utilisation à des fins «récréatives». Les trois personnes interpellées ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête. Celle-ci devra notamment déterminer les responsabilités de chacun, l’origine exacte des ordonnances retrouvées et l’ampleur éventuelle du circuit d’approvisionnement. À ce stade, il s’agit de suspicions faisant l’objet d’une enquête. Les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas établi leur responsabilité.
Abderrahim Derraji - 23 août 2026 20:59La Belgique vient de franchir une nouvelle étape dans l’accès précoce aux traitements innovants. L’atrasentan, un traitement indiqué dans le traitement de néphropathie à IgA, est le premier médicament à bénéficier de la nouvelle procédure belge « Early and Equitable Fast Access », conçue pour réduire le délai entre l’arrivée d’une innovation thérapeutique et son accès effectif aux patients. La néphropathie à IgA est une maladie rénale chronique caractérisée par l’accumulation d’immunoglobulines A dans les reins. Son évolution peut progressivement altérer la fonction rénale et, chez certains patients, conduire à une insuffisance rénale sévère. L’arrivée de nouvelles options thérapeutiques représente donc un enjeu important dans la prise en charge de cette pathologie. Entrée en vigueur le 1er janvier, la procédure « Early and Equitable Fast Access » permet d’accélérer l’accès à certains médicaments innovants jugés prometteurs. Son principe repose sur l’octroi d’un remboursement précoce et temporaire, sans attendre l’achèvement de l’ensemble du parcours habituel d’évaluation et de remboursement. Pour le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, ce dispositif doit permettre d’éviter aux patients d’attendre plusieurs mois avant de bénéficier d’un traitement nouvellement développé. Le remboursement temporaire vise ainsi à concilier accès rapide à l’innovation et poursuite de l’évaluation du médicament. Le gouvernement belge espère également renforcer l’attractivité du pays auprès des entreprises pharmaceutiques et favoriser une mise à disposition plus rapide des innovations thérapeutiques. Avec l’atrasentan, la Belgique inaugure donc concrètement un dispositif qui cherche à raccourcir le temps d’accès aux nouveaux traitements, particulièrement pour les patients confrontés à des maladies nécessitant de nouvelles options thérapeutiques.
Abderrahim Derraji - 16 août 2026 16:31En Suisse, la question des rabais accordés lors de l’achat de médicaments provoque une vive polémique politique. Un rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF) révèle qu’une grande partie des avantages consentis par l’industrie pharmaceutique aux pharmacies, hôpitaux et cabinets médicaux ne serait pas répercutée aux assureurs et aux assurés, contrairement à ce que prévoit la législation. Les montants en jeu sont considérables. Selon les estimations du CDF, les rabais accordés par l’industrie pharmaceutique atteindraient environ 743 millions de francs suisses par an. Or, seulement 88 millions, soit environ 12 %, seraient effectivement rétrocédés. Près de 655 millions de francs resteraient ainsi dans le circuit de distribution et de soins. Cette situation suscite l’indignation de plusieurs parlementaires. Interrogé par la RTS, le conseiller national Thomas Bläsi, pharmacien de profession, estime qu’il ne s’agit plus d’un simple problème administratif. Il juge difficilement acceptable que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), chargé du contrôle, ne dispose pas d’une vision précise des sommes versées, de leurs bénéficiaires et de leur utilisation, alors que les primes d’assurance maladie continuent d’augmenter. Le conseiller aux États Baptiste Hurni se montre encore plus sévère, allant jusqu’à qualifier la situation de « vol organisé ». Il rappelle que la législation impose que les avantages obtenus sur les médicaments bénéficient aux assureurs et, en définitive, aux assurés. Il dénonce également des mécanismes comptables complexes qui contribueraient à rendre les flux financiers particulièrement difficiles à suivre. Les deux élus réclament désormais davantage de transparence et de contrôles. Thomas Bläsi souhaite que le Parlement se saisisse rapidement du dossier et demande un plan d’action comportant des responsables clairement identifiés, des échéances et des résultats mesurables. Pour lui, le rapport du CDF doit marquer le passage des constats aux mesures concrètes. Baptiste Hurni nuance toutefois la responsabilité de l’OFSP, rappelant que l’administration a subi des réductions d’effectifs et qu’elle évolue dans un système de santé particulièrement complexe et opaque. Il estime néanmoins que la surveillance des rabais aurait dû constituer une priorité. Au-delà du renforcement immédiat des contrôles, l’élu plaide pour une remise à plat du mécanisme des rétrocessions. Dans un pays où l’assurance maladie est obligatoire et où l’augmentation régulière des primes pèse lourdement sur les ménages, la destination de plusieurs centaines de millions de francs de rabais ne peut, selon lui, rester dans l’ombre.
Abderrahim Derraji - 16 août 2026 16:28
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