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Loi n°…. relative à l’Ordre national des pharmaciens

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PROBIOTIQUES

Moins d’antibiotiques chez les enfants et nourrissons sous probiotiques ? Abderrahim DERRAJI - 20 septembre 2018 16:59
Moins d’antibiotiques chez les enfants et nourrissons sous probiotiques ?

Une revue de littérature publiée dans « European Journal of Public Health », suggère que le recours aux probiotiques chez les enfants et nourrissons pourrait réduire la prescription d’antibiotiques dans les infections aiguës courantes.

Les auteurs de cette publication ont passé en revue les données de 17 essais menés chez des nourrissons et/ou des enfants et ils ont essayé de voir s’il y a une baisse de prescription d’antibiotiques chez les enfants et nourrissons qui prennent des probiotiques. 

12 études seulement ont rapporté le nombre de nourrissons/enfants s’étant fait prescrire des antibiotiques dans les groupes d’intervention et témoin. Une méta-analyse de ces 12 études retenues a révélé que les nourrissons et enfants qui reçoivent des probiotiques  sont 29% moins susceptibles de se voir prescrire des antibiotiques. Quand l'analyse n'est effectuée que sur les "études de qualité", cette probabilité atteint 50%.

« Il est nécessaire de mener d’autres d’études pour tous les âges, et en particulier chez les personnes âgées, afin de déterminer si l’utilisation durable de probiotiques est liée à une réduction globale des prescriptions d’antibiotiques. Si tel est le cas, cela pourrait avoir un impact considérable sur l’utilisation des probiotiques dans la médecine générale et chez les consommateurs en général », a déclaré Sarah King, auteur principal de cette étude menée à Cambridge au Royaume-Uni.

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RÉPARTITION

France : les répartiteurs tirent la sonnette d’alarme! Abderrahim DERRAJI - 19 septembre 2018 12:13
France : les répartiteurs tirent la sonnette d’alarme!

Menacés par une crise économique sans précédent, les répartiteurs pharmaceutiques se mobilisent en France pour sensibiliser le grand public et les décideurs à l’importance de leurs missions et les alerter sur les risques qui pèsent sur l’égalité d’accès aux médicaments à travers l'Hexagone.
 

En effet, dès le 1er septembre, toutes les camionnettes des grossistes-répartiteurs arborent un habillage très visible avec comme slogan «La répartition pharmaceutique est en danger, le gouvernement doit s’engager !»


Les répartiteurs livrent 6 millions de boîtes de médicaments aux 21600 officines françaises ce qui garantit à chaque officine de recevoir, dans de bonnes conditions et en garantissant la traçabilité, les médicaments dont elle a besoin, dans un délai moyen de 2h15.

« Pour pouvoir continuer de mener à bien nos missions de service public, les moyens humains et matériels doivent être préservés. L’encadrement de la rémunération des répartiteurs prévu par l’Etat est devenu inadapté aux évolutions du marché. En 2017, la situation s’est dangereusement aggravée. Pour la première fois, le compte de résultat de la profession affichait une perte d’exploitation de 23 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 17 milliards d’euros. Nous demandons expressément aux pouvoirs publics la refonte globale de notre mode de rémunération et la revalorisation de nos ressources », a déclaré Olivier Bronchain, président de la Chambre Syndicale de la Répartition Pharmaceutique.

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MPHARMADAY

PharmaDAY : J-4 Abderrahim DERRAJI - 18 septembre 2018 18:40
PharmaDAY : J-4

Le Palais des Congrès de la ville de Skhirat se prépare à accueillir, le samedi prochain (22 septembre 2018), la deuxième édition de MPHARMA DAY.

Les organisateurs de cette rencontre très attendue, ont prévu un programme très intéressant qui va, sans nul doute, drainer les pharmaciens de toutes les villes du Royaume, à l’image de la première édition qui avait tenu toutes ses promesses.

Le programme riche et diversifié comporte des conférences, notamment en suivi thérapeutique, en finance, en ophtalmologie, en management, etc.

De nombreux ateliers ont également été prévus par le comité d’organisation. Plantes médicinales, cas de comptoir, préparations magistrales et officinales, alimentation du nourrisson et photo protection constituent les thèmes principaux qui seront traités lors de ces ateliers.

Cette rencontre sera une bonne occasion pour que les pharmaciens puissent s’informer, se former et surtout débattre des moyens à mettre en place pour permettre à la pharmacie d’officine de s’adapter à l’évolution que connaît le secteur du médicament et de la santé.
Programme : https://pharmacie.ma/uploads/pgm-mpharma-day(1).jpg
Inscription : http://event.sobrus.com/mpharma/index.php

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NUMERUS CLAUSUS

France : le compte à rebours pour le numérus clausus a commencé Abderrahim DERRAJI - 18 septembre 2018 15:24
France : le compte à rebours pour le numérus clausus a commencé

Le président de la République française, Emmanuel Macron, a dévoilé aujourd’hui son projet de transformation du système de santé. Ce plan s’articule autour de 54 mesures.

Interrogée par Le Quotidien du Médecin au sujet de la suppression du numerus clausus, mesure très attendue. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a répondu : « Là, il nous faut une loi ! Des négociations auront lieu avec les étudiants. Nous voulons éviter l’immense gâchis humain de la PACES, et de tous ces très bons élèves qui se retrouvent en échec alors qu’ils ont un potentiel fou. Les jeunes sont sélectionnés sur du bachotage, des maths, de la physique. Ils se retrouvent projetés dans le monde hospitalier, connaissent la souffrance humaine, la dépression, voire le suicide. 25 % des étudiants au total abandonnent en cours de route. 
 

Nous voulons diversifier les parcours, sélectionner de nouveaux profils, des étudiants provenant des sciences humaines et sociales, des ingénieurs. Nous allons donc créer davantage de passerelles entrantes et sortantes. Mais pas question d’ouvrir les vannes quantitativement, on ne peut pas former plus de 9000 à 10000 médecins par an. Mais nous laisserons davantage de souplesse aux universités pour former les jeunes.»

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AQPP

Chaque pharmacien québécois permet au système de santé de réaliser une économie de 707 dollars par jour Abderrahim DERRAJI - 17 septembre 2018 06:30
Chaque pharmacien québécois permet au système de santé de réaliser une économie de 707 dollars par jour

D’après une étude commandée par l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) qui a été à l’origine du rapport «Fréquence, nature et effets des conseils prodigués par les pharmaciens communautaires au Québec» (1), le pharmacien d’officine permet une économie de 500 millions de dollars au système de santé au Québec.

En effet, dans 77% des cas, la consultation du pharmacien au comptoir évite au patient de recourir à un autre professionnel de santé, à raison de treize consultations par jour en moyenne, il permet donc une économie de 500 millions de dollars (428 millions d'euros) au système de santé.


Les auteurs de ce rapport ont étudié environ 8.000 consultations effectuées par 95 pharmaciens. Ces prestations assurées par les pharmaciens ont été rendues possibles depuis l’entrée en vigueur de la Loi 41. Celle-ci permet aux officinaux d’effectuer certains actes qui ne pouvaient être assurés auparavant que par les médecins.

D’après ce rapport, le conseil officinal a reçu un très bon accueil de la part de la quasi-totalité des patients québécois. Quelque 89% des patients estiment que le recours au pharmacien a permis de réduire leur anxiété et leurs problèmes de santé ont été rapidement résolus et 26% des patients ont même déclaré que l’intervention du pharmacien leur a permis d’éviter un arrêt de travail.
Source : Lequotidiendupharmacien.fr

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Autres articles

La bourse ou la vie ?

Le brevet protégeant la prodrogue du sofosbuvir (1), médicament de Gilead qui a révolutionné la prise en charge de l'hépatite C, vient d’être jugé comme non contestable par l'Office européen des brevets (OEB). Pour Olivier Maguet, cette décision de l’OEB démontre que «le système des brevets en Europe est défaillant». Ce responsable de la campagne de Médecins du monde sur le prix des médicaments appréhende également l’arrivée sur les marchés de nouvelles molécules dont les prix seront 10 fois plus élevés que celui du sofosbuvir.  Pour les ONG (Médecin du monde, Médecins sans frontières, AIDES et l’Alliance européenne) contestant le brevet protégeant la prodrogue du sofosbuvir, il y a une «description insuffisante des stéréo-isomères du sofosbuvir et un critère d'inventivité non rempli». Médecin du monde évoque des «brevets abusifs».  Ce bras de fer entre les associations civiles et Gilead traduit un malaise qui va s’accentuer, de plus en plus, avec l’arrivée de nouvelles spécialités pharmaceutiques très efficaces, mais économiquement inaccessibles. Bien que l’approche adoptée par certains laboratoires soit susceptible d'être défendue juridiquement, il n’en reste pas moins qu’elle reste difficilement acceptable pour les malades. En effet, comment expliquer à un patient, entre la vie et la mort, a qui le médecin vient d’annoncer qu’un médicament miracle existe pour le sauver, et en même temps lui annoncer qu’il ne peut pas y accéder, faute de moyens, ou parce qu’il n’est pas pris en charge par sa caisse d’assurances maladie ?  Certains industriels, même s’ils restent «marginaux», ont poussé le bouchon trop loin, à l’image de Martin Shkreli et Nirmal Mulye (2), qui contribuent à envenimer cette situation. En effet, le premier a été qualifié de «l'homme le plus détesté d'Amérique» pour avoir multiplié par 55 le prix du Daraprim. Quant au second, il vient de multiplier par cinq le prix de la nitrofurantoïne aux États-Unis. Les ONG vont certainement continuer à entreprendre des actions pour que les nouvelles thérapies soient plus accessibles. En attendant, les malades font ce qu’ils peuvent pour attirer l’attention sur leur cas, à l’image de Luis Walker, un enfant britannique de 8 ans qui vient d’écrire à un laboratoire dans l'espoir d'accéder à Orkambi®, un nouveau traitement innovant efficace contre la mucoviscidose et il n’est pas le seul. Fibrose kystique Canada (3) exhorte également le gouvernement du Québec à agir pour protéger la santé des Québécois qui sont atteints de fibrose kystique, en leur donnant accès à ce nouveau médicament qui améliore considérablement leur qualité de vie. En conclusion, la société ne peut aujourd’hui faire l’économie d’une vraie réflexion dont la finalité est de trouver des solutions permettant de ne pas entraver l’innovation et la recherche tout en garantissant la pérennité des caisses d’assurances maladie. Mais le plus important n’est-il pas de faire en sorte que les patients ne subissent pas une double injustice : la maladie et l’inaccessibilité aux soins !  Source : 1. Lien 2. Lien 3. Lien

Abderrahim DERRAJI - 17 septembre 2018 06:27
Le GEAIM organise sa deuxième Journée à Casablanca

Le Groupe d’Étude de l’Auto-immunité  Marocain (GEAIM) organise, le 6 octobre à Casablanca, sa deuxième journée. Cette édition aura pour objectif  de mettre  l’accent sur le problème majeur que représentent les maladies auto-immunes, ainsi que sur le rôle fondamental que joue la biologie dans le diagnostic des pathologies auto-immunes souvent méconnues et sous diagnostiquées. L’auto-immunité est une autodestruction de l’organisme résultant d’un dysfonctionnement du système immunitaire. Ce système, au lieu de nous défendre contre les agresseurs externes, notamment les bactéries et les virus,  il se trompe de cible et se met à attaquer les organes, tissus et cellules de notre propre organisme. Il le fait par le biais de substances biochimiques ou anticorps qu’il synthétise. Il existe plus d’une centaine de maladies auto-immunes, comme la maladie de Basedow (hyperthyroïdie), la thyroïdite chronique de Hashimoto (hypothyroïdie), la myasthénie, la sclérose en plaques,  le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, la maladie cœliaque (intolérance au gluten), la maladie de Crohn, la cirrhose biliaire primitive, etc. Toutes ces maladies constituent un réel problème de santé publique. Elles représentent la troisième cause de morbidité à travers le monde, après les maladies cardiovasculaires et les cancers. 10% de la population mondiale en serait affectées. Et au Maroc, le nombre de personnes atteintes est estimé à 3 millions dont 75% de femmes. Les maladies auto-immunes sont souvent sous-diagnostiquées en raison de la méconnaissance des techniques existantes, du faible recours  aux tests biologiques qui ne sont pas toujours disponibles dans les hôpitaux. L’errance médicale et le retard de diagnostic qui en résulent sont souvent à l’origine des dommages irréversibles qui surviennent chez les patients. Le comité d’organisation de cette journée a convié, cette année, des experts  de renommée afin de traiter les atteintes auto-immunes du foie et du tube digestif. Ceci permettra aux participant à cette rencontre de mieux cerner les dernières  avancées en matière de diagnostic biologique utilisé dans le dépistage de ces pathologies, notamment la cirrhose biliaire primitive, les hépatites auto-immunes, les maladies inflammatoire chroniques de l’intestin, etc.

Abderrahim DERRAJI - 14 septembre 2018 12:09
Les LEMM et l'UM6SS signent un accord dédié à la R&D, l’innovation et la formation.

Dans un communiqué du 10 septembre 2018, Les Entreprises du médicament au Maroc (LEMM) et l’Université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS) annoncent la signature d’un nouvel accord dédié à la recherche et développement (R&D), l’innovation et la formation.   Ce rapprochement a pour but de développer des formations adaptées et spécialisées pour répondre aux attentes des opérateurs de l’industrie de la Recherche biomédicale.   En pratique, l’UM6SS lance un nouveau Diplôme Universitaire (DU) : « Méthodologie de Recherche Clinique et Bio Statistiques ».  L’objectif de ce nouveau DU est de former les jeunes professionnels aux bonnes pratiques cliniques pour pouvoir s’alignant sur les standards internationaux. Pour assurer ces formations, les deux partenaires feront appel à des experts nationaux et internationaux.   « Ce nouveau DU est pour nous une manière d’inculquer un nouvel esprit à nos étudiants, celui de l’innovation, et d’implémenter durablement la culture de la Recherche au sein de notre Université. Ce nouvel avenant est le prolongement de nos actions en matière de formation et de promotion des compétences dans le secteur de la santé au Maroc » précise le Professeur Chakib Nejjari, Président de l’UM6SS.   Cette nouvelle convention, est le fruit des travaux issus du Colloque National dédié à la Recherche Biomédicale qui s’est tenu le 9 et 10 février 2018 à Rabat. Lors de cette rencontre, les intervenants ont insisté sur l’absolue nécessité de mettre en place des modules de formation à forte employabilité dédiés à la R& D pour les lauréats des universités médicales et scientifiques.   « La R&D universitaire a toujours été l’un des pivots de l’innovation pharmaceutique dans le Monde. Au Maroc, dans la continuité des efforts de mise en place d’un écosystème de la Recherche Biomédicale, ce point est devenu critique. Notre collaboration avec l’UM6SS consolide nos engagements dans ce sens, renforçant encore plus notre conviction que l’innovation est l’un des principaux leviers de l’accès à la santé pour tous les patients marocains » ajoute Mr. Taha Ait Hanine, Vice-Président du LEMM.   Pour rappel, l’UM6SS et le LEMM avaient déjà signé le 20 Mai 2017 une convention pour le renforcement de leurs efforts en matière de R&D. Ce partenariat a permis, en l’espace de 18 mois, de déployer plus d’une dizaine de formations dédiées aux professionnels de la santé.  

Abderrahim DERRAJI - 13 septembre 2018 14:26
IPSEN produira du Decapeptyl® en Algérie

Selon le journal Algérien l’Expression, le géant français Ipsen construira d’ici 2021 une usine de haute technologie en Algérie. Ce site de production sera le premier du genre construit par ce laboratoire français hors de l'Hexagone et coûtera la bagatelle de 20 millions d’euros. "L'assiette foncière pour la construction de cette future usine de fabrication de médicaments d'oncologie a été validée par les services compétents, ce qui nous permettra de poser la première pierre de cette unité de production avant la fin de l'année", a affirmé Adlane Soudani, PDG de la société Ipsen Pharma-Algérie. En plus du transfert technologique, cette usine  permettra à l’Algérie de faire une économie de devises estimée entre 10 et 20 millions d'euros par an. Les travaux de construction de ce site seront lancés avant la fin de 2018 et s'étaleront sur trois ans.

Abderrahim DERRAJI - 13 septembre 2018 09:28
Augmentation exponentielle du prix d'un médicament : Martin Shkreli fait des émules !

Tout comme Martin Shkreli, Nirmal Mulye, PDG d'un laboratoire pharmaceutique du Missouri a augmenté le prix d'un médicament à base de nitrofurantoïne de plus de 400 % le mois dernier. Cet antibactérien de la famille des nitrofuranes utilisé depuis les années cinquante dans la prise en charge des infections de la vessie, a vu son prix  passer de 474,75 à 2392 dollars. Nirmal Mulye se défend en invoquant le "devoir moral de faire de l'argent quand c'est possible... de vendre un produit au prix le plus élevé". Pour se justifier, il a aussi évoqué  l'augmentation de 300% pratiquée par Gasper Pharma sur un de ses produits. Les deux sociétés profitent d’une pénurie qui affecte actuellement l’approvisionnement de leurs deux médicaments aux États-Unis.  

Abderrahim DERRAJI - 12 septembre 2018 12:22
Affaire Lévothyrox® : de la nécessité de mieux communiquer !

Le rapport intitulé «Rapport sur l’amélioration de l’information des usagers et des professionnels de santé sur le médicament», qui a été commandé suite à l’affaire du Lévothyrox, a finalement été remis, lundi dernier, à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Ce rapport de 96 pages est le fruit d’une mission présidée par le Dr Gérald Kierzek et Magali Leo et composée, en outre, d’Henri Bergeron, Lucas Beurton-Couraud, Dr Béatrice Clairaz-Mahiou et Corinne Devos avec l’appui de Sara-Lou Gerber et Dorothée Pradines. Cette mission, qui a été mise en place le 1er décembre 2017, a pour objet : «l’amélioration de l’information des usagers et des professionnels de santé sur le médicament». Elle a été installée à la suite des difficultés rencontrées à l’occasion du changement de formule du Lévothyrox®. Ces difficultés ont mis en avant certaines défaillances dans l’information des patients et des professionnels de santé sur les médicaments. Et comme le précisent les auteurs de ce rapport, «Cette mission n’a, en aucune manière, pour objet de conduire une expertise ou une enquête sur le Lévothyrox®, ces dernières étant menées, par ailleurs.» Ce rapport pointe du doigt de nombreux dysfonctionnements : «l’absence d’anticipation» des pouvoirs publics, notamment l’ANSM, le défaut d’accompagnement des patients, «l’absence de réaction aux nombreux signaux facilement repérables sur la Toile», le moment «mal choisi» pour communiquer, un message brouillé… Et surtout la minimisation du ressenti des malades et de la légitimité de leurs signalements, etc. La mission a formulé les recommandations suivantes : - La création d’une plateforme «Médicament Info Service» dont la finalité est d’assouplir le système traditionnel. Cette plateforme sera composée d’un site Internet grand public et d’une ligne téléphonique pour les professionnels de santé. Elle permettrait de centraliser des contenus «labellisés» et «authentifiés». L’accessibilité de l’information doit être améliorée grâce à un langage moins technique. - Plus de transparence, notamment sur les risques que présentent tous les médicaments. L’implication systématique des associations des usagers de médicaments peut également envisagée. - Davantage d’informations sur le bon usage des médicaments en général. Le rapport incite à «introduire le sujet dans les programmes scolaires», dès l’école primaire puis au collège. - Un meilleur financement public des associations de patients pour éviter qu’elles ne soient dépendantes du soutien des industriels. - La diffusion «des messages urgents sur les vitrines numériques des pharmacies» et l’envoi de SMS aux patients lors d’un changement important. - L’existence d’un «Monsieur/Madame médicament» identifiable, tout comme une structure d’anticipation : la bien nommée «Vigimédicament». In fine, on ne peut que tirer les leçons de ce vrai cas d’école. Cette affaire met en avant l’importance de maîtriser la communication et de ne pas sous-estimer le pouvoir des réseaux sociaux. Ces derniers peuvent à la fois servir à défendre de nobles causes, mais bien souvent, ils servent surtout de caisse de résonnance à des causes qui n’en sont pas ! 

Abderrahim DERRAJI - 10 septembre 2018 09:17
Génériques et biosimilaires : L’Europe souhaite renforcer la compétitivité de son industrie

Il y a environ trois mois, la Commission européenne a annoncé un changement de taille dans les règles de protection des médicaments par les fameux SPC (Supplementary Protection Certificates) qui permettent de prolonger la vie des brevets d’une période de cinq années. Le changement consiste à permettre aux industries pharmaceutiques basées en Europe de produire sur le sol des États membres des versions génériques ou biosimilaires de molécules originales, encore sous protection par les SPC, ce qui était interdit avant. Mais cette dérogation est conditionnée par l’obligation de destiner ces productions exclusivement à l’export en dehors de la zone de l’Union européenne (UE), dans les pays où la protection a expiré ou n’a jamais existé, peut-on lire dans le communiqué de presse de la Commission (1). Le communiqué justifie la nouvelle mesure par la volonté de la Commission d’enlever une barrière légale désavantageant les industries européennes du générique et du biosimilaire. En effet, ces dernières ne pouvaient pas produire en Europe et exporter dans d’autres régions du monde avant l’expiration des SPC, alors que d’autres industries basées en dehors de l’UE peuvent le faire. Et de rajouter : «ce désavantage compétitif majeur est associé au risque de délocalisation de ces industries et donc une perte d’investissement en Europe». La Commission prévoit, grâce à cette mesure, la création de 25.000 nouveaux emplois sur les dix années à venir, et une augmentation des ventes d’un milliard d’euros par an. Mais la flexibilité ainsi accordée n’a de sens que si un marché significatif existe et dans lequel les demandes de brevets n’ont pas été déposées, ou ont été déposées, mais n’ont pas été délivrées, ou encore les pays concernés n’accordent pas les fameux SPC. Il serait donc intéressant d’analyser un tel marché pour les molécules dont les SPC sont toujours valables au sein de l’UE. Des puissances comme l’Inde, la Chine, le Mexique ou encore le Brésil ont la capacité de développer des biosimilaires et conquérir les marchés émergents où la protection des molécules innovantes par des brevets devient de plus en plus difficile. Seraient-ils donc visés en premier par cette mesure ? Celle-ci serait-elle un pas de plus dans la bataille commerciale opposant l’Europe aux pays émergents dans le domaine des médicaments ? L’impact possible de la mesure sur la compétitivité des industries européennes du générique sera différent en comparaison avec celui du biosimilaire. Si dans les deux cas, les entreprises se préparent à lancer les «copies» bien avant l’expiration des brevets ou SPC, la complexité de la protection par les droits de propriété intellectuelle est très différente.   Dans le cas du générique, les brevets concernent généralement le principe actif ou parfois la formulation pour les molécules complexes nécessitant des procédures galéniques innovantes. L’expiration du brevet concernant le principe actif confère ainsi une liberté d’exploitation importante, voire totale aux génériqueurs. Pour les biosimilaires, molécules biologiques produites dans des systèmes vivants, les couches de protection sont souvent multiples et peuvent concerner le principe actif, les agents de vectorisation, la formulation, les souches cellulaires permettant la production, les vecteurs d’expression, certaines étapes des procédés de fermentation et/ou purification. Ces multitudes de brevets n’expirent généralement pas en même temps, car leurs dépôts se font au fur et à mesure du développement par le propriétaire de la molécule innovante. Même quand les brevets couvrant le principe actif expirent, la liberté d’exploitation reste souvent limitée par les autres brevets encore en cours. La FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux), par exemple, a mis en place un système de vérification de la liberté d’exploitation assez complexe et procédant par étapes. L’année dernière, Coherus BioSciences-Inc a tenté d’invalider un brevet concernant la formulation détenue par AbbVie pour libérer la voie pour un biosimilaire d’Humira (2). Ayant perdu les multiples procès intentés, Coherus BioSciences-Inc courait le risque de voir attendre l’expiration du brevet d’AbbVie même dans le cas où son produit aurait été approuvé par la FDA. La complexité technologique et le temps de développements ont également plus importants pour les biosimilaires que pour les génériques. Cette complexité technologique nécessite un lourd investissement, non seulement dans les installations industrielles, mais aussi dans les équipes de recherche et leur savoir-faire. Une partie importante de ce savoir-faire est protégée par le secret industriel et non pas par les brevets ce qui nécessite la mise en place de mesures techniques et juridiques de protection du secret. Il n’est donc pas très vraisemblable que ces entreprises s’aventurent dans une délocalisation de leurs activités vers des régions du monde où cette protection du secret devient beaucoup plus difficile. Le risque de délocalisation évoqué par la Commission nous semble peu probable dans le cas des biosimilaires. De ce fait, la possibilité pour ces entreprises de produire en Europe et d’exporter des biosimilaires avant l’expiration des SPC pourrait, en effet, leur conférer davantage de compétitivité. Les entreprises (3) des pays émergents comme la Chine ou l’Inde auront besoin de plus de temps pour implémenter le savoir-faire requis pour les nouvelles molécules et arriveront probablement sur le marché après les Européens. Des géants émergents comme l’Inde et le Brésil ont durci les conditions d’octroi de brevets afin de lutter contre certaines pratiques des multinationales, notamment les fameux «ever-greening» consistant à introduire des modifications mineures au niveau de molécules existantes puis de revendiquer un nouveau brevet. La bataille juridique ayant duré 8 années entre l’Inde et Novartis et concernant la demande d’un brevet revendiquant la forme sel (imatinibmesylate) de la molécule imatinib s’est soldée par le refus de l’Inde d’accorder ce brevet (4). L’Inde, depuis qu’elle a modifié sa législation brevet en 2005 pour se mettre en conformité avec les obligations que l’accord TRIPS lui impose, interprète de manière très stricte la section 3d de «l’Indian Patent Act». De nouvelles formes de molécules existantes doivent démontrer une supériorité d’efficacité clinique pour bénéficier d’un brevet indien ce qui n’est pas le cas en Europe ou États-Unis. De ce fait, la nouvelle mesure de la Commission européenne pourrait être perçue comme une réponse de l’Union européenne visant à «inonder» le marché indien par les versions génériques et biosimilaires puisque l’Inde refuse d’accorder certains brevets à l’industrie innovante européenne. C’est de bonne guerre, dira-t-on ! Source :  (1) Lien  (2) Lien (3) Lien (4) Lien   

Abdelatif Elouahabi, Expert en Biopharmaceutique et propriété intellectuelle. - 09 septembre 2018 20:47
L’utilisation prolongée d’Androcur® peut augmenter le risque de survenu de méningiome !

Dans un point d’information mis en ligne par l’ANSM le 7 septembre 2018, l’ANSM -France a rendu public les résultats d’une étude qu’elle a menée au sujet de l’Androcur®, médicament à base acétate de cyprotérone indiqué dans la prise en charge de la pilosité excessive ou l’endométriose. Cette étude qui a pour objectif de préciser, en vie réelle, la relation entre la prise d'Androcur®, notamment la dose et la durée de traitement, et l’apparition de méningiome, a été menée conjointement par l’Assurance maladie et le service de neurochirurgie de l’hôpital Lariboisière. L’étude a concerné 250 000 femmes ayant été traitées par la cyprotérone et a permis de comparer les femmes qui ont reçu de fortes doses (plus de 3g sur 6 mois, soit au moins 3 boites, puis poursuite du traitement) avec celles qui n’ont été que faiblement exposées. (moins de 3g sur 6 mois, soit une ou deux boites, puis arrêt du traitement). La survenue d’un méningiome chez ces femmes a donc été surveillée durant 7 ans. Les résultats indiquent que « l’exposition à l’acétate de cyprotérone à forte dose expose à un risque de méningiome - pris en charge en neurochirurgie - multiplié par 7 par rapport au groupe de femmes faiblement exposées et qui ont arrêté le traitement. » Cette étude a démontré qu’il existe également une forte relation entre la dose et l’effet, le risque étant multiplié par plus de 20 au-delà d’une dose cumulée de 60 g, soit environ 5 ans de traitement à 50 mg/j ou 10 ans de traitement à 25 mg/j (lorsque le traitement est pris 20 jours par mois). À la suite de ces résultats, l’ANSM a réuni le 13 juin dernier un comité d’experts indépendants (CSST), composé d’endocrinologues, endocrinologue-pédiatres, gynécologues, neurochirurgiens et dermatologues. Dans ce cadre, l’ANSM mobilise les sociétés savantes afin d’établir des recommandations d’utilisation de l’acétate de cyprotérone ainsi que des mesures d’encadrement du risque qui seront discutées lors d’une prochaine réunion du CSST. Pour le moment, les autorités sanitaires ne jugent pas nécessaire de retirer ce médicament du marché. Par contre elles souhaitent « repréciser ces indications » pour éviter les utilisations impropres.

Abderrahim DERRAJI - 07 septembre 2018 11:16
Vaccination par les pharmaciens et les infirmières : recommandations de la HAS

Dans un rapport intitulé « Extension des compétences des professionnels de santé en matière de vaccination - Vaccination contre la grippe saisonnière » publié au mois de juillet dernier, la Haute autorité de santé (HAS/France)  estime qu’une harmonisation des compétences entre professionnels de santé en matière vaccinale semble justifiée. La HAS a formulé les recommandations suivantes :   - Il est nécessaire d’harmoniser les personnes éligibles à la vaccination indépendamment du professionnel de santé chargé de les vacciner en prenant en considération les recommandations vaccinales contre la grippe. Et comme il n’a pas été démontré de risque particulier lors de la 1ère administration du vaccin antigrippal et celui-ci est recommandé chez la femme enceinte,  la HAS estime dans son rapport qu’il n'apparaît pas pertinent de restreindre la pratique de la vaccination contre la grippe saisonnière par les infirmiers et les pharmaciens aux seuls adultes ayant déjà été vaccinés antérieurement et aux femmes n’étant pas enceintes. Il en est de même pour les personnes atteintes de troubles de la coagulation et chez les personnes immunodéprimées chez qui les vaccins sont bien tolérés. Par contre, la HAS estime que la vaccination chez l'enfant nécessite une formation spécifique en pédiatrie que l'ensemble des professionnels de santé ne reçoit pas actuellement (À l’exception des infirmiers puériculteurs et les sages-femmes). Par conséquent, cette autorité recommande de n'étendre les compétences des professionnels de santé qu'à la population de plus de 18 ans. - De renforcer les exigences associées en termes de formation, de traçabilité de la vaccination et de suivi de l'impact de l'extension des compétences professionnelles. À l’instar des sages-femmes et des infirmiers, les pharmaciens doivent suivre dans leur cursus initial une formation (Validée) aux différentes techniques d’injection et aux vaccinations. - De limiter les occasions manquées de vaccination en multipliant les lieux possibles de vaccination (ex : mise à disposition des vaccins dans les cabinets médicaux pour une administration immédiate et mise en place de programmes de vaccination par les professions de santé dans les services hospitaliers et établissements médico-sociaux pour les patients hospitalisés ou vus en consultation), - D'accompagner ces mesures d'extension des compétences des professionnels de santé par des campagnes d'information.

Abderrahim DERRAJI - 05 septembre 2018 09:40
L’UE approuve la mise sur le marché d’ONPATTRO®

La biotech américaine Alnylam a annoncé, jeudi dernier, que son médicament ONPATTRO® a été approuvé pour le marché européen. Il s’agit du chef de file d’une nouvelle classe thérapeutique qui agit en réduisant au silence un gène nocif ou déréglé. Ce médicament co-développé avec Sanofi, et dont le principe actif est le patisiran est indiqué dans la prise en charge de l'amylose héréditaire à transthyrétine (ATTRh) chez les adultes. Cette maladie génétique rare potentiellement invalidante et mettant en jeu le pronostic vital affecte quelque 50.000 personnes à travers le monde. Le coût d’un traitement d’ONPATTRO® qui a déjà obtenu le feu vert de la FDA a été fixé à 450.00 dollars par patient et par an.    Appelé l'«arme du silence», ce nouveau médicament empêche l'ARN messager de transmettre l'ordre d'un gène défectueux de produire des protéines anormales. Alnylam et d'autres biotechs étudient la possibilité d’exploiter le patisiran dans la prise en charge d’autres pathologies, notamment les cancers, l’hépatite B, les maladies cardiovasculaires, ophtalmologiques, rénales ou encore neurodégénératives, comme l'Alzheimer.

Abderrahim DERRAJI - 03 septembre 2018 07:30