DÉCRET n° 2-25-631
DÉCRET n° 2-25-631

DÉCRET n° 2-25-631 modifiant et complétant le décret n° 2-13-852

COUVERTURE
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4E ASSEMBLÉE THÉMATIQUE DE L'ADPA - LAGOS - 2026

Circulaire 105
Circulaire 105

Relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé

BPO
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PROJET (Arrêté du ministre de la Santé et de la protection sociale)

Remunération
Remunération

Qu'en est-il au juste?

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Pharmacien - Pharmacie - Taux de satisfaction

Pharmacien : un professionnel de santé apprécié des patients, oublié des décideurs… Abderrahim Derraji - 02 novembre 2026 13:29
Pharmacien : un professionnel de santé apprécié des patients, oublié des décideurs…

« On a tous une pharmacie dans sa vie. » En lançant cette campagne en 2014, l’Ordre national des pharmaciens français avait trouvé les mots justes. Derrière cette formule se dessine une réalité : l’officine est un lieu d’écoute, de conseil et d’accompagnement, souvent fréquenté bien avant les autres structures de soins.

Deux enquêtes françaises confortent ce constat. En mars 2026, une étude OpinionWay¹ menée pour PharmagoraPlus auprès de 1 017 personnes révélait que 93 % des Français font confiance aux pharmaciens pour les conseiller sur un sujet médical. En 2025, l’enquête Pharma Système Qualité² affichait une satisfaction de 9,4/10 auprès de quelque 30 000 patients. Ce dernier résultat concerne toutefois près de 700 pharmacies engagées dans une démarche qualité : il ne saurait être généralisé à toutes les officines.

Au Maroc, l’étude³ « Le comportement professionnel au Maroc », publiée en octobre 2026 par le Centre marocain pour la citoyenneté, apporte un éclairage tout aussi intéressant.

Les pharmacies arrivent en tête des métiers et services privés évalués, avec 70,7 % de satisfaction, contre 39,2 % pour les médecins du privé et 12,7 % pour la santé publique. Ces résultats mesurent des expériences différentes ; ils n’établissent ni les causes des écarts ni une supériorité générale d’un secteur. Ils témoignent néanmoins d’un capital de confiance que les décideurs gagneraient à considérer.

Chaque jour, les équipes officinales accompagnent femmes enceintes, jeunes parents, malades chroniques et patients atteints de pathologies lourdes, dans les métropoles comme dans les territoires enclavés. Leur disponibilité et leurs conseils constituent des services essentiels, largement non rémunérés.
 

 

À cet accompagnement s’ajoutent des tâches administratives chronophages. En attendant la feuille de soins électronique, préparer un dossier de remboursement mobilise parfois plus d’un quart d’heure : découpage des codes-barres, pièces à joindre, renseignements du patient à compléter. Ce temps mérite d’être reconnu, mais surtout libéré au profit du soin.

Les bonnes pratiques officinales offrent une occasion de structurer davantage cette contribution. Le rôle du pharmacien dans la prévention, le bon usage des médicaments et le soutien à l’observance peut également renforcer la qualité des soins et contribuer à limiter les dépenses évitables. Encore faut-il accompagner leur mise en œuvre, financer la formation continue et donner un cadre clair aux nouvelles missions.

Car la confiance ne suffit pas à assurer la pérennité des officines. Les baisses de prix non compensées fragilisent leur économie. Le blocage des instances ordinales affaiblit également la régulation professionnelle. On ne peut continuer à formuler des exigences à l’endroit du pharmacien sans lui donner les moyens d’agir.

Certes, le découragement est réel, mais la résignation ne doit pas l’emporter. L’arrivée d’un nouveau ministre de la Santé, l’expertise de l’Agence et les compétences de la profession peuvent ouvrir une nouvelle dynamique. À condition de transformer les intentions en décisions concrètes.

Les patients reconnaissent déjà l’utilité du pharmacien. Il appartient désormais aux décideurs de traduire cette confiance en une place effective dans le parcours de soins.

Sources :

1- OpinionWay. La perception par les Français des différentes missions du pharmacien. Étude pour PharmagoraPlus, mars 2026. Lien : https://www.opinion-way.com/fr/publications/la-perception-par-les-francais-des-differentes-missions-du-pharmacien-2026-22892/?utm_source=chatgpt.com

2- Pharma Système Qualité — France, juin 2025. Pharma Système Qualité. Un plébiscite des missions officinales documenté par les 13e Journées Qualité de PHSQ. Communiqué de presse, 18 juin 2025. Lien : https://pharmasystemequalite.com/wp-content/uploads/2025/06/06-2025-CP-Journees-qualite-VDEF.pdf?utm_source=chatgpt.com

3- Centre Marocain pour la Citoyenneté. Le comportement professionnel au Maroc : perceptions des citoyens sur les pratiques professionnelles, la qualité des services et la relation avec les usagers et les clients. Résultats d’une enquête d’opinion. Supervision : Rachid Essedik, octobre 2026.

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ONCOLOGIE - Les Amis du ruban rose - Roche

Oncologie au Maroc : une mobilisation collective pour un parcours de soins plus sûr et plus humain Abderrahim Derraji - 02 novembre 2026 13:24
Oncologie au Maroc : une mobilisation collective pour un parcours de soins plus sûr et plus humain

Faire progresser la prise en charge du cancer suppose de conjuguer diagnostic précoce, traitements adaptés et accompagnement continu. Cette ambition était au cœur de la rencontre organisée le 31 octobre 2026 à Casablanca par l’Association Les Amis du ruban rose, en partenariat avec Roche Maroc. Au terme d’Octobre Rose, professionnels de santé, représentants institutionnels, associations de patients et experts du numérique ont croisé leurs regards sur les moyens de renforcer la sécurité en oncologie.


Le fil conducteur des échanges était clair : la protection du patient se construit à chaque étape de son parcours. Dès la suspicion diagnostique, une orientation rapide et une information accessible sont essentielles.

Pendant les traitements et le suivi, la coordination entre intervenants permet de prévenir les ruptures, de mieux surveiller la tolérance et de préserver la continuité des soins.

Consacrée à cette organisation, la première table ronde réunissait notamment le Pr Youssef Hafidi, Mme Bahija Gouimi, le Pr Chakib Nejjari et le Pr Najib Al Idrissi. Les discussions portaient sur la fluidité du parcours, l’articulation entre structures et l’équité territoriale. L’objectif est de permettre à chaque malade, quel que soit son lieu de résidence, d’accéder à une prise en charge répondant aux mêmes exigences de qualité et de sécurité.

 

Cette continuité implique également de réduire les obstacles économiques et administratifs susceptibles de retarder ou d’interrompre les traitements. Dans le contexte de la réforme sanitaire marocaine, rapprocher les acteurs publics, privés et associatifs constitue une voie pour mieux répondre aux besoins des patients et de leurs proches.


Le second volet abordait la contribution du numérique, avec M. Khalil Aouad, le Dr Saad Chaachou, M. Aniba, le Pr Najib Al Idrissi et le Dr Abdeslam Lahlou.

Le dossier médical partagé figurait parmi les leviers examinés pour rendre les informations disponibles aux professionnels concernés, faciliter les décisions et limiter les examens redondants. La télémédecine et le suivi à distance peuvent, eux aussi, maintenir le lien après l’hospitalisation et atténuer l’isolement.

Ces outils doivent s’accompagner d’une protection rigoureuse des données, d’une gouvernance claire et de garanties de cybersécurité. La pharmacovigilance numérique et la notification des événements indésirables participent à cette démarche : partager les difficultés rencontrées permet d’améliorer les pratiques dans une logique d’apprentissage collectif.

Pour Anis El Mekaoui, directeur général de Roche Maroc, l’innovation prend tout son sens lorsqu’elle sert concrètement le patient. Il a rappelé la volonté de l’entreprise de mobiliser son expertise en oncologie aux côtés de l’écosystème de santé, en favorisant le dialogue et le partage des connaissances.

Latifa Cherif, présidente des Amis du ruban rose, a replacé cette ambition dans sa dimension humaine. Une personne informée, écoutée et reconnue comme partenaire contribue pleinement à la sécurité de ses soins. Le développement du rôle de patient partenaire et des formations associées ouvre des perspectives pour mieux accompagner l’annonce du diagnostic et les étapes suivantes.

Cette rencontre vient nous rappeler que l’amélioration du parcours de soins repose sur une coopération durable, attentive à l’expérience des malades. Une dynamique pour faire avancer ensemble qualité, équité et dignité dans les soins.

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NIVESTIM - RAPPEL DE LOT

Nivestim : un lot rappelé au Maroc par précaution Abderrahim Derraji - 02 novembre 2026 12:31
Nivestim : un lot rappelé au Maroc par précaution

L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) a mis en ligne, le 30 octobre 2026, une alerte concernant le rappel intégral du lot NG0631 de Nivestim 30 MU/0,5 ml. Cette spécialité se présente en solution pour injection ou perfusion, par voie intraveineuse ou sous-cutanée, conditionnée en boîtes de cinq seringues préremplies.

Décidée par le laboratoire Pfizer en accord avec l’Agence, cette mesure intervient après un incident ayant affecté le système d’enregistrement de la température d’une chambre froide.

Les consignes sont immédiates : arrêter toute distribution, dispensation et utilisation du lot concerné, isoler les unités disponibles en quarantaine et organiser leur retour en coordination avec Pfizer. Ces dispositions s’adressent aux pharmaciens d’officine, aux pharmaciens hospitaliers, aux grossistes-répartiteurs ainsi qu’aux établissements de santé publics et privés. Les autres lots de Nivestim ne sont pas concernés.

Pour les équipes pharmaceutiques, cette alerte souligne l’intérêt d’une procédure de rappel clairement définie. Vérifier les numéros de lot dès réception d’un avis, identifier rapidement les stocks concernés et documenter les opérations de retrait facilitent une réponse efficace.

Au-delà de cet épisode, la surveillance des produits thermosensibles exige une traçabilité continue. L’enregistrement des températures, la vérification des dispositifs de mesure et le traitement des anomalies constituent des éléments essentiels de l’assurance qualité. Leur fiabilité permet aux professionnels de sécuriser le circuit du médicament et de réagir rapidement lorsqu’une incertitude apparaît sur les conditions de conservation.

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Tunisie - Cnam - Syndicat - Tiers-payant

Tunisie : les impayés de la CNAM mettent le tiers payant en péril Abderrahim Derraji - 02 novembre 2026 12:30
Tunisie : les impayés de la CNAM mettent le tiers payant en péril

Le différend financier entre les pharmaciens tunisiens et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) franchit une nouvelle étape. Le Syndicat des pharmaciens d’officine a annoncé la suspension du tiers payant pour les assurés de la caisse à compter du 1er novembre 2026. Dans un communiqué publié le 30 octobre, l’organisation invoque des créances impayées et le non-respect des engagements contractuels de l’organisme assureur.

Selon le syndicat, cette décision intervient après plusieurs démarches restées sans réponse concrète. Une alerte avait été adressée dès le 19 octobre à la CNAM et aux autorités concernées. Réunie le 27 octobre, l’instance nationale élargie de l’organisation a confirmé la suspension. Les pharmaciens soulignent avoir maintenu leurs prestations malgré les difficultés financières, dans l’espoir de parvenir à une solution préservant le service aux assurés.

Les retards de paiement s’inscrivent, selon l’organisation professionnelle, dans un contexte déjà difficile. Celle-ci dénonce une fiscalité lourde, des problèmes professionnels persistants et un encadrement insuffisant des pratiques non réglementées. Elle présente la suspension comme une mesure destinée à préserver la trésorerie des officines et leur capacité à s’approvisionner en médicaments.

Tout en regrettant les perturbations occasionnées aux citoyens, le syndicat indique avoir sollicité la CNAM pour coordonner le traitement des dossiers et faciliter l’accès aux traitements. Les modalités pratiques doivent toutefois être précisées. À ce stade, les démarches demandées aux assurés et les conséquences financières immédiates de la suspension restent donc à clarifier.

Cette crise illustre la dépendance du tiers payant à la régularité des remboursements. Lorsqu’une pharmacie dispense un médicament sans percevoir immédiatement la part prise en charge par l’assurance, elle consent une avance financière. Si les règlements tardent, cette avance peut peser sur le renouvellement des stocks et fragiliser l’équilibre de l’officine.

Pour les patients, notamment ceux qui suivent un traitement chronique, une modification des conditions de paiement pourrait compliquer la continuité des soins. Les ménages disposant de faibles ressources seraient particulièrement exposés à l’obligation éventuelle d’avancer des frais supplémentaires.

La résolution du conflit suppose donc davantage qu’un accord de principe. Un calendrier crédible d’apurement des créances, des engagements vérifiables et une information claire des assurés seront essentiels pour restaurer la confiance. L’enjeu dépasse la seule relation entre la CNAM et les pharmaciens : il concerne la capacité du système de couverture maladie à garantir un accès effectif et durable aux médicaments.

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Medicare - Biktarvy

VIH : Medicare obtient une baisse de 38 % du prix de Biktarvy Abderrahim Derraji - 02 novembre 2026 12:28
VIH : Medicare obtient une baisse de 38 % du prix de Biktarvy

Le programme américain Medicare appliquera, à partir du 1er janvier 2028, un prix maximal négocié de 2 600 dollars (25 533 DH) pour trente jours de traitement par Biktarvy, médicament de Gilead contre le VIH. Selon les indications communiquées par le laboratoire, ce montant représente une réduction d’environ 38 % par rapport au prix catalogue dans le circuit Medicare.

Cette décision s’inscrit dans le dispositif de négociation instauré par l’Inflation Reduction Act de 2022. Biktarvy figure parmi les quinze médicaments sélectionnés pour le troisième cycle de négociations, dont les nouveaux tarifs entreront en vigueur en 2028. Le mécanisme permet à Medicare de peser directement sur le prix de certains traitements représentant des dépenses importantes pour le programme.

Pour Gilead, les conséquences financières seront significatives. Le groupe estime que le nouveau prix et ses répercussions sur d’autres circuits américains pourraient réduire les revenus de Biktarvy d’environ 1,5 milliard de dollars en 2028 par rapport à 2027. Cette estimation reste préliminaire. Le laboratoire prévoit néanmoins une progression globale de ses revenus dans le VIH, portée par les autres produits de son portefeuille.

Sur le plan de la politique pharmaceutique, cette évolution illustre la capacité d’un grand acheteur public à négocier les conditions financières d’un traitement chronique majeur. Elle invite également à distinguer le prix catalogue, le prix négocié et le montant effectivement supporté par le patient : une réduction de 38 % du premier ne signifie pas automatiquement une diminution identique du reste à charge.

Cette mesure concerne le système américain et n’entraîne aucune baisse automatique au Maroc ou dans les autres pays africains. Son intérêt international tient surtout au débat qu’elle nourrit sur les moyens de concilier financement de l’innovation, soutenabilité des dépenses et accès durable aux traitements. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu reste d’obtenir des conditions adaptées à leur propre système de couverture et à leurs ressources.

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Autres articles

Égypte : un partenariat pour produire le vaccin antipneumococcique et renforcer l’autonomie vaccinale

L’Égypte franchit une nouvelle étape dans le développement de son industrie vaccinale. Vaccine and Biotechnology City (VBC) et l’entreprise chinoise Walvax ont signé un accord de transfert technologique destiné à permettre la première production égyptienne du vaccin antipneumococcique conjugué 13-valent, ou PCV13. Annoncé par l’Autorité égyptienne du médicament (EDA) le 26 octobre 2026, ce partenariat vise à consolider l’approvisionnement national et à ouvrir des perspectives d’exportation, notamment vers les marchés africains. Le projet s’inscrit dans une stratégie de localisation de la fabrication de produits biologiques considérés comme prioritaires. Pour les autorités égyptiennes, l’enjeu est de renforcer les compétences industrielles nationales tout en réduisant la dépendance aux approvisionnements étrangers. L’ambition dépasse ainsi la seule installation d’une capacité de production : elle repose sur l’acquisition d’un savoir-faire permettant de soutenir durablement la disponibilité des vaccins. Cette orientation pourrait également contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement du continent. Une production régionale constitue un levier potentiel de sécurité sanitaire, à condition de répondre aux besoins des programmes de vaccination et de proposer des volumes, des délais et des coûts compatibles avec leurs contraintes. La proximité géographique ne garantit, à elle seule, ni l’accessibilité économique ni la continuité des livraisons. La signature de l’accord ne signifie toutefois pas que le vaccin fabriqué en Égypte est immédiatement disponible. Le transfert technologique doit déboucher sur un procédé maîtrisé, une production reproductible et des contrôles documentés. Le site, les procédés et les lots devront satisfaire aux exigences réglementaires applicables avant toute mise à disposition. L’EDA souligne son rôle d’accompagnement technique et de contrôle, ainsi que l’importance du respect des standards de qualité, de sécurité et d’efficacité. Elle évoque également la préparation des fabricants aux exigences internationales et la perspective d’une préqualification de l’Organisation mondiale de la santé, déterminante pour élargir les débouchés vers les programmes internationaux d’achat. Pour l’Égypte comme pour ses futurs partenaires africains, l’autonomie vaccinale se construit dans la durée, par l’articulation entre transfert de compétences, exigence réglementaire et accès réel aux produits.

Abderrahim Derraji - 02 novembre 2026 12:25
Tuberculose : l’OMS publie les caractéristiques des traitements injectables à action prolongée

Alléger les traitements pour mieux accompagner les patients : telle est la perspective ouverte par les futurs injectables à action prolongée contre la tuberculose. Le 28 octobre 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié les caractéristiques attendues de ces produits, afin d’orienter leur développement vers des solutions adaptées aux besoins des patients et des systèmes de santé. Pour la prévention, l’objectif optimal serait de réaliser l’ensemble du traitement par une injection unique, lors d’une seule consultation. Pour la tuberculose active, l’ambition est un schéma de quatre mois au maximum, administré en trois séances ou moins. Ces objectifs constituent des cibles de recherche : ils ne correspondent pas à de nouveaux traitements déjà recommandés. Les exigences dépassent la seule réduction du nombre de prises. Les futurs produits devraient présenter une efficacité et une sécurité au moins équivalentes à celles des traitements oraux actuels. De faibles volumes d’injection, une conservation sans chaîne du froid et une administration par un professionnel formé figurent également parmi les caractéristiques recherchées. L’OMS souligne aussi l’importance du coût, de l’accès équitable et du maintien du choix du patient. Pour les équipes soignantes, cette évolution pourrait modifier l’accompagnement thérapeutique. Espacer les administrations ne signifie pas supprimer le suivi. Il faudrait organiser les rendez-vous, vérifier leur respect, repérer les difficultés rencontrées et expliquer clairement les modalités du traitement. La simplicité apparente d’une injection ne devrait jamais faire oublier la nécessité d’une information compréhensible et d’une relation de confiance. Dans les contextes où les déplacements sont difficiles, limiter les consultations pourrait représenter un bénéfice concret. Encore faudrait-il que les produits soient disponibles, financièrement accessibles et intégrés à une organisation capable d’assurer la continuité des soins. L’intérêt d’une innovation se mesurerait ainsi autant à son utilisation réelle qu’à ses performances cliniques. Cette annonce invite surtout à distinguer promesse scientifique et pratique actuelle. Elle offre une occasion de rappeler aux patients qu’un traitement ne doit pas être modifié dans l’attente d’une innovation. Si ces injectables tiennent leurs promesses, leur déploiement devra associer efficacité, acceptabilité et accompagnement, afin que la réduction des prises se traduise effectivement par un meilleur parcours de soins.

Abderrahim Derraji - 29 octobre 2026 21:52
AlloNK : deux décès et un bénéfice peu durable conduisent Artiva à abandonner

Artiva Biotherapeutics a annoncé, le 27 octobre 2026, l’abandon du développement d’AlloNK, sa thérapie cellulaire expérimentale évaluée dans la polyarthrite rhumatoïde. Cette décision intervient après deux décès survenus dans un essai clinique et une réévaluation des données concernant la sécurité et la persistance du bénéfice thérapeutique. AlloNK repose sur des cellules immunitaires dites « natural killer » provenant de donneurs. Le candidat était étudié en association avec le rituximab dans plusieurs maladies auto-immunes impliquant les lymphocytes B. Son administration nécessitait un conditionnement comprenant la fludarabine et le cyclophosphamide, destinés à réduire certaines populations de cellules immunitaires. Le premier décès est survenu à la suite d’une leucoencéphalopathie, une atteinte neurologique grave. Selon l’investigateur et une évaluation indépendante de sécurité, cet événement était probablement lié à une neurotoxicité associée à la fludarabine. Il serait donc inexact de l’attribuer directement à AlloNK. Après ce signalement, l’autorité sanitaire américaine, la FDA, a demandé une suspension des inclusions et des administrations dans l’essai concerné. Un second participant est décédé subitement environ deux mois après le début du traitement. L’investigateur a considéré ce décès comme sans rapport avec AlloNK ou les autres composantes du protocole. Sa cause demeure indéterminée, ce qui impose de conserver une formulation prudente sur les circonstances de cet événement. Au-delà de ces signaux de sécurité, les résultats à plus long terme ont pesé dans la décision. Malgré une activité clinique observée, la durée de la réponse ne répondait pas aux exigences fixées par l’entreprise pour poursuivre le développement. Le rapport entre les bénéfices attendus, les risques et les perspectives du programme a ainsi été jugé insuffisant. Les conséquences sont majeures pour Artiva : environ 94 % des effectifs seront supprimés. L’entreprise examinera différentes options stratégiques, tandis que le programme sera clôturé avec un maintien du suivi de sécurité des participants. Cet arrêt rappelle que l’évaluation d’une thérapie cellulaire doit porter sur l’ensemble du parcours thérapeutique, y compris le conditionnement. Il souligne une exigence essentielle : dans les maladies chroniques, une réponse initiale encourageante doit s’accompagner d’un bénéfice suffisamment durable pour justifier les risques encourus par les patients et la poursuite des essais.

Abderrahim Derraji - 28 octobre 2026 13:00
HTA au Maroc : passer des intentions à l’action!

Le déploiement d’un système d’évaluation des technologies de santé (HTA) au Maroc ne saurait se résumer à une réforme technique supplémentaire. Il constitue un véritable changement de paradigme dans la manière de décider, de financer et d’organiser les soins. Encore faut-il que cette ambition se traduise par la mise en place de mécanismes opérationnels, transparents et adaptés aux réalités du Royaume. La rencontre organisée du 22 au 24 octobre à Rabat par la Société marocaine de l’économie des produits de santé (SMEPS), en partenariat avec les acteurs de l’évaluation médico-économique, a eu le mérite de réunir de nombreux experts autour d’une question essentielle : comment faire de l’HTA un véritable instrument d’aide à la décision publique ? L’enjeu dépasse largement la seule évaluation des médicaments. Il s’agit de déterminer la valeur réelle des innovations, d’apprécier leur bénéfice clinique et médico-économique et de garantir une utilisation plus rationnelle des ressources disponibles. Mais une évidence s’impose : le Maroc ne peut se contenter de reproduire des modèles étrangers. Notre système de santé possède ses spécificités, ses contraintes budgétaires, ses disparités territoriales et ses propres priorités sanitaires. L’HTA devra donc être pensée en fonction de ces réalités, tout en s’inspirant des expériences internationales les plus pertinentes. Sa réussite suppose également une bonne gouvernance, une expertise nationale renforcée et, surtout, une coordination effective entre les institutions chargées de l’évaluation, de la fixation des prix, du remboursement et du financement des soins. L’un des principaux défis sera de disposer de données noationaux fiables et exploitables. Sans systèmes d’information performants, sans données en vie réelle et sans indicateurs pertinents, l’évaluation risque de demeurer un exercice théorique, éloigné des besoins des patients. Il faudra également veiller à ce que l’HTA ne devienne pas un obstacle supplémentaire à l’accès aux innovations. Sa vocation n’est pas de freiner le progrès thérapeutique, mais de permettre des choix éclairés, conciliant efficacité clinique, équité et soutenabilité financière. Dans cette dynamique, les professionnels de santé, notamment les pharmaciens, doivent être pleinement associés à la réflexion. Leur connaissance du terrain, des parcours de soins et des difficultés d’accès aux traitements constitue une contribution précieuse. Enfin, l’évaluation ne doit pas être une fin en soi. Elle doit déboucher sur des décisions compréhensibles, applicables et régulièrement réévaluées en fonction des résultats obtenus. Le véritable défi n’est donc plus de convaincre de l’utilité du HTA, mais de lui donner les moyens de fonctionner. Car un système d’évaluation n’a de sens que s’il améliore concrètement la pertinence des décisions, la qualité des soins et l’accès équitable des citoyens aux innovations thérapeutiques.   HTA in Morocco: From Ambition to Action Implementing Health Technology Assessment (HTA) in Morocco represents a major step toward a more efficient, equitable, and sustainable healthcare system. Its success requires a governance framework, strong national expertise, and effective coordination between healthcare institutions. HTA must reflect Morocco’s specific healthcare needs, budgetary constraints, and regional disparities while drawing on international best practices. Reliable real-world data and the active involvement of healthcare professionals, particularly pharmacists, are essential. Rather than limiting access to innovation, HTA should support evidence-based decisions that balance clinical value, affordability, and equity. The ultimate challenge is to turn HTA ambitions into concrete actions that improve healthcare quality and ensure equitable access to therapeutic innovations.

Abderrahim Derraji - 25 octobre 2026 20:10
Bonnes pratiques officinales au Maroc, une nouvelle étape pour la profession

L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) a annoncé, le 21 octobre 2026, la publication de la ligne directrice relative aux Bonnes Pratiques Officinales (BPO). Cette initiative constitue une étape importante dans l’encadrement de l’exercice pharmaceutique au Maroc. Elle traduit la volonté de renforcer la qualité des prestations officinales, la sécurité des patients et le bon usage des médicaments. Élaboré conformément aux dispositions de la loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie, ce document de référence, daté du 18 septembre 2026, couvre l’ensemble des activités de l’officine. Il concerne aussi bien son organisation que les actes pharmaceutiques qui y sont accomplis. Pour les pharmaciens titulaires, cette publication annonce une évolution importante des méthodes de travail. La qualité ne devra plus seulement reposer sur les compétences individuelles et les habitudes professionnelles, mais également sur des procédures écrites, une organisation rigoureuse et une traçabilité des opérations. Le premier changement concerne la gestion du personnel. Le pharmacien titulaire demeure personnellement responsable de l’application des bonnes pratiques. Il doit veiller à la qualification de ses collaborateurs, définir précisément leurs responsabilités, assurer leur formation continue et exercer une surveillance effective sur les activités de l’équipe officinale. Les locaux et les équipements devront répondre à des exigences précises d’hygiène, d’entretien et de conservation. La température, l’humidité et les autres paramètres susceptibles d’affecter la qualité des médicaments devront être régulièrement vérifiés. Les équipements feront également l’objet de contrôles périodiques documentés. L’approvisionnement et la gestion des stocks occupent une place importante dans cette démarche. Le pharmacien devra sélectionner des fournisseurs fiables, contrôler les produits réceptionnés, respecter leurs conditions de conservation et organiser une surveillance rigoureuse des dates de péremption. La dispensation constitue naturellement un volet central du texte. L’analyse pharmaceutique des ordonnances, la vérification des posologies, des interactions et des contre-indications, ainsi que la qualité des conseils délivrés aux patients sont clairement réaffirmées. Le pharmacien devra également contribuer à la pharmacovigilance et traiter sans délai les alertes sanitaires. Les préparations magistrales et officinales devront, quant à elles, respecter des procédures garantissant leur qualité, depuis la réception des matières premières jusqu’au contrôle et à l’étiquetage du produit fini. Autre exigence majeure, la formalisation d’un véritable système documentaire. Chaque pharmacie devra disposer d’un manuel de qualité regroupant notamment les procédures de réception, de stockage, de dispensation, d’entretien, de traitement des plaintes et de gestion des retraits de lots. Le texte prévoit également des autoévaluations régulières destinées à identifier les insuffisances et à mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires. Ces nouvelles orientations représentent indéniablement un progrès pour la profession. Leur application nécessitera cependant du temps, des moyens matériels, des formations et un accompagnement adapté, particulièrement pour les officines disposant de ressources limitées. La publication des BPO soulève ainsi une question essentielle, celle des conditions concrètes de leur mise en œuvre. La ligne directrice ne précise pas, à elle seule, de calendrier général de mise en conformité. Au-delà des contraintes organisationnelles, cette démarche offre surtout l’occasion de valoriser la dimension sanitaire de l’officine et de consolider la place du pharmacien dans le parcours de soins. Encore faudra-t-il que cette ambition qualitative s’accompagne d’une reconnaissance effective des missions et des responsabilités du pharmacien d’officine.  

Abderrahim Derraji - 25 octobre 2026 20:08
USA : CVS expérimente de nouvelles missions pour le pharmacien

Aux États-Unis, le rôle du pharmacien d’officine continue d’évoluer vers une participation plus active à la prévention et au suivi des maladies chroniques. Le groupe CVS Health vient de lancer une expérimentation dans cinq pharmacies du Michigan, où les pharmaciens proposent des prestations de surveillance de plusieurs paramètres biologiques et cardiovasculaires. Selon une information rapportée par Reuters le 23 octobre 2026, ce programme prévoit notamment la mesure de la pression artérielle, de la glycémie et du cholestérol. L’objectif est de renforcer le suivi des patients souffrant de pathologies chroniques, tout en facilitant leur accès à des services de proximité. Cette initiative répond à une problématique majeure du système de santé américain. L’hypertension artérielle, le diabète et les dyslipidémies nécessitent un accompagnement régulier qui ne peut être fait dans le cadre de consultations médicales classiques. Grâce à leur accessibilité et au nombre élevé de patients qui visitent quotidiennement les pharmacies, les officinaux disposent d’atouts pour contribuer à cette prise en charge. Leur intervention pourrait notamment favoriser le dépistage des anomalies, améliorer l’observance thérapeutique et faciliter l’orientation vers le médecin lorsque les résultats le justifient. Mais l’enjeu dépasse la seule dimension clinique. CVS étudie également les possibilités de remboursement de ces prestations par Medicare, le programme fédéral américain d’assurance maladie. Cette réflexion est essentielle, car la pérennité des nouveaux services pharmaceutiques dépend largement de l’existence d’un modèle économique adapté. Pour autant, cette expérimentation devra démontrer son efficacité. L’amélioration des indicateurs cliniques, la satisfaction des patients, la coordination avec les médecins et le rapport coûtefficacité constitueront des critères déterminants avant tout déploiement à grande échelle. Cette expérience mérite également l’attention des pharmaciens marocains. Dans un contexte marqué par la progression des maladies chroniques et les difficultés d’accès aux soins dans certaines régions, l’officine pourrait jouer un rôle plus structuré dans la prévention et l’accompagnement thérapeutique. Une telle évolution supposerait cependant un cadre réglementaire clair, des protocoles validés, une formation adaptée et une rémunération spécifique. L’expérience américaine rappelle finalement qu’élargir les missions du pharmacien ne consiste pas simplement à multiplier les actes. Il s’agit de reconnaître sa contribution à la santé publique et de l’intégrer dans un parcours de soins coordonné.

Abderrahim Derraji - 25 octobre 2026 20:03
Cancer du poumon à petites cellules, une association thérapeutique prolonge nettement la survie

Une nouvelle stratégie thérapeutique pourrait modifier la prise en charge du cancer bronchique à petites cellules au stade étendu, une forme particulièrement agressive de cancer pulmonaire. Les résultats d’un essai clinique de phase III montrent qu’une association impliquant le tarlatamab, commercialisé sous le nom d’Imdelltra, et le durvalumab, connu sous le nom d’Imfinzi, permet d’améliorer significativement la survie globale des patients. L’étude, qui a inclus 563 patients, rapporte une survie globale médiane de 21,1 mois avec cette association, contre 12,7 mois chez les patients recevant le durvalumab seul, dans le cadre du protocole étudié. Cette différence de 8,4 mois constitue un résultat notable dans une pathologie dont le pronostic demeure défavorable malgré les progrès récents de l’immunothérapie. Selon les résultats communiqués, le risque relatif de décès a diminué de 58 %. Cette réduction doit être interprétée comme une mesure statistique du bénéfice observé au cours du suivi et non comme une diminution absolue de la mortalité de 58 %. Le tarlatamab appartient à une nouvelle génération d'immunothérapies reposant sur les anticorps bispécifiques. Il cible simultanément la protéine DLL3, fréquemment exprimée à la surface des cellules du cancer bronchique à petites cellules, et le récepteur CD3 présent sur les lymphocytes T. Ce mécanisme permet de rapprocher les cellules immunitaires des cellules tumorales afin de favoriser leur destruction. Le durvalumab agit différemment. En bloquant la voie PD-L1, il contribue à lever certains mécanismes d'inhibition de la réponse immunitaire antitumorale. L'association des deux médicaments vise ainsi à renforcer l'activité du système immunitaire par des mécanismes complémentaires. Toutefois, cette efficacité s'accompagne de risques qui nécessitent une surveillance spécialisée. Dans l'essai, 20,9 % des patients ont présenté un événement indésirable grave, tandis que près de la moitié ont développé un syndrome de relargage des cytokines, généralement de faible gravité. Ce syndrome, lié à une activation importante du système immunitaire, peut provoquer de la fièvre, une hypotension et, dans les formes sévères, des complications potentiellement graves. Sa prévention, son identification précoce et sa prise en charge nécessitent des équipes formées et des protocoles adaptés. Ces résultats pourraient élargir les perspectives d'utilisation du tarlatamab à des étapes plus précoces du parcours thérapeutique. Ils devront néanmoins être examinés par les autorités réglementaires avant toute extension d'indication. Pour les oncologues et les pharmaciens hospitaliers, cette avancée souligne l'importance croissante des traitements immunologiques combinés, mais également les nouvelles exigences de surveillance et de sécurisation du circuit du médicament. L'enjeu sera désormais de confirmer la place de cette association dans les stratégies thérapeutiques et de déterminer les conditions permettant d'en faire bénéficier les patients en toute sécurité.

Abderrahim Derraji - 25 octobre 2026 19:58
Sémaglutide : rappels de Lots produits par le groupe Dr Reddy’s

Le développement des versions génériques du sémaglutide représente un enjeu industriel et commercial majeur pour les laboratoires pharmaceutiques. Mais les difficultés rencontrées par le groupe indien Dr Reddy’s rappellent que la fabrication de ces médicaments injectables exige une parfaite maîtrise de la qualité. Selon Reuters, le laboratoire a récemment lancé sur le marché indien deux nouvelles marques, Obeda Pro et Obeda Plus, après avoir interrompu la production de son injection Obeda. Cette décision intervient à la suite de la détection d’une impureté dans le principe actif, qui avait entraîné des rappels de produits en Inde et au Canada. L’entreprise prévoit de reprendre la production d’Obeda en novembre 2026 et envisage également une expansion commerciale vers l’Afrique et l’Amérique latine. Cet incident illustre les défis associés à la fabrication des médicaments peptidiques. Le sémaglutide, analogue du GLP-1, possède une structure moléculaire dont la production et la purification nécessitent des procédés industriels parfaitement maîtrisés. La présence d’impuretés peut résulter de différentes étapes de fabrication, notamment de la synthèse, de la purification ou de la conservation du principe actif. L’identification d’une impureté ne signifie pas automatiquement qu’un médicament présente un danger clinique avéré. Son évaluation doit prendre en considération sa nature, sa concentration, son éventuelle toxicité et les limites réglementaires applicables. Pour les autorités sanitaires, ces situations soulignent l’importance des contrôles analytiques, de la qualification des fournisseurs et du suivi des lots commercialisés. Elles rappellent également que la multiplication des marques ne constitue pas, à elle seule, une garantie de diversification des sources de fabrication. La traçabilité doit permettre de retrouver rapidement l’origine des matières premières, les sites de production et les lots concernés lorsqu’une anomalie est détectée. Pour les professionnels de la distribution pharmaceutique, l’enjeu est particulièrement important. Un rappel efficace suppose une circulation rapide de l’information entre fabricants, autorités sanitaires, grossistes et pharmacies. Dans les pays africains, où les chaînes d’approvisionnement peuvent faire intervenir plusieurs intermédiaires, cette exigence mérite une attention renforcée. Au Maroc, toute éventuelle commercialisation de nouvelles spécialités à base de sémaglutide devra respecter les procédures nationales d’autorisation, de contrôle et de pharmacovigilance. L’épisode Dr Reddy’s rappelle finalement une règle fondamentale de la politique pharmaceutique. L’amélioration de l’accès aux traitements ne peut être dissociée de la qualité, de la sécurité et de la traçabilité des médicaments.

Abderrahim Derraji - 25 octobre 2026 19:54
GLP-1 et compléments alimentaires : le pharmacien face à un nouveau réflexe à risque

L’essor des médicaments de la famille des GLP-1, comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, transforme la prise en charge du diabète et de l’obésité. Mais il favorise également un marché parallèle : celui des compléments alimentaires censés atténuer les effets indésirables du traitement ou accompagner la perte de poids. Nausées, constipation, fatigue, faiblesse musculaire ou fragilité des cheveux et des ongles conduisent certains patients à acheter protéines, fibres, probiotiques, électrolytes, vitamines ou collagène. Selon une enquête du Nutrition Business Journal citée par Reuters, près de la moitié des utilisateurs de GLP-1 ont commencé à prendre des vitamines ou compléments alimentaires après l’instauration de leur traitement. Les probiotiques, les protéines et les fibres figurent parmi les produits les plus recherchés. Cette tendance est largement alimentée par les réseaux sociaux, où des influenceurs proposent des «protocoles» standardisés et parfois coûteux. Pourtant, tous les patients traités par un GLP-1 n’ont pas les mêmes besoins. Une chute de cheveux, par exemple, peut être liée à une perte de poids rapide, à une réduction excessive des apports alimentaires ou à une carence réelle, qui doit être identifiée avant toute supplémentation. Les compléments ne sont pas non plus dépourvus de risques. Un apport excessif en vitamines ou en minéraux peut provoquer des effets indésirables. Les fibres, lorsqu’elles sont introduites trop rapidement ou sans hydratation suffisante, peuvent majorer les troubles digestifs. Les produits riches en potassium ou en magnésium exigent une prudence particulière chez les patients souffrant d’insuffisance rénale ou prenant certains traitements cardiovasculaires. Quant aux électrolytes, ils ne sont pas toujours indiqués et peuvent contenir du sucre ou du sodium en quantité importante. Le pharmacien d’officine occupe donc une place essentielle. Il doit interroger le patient sur son alimentation, sa perte de poids, son hydratation, ses symptômes et l’ensemble des médicaments ou compléments utilisés. Il peut repérer une dénutrition, une déshydratation, un surdosage ou une interaction potentielle, puis orienter vers le médecin lorsque les vomissements persistent, que la fatigue devient importante ou que l’alimentation n’est plus correctement tolérée. Le message à transmettre est simple : un complément alimentaire ne doit pas devenir un réflexe automatique. L’accompagnement d’un traitement par GLP-1 doit rester personnalisé, fondé sur un besoin réel et intégré à un suivi médical, nutritionnel et pharmaceutique.  

Abderrahim Derraji - 21 octobre 2026 21:35
À force de baisser les prix, on risque de perdre les médicaments… et les pharmaciens !

Au Maroc, chaque nouvelle baisse des prix des médicaments est présentée comme une victoire pour le pouvoir d’achat. Pourtant, derrière ces annonces triomphales se cache une réalité autrement préoccupante : des médicaments essentiels deviennent introuvables et les pharmaciens d’officine continuent de subir les conséquences d’une politique qui semble ignorer leur existence. Corticoïdes injectables, pommades dermiques ou ophtalmiques, barbituriques… La liste des spécialités difficiles à trouver ne cesse de préoccuper les patients, contraints parfois de parcourir plusieurs pharmacies pour obtenir leur traitement. À quoi sert un médicament bon marché lorsqu’il est indisponible ? Pendant ce temps, plusieurs pays ont compris qu'une politique pharmaceutique ne pouvait se résumer à une succession de baisses de prix. L'Égypte vient d'introduire un mécanisme de révision tenant compte de l'inflation et des fluctuations monétaires, tandis que l'Afrique du Sud a autorisé une augmentation exceptionnelle de 2,88 % pour préserver l'approvisionnement. Le Japon prévoit également la revalorisation de certains médicaments devenus économiquement non rentables. En Allemagne, des mécanismes permettent de tenir compte de l'inflation. Ces exemples rappellent une évidence : un médicament dont le prix ne permet plus d'assurer durablement la production et la distribution risque tout simplement de disparaître du marché. Au Maroc, la réforme issue du décret n° 2-25-631 devrait entraîner les premières baisses de prix. Une évolution favorable aux patients et aux caisses d’assurance maladie, mais dont les conséquences sur les acteurs du secteur, particulièrement les pharmaciens d’officine, méritent d’être prises en considération. En effet, depuis la réforme de 2013, les pharmaciens attendent toujours les mesures d’accompagnement promises par le ministre de la Santé de l’époque. Leur rémunération demeure tributaire du prix des médicaments, qui ne cesse de baisser, contrairement à leurs charges, qui continuent à augmenter. Quant aux instances professionnelles, leur fonctionnement reste fragilisé par les retards pris dans la régionalisation ordinale. Pourtant, le pharmacien constitue souvent le premier recours de patients qui, faute de moyens, renoncent aux consultations médicales ou aux examens complémentaires. Grâce au maillage officinal, il demeure accessible jusque dans les régions les plus éloignées. Plutôt que de fragiliser davantage ce réseau, pourquoi ne pas lui confier de nouvelles missions, renforcer la formation continue, généraliser les bonnes pratiques officinales et instaurer une rémunération valorisant les services rendus aux patients, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays ? Dans son ouvrage The Psychology of Science (1966), Abraham Maslow écrivait : « Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous tendez à voir tout problème comme un clou. » Aussi, la baisse des prix ne saurait être l’unique instrument d’ajustement de notre politique pharmaceutique. Car une politique du médicament ne se juge pas uniquement aux économies réalisées, mais aussi à sa capacité à garantir durablement la disponibilité des traitements et la pérennité de ceux qui les dispensent. À vouloir les médicaments les moins chers, prenons garde de ne plus avoir ni médicaments… ni pharmacies pour les délivrer ! Affaire à suivre…

Abderrahim Derraji - 18 octobre 2026 12:44