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DISTRIBUTION
L’Afrique ambitionne, à juste titre, de renforcer sa souveraineté pharmaceutique. Production locale, transfert de technologies, investissements industriels et harmonisation réglementaire occupent désormais une place centrale dans les stratégies sanitaires du continent. Mais produire davantage de médicaments ne suffira pas si ceux-ci continuent à circuler dans des réseaux de distribution fragmentés, insuffisamment structurés ou parfois informels.
Le Nigeria, qui accueillera du 6 au 8 octobre 2026 la Quatrième Assemblée Générale Thématique de l’ADPA, l’Association de la Distribution Pharmaceutique Africaine, illustre parfaitement cet enjeu. Le pays, qui compte parmi les plus importants marchés pharmaceutiques du continent, doit encore composer avec un système où coexistent circuits réglementés et marchés ouverts de médicaments, au sein desquels peuvent se côtoyer grossistes, détaillants et opérateurs non autorisés.
Une telle fragmentation fragilise la traçabilité, complique le contrôle des conditions de stockage et ouvre la voie aux circuits parallèles ainsi qu’aux médicaments falsifiés ou de qualité inférieure.
Les autorités nigérianes s’efforcent depuis plusieurs années de mieux structurer ce réseau, en renforçant les contrôles et en favorisant le regroupement des opérateurs au sein de circuits de distribution mieux encadrés. Mais le défi dépasse largement les frontières du Nigeria. Il concerne, à des degrés divers, une grande partie du continent.
C’est tout l’intérêt de la rencontre de Lagos, organisée sous l’égide de la Pharmaceutical Wholesalers and Distributors Association of Nigeria. En plaçant au cœur des débats la construction de chaînes d’approvisionnement sécurisées face aux médicaments falsifiés, l’ADPA braque les projecteurs sur un maillon aussi stratégique que trop souvent négligé de la politique pharmaceutique.
Comme le rappelle Ogheneochuko Omaruaye, président de la PWDAN, dans un éditorial publié par ADPA-News, un médicament ne remplit pleinement sa fonction thérapeutique que lorsqu’il parvient « au bon patient, au bon moment et dans les bonnes conditions ».
Cette évidence devrait être érigée en principe de toute politique pharmaceutique.
Traçabilité numérique, bonnes pratiques de distribution, professionnalisation des grossistes-répartiteurs, harmonisation réglementaire, maîtrise de la chaîne du froid, sécurisation du transport et lutte contre les circuits parallèles doivent désormais être considérées comme des priorités au même titre que la production locale.
Car l’enjeu ne se limite pas aux médicaments falsifiés. Une distribution pharmaceutique performante conditionne la disponibilité des traitements, contribue à prévenir les pénuries et renforce la capacité des systèmes de santé à faire face aux crises. Elle constitue le trait d’union indispensable entre l’industrie pharmaceutique et le patient.
L’Afrique a raison de vouloir produire davantage de ses médicaments. Mais la souveraineté pharmaceutique ne se construit pas uniquement dans les usines. Elle se construit aussi dans les entrepôts, sur les plateformes logistiques, dans les circuits de transport et jusque dans les pharmacies où le médicament est mis à la disposition des patients.
Produire est essentiel. Distribuer de manière sûre, professionnelle et équitable l’est tout autant.
Lagos 2026 devrait être l’occasion de le rappeler avec force. Il ne peut y avoir de véritable souveraineté pharmaceutique sans souveraineté de la distribution.
BPO
Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), en partenariat avec l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), a organisé, le jeudi 24 septembre à la Maison du Pharmacien à Rabat, une journée d’information et d’échange consacrée aux Bonnes Pratiques Officinales (BPO).
Cette rencontre visait à renforcer le dialogue entre les pharmaciens d’officine et l’autorité réglementaire, mais aussi à mieux préciser les exigences liées aux BPO et leurs modalités d’application dans la pratique quotidienne.
La journée s’est déroulée en présence du Pr Samir Ahid, Directeur général de l’AMMPS, et du Dr Hamza Guedira, président du CNOP. Des représentants des deux institutions ainsi que des pharmaciens d’officine ont également pris part aux échanges.
À cette occasion, le Dr Laila Hakkou, cheffe du pôle inspections de l’AMMPS, a présenté les principales dispositions réglementaires relatives aux Bonnes Pratiques Officinales et apporté plusieurs précisions sur leur mise en œuvre.
Les discussions ont notamment porté sur des aspects très concrets de l’activité officinale tels que la conservation et le stockage des médicaments, le respect de la chaîne du froid, la traçabilité, la gestion des produits périmés, la tenue des documents réglementaires et l’organisation générale de l’officine. Les responsabilités professionnelles du pharmacien ont également occupé une place importante dans les échanges.
La rencontre a surtout permis aux pharmaciens membres du Conseil de faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain et de confronter les exigences réglementaires aux réalités quotidiennes de l’officine.
Au-delà du rappel des règles, cette journée témoigne d’une volonté de privilégier le dialogue et l’accompagnement dans la mise en œuvre des Bonnes Pratiques Officinales. Un enjeu essentiel puisque leur application ne relève pas seulement de la conformité réglementaire. Elle participe directement à la qualité de la dispensation, à la sécurisation du circuit du médicament et, in fine, à la protection du patient.
CHOLÉRA
Le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane, KSrelief, et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont conclu un accord consistant à allouer 5,3 millions de dollars pour renforcer la lutte contre le choléra dans cinq pays africains : le Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger et le Nigéria. Ces pays font face à la fois aux épidémies, aux déplacements de populations et à la fragilité des infrastructures sanitaires.
Signé le 22 septembre 2026 à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’accord porte sur un financement de 5,327 millions de dollars.
Cet accord prévoit de renforcer la surveillance épidémiologique, d’améliorer l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, tout en facilitant l’accès aux médicaments et aux consommables médicaux.
Il intègre également le forage de puits, la réhabilitation de latrines publiques et le renforcement des établissements de santé. Enfin, des équipements seront mis à la disposition des services d’urgence et de soins intensifs pour améliorer la prise en charge des malades.
D’après l’OMS, plus de 61 000 cas de choléra ont été enregistrés dans la Région africaine au cours des cinq premiers mois de 2026. Le Nigéria traverse la plus importante flambée, avec plus de 50 000 cas et 338 décès depuis janvier. Au Tchad, près des deux tiers des personnes infectées sont des enfants de moins de 15 ans.
Au-delà du montant engagé, ce partenariat illustre l’importance d’une approche intégrée. Le choléra est une maladie évitable et traitable, mais son contrôle dépend autant de la disponibilité rapide des soins et des médicaments que de l’accès à l’eau potable et de la détection précoce des foyers.
L’objectif doit aussi être logistique. Il s’agit de réduire le délai entre l’apparition d’une flambée, son identification et l’arrivée des ressources nécessaires auprès des populations touchées.
FOP - ATEBRIOZ
Un nouveau traitement vient d’être autorisé aux États-Unis pour les patients atteints de fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP). La FDA a donné son feu vert à la mise sur le marché d’Atebrioz, un médicament développé par Mirum Pharmaceuticals et dont le principe actif est le zilurgisertib.
Le médicament est indiqué chez les patients âgés de 12 ans et plus. Il se présente sous la forme d’un traitement oral administré quotidiennement à la dose recommandée de
100 mg.
La FOP est une maladie génétique extrêmement rare et particulièrement invalidante. Elle provoque progressivement la transformation des muscles, des tendons et des ligaments en tissu osseux. Cette ossification anormale limite les mouvements et peut entraîner un handicap majeur.
Atebrioz agit en bloquant ALK2, une protéine anormalement active chez la majorité des patients atteints de FOP et impliquée dans la formation d’os en dehors du squelette.
L’autorisation américaine repose notamment sur une étude menée auprès de 63 patients. Après 24 semaines de traitement, le zilurgisertib a significativement réduit la formation de nouveaux tissus osseux par rapport au placebo.
Les possibilités thérapeutiques restent très limitées pour les patients. Parmi les autres traitements disponibles aux États-Unis figurent Sohonos d’Ipsen ainsi que Pasatru de Regeneron, ce dernier étant administré par perfusion mensuelle.
Cette innovation pose cependant, une nouvelle fois, la question du coût des médicaments destinés aux maladies ultra-rares. Mirum prévoit un lancement américain en octobre et doit annoncer son prix à cette occasion. Un analyste cité par Reuters estime que le coût pourrait avoisiner 750 000 dollars par patient et par an, une estimation qui ne constitue pas encore le prix officiel.
NOVO NORDISK
Espacer autant que possible les injections utilisées dans la prise en charge de l’obésité et du diabète pourrait devenir l’un des prochains axes d’innovation de Novo Nordisk. Le groupe danois a conclu avec la société suédoise Nanexa un accord mondial de licence portant sur PharmaShell, une technologie permettant de contrôler la libération d’un médicament pendant une période prolongée.
L’accord pourrait atteindre environ 1,17 milliard d’euros. Novo Nordisk obtient des droits exclusifs pour utiliser PharmaShell dans cinq programmes de développement consacrés aux traitements injectables à longue durée d’action dans l’obésité, le diabète de type 2 et d’autres maladies cardiométaboliques.
La technologie fait appel à un revêtement ultrafin couvrant les principes actifs. Celui-ci permet de retarder leur libération dans l’organisme et pourrait ainsi prolonger leur action.
Les deux entreprises envisagent des formulations pouvant être administrées une fois par mois, voire une fois par trimestre. Une telle évolution représenterait un changement important par rapport aux traitements injectables hebdomadaires actuellement largement utilisés dans l’obésité et le diabète.
Pour les patients, l’enjeu dépasse le simple confort. Réduire la fréquence des administrations pourrait faciliter l’adhésion thérapeutique et diminuer la contrainte associée aux injections répétées.
Sur le plan financier, l’accord comprend un paiement initial ainsi que des paiements liés à des étapes de développement et réglementaires, pouvant atteindre au total 615 millions d’euros. Le reste des paiements potentiels dépendra notamment des performances commerciales. Nanexa percevra également des royalties sur les ventes mondiales.
Novo Nordisk dirigera le développement mondial et la commercialisation des produits issus de cette collaboration.
À ce stade, aucune molécule précise ni aucun calendrier clinique détaillé n’ont été annoncés. La technologie reste donc une promesse de développement plutôt qu’une nouvelle option thérapeutique immédiatement disponible.
Autres articles
Une nouvelle option thérapeutique vient enrichir l’arsenal disponible aux États-Unis pour la prise en charge de la maladie de Parkinson. La Food and Drug Administration américaine a approuvé Juvmo, nom commercial du tavapadon, développé par AbbVie pour le traitement des adultes atteints de cette maladie neurodégénérative. Administré par voie orale à raison d’une prise quotidienne, le tavapadon avait intégré le portefeuille d’AbbVie à la suite du rachat de Cerevel Therapeutics, une opération conclue pour 8,7 milliards de dollars. La maladie de Parkinson est une affection neurologique chronique et progressive qui touche principalement le contrôle des mouvements. Elle se manifeste notamment par des tremblements, une rigidité musculaire, une lenteur des mouvements et des troubles de l’équilibre. Plus de 11 millions de personnes vivraient aujourd’hui avec cette maladie dans le monde, selon les données communiquées par AbbVie et rapportées par Reuters. Le tavapadon agit sur le système dopaminergique en reproduisant certains effets de la dopamine, un neurotransmetteur dont la diminution joue un rôle central dans les manifestations motrices de la maladie de Parkinson. Le feu vert de la FDA s’appuie sur des essais cliniques qui ont montré une amélioration des symptômes moteurs chez les patients traités. Parmi les effets indésirables les plus fréquemment rapportés figurent les nausées, les vertiges et les céphalées. La mise à disposition d’un traitement oral administré une seule fois par jour pourrait présenter un intérêt particulier dans une maladie où les schémas thérapeutiques ont tendance à se complexifier au fur et à mesure de son évolution. La place exacte de Juvmo dans la stratégie thérapeutique devra toutefois être précisée par son utilisation en pratique clinique, notamment au regard de son efficacité à long terme, de sa tolérance et du profil des patients susceptibles d’en bénéficier.
Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:14La Chine a décidé d’ajouter deux précurseurs chimiques à la liste des produits dont l’exportation vers les États-Unis, le Canada et le Mexique est soumise à autorisation. Cette mesure vise à limiter la circulation de composés pouvant entrer dans les chaînes clandestines de production du fentanyl et de substances apparentées. Cet opioïde de synthèse, extrêmement puissant, est au cœur d’une grave crise sanitaire en Amérique du Nord, particulièrement aux États-Unis et au Canada, où les opioïdes de synthèse sont impliqués dans un nombre important de décès par surdose. Le renforcement des contrôles chinois revêt donc une dimension qui dépasse largement les frontières nationales. La Chine constitue un acteur majeur de l’industrie chimique mondiale et la surveillance des exportations de précurseurs représente l’un des leviers utilisés pour perturber les chaînes d’approvisionnement des réseaux criminels. La nouvelle réglementation devrait permettre d’améliorer la traçabilité des substances concernées. Les exportateurs devront se conformer à des procédures d’autorisation renforcées pour les expéditions destinées aux trois pays nord-américains concernés. L’efficacité du dispositif dépendra cependant de sa mise en œuvre effective. Le contrôle documentaire doit notamment être accompagné d’inspections et d’une coopération étroite entre autorités douanières, sanitaires et judiciaires. Un autre défi réside dans la capacité des réseaux clandestins à modifier rapidement leurs procédés de fabrication en utilisant de nouveaux précurseurs ou des substances chimiques de substitution qui ne sont pas encore réglementées. Cette décision chinoise illustre ainsi la difficulté de lutter contre le fentanyl uniquement en contrôlant une liste déterminée de molécules. Face à des filières capables de s’adapter rapidement, la coopération internationale et l’actualisation permanente des dispositifs de surveillance restent essentielles.
Abderrahim Derraji - 22 septembre 2026 21:51Dans le nord du Nigeria, les professionnels de santé s’alarment en raison d’une augmentation des cas de noma, une maladie infectieuse rare mais extrêmement agressive qui touche surtout les jeunes enfants souffrant de malnutrition et vivant dans des conditions de grande précarité. À l’hôpital spécialisé de Sokoto, plus de 500 enfants ont été pris en charge entre 2023 et 2025, tandis que d’autres attendent toujours une chirurgie reconstructrice. Le noma débute généralement par une inflammation de la gencive avant de progresser rapidement vers les tissus de la bouche et du visage. Sans traitement précoce, l’infection peut détruire en quelques jours les tissus mous, voire les structures osseuses, entraînant de lourdes séquelles fonctionnelles et esthétiques. Les enfants âgés de 2 à 6 ans sont particulièrement touchés. La maladie est étroitement associée à la malnutrition sévère, à l’extrême pauvreté, au manque d’hygiène et à l’accès insuffisant aux soins. L’Organisation mondiale de la santé classe le noma parmi les maladies tropicales négligées. Son véritable poids reste difficile à mesurer, notamment parce que de nombreux cas surviennent dans des régions où l’accès aux structures sanitaires est limité. Pourtant, lorsqu’il est diagnostiqué suffisamment tôt, le noma peut être efficacement combattu. Le traitement associe généralement antibiotiques, soins locaux des plaies, amélioration de l’hygiène buccale et soutien nutritionnel. À un stade avancé, les enfants survivants peuvent nécessiter plusieurs interventions de chirurgie reconstructrice pour retrouver des fonctions essentielles comme l’alimentation ou la parole. Au Nigeria, Médecins Sans Frontières participe notamment à des campagnes de chirurgie reconstructrice gratuite. Mais les soignants insistent sur un enjeu prioritaire : intervenir avant l’apparition des destructions tissulaires irréversibles. L’amélioration de la nutrition infantile, la sensibilisation des familles, la formation des professionnels de première ligne et l’orientation rapide vers les centres spécialisés pourraient permettre d’éviter une grande partie des mutilations provoquées par cette maladie pourtant évitable lorsqu’elle est prise en charge précocement.
Abderrahim Derraji - 22 septembre 2026 21:32Avec la publication, en septembre 2026, d’un Code de déontologie des délégués médicaux et pharmaceutiques, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) franchit une étape importante dans l’encadrement de la promotion du médicament au Maroc. L’initiative dépasse le simple rappel des bonnes pratiques. Elle clarifie les responsabilités, précise les comportements attendus et instaure un engagement formel des différents acteurs concernés. La finalité du Code est clairement affirmée. La promotion des médicaments doit s’exercer dans le respect de l’éthique, de la rigueur scientifique et de la réglementation pharmaceutique, avec pour objectif ultime la protection de la santé publique et l’intérêt du patient. Le texte concerne l’ensemble des délégués médicaux et pharmaceutiques exerçant pour le compte d’un établissement pharmaceutique industriel (EPI) et couvre leurs activités de promotion, d’information et de communication sur les médicaments. Plusieurs dispositions donnent à cette initiative une portée très concrète. Toute information communiquée doit être rigoureusement conforme à l’autorisation de mise sur le marché (AMM). La promotion d’indications, de dosages ou de populations cibles non approuvés est interdite. Dès les premiers échanges avec le professionnel de santé, l’information doit être objective, équilibrée et conforme aux données scientifiques approuvées. Bénéfices thérapeutiques et risques doivent être présentés avec la même rigueur, notamment les effets indésirables, les contre-indications et les précautions d’emploi. Le Code encadre également les relations avec les professionnels de santé. Il rappelle l’interdiction des avantages financiers, matériels ou en nature susceptibles d’influencer la prescription ou la délivrance des médicaments. Les réunions scientifiques doivent avoir pour finalité l’information médicale et la formation continue. Quant à l’hospitalité éventuellement offerte, elle doit rester raisonnable et accessoire à l’objectif principal de la manifestation. L’AMMPS renforce parallèlement la traçabilité des activités. Tout délégué médical ou pharmaceutique doit être déclaré auprès de l’Agence par le pharmacien responsable de son EPI. Le port d’échantillons médicaux est soumis à une attestation délivrée par l’AMMPS et leur distribution doit respecter des règles précises, notamment les quotas prévus et l’interdiction de remettre des échantillons contenant des substances psychotropes ou stupéfiantes. Une note d’information datée du 15 septembre 2026 vient donner une traduction concrète à ce dispositif. Désormais, toute demande d’autorisation de port d’échantillons médicaux doit être accompagnée de la déclaration d’engagement figurant à la fin du Code. Cette déclaration doit être signée par le délégué concerné, le pharmacien responsable de l’EPI et, le cas échéant, le responsable de l’agence d’information médicale et pharmaceutique. Cette signature partagée constitue l’un des points forts du dispositif. Elle matérialise la responsabilité de chacun et transforme les principes déontologiques en un engagement professionnel explicite. En associant rigueur scientifique, transparence, formation continue, traçabilité et responsabilisation, l’AMMPS adresse un signal fort au secteur. La promotion pharmaceutique ne saurait être réduite à une simple démarche commerciale. Elle participe directement à la qualité de l’information délivrée aux professionnels de santé et peut, à ce titre, avoir des conséquences sur la prescription, la délivrance et, in fine, la sécurité du patient. Le Code prévoit d’ailleurs sa révision périodique afin de tenir compte des évolutions scientifiques, réglementaires et éthiques du secteur. Cette initiative traduit ainsi la volonté de l’AMMPS de renforcer l’encadrement éthique de la promotion médicale et pharmaceutique et de prévenir certaines dérives. Elle ne pourra cependant produire pleinement ses effets que si l’ensemble des acteurs se l’approprie. Aux établissements pharmaceutiques, pharmaciens responsables, agences d’information et délégués de transformer désormais ce cadre en pratiques quotidiennes. Car une promotion plus éthique, plus transparente et scientifiquement plus rigoureuse ne constitue pas une contrainte supplémentaire pour le secteur. Elle représente au contraire une opportunité de renforcer la confiance des professionnels de santé, de mieux protéger le patient et, finalement, de valoriser toute la profession.
Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:36L’accès aux immunothérapies anticancéreuses pourrait connaître une nouvelle dynamique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La société indienne Shilpa Biologicals et le saoudien SPIMACO Bio ont conclu un accord stratégique de licence portant sur un portefeuille de biosimilaires d’inhibiteurs de PD-1, une classe de médicaments devenue incontournable dans la prise en charge de nombreux cancers. Dans le cadre de cet accord exclusif, Shilpa Biologicals sera chargée du développement et de la fabrication des produits. SPIMACO Bio prendra pour sa part en charge les procédures réglementaires, l’accès au marché et la commercialisation dans les pays concernés de la région MENA. Les inhibiteurs de PD-1 agissent en levant certains mécanismes utilisés par les cellules cancéreuses pour échapper au système immunitaire. Cette approche a profondément modifié la prise en charge de plusieurs cancers, mais son coût particulièrement élevé compromet son accessibilité. L’arrivée de biosimilaires pourrait contribuer à changer cette situation. Comme pour les autres médicaments biologiques, l’introduction de plusieurs produits concurrents peut favoriser une baisse des prix et permettre aux établissements de santé de traiter davantage de patients. L’accord comporte également une importante dimension industrielle. Les deux partenaires envisagent à terme une production en Arabie saoudite, reposant sur un transfert technologique progressif. Cette perspective s’inscrit dans la volonté de l’Arabie Saoudite de développer ses capacités locales de production pharmaceutique et biotechnologique et de réduire sa dépendance aux importations de médicaments complexes. Pour la région MENA, l’enjeu dépasse donc la simple commercialisation de nouveaux produits. Le développement de capacités régionales dans le domaine des biosimilaires pourrait contribuer à renforcer la sécurité d’approvisionnement tout en améliorant l’accès à certaines innovations thérapeutiques. Il faudra néanmoins attendre avant de mesurer l’impact réel de cette alliance. Un biosimilaire ne peut être assimilé à un simple médicament générique. Son développement nécessite des études analytiques. Les données précliniques ou cliniques doivent démontrer sa biosimilarité avec le médicament biologique de référence. Les produits concernés devront donc encore franchir les différentes étapes réglementaires dans chacun des marchés visés. Mais cette alliance saoudo-indienne confirme une tendance importante : les biosimilaires deviennent progressivement un levier stratégique pour élargir l’accès aux traitements anticancéreux dans la région MENA.
Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:32Le Nigeria renforce son dispositif de prévention du VIH en misant notamment sur les professionnels de santé de proximité. Le pays vient de former 80 professionnels provenant de 32 États et du Territoire de la capitale fédérale d’Abuja afin qu’ils puissent, à leur tour, former leurs confrères à l’utilisation de la prophylaxie préexposition, plus connue sous le nom de PrEP. Cette initiative, soutenue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), associe plusieurs professions de santé, notamment des médecins, des infirmiers et des pharmaciens. L’objectif est de disposer d’un réseau de professionnels capables d’identifier les personnes susceptibles de bénéficier de la PrEP, de les informer sur les différentes options disponibles et de les accompagner tout au long de leur parcours de prévention. La PrEP consiste à administrer un traitement antirétroviral à une personne séronégative exposée à un risque significatif d’infection par le VIH. Son efficacité dépend toutefois d’un accès facile au traitement, d’une bonne information des bénéficiaires et, pour certaines modalités, d’une observance rigoureuse. Autant de domaines dans lesquels le pharmacien peut jouer un rôle important. Le programme nigérian repose sur un système de formation en cascade. Les premiers professionnels formés deviennent eux-mêmes formateurs afin de diffuser rapidement les compétences à travers le pays. Cette stratégie commence déjà à produire ses effets : 234 professionnels supplémentaires ont été formés dans trois États à la suite de sessions secondaires. Le Nigeria anticipe également l’évolution des moyens de prévention. Les équipes sont préparées à l’arrivée de nouvelles formulations injectables à longue durée d’action. Parmi celles-ci figurent le cabotégravir et le lénacapavir, sous réserve de leur autorisation par les autorités nationales compétentes. Ces options pourraient réduire les contraintes liées à la prise régulière de comprimés et offrir davantage de choix aux personnes concernées. Cette initiative illustre une évolution du rôle des professionnels de santé dans la lutte contre le VIH. La prévention ne repose plus uniquement sur les structures spécialisées. Elle tend progressivement à se rapprocher des populations grâce à des professionnels accessibles sur l’ensemble du territoire. Dans ce dispositif, les pharmaciens constituent un maillon indispensable en raison de leur proximité avec la population et de leur capacité à conseiller, orienter et accompagner les patients. L’expérience nigériane pourrait ainsi fournir des enseignements utiles à d’autres pays africains cherchant à élargir l’accès à la prévention du VIH.
Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:28Novo Nordisk poursuit sa stratégie d’innovation dans les maladies cardiométaboliques en misant sur une nouvelle génération de traitements administrés par voie orale. Le groupe pharmaceutique danois a conclu avec la biotech danoise Orbis Medicines un accord de recherche et de licence dont la valeur potentielle pourrait atteindre 1,4 milliard de dollars. Cette collaboration vise à développer des médicaments oraux destinés au traitement de maladies cardiométaboliques pour lesquelles les thérapies disponibles ou en développement reposent encore largement sur des produits injectables. L’enjeu est important pour Novo Nordisk, devenu l’un des acteurs majeurs du diabète et de l’obésité et qui cherche à consolider son portefeuille face à une concurrence croissante. Orbis Medicines développe une technologie permettant de concevoir des peptides macrocycliques administrables par voie orale. L’objectif est notamment de parvenir à cibler par des comprimés certaines protéines qui nécessitent aujourd’hui le recours à des médicaments injectables. Cette approche pourrait ainsi élargir considérablement le champ d’utilisation des traitements peptidiques. Le montant de 1,4 milliard de dollars doit toutefois être interprété avec prudence. Il ne correspond pas à une somme immédiatement versée par Novo Nordisk. Comme souvent dans les accords entre laboratoires pharmaceutiques et sociétés de biotechnologie, l’essentiel de cette enveloppe est constitué de paiements conditionnés à l’atteinte de différentes étapes de recherche, de développement clinique, d’autorisation réglementaire et éventuellement de commercialisation. Au-delà de l’enjeu industriel, le développement de médicaments oraux pourrait représenter un progrès important pour les patients. La prise d’un comprimé est généralement plus simple et plus facilement acceptable qu’une injection régulière, ce qui pourrait favoriser l’adhésion au traitement dans certaines situations. Les avantages pourraient également concerner les systèmes de santé. Lorsque les formulations orales permettent de s’affranchir des contraintes de conservation associées à certains médicaments injectables, leur stockage et leur distribution peuvent être facilités. Cet aspect revêt une importance particulière dans les régions où le maintien d’une chaîne du froid performante demeure difficile ou coûteux. L’accord avec Orbis illustre ainsi une tendance de fond de l’industrie pharmaceutique : transformer des traitements biologiques complexes en médicaments plus simples à administrer, sans sacrifier leur efficacité. Reste désormais à démontrer que cette ambition technologique pourra franchir avec succès les différentes étapes du développement clinique.
Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:24Bayer S.A. a annoncé, le 16 septembre 2026, le rappel de classe II de deux lots de Cardioaspirine® 100 mg au Maroc. Cette mesure, qui concerne les grossistes-répartiteurs et les pharmacies, intervient à la suite d’un incident de température survenu pendant le transport du médicament. Les lots concernés sont BT1CJP2 et BT1CJP3, avec une date de péremption fixée au 28 février 2031. Cardioaspirine® 100 mg contient de l’acide acétylsalicylique sous forme de comprimés gastro-résistants. Selon un courrier de Bayer, l’opération fait suite à l’identification d’une excursion de température durant le transport d’une palette de chacun des deux lots. Les investigations réalisées par Bayer n’ont toutefois mis en évidence aucun impact immédiat attendu sur la qualité, la sécurité ou l’efficacité du médicament. Le laboratoire précise néanmoins que les données de stabilité disponibles ne permettent pas de documenter suffisamment le comportement du produit au-delà de 40 °C. Dans le cadre de son système d’assurance qualité et conformément au principe de précaution, Bayer a donc décidé de procéder au rappel des deux lots au niveau des grossistes-répartiteurs et des pharmacies. Les professionnels concernés sont invités à identifier et bloquer immédiatement toutes les unités des lots BT1CJP2 et BT1CJP3 encore présentes dans leurs stocks et à en cesser toute distribution. Les unités disponibles doivent être retournées selon les modalités logistiques habituelles au centre de distribution MAPHAR, à Casablanca. Les grossistes-répartiteurs sont également appelés à informer leurs pharmacies clientes afin que celles-ci leur retournent les éventuelles unités concernées encore disponibles. Les quantités à reprendre doivent être communiquées à Bayer à l’aide du formulaire de retour prévu à cet effet. Le laboratoire demande que l’ensemble de l’opération soit réalisé dans un délai de 30 jours calendaires à compter de la réception du courrier. Ce rappel apparaît ainsi comme une mesure de précaution liée aux conditions de transport, et non comme la conséquence d’un défaut de qualité, de sécurité ou d’efficacité déjà constaté sur les deux lots concernés.
Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:20La démence s’impose progressivement comme un défi majeur de santé publique en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 1,9 million de personnes vivent actuellement avec cette affection dans la région. Ce nombre devrait augmenter sensiblement sous l’effet du vieillissement démographique, de la croissance de la population et de l’allongement de l’espérance de vie. Le poids économique de la maladie est déjà considérable. Il est estimé à 15,6 milliards de dollars par an, en tenant compte des soins, de l’accompagnement et de la perte de productivité. Une grande partie de cette charge repose directement sur les familles. Les aidants, majoritairement des femmes et des proches non rémunérés, consacrent en moyenne 12,9 heures par jour aux personnes malades, contre 7,8 heures à l’échelle mondiale. Malgré cette réalité, la réponse des systèmes de santé reste très insuffisante. En 2024, aucun des 47 pays de la région africaine de l’OMS ne disposait d’un plan national consacré à la démence, qu’il soit autonome ou intégré à une stratégie sanitaire plus large. La maladie demeure souvent sous-diagnostiquée, mal comprise et entourée de préjugés pouvant retarder le recours aux soins. Face à ce constat, des représentants de dix pays africains se sont réunis à Nairobi afin de définir des priorités communes. Les travaux ont notamment porté sur le dépistage précoce, la formation des professionnels, l’intégration de la prise en charge dans les soins de santé primaires et l’amélioration des parcours d’orientation. Les participants ont également souligné la nécessité de mieux soutenir les aidants, de lutter contre la stigmatisation et de développer des services coordonnés accompagnant les patients pendant toute l’évolution de la maladie. L’amélioration de la surveillance épidémiologique et de la recherche adaptée aux réalités africaines figure aussi parmi les actions prioritaires. Pour les pays africains, l’enjeu dépasse donc la seule prise en charge médicale. Il s’agit de reconnaître la démence comme une priorité sanitaire et sociale, puis de traduire cette reconnaissance en politiques financées, en services accessibles et en dispositifs concrets de soutien aux familles.
Abderrahim Derraji - 17 septembre 2026 21:36Novo Nordisk franchit une nouvelle étape dans l’intégration de l’intelligence artificielle à la recherche pharmaceutique. Le laboratoire danois, connu notamment pour ses traitements contre le diabète et l’obésité, vient de conclure un partenariat avec Anthropic afin d’utiliser ses modèles d’intelligence artificielle Claude dans ses activités de recherche et développement. Cette collaboration s’appuiera principalement sur Claude Science, une version conçue pour accompagner les chercheurs dans l’analyse de données complexes et le raisonnement scientifique. Novo Nordisk entend l’utiliser pour répondre à certains problèmes de biologie et de pharmacologie, mieux comprendre les mécanismes des maladies et faciliter l’identification de nouvelles pistes thérapeutiques. Les deux entreprises travailleront sur des cas d’usage sélectionnés par les chercheurs et les équipes informatiques du laboratoire. L’objectif consiste à développer des solutions adaptées à des tâches scientifiques précises, mais également à renforcer la conception de logiciels utilisés dans la recherche pharmaceutique. Novo Nordisk ne part pas de zéro. Le groupe utilise déjà Claude pour automatiser la production de certains rapports d’essais cliniques et préparer la documentation relative aux patients. Selon l’entreprise, des opérations qui nécessitaient auparavant plusieurs mois peuvent désormais être réalisées en quelques minutes. Cette réduction spectaculaire des délais pourrait libérer du temps pour les chercheurs et accélérer certaines étapes administratives ou documentaires du développement clinique. Le partenariat prévoit néanmoins le maintien d’une supervision humaine ainsi que des règles strictes en matière de gouvernance des données, d’éthique et de conformité. L’intelligence artificielle sera donc présentée comme un outil d’aide au raisonnement et à la productivité, et non comme un système autonome prenant seul des décisions scientifiques ou médicales. Cette annonce illustre l’intérêt croissant de l’industrie pharmaceutique pour l’IA générative. Celle-ci pourrait contribuer à analyser plus rapidement les données biomédicales, formuler des hypothèses ou optimiser la conception des essais. Il convient toutefois de rester prudent. Aucun nouveau médicament directement issu de cette collaboration n’a encore été annoncé, et tout candidat devra suivre les mêmes étapes précliniques, cliniques et réglementaires que les traitements développés par les méthodes traditionnelles.
Abderrahim Derraji - 17 septembre 2026 21:26
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