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Le Parlement européen a franchi une étape majeure dans la lutte contre les pénuries de médicaments en adoptant, le 20 janvier dernier, un ensemble de propositions visant à renforcer la disponibilité et la sécurité d’approvisionnement des médicaments critiques au sein de l’Union européenne. Adopté à une large majorité, ce règlement traduit une prise de conscience collective face à la multiplication des ruptures de stocks observées ces dernières années, y compris pour des médicaments essentiels dont l’absence peut entraîner des conséquences graves pour les patients. Bien que l’UE dispose d’une industrie pharmaceutique solide, compétitive et créatrice de près de 800 000 emplois directs, elle reste vulnérable à des perturbations de ses chaînes d’approvisionnement. Ces pénuries trouvent leurs origines dans plusieurs facteurs, notamment la dépendance excessive de l’Union à un nombre restreint de fournisseurs mondiaux pour les principes actifs et les matières premières pharmaceutiques, ainsi que dans des capacités de production insuffisantes sur le territoire européen pour certains médicaments stratégiques. Les fragilités de la chaîne d’approvisionnement, mises en lumière lors de crises récentes, ont souligné la nécessité de repenser le modèle industriel et logistique européen du médicament. Le règlement proposé vise ainsi à créer un cadre structurant pour inverser cette tendance. Il ambitionne de faciliter les investissements dans les capacités de fabrication de médicaments critiques et de leurs intrants clés au sein de l’UE, tout en réduisant le risque de rupture par une diversification accrue et une meilleure résilience des chaînes d’approvisionnement. La mutualisation de la demande entre États membres, via des mécanismes de passation de marchés collaboratifs, constitue également un levier central pour améliorer l’accès équitable aux médicaments d’intérêt commun. Parmi les mesures phares figurent la création de projets stratégiques industriels bénéficiant d’un accès facilité aux financements et de procédures réglementaires et scientifiques accélérées, ainsi que la mise en place d’incitations financières ciblées par les États membres. Le règlement introduit également une évolution importante des règles de marchés publics, en autorisant le recours à des critères autres que le seul prix, afin de privilégier, lorsque cela est justifié, des fournisseurs produisant une part significative des médicaments critiques au sein de l’UE. Un groupe de coordination des médicaments critiques, réunissant la Commission européenne et les États membres, sera chargé d’assurer la mise en œuvre cohérente du dispositif. Enfin, la dimension internationale n’est pas négligée, la Commission est invitée à explorer des partenariats stratégiques avec des pays partageant les mêmes objectifs afin de sécuriser et diversifier davantage les chaînes d’approvisionnement. Pour le rapporteur du texte, Tomislav Sokol, ces propositions traduisent des priorités claires : mieux coordonner les stocks, renforcer la compétitivité de l’industrie pharmaceutique européenne et garantir un accès durable des patients aux médicaments essentiels. Les prochaines étapes passeront par des négociations avec les gouvernements des États membres afin d’aboutir à la version définitive de la législation.
Abderrahim Derraji - 07 février 2026 10:51Dans son baromètre 2025, NéreS, organisation représentant les laboratoires pharmaceutiques spécialisés dans les médicaments de premier recours en France, relance le débat sur l’élargissement de l’accès aux traitements sans ordonnance. Le groupement propose d’ajouter 134 molécules à la liste des médicaments pouvant être délivrés directement en pharmacie, sans prescription médicale préalable. L’objectif de cette initiative est de faciliter la prise en charge des maux du quotidien en officine, tout en maintenant le remboursement de ces médicaments lorsqu’ils sont prescrits par un médecin. Cette proposition s’inscrit dans un contexte de forte tension sur l’accès aux soins, marqué par la désertification médicale qui concerne près de 87 % du territoire français. Dans de nombreuses situations courantes, comme une gastro-entérite aiguë, l’impossibilité de consulter rapidement un médecin retarde la prise en charge, alors même que des traitements symptomatiques efficaces existent mais restent soumis à prescription. Pour NéreS, permettre un accès direct à certains médicaments renforcerait le rôle du pharmacien comme professionnel de santé de premier recours et améliorerait la réactivité du système de soins. Au-delà de l’enjeu d’accès, le délistage est également présenté comme un levier d’économies pour l’Assurance maladie. Selon une étude menée par NéreS avec Open Health Company, le délistage d’une centaine de médicaments pourrait générer entre 202 et 378 millions d’euros d’économies annuelles pour la Sécurité sociale, les médicaments concernés n’étant plus remboursés lorsqu’ils sont délivrés sans ordonnance. Les économies pour les organismes complémentaires sont estimées entre 99,5 et 185 millions d’euros par an. Cette approche a également été soutenue par le Medef dans une contribution au rapport «Charges et produits 2026» de la Cnam. Les pharmaciens se montrent globalement favorables à cette évolution, qu’ils considèrent cohérente avec l’élargissement progressif de leurs missions depuis la crise sanitaire. Les représentants de la profession insistent néanmoins sur la nécessité de garanties en matière de sécurité, en privilégiant soit un accès direct encadré, soit une dispensation protocolisée fondée sur des outils validés par la Haute Autorité de santé. L’exemple récent de la délivrance conditionnelle d’antibiotiques en officine, après réalisation de tests rapides pour les cystites ou les angines, illustre un modèle intermédiaire conciliant accès aux soins, sécurité et remboursement.
Abderrahim Derraji - 07 février 2026 10:48Eli Lilly a annoncé des perspectives financières particulièrement solides pour l’année 2026, avec une prévision de bénéfice supérieur aux attentes des marchés, portée par la dynamique exceptionnelle de ses traitements contre l’obésité. Le groupe pharmaceutique américain, aujourd’hui le plus valorisé au monde, anticipe un bénéfice par action ajusté compris entre 33,50 et 35 dollars, dépassant nettement le consensus des analystes établi autour de 33,23 dollars selon les données de LSEG. Cette annonce a été favorablement accueillie par les investisseurs, le titre progressant de plus de 8 % en avant-Bourse. Les résultats du quatrième trimestre confirment cette trajectoire ascendante. Eli Lilly a enregistré un bénéfice ajusté de 7,54 dollars par action, bien au-delà des 6,67 dollars attendus par le marché. Le chiffre d’affaires trimestriel atteint 19,29 milliards de dollars, dépassant également les prévisions des analystes qui tablaient sur 17,96 milliards. Ces performances illustrent la capacité du groupe à convertir l’innovation thérapeutique en croissance économique durable. Cette dynamique est largement portée par le succès de Zepbound, son médicament phare contre l’obésité, et par l’essor rapide du marché mondial des traitements amaigrissants. L’obésité s’impose désormais comme l’un des principaux axes stratégiques de l’industrie pharmaceutique, tant par l’ampleur des besoins médicaux que par le potentiel économique associé. Dans ce contexte, Eli Lilly s’apprête à franchir une nouvelle étape avec le lancement attendu cette année de son comprimé amaigrissant oral, une innovation susceptible d’élargir l’accès aux traitements et de renforcer encore sa position concurrentielle. En 2025, le groupe a marqué l’histoire en devenant la première entreprise pharmaceutique à atteindre une valorisation boursière de 1 000 milliards de dollars, symbole de la confiance des marchés dans sa stratégie et son pipeline de produits. Cette trajectoire contraste nettement avec celle de son principal concurrent, Novo Nordisk, qui a récemment alerté sur des pressions tarifaires « sans précédent » attendues en 2026, après avoir déçu les investisseurs avec des prévisions de ventes plus prudentes pour l’année en cours. Dans un environnement marqué par une intensification de la concurrence et des enjeux croissants de régulation et de prix, Eli Lilly apparaît ainsi comme l’un des acteurs les mieux positionnés pour capter la croissance du marché de l’obésité et maintenir des performances financières robustes à moyen terme.
Abderrahim Derraji - 07 février 2026 10:45Le rideau est tombé sur la 23e édition d’Officine Expo et Pharma Africa Meeting, une édition qui a indéniablement tenu toutes ses promesses. Marrakech a accueilli, à cette occasion, 15 délégations internationales, dont 11 africaines (Mauritanie, Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Togo, Bénin, Burkina Faso, RDC, Tunisie et Tchad), ainsi qu’un grand nombre de pharmaciens et de professionnels de santé venus partager, apprendre et débattre autour des grands enjeux de la profession. Les participants ont pu assister à 51 conférences, ateliers et tables rondes, animés par des experts nationaux et internationaux de renom, offrant un panorama riche et prospectif des mutations en cours dans le monde pharmaceutique. Cette édition s’inscrit dans la continuité des précédentes, avec une ambition claire : accompagner l’évolution de la profession pharmaceutique tout en renforçant la formation continue des pharmaciens, afin de leur permettre de répondre efficacement aux nouveaux besoins des patients et du système de santé. L’édition 2026 a particulièrement mis l’accent sur la santé féminine, les psychotropes et la substitution, des thématiques à fort impact sanitaire, social et économique. La santé de la femme constitue en effet un pilier fondamental du développement humain et socio-économique. Acteur de proximité par excellence, le pharmacien joue un rôle central dans la prévention, l’éducation à la santé et l’accompagnement du bien-être féminin à toutes les étapes de la vie. Les défis sont multiples, et un pharmacien engagé représente un allié de premier plan pour y répondre efficacement. La deuxième plénière, intitulée «Psychotropes et parcours patient : quel rôle pour l’alliance pharmacien-psychiatre pour une meilleure prise en charge du malade ?», a permis de mettre en lumière les nombreux freins qui entravent encore l’accès à ces médicaments essentiels. Les experts ont rappelé que les psychotropes ont profondément transformé la prise en charge des maladies psychiatriques, désormais considérées comme des pathologies chroniques. Toute rupture de traitement a des conséquences lourdes, non seulement pour le patient, mais également pour son entourage. Parmi les obstacles identifiés figure notamment la méfiance des pharmaciens face aux prescriptions falsifiées, alimentant un climat de suspicion préjudiciable à la continuité des soins. Les intervenants ont souligné que l’adoption de l’ordonnance sécurisée et du dossier médical numérique partagé pourrait permettre de restaurer la confiance. Le renforcement de la coordination entre pharmaciens et psychiatres apparaît également comme une condition essentielle pour faire évoluer le cadre réglementaire et mettre en place des mécanismes sécurisant la délivrance des psychotropes, tout en garantissant l’accès équitable à ces médicaments vitaux. La plénière dédiée à la substitution a, quant à elle, permis d’analyser les expériences étrangères et d’en tirer des enseignements concrets. Déjà en vigueur dans la plupart des pays, la substitution est reconnue comme un levier stratégique pour réduire les dépenses des régimes d’assurance maladie, faire face aux pénuries et renforcer la souveraineté sanitaire. Sa mise en œuvre repose toutefois sur des prérequis techniques indispensables, tels que la publication du répertoire des médicaments génériques ou encore la liste des excipients à effet notoire. Les débats ont insisté sur la nécessité d’un modèle gagnant-gagnant, afin de garantir la réussite de la substitution sans fragiliser davantage l’équilibre économique de l’officine. Le Village de l’innovation a offert à une quinzaine de start-up l’opportunité de présenter des solutions concrètes susceptibles d’être adoptées par les pharmaciens pour améliorer les pratiques professionnelles, optimiser la gestion des officines et développer de nouveaux services aux patients. Plusieurs tables rondes ont également permis d’explorer la pertinence d’adapter au contexte national des solutions déjà déployées avec succès à l’international. Ces outils, intégrés aux logiciels de gestion d’officine, allègent les tâches chronophages et libèrent un temps précieux pouvant être exploité au profit du cœur de métier du pharmacien : le soin et l’accompagnement du patient. Les experts ont néanmoins rappelé que cette transformation numérique inéluctable ne doit en aucun cas conduire à une déshumanisation de la pratique officinale. En définitive, cette 23e édition d’Officine Expo a pleinement tenu ses promesses. La qualité des intervenants, la pertinence des thématiques abordées et le niveau d’organisation ont, une fois de plus, permis d’identifier des pistes concrètes pour faire évoluer la profession pharmaceutique. Il appartient désormais aux pharmaciens et à leurs représentants de s’approprier ces recommandations, de définir une vision claire et de tracer collectivement le cap pour construire la pharmacie de demain. ABSTRACT The 23rd edition of Officine Expo and Pharma Africa Meeting brought together pharmacists and healthcare professionals from Africa and beyond to discuss major challenges facing the pharmaceutical profession. Held in Marrakech, the event featured 51 conferences, workshops, and round tables led by renowned national and international experts. Key themes included women’s health, psychotropic medicines, therapeutic substitution, and digital transformation. Discussions highlighted the central role of pharmacists in patient care, prevention, and healthcare system sustainability. The event offered concrete perspectives to support the evolution of community pharmacy while preserving its human-centered mission.
Abderrahim Derraji - 03 février 2026 17:33Rabat, le 29 janvier 2026 – Merck, en collaboration avec son partenaire marocain Cooper Pharma et la Fondation Lalla Salma – Prévention et traitement des cancers, a annoncé le lancement d’un partenariat stratégique visant à améliorer la prise en charge du cancer colorectal et des cancers de la tête et du cou au Maroc. Cette initiative ambitionne de renforcer l’accès aux thérapies innovantes, d’optimiser le diagnostic et d’améliorer la qualité globale des soins oncologiques. Au cœur de cette collaboration figure le renforcement du diagnostic génétique, notamment par le dépistage des mutations de type RAS chez les patients atteints de cancer colorectal. Cet élément est essentiel pour orienter rapidement les décisions thérapeutiques et favoriser une médecine plus personnalisée. Des actions de sensibilisation seront également menées afin de mobiliser les professionnels de santé et les acteurs institutionnels autour de l’importance du diagnostic précoce. Le partenariat prévoit par ailleurs de faciliter l’accès aux thérapies ciblées anti-EGFR pour les patients éligibles pris en charge dans les hôpitaux publics. Cette démarche vise à réduire les disparités d’accès aux traitements innovants et à aligner les pratiques thérapeutiques marocaines sur les standards internationaux. De gauche à droite : M. Ramsey Morad-Régional Vice Président MEAR, Tuekey and CIS-Merck, Dr Latifa El Abida Secrétaire générale de la Fondation Lalla Salma et M. Jaouad Cheikh Lahlou Président fondateur Cooper Pharma Un autre volet majeur concerne la formation médicale continue. Les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de ces cancers bénéficieront de programmes de formation afin d’améliorer les parcours de soins et d’assurer une prise en charge plus efficace et plus précise des patients. Selon le Registre des cancers du Grand Casablanca, environ 3 817 nouveaux cas de cancer colorectal sont enregistrés chaque année. Ce chiffre illustre l’ampleur du défi auquel est confronté le système de santé marocain et souligne l’urgence de renforcer les capacités de diagnostic et de traitement. Pour Merck, ce partenariat s’inscrit dans une vision de long terme. «Notre engagement va au-delà de l’élargissement de l’accès aux thérapies innovantes. Nous visons également à renforcer les infrastructures de santé et les compétences des professionnels», a déclaré Ramsey Morad, vice-président régional du groupe. L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme SHAPE du groupe Merck, dédié à l’amélioration de l’accès aux soins dans les pays à revenu faible et intermédiaire. De son côté, Cooper Pharma a souligné l’importance de cette alliance au service du patient, tandis que la Fondation Lalla Salma, acteur clé de la lutte contre le cancer depuis 2005, réaffirme à travers ce partenariat son rôle central dans la prévention, la sensibilisation et l’amélioration de l’accès aux soins oncologiques au Maroc.
Abderrahim Derraji - 03 février 2026 17:19La ville de Tanger a accueilli, les 23 et 24 janvier, la cinquième édition de MEDEXPO, rendez-vous annuel incontournable organisé par le Groupement d’Intérêt Économique Sigmapharm. Très attendu par ses membres et les acteurs du secteur, l’événement a été placé sous le thème : «Le maintien à domicile : place du pharmacien d’officine dans le parcours de soins». La séance inaugurale a été marquée par l’intervention du Dr Noureddine Salami, président de Sigmapharm, qui a réaffirmé l’engagement du groupement en faveur d’une pharmacie moderne, structurée et pleinement intégrée aux enjeux de santé publique. Il a souligné que l’année 2025 constitue un tournant stratégique pour Sigmapharm, avec la mise en œuvre de deux axes majeurs adoptés en 2024. Le premier concerne la régionalisation du groupement, une réforme ambitieuse visant à rapprocher l’organisation de ses membres, renforcer la gouvernance de proximité et améliorer l’efficacité opérationnelle. Désormais structuré en quatre grandes régions dotées de comités régionaux et locaux, Sigmapharm se veut plus représentatif, plus réactif et plus participatif. Le second axe stratégique porte sur la transformation digitale. Conscient des impératifs de modernisation, le groupement a lancé un vaste chantier de digitalisation, notamment à travers la modernisation de sa plateforme et la signature d’un partenariat stratégique avec Digital4Win, destiné à optimiser la gestion du back-office du groupement et des pharmacies adhérentes. Cette allocution a été suivie par l’intervention du Dr Mounir Tadlaoui, vice-président de la FNSPM, qui a fait le point sur l’avancement des dossiers structurants de la profession. Il a notamment mis l’accent sur les questions sensibles de la rémunération du pharmacien et de l’ouverture du capital des pharmacies, une mesure que pourrait recommander le Conseil de la Concurrence et qui suscite de vives inquiétudes au sein de la profession. De son côté, le Dr Mohamed El Bouhmadi, ancien président de la FMIIP, a exposé les difficultés auxquelles fait face le secteur pharmaceutique, pointant notamment les limites du système actuel de fixation des prix des médicaments et ses répercussions sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Les travaux du congrès ont ensuite mis en lumière le rôle central du pharmacien d’officine dans le parcours de soins, en particulier dans le cadre du maintien à domicile. Cette réflexion s’inscrit dans un contexte démographique marqué par le vieillissement de la population. Au Maroc, près de 14 % des habitants ont plus de 60 ans, une proportion appelée à atteindre 23 % d’ici 2050. Face à la progression des maladies chroniques et de la dépendance, le pharmacien, professionnel de santé de proximité, est appelé à jouer un rôle clé dans la prévention, l’éducation thérapeutique et l’accompagnement des patients âgés. Comme l’a souligné le Dr Salami, «il est temps de conjuguer nos efforts pour bâtir une pharmacie citoyenne, humaine et au cœur du parcours de soins». Enfin, MEDEXPO 2026 a été l’occasion de rendre un vibrant hommage au Dr Mohamed El Bouhmadi, pour son engagement et sa contribution au développement du secteur pharmaceutique national. Docteur en pharmacie et biologiste, diplômé de l’Université de Montpellier, il est actuellement PDG du groupe Zenith Pharma et a occupé plusieurs fonctions clés, notamment celles de président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens fabricants et répartiteurs et de président de la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutique (FMIIP).
Abderrahim Derraji - 03 février 2026 17:10Les vaccins anticancéreux connaissent un essor majeur et sont en train de transformer profondément le paysage de l’oncologie. Longtemps cantonnés à la prévention de certains cancers d’origine virale, ils s’imposent désormais comme de véritables outils thérapeutiques, capables de traiter des tumeurs déjà installées en mobilisant le système immunitaire du patient. Cette évolution marque un changement de paradigme dans la prise en charge du cancer. Les vaccins prophylactiques contre le papillomavirus humain (HPV) et l’hépatite B ont déjà démontré leur efficacité dans la prévention de cancers tels que celui du col de l’utérus, certains cancers ORL ou le cancer du foie. Aujourd’hui, de nouveaux vaccins dits thérapeutiques visent à entraîner le système immunitaire à reconnaître et détruire des cellules tumorales existantes. Des travaux récents, notamment publiés dans The Lancet par des équipes du Mount Sinaï de New York, mettent en lumière ces avancées prometteuses. En situation adjuvante, notamment dans le mélanome et le cancer du pancréas, ces vaccins permettent de réduire la maladie résiduelle minimale et de diminuer le risque de rechute après un traitement initial. Dans des contextes plus avancés, y compris en cas de maladie métastatique, certaines stratégies vaccinales administrées directement au niveau tumoral ont montré des régressions systémiques, y compris dans des cancers du poumon, du sein ou dans certains lymphomes. L’intérêt scientifique est considérable, comme en témoignent les plus de 200 essais cliniques actuellement en cours à travers le monde. Malgré ces avancées, des défis persistent. Certains cancers restent faiblement immunogènes, limitant l’efficacité des vaccins. Des obstacles réglementaires et industriels, notamment liés à la personnalisation et à la production des vaccins à ARNm, devront être surmontés. L’enjeu de l’accès équitable à ces innovations revêt une importance capitale. À l’avenir, le développement de plateformes vaccinales plus puissantes et leur intégration avec les immunothérapies et les thérapies cellulaires pourraient améliorer significativement la survie et la qualité de vie des patients. Les vaccins anticancéreux s’imposent ainsi comme un pilier majeur et en pleine expansion de la lutte contre le cancer.
Abderrahim Derraji - 03 février 2026 17:05Sanofi a annoncé que son médicament expérimental Venglustat a atteint l’ensemble des critères d’évaluation principaux et secondaires dans une étude clinique de phase 3 menée chez des adultes et des adolescents atteints de la maladie de Gaucher de type 3 (MG3). Cette pathologie lysosomale rare se caractérise notamment par des atteintes neurologiques sévères, pour lesquelles il n’existe actuellement aucun traitement approuvé. Les essais cliniques de phase 3 représentent une étape décisive dans le développement d’un médicament, car ils visent à démontrer son efficacité et sa sécurité en comparaison avec les traitements existants ou un placebo, et constituent le dernier jalon avant une éventuelle demande d’autorisation de mise sur le marché. Dans ce contexte, les résultats obtenus par le Venglustat sont particulièrement significatifs. Selon Sanofi, le Venglustat a démontré une supériorité par rapport à l’enzymothérapie substitutive pour le traitement des symptômes neurologiques de la MG3. Cette avancée est majeure, car l’enzymothérapie, bien qu’efficace sur certains aspects de la maladie, n’agit pas sur les manifestations neurologiques, qui représentent un besoin médical non couvert important. Fort de ces résultats positifs, Sanofi prévoit désormais de déposer des dossiers réglementaires à l’échelle mondiale afin d’obtenir une autorisation de commercialisation du Venglustat dans l’indication de la maladie de Gaucher de type 3. En revanche, les résultats sont plus nuancés dans une autre maladie lysosomale rare, la maladie de Fabry. Dans une étude de phase 3 portant sur cette pathologie, le Venglustat n’a pas démontré de supériorité sur le critère d’évaluation principal. Le laboratoire a toutefois indiqué qu’une étude de phase 3 supplémentaire est actuellement en cours, afin d’évaluer plus avant le potentiel du médicament dans cette indication.
Abderrahim Derraji - 03 février 2026 17:02La FDA américaine a accordé la désignation de médicament orphelin à OpCT-001, une thérapie cellulaire expérimentale développée par Bayer et sa filiale BlueRock Therapeutics, pour le traitement de la rétinite pigmentaire (RP). Cette pathologie est l’un des troubles rétiniens héréditaires les plus fréquents et se caractérise par une dégénérescence progressive des cellules photoréceptrices, conduisant à une perte de vision pouvant aller jusqu’à la cécité. La désignation de médicament orphelin vise à encourager le développement de traitements destinés aux maladies rares, en offrant notamment des incitations réglementaires et financières aux laboratoires. Dans ce cadre, OpCT-001 bénéficie d’un soutien renforcé pour poursuivre son développement clinique. OpCT-001 repose sur une approche innovante de thérapie cellulaire, dont l’objectif est de restaurer la vision chez les patients atteints de rétinite pigmentaire en remplaçant les cellules photoréceptrices perdues par de nouvelles cellules fonctionnelles au niveau de la rétine. Cette stratégie pourrait représenter une avancée majeure pour une maladie pour laquelle les options thérapeutiques restent très limitées. Toutefois, OpCT-001 demeure à un stade expérimental. La thérapie n’a encore reçu aucune autorisation de mise sur le marché et son efficacité ainsi que sa sécurité n’ont pas encore été pleinement établies ni évaluées par les autorités réglementaires. Selon Amit Rakhit, directeur médical de BlueRock Therapeutics, OpCT-001 présente un fort potentiel en tant qu’option thérapeutique pour la rétinite pigmentaire et d’autres maladies primaires des photorécepteurs. Bayer et BlueRock ont indiqué leur volonté de poursuivre une collaboration étroite avec la FDA afin de faire progresser le développement clinique de cette thérapie innovante.
Abderrahim Derraji - 03 février 2026 16:59Le 28 janvier 2026, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) a publié une note d’information en cosmétovigilance alertant sur les risques graves associés à l’utilisation de produits de lissage capillaire contenant de l’acide glyoxylique. Cette alerte s’adresse à la fois aux utilisateurs, aux professionnels de la coiffure et aux professionnels de santé. Selon des données scientifiques internationales, l’acide glyoxylique, qui passe à travers la peau lors du lissage capillaire, peut se transformer dans l’organisme en cristaux. Ces cristaux sont susceptibles de s’accumuler au niveau des reins et d’entraîner des lésions rénales, pouvant évoluer vers une insuffisance rénale aiguë. Ce risque est jugé suffisamment sérieux pour justifier une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés. Face à ces constats, l’AMMPS recommande aux professionnels de la coiffure de cesser l’utilisation de tout produit de lissage capillaire contenant de l’acide glyoxylique. Les utilisateurs sont, quant à eux, invités à consulter immédiatement un médecin en cas d’apparition de symptômes inhabituels pendant ou après un lissage capillaire. Parmi les signes d’alerte figurent notamment les nausées, une fatigue intense ou des douleurs lombaires, pouvant évoquer une atteinte rénale. L’Agence appelle également les professionnels de santé à une vigilance accrue. Elle les encourage à envisager le lien entre une insuffisance rénale aiguë et l’usage récent de produits de lissage capillaire, et à interroger systématiquement les patients sur ce point en cas de symptômes évoquant une insuffisance rénale aiguë. Enfin, l’AMMPS rappelle l’importance du dispositif national de cosmétovigilance. Tout événement indésirable survenant après l’utilisation d’un médicament, d’un produit cosmétique, y compris les produits de lissage capillaire, doit être déclaré à l’Agence afin de renforcer la surveillance, d’améliorer la sécurité des consommateurs et de prévenir de nouveaux risques sanitaires.
Abderrahim Derraji - 28 janvier 2026 18:43
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