DÉCRET n° 2-25-631
DÉCRET n° 2-25-631

DÉCRET n° 2-25-631 modifiant et complétant le décret n° 2-13-852

Circulaire 105
Circulaire 105

Relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé

BPO
BPO

PROJET (Arrêté du ministre de la Santé et de la protection sociale)

Remunération
Remunération

Qu'en est-il au juste?

À la une

VAACINATION - DIPHTÉRIE

Vaccination : quand un choix individuel engage la santé des autres Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 18:01
Vaccination : quand un choix individuel engage la santé des autres

Après plusieurs décennies de succès vaccinal, la réapparition de la diphtérie au Maroc vient nous rappeler qu’une maladie devenue rare n’est pas forcément une maladie disparue.

Fin septembre 2026, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé la détection de deux foyers familiaux limités de diphtérie dans la région Souss-Massa, l’un à Agadir-Ida Outanane et l’autre à Chtouka-Aït Baha. Un cas avait alors été confirmé biologiquement et huit autres étaient en cours d’investigation, dont deux décès. Selon les premières données communiquées, les enfants concernés n’étaient pas vaccinés ou n’avaient pas reçu toutes les doses recommandées.

Le Manuel de veille et de riposte à une épidémie de diphtérie, publié en septembre 2026 par la tutelle, indique que la pandémie de Covid-19, mais aussi l’hésitation vaccinale, ont favorisé une baisse ponctuelle de la couverture et l’apparition de « poches de susceptibilité » dans certaines populations.

La diphtérie n’est pourtant pas une infection banale. Très contagieuse, transmise principalement par les gouttelettes respiratoires et les contacts rapprochés, elle peut provoquer une obstruction des voies respiratoires, mais également des complications cardiaques, neurologiques ou rénales. Sa létalité globale est estimée entre 5 et 10 %.

Face à cette maladie, la vaccination reste la meilleure protection. Le manuel estime qu’une couverture de 80 à 85 % doit être maintenue pour préserver la protection communautaire et réduire le risque de flambée. Au Maroc, la vaccination antidiphtérique est intégrée au Programme national d’immunisation (PNI), avec une primovaccination et des rappels durant l’enfance.

Faut-il le rappeler, une couverture vaccinale insuffisante facilite la circulation du bacille de Löffler-Klebs et expose les nourrissons, les personnes fragiles ou insuffisamment protégées. Le manuel insiste d’ailleurs sur le rattrapage des personnes non vaccinées ou incomplètement vaccinées et sur la promotion des rappels.

Dans cette mobilisation, le pharmacien d’officine a un rôle majeur à jouer. Professionnel de santé de proximité, quotidiennement au contact des familles, il peut interroger sur le statut vaccinal, inciter à vérifier le carnet de vaccination, repérer les retards, expliquer l’utilité des rappels et combattre les fausses informations qui nourrissent l’hésitation vaccinale. Le manuel national fait précisément de l’information du public, de la promotion de la vaccination et de la lutte contre les rumeurs des composantes de la riposte.

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ESSAIS CLINIQUES - AMMPS

Essais cliniques : l’AMMPS franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la recherche au Maroc Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:59
Essais cliniques : l’AMMPS franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la recherche au Maroc

L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) vient de franchir une nouvelle étape dans l’organisation de la recherche clinique au Maroc. Dans une note d’information publiée le 29 septembre 2026, l’Agence invite les promoteurs et responsables concernés à déposer leurs demandes d’agrément pour les sites accueillant des essais cliniques ou des investigations cliniques.

La procédure concerne aussi bien les sites réalisant des essais cliniques portant sur des médicaments expérimentaux que ceux conduisant des investigations cliniques relatives aux dispositifs médicaux.

Cette mise en œuvre repose sur la décision n° 50/SDG/AMM/26 du 25 février 2026, qui précise les modalités, conditions et exigences nécessaires à l’obtention de cet agrément. L’AMMPS demande aux responsables concernés de constituer et de déposer leurs dossiers conformément à ces dispositions afin de permettre leur instruction dans les conditions requises.

Au-delà de la procédure administrative, la démarche revêt une importance particulière pour le développement de la recherche biomédicale nationale. L’agrément des sites permet en effet de formaliser davantage le cadre dans lequel les essais sont réalisés et d’inscrire leur organisation dans un référentiel défini par l’autorité réglementaire.

Cette évolution intervient alors que le Maroc cherche à renforcer son écosystème pharmaceutique et sa capacité à participer au développement de nouveaux médicaments et dispositifs médicaux. La qualité des sites d’investigation constitue, à cet égard, un élément déterminant.

Pour les promoteurs internationaux, disposer d’un réseau de centres répondant à des exigences réglementaires clairement établies peut également contribuer à faire du Maroc une destination de recherche clinique. Mais l’enjeu ne se limite pas à l’attractivité économique. Il concerne d’abord la qualité des recherches menées, la fiabilité des données produites et la protection des participants.

Avec l’ouverture effective des demandes d’agrément, l’AMMPS transforme ainsi un cadre réglementaire en dispositif opérationnel. Une étape importante pour structurer durablement la recherche clinique marocaine et l’intégrer davantage aux standards internationaux.

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EBOLA - CONGO - PROPHYLAXIE POST-EXPOSITION

Ebola : un antiviral pourrait permettre une prophylaxie post-exposition Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:56
Ebola : un antiviral pourrait permettre une prophylaxie post-exposition

La République démocratique du Congo expérimente actuellement une stratégie pour lutter contre Ebola. Celle-ci consiste  à administrer rapidement un antiviral oral à une personne ayant été exposée au virus, avant même l’apparition des symptômes.

Plus de 250 personnes ont déjà été recrutées dans l’essai clinique EBO-PEP conduit en Ituri. L’étude a choisi l’obeldesivir, un antiviral expérimental développé par Gilead, pour évaluer sa capacité de garantir une prophylaxie post-exposition.

Le principe est particulièrement intéressant. Après un contact à risque avec une personne infectée, le médicament est administré à des sujets encore asymptomatiques afin de tenter d’empêcher le développement de la maladie. L’essai prévoit d’inclure près de 1 000 participants, qui sont suivis quotidiennement pendant 21 jours.

L’enjeu est d’autant plus important que l’épidémie actuelle est liée au virus Ebola Bundibugyo pour lequel aucun vaccin ni traitement n’est actuellement homologué.

L’intérêt potentiel d’un antiviral oral post-exposition réside aussi dans sa simplicité d’utilisation. Lors d’une flambée, chaque personne exposée constitue un maillon possible d’une nouvelle chaîne de transmission. Pouvoir proposer rapidement un comprimé aux contacts à haut risque pourrait donc ajouter un outil aux stratégies classiques reposant sur l’identification des contacts, leur surveillance et les mesures vaccinales lorsqu’elles sont disponibles et efficaces contre l’espèce virale concernée.

Il faut cependant rester prudent. Il s’agit pour le moment d’un essai clinique qui doit déterminer l’efficacité et la sécurité de l’obeldesivir dans cette indication. Son intérêt pour interrompre la transmission ne pourra être établi qu’après analyse des résultats.

L’étude associe notamment l’organisation médicale ALIMA, l’Institut national de recherche biomédicale congolais et l’ANRS Maladies infectieuses émergentes

Si les résultats sont concluants, la prophylaxie post-exposition orale pourrait apporter une nouvelle arme particulièrement intéressante pour intervenir autour des cas et protéger rapidement les personnes les plus exposées.

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AFRIQUE DU SUD - PRIX DU MÉDICAMENT

Afrique du Sud : Le prix des médicaments augmente de 2,88 % pour préserver l’approvisionnement Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:52
Afrique du Sud : Le prix des médicaments augmente de 2,88 % pour préserver l’approvisionnement

Depuis le 1er octobre 2026, l’Afrique du Sud autorise une augmentation uniforme de 2,88 % du prix réglementé des médicaments commercialisés dans le secteur privé. Une décision exceptionnelle puisqu’il s’agit du deuxième ajustement du Single Exit Price (SEP) accordé au cours de la même année.

Le SEP constitue un élément central du système sud-africain de régulation du médicament. Il correspond au prix réglementé auquel un fabricant ou un importateur vend son médicament aux différents acheteurs du secteur privé, qu’il s’agisse des pharmacies, médecins dispensateurs ou établissements hospitaliers. Le dispositif ne s’applique pas aux achats de l’État.

L’ajustement de 2,88 % concerne l’ensemble des médicaments enregistrés figurant dans la base nationale au 30 septembre 2026, ainsi que leurs différents conditionnements.  

Le ministère sud-africain de la Santé explique cette augmentation par une situation exceptionnelle associant augmentation des coûts de production, tensions sur les chaînes d’approvisionnement et facteurs géopolitiques. Les échanges avec l’industrie pharmaceutique auraient mis en évidence le risque que ces pressions économiques finissent par compromettre la disponibilité de certains médicaments.

La décision cherche donc un équilibre délicat : préserver l’accessibilité financière tout en maintenant économiquement viable la fourniture des médicaments. L’augmentation doit apporter un soulagement temporaire aux fabricants confrontés à la hausse de leurs charges et contribuer à prévenir les problèmes d’approvisionnement.

Pour l’officine, cette politique présente deux facettes. Une revalorisation des prix peut contribuer à maintenir sur le marché des spécialités devenues insuffisamment rentables et ainsi réduire le risque de retraits ou de pénuries. Mais toute augmentation se répercute potentiellement sur les dépenses des patients et des organismes d’assurance maladie.

L’expérience sud-africaine illustre ainsi un problème auquel sont confrontées de nombreuses autorités pharmaceutiques : un prix trop élevé menace l’accès au médicament, mais un prix devenu économiquement insoutenable peut, lui aussi, menacer sa disponibilité.

Une problématique qui dépasse largement les frontières sud-africaines et mérite d’être suivie dans tous les pays disposant d’un système réglementé de fixation des prix y compris le nôtre.

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NIGERIA - INDUSTRIE PHARMA

Nigeria : deux années de plus pour accélérer la souveraineté pharmaceutique ? Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:46
Nigeria : deux années de plus pour accélérer la souveraineté pharmaceutique ?

Le Nigeria veut accélérer la transformation de son industrie pharmaceutique et réduire une dépendance aux importations qui reste importante. Le gouvernement envisage ainsi de prolonger de deux années supplémentaires le dispositif présidentiel destiné à soutenir la production pharmaceutique locale, dont la période actuelle doit prendre fin en mars 2027.  

Cette orientation a été présentée à l’occasion de la 8e Nigeria Pharmaceutical Manufacturers Expo, organisée à Lagos. Elle s’inscrit dans une ambition beaucoup plus large : porter à 70 % la part de production locale des médicaments essentiels et autres produits de santé prioritaires à l’horizon 2030. Le marché nigérian demeure fortement tributaire des approvisionnements extérieurs.

Pour réduire sa forte dépendance des approvisionnements extérieurs, Abuja mise sur plusieurs leviers. Le dispositif présidentiel a notamment introduit des droits de douane nuls sur les équipements pharmaceutiques, les principes actifs et certains excipients. Selon les données présentées par les autorités, 87 fabricants locaux auraient bénéficié de ces mesures. Des exonérations fiscales, des incitations à l’intégration locale de la production de principes actifs et des mécanismes spécifiques de financement de l’industrie figurent également parmi les interventions envisagées.

Le mouvement industriel semble déjà engagé. La directrice générale de la NAFDAC, Pr Mojisola Christianah Adeyeye, a indiqué que 37 sites de production locaux sont actuellement en construction, modernisation ou mise à niveau afin de satisfaire aux standards internationaux. Le pays compte désormais plus de 200 entreprises pharmaceutiques et des sciences de la vie.

Les obstacles restent toutefois considérables. Coûts élevés de l’énergie et de la production, difficultés logistiques dans les ports, accès limité aux financements de long terme et contraintes d’accès au marché continuent de peser sur la compétitivité des industriels nigérians. La prolongation du dispositif est précisément présentée par les fabricants comme un moyen d’offrir davantage de visibilité aux investisseurs et de consolider les investissements déjà engagés.

L’ambition nigériane dépasse par ailleurs son seul marché intérieur. En augmentant ses capacités, le pays espère devenir un pôle pharmaceutique régional capable d’approvisionner l’Afrique de l’Ouest et de profiter des possibilités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.

La prolongation de deux ans est, à ce stade, reste une orientation annoncée et non une mesure définitivement adoptée.

L’expérience nigériane mérite néanmoins d’être suivie. Elle rappelle que la souveraineté pharmaceutique africaine ne se décrète pas : elle suppose des investissements industriels durables, des politiques fiscales et douanières cohérentes, une réglementation exigeante et, surtout, une visibilité suffisante pour permettre aux industriels d’investir sur le long terme.

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Autres articles

Iran : quand la crise du médicament frappe de plein fouet les pharmacies

La crise économique et géopolitique que traverse l’Iran se répercute désormais directement sur l’accès aux médicaments. Dans les pharmacies, les professionnels comme les patients sont confrontés à une combinaison particulièrement préoccupante : envolée des prix, raréfaction de certaines spécialités et fragilisation financière des officines. Selon l’Associated Press, certains médicaments ont vu leur prix doubler ou quadrupler. Cette situation peut sembler paradoxale dans un pays qui produit plus de 80 % de ses médicaments. Mais cette autonomie apparente masque une dépendance importante aux matières premières et composants importés nécessaires à la fabrication locale. Les difficultés bancaires et logistiques liées aux sanctions et au contexte de guerre perturbent donc aussi bien l’importation de médicaments finis que l’activité des industriels locaux. Le transport maritime étant fortement entravé, certains opérateurs ont dû se tourner vers des acheminements aériens plus coûteux. À cela s’ajoutent les dommages subis par l’appareil industriel : selon AP, plus de quarante sites pharmaceutiques auraient été endommagés par des frappes. Sur le terrain, c’est l’officine qui absorbe une grande partie du choc. Des difficultés d’approvisionnement sont notamment rapportées pour certains traitements psychiatriques et anticancéreux. Les autorités cherchent parallèlement à sécuriser l’approvisionnement en vaccins antigrippaux et en médicaments indispensables aux hôpitaux. À cette crise d’approvisionnement s’ajoute une crise de trésorerie. Les organismes d’assurance devraient, selon les données rapportées par AP, environ 270 millions de dollars aux pharmacies, fragilisant davantage leur capacité à renouveler leurs stocks. L’exemple iranien illustre ainsi une réalité souvent négligée dans les politiques de souveraineté pharmaceutique : fabriquer localement ne suffit pas. La disponibilité effective d’un médicament dépend aussi de l’accès aux matières premières, des circuits financiers, de la logistique, de la solidité des industriels et, au bout de la chaîne, de la capacité économique des pharmacies à maintenir leurs stocks.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:43
Médicament en Afrique : Pas de souveraineté sans distribution !

L’Afrique ambitionne, à juste titre, de renforcer sa souveraineté pharmaceutique. Production locale, transfert de technologies, investissements industriels et harmonisation réglementaire occupent désormais une place centrale dans les stratégies sanitaires du continent. Mais produire davantage de médicaments ne suffira pas si ceux-ci continuent à circuler dans des réseaux de distribution fragmentés, insuffisamment structurés ou parfois informels. Le Nigeria, qui accueillera du 6 au 8 octobre 2026 la Quatrième   Assemblée Générale Thématique de l’ADPA, l’Association de la Distribution Pharmaceutique Africaine, illustre parfaitement cet enjeu. Le pays, qui compte parmi les plus importants marchés pharmaceutiques du continent, doit encore composer avec un système où coexistent circuits réglementés et marchés ouverts de médicaments, au sein desquels peuvent se côtoyer grossistes, détaillants et opérateurs non autorisés. Une telle fragmentation fragilise la traçabilité, complique le contrôle des conditions de stockage et ouvre la voie aux circuits parallèles ainsi qu’aux médicaments falsifiés ou de qualité inférieure. Les autorités nigérianes s’efforcent depuis plusieurs années de mieux structurer ce réseau, en renforçant les contrôles et en favorisant le regroupement des opérateurs au sein de circuits de distribution mieux encadrés. Mais le défi dépasse largement les frontières du Nigeria. Il concerne, à des degrés divers, une grande partie du continent. C’est tout l’intérêt de la rencontre de Lagos, organisée sous l’égide de la Pharmaceutical Wholesalers and Distributors Association of Nigeria. En plaçant au cœur des débats la construction de chaînes d’approvisionnement sécurisées face aux médicaments falsifiés, l’ADPA braque les projecteurs sur un maillon aussi stratégique que trop souvent négligé de la politique pharmaceutique. Comme le rappelle Ogheneochuko Omaruaye, président de la PWDAN, dans un éditorial publié par ADPA-News, un médicament ne remplit pleinement sa fonction thérapeutique que lorsqu’il parvient « au bon patient, au bon moment et dans les bonnes conditions ». Cette évidence devrait être érigée en principe de toute politique pharmaceutique. Traçabilité numérique, bonnes pratiques de distribution, professionnalisation des grossistes-répartiteurs, harmonisation réglementaire, maîtrise de la chaîne du froid, sécurisation du transport et lutte contre les circuits parallèles doivent désormais être considérées comme des priorités au même titre que la production locale. Car l’enjeu ne se limite pas aux médicaments falsifiés. Une distribution pharmaceutique performante conditionne la disponibilité des traitements, contribue à prévenir les pénuries et renforce la capacité des systèmes de santé à faire face aux crises. Elle constitue le trait d’union indispensable entre l’industrie pharmaceutique et le patient. L’Afrique a raison de vouloir produire davantage de ses médicaments. Mais la souveraineté pharmaceutique ne se construit pas uniquement dans les usines. Elle se construit aussi dans les entrepôts, sur les plateformes logistiques, dans les circuits de transport et jusque dans les pharmacies où le médicament est mis à la disposition des patients. Produire est essentiel. Distribuer de manière sûre, professionnelle et équitable l’est tout autant. Lagos 2026 devrait être l’occasion de le rappeler avec force. Il ne peut y avoir de véritable souveraineté pharmaceutique sans souveraineté de la distribution.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:28
Bonnes Pratiques Officinales : une première réunion d’information

Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), en partenariat avec l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), a organisé, le jeudi 24 septembre à la Maison du Pharmacien à Rabat, une journée d’information et d’échange consacrée aux Bonnes Pratiques Officinales (BPO). Cette rencontre visait à renforcer le dialogue entre les pharmaciens d’officine et l’autorité réglementaire, mais aussi à mieux préciser les exigences liées aux BPO et leurs modalités d’application dans la pratique quotidienne. La journée s’est déroulée en présence du Pr Samir Ahid, Directeur général de l’AMMPS, et du Dr Hamza Guedira, président du CNOP. Des représentants des deux institutions ainsi que des pharmaciens d’officine ont également pris part aux échanges. À cette occasion, le Dr Laila Hakkou, cheffe du pôle inspections de l’AMMPS, a présenté les principales dispositions réglementaires relatives aux Bonnes Pratiques Officinales et apporté plusieurs précisions sur leur mise en œuvre. Les discussions ont notamment porté sur des aspects très concrets de l’activité officinale tels que la conservation et le stockage des médicaments, le respect de la chaîne du froid, la traçabilité, la gestion des produits périmés, la tenue des documents réglementaires et l’organisation générale de l’officine. Les responsabilités professionnelles du pharmacien ont également occupé une place importante dans les échanges. La rencontre a surtout permis aux pharmaciens membres du Conseil de faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain et de confronter les exigences réglementaires aux réalités quotidiennes de l’officine. Au-delà du rappel des règles, cette journée témoigne d’une volonté de privilégier le dialogue et l’accompagnement dans la mise en œuvre des Bonnes Pratiques Officinales. Un enjeu essentiel puisque leur application ne relève pas seulement de la conformité réglementaire. Elle participe directement à la qualité de la dispensation, à la sécurisation du circuit du médicament et, in fine, à la protection du patient.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:24
Choléra : 5,3 millions de dollars pour renforcer la riposte dans le bassin du lac Tchad

Le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane, KSrelief, et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont conclu un accord consistant à allouer 5,3 millions de dollars pour renforcer la lutte contre le choléra dans cinq pays africains : le Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger et le Nigéria. Ces pays font face à la fois aux épidémies, aux déplacements de populations et à la fragilité des infrastructures sanitaires. Signé le 22 septembre 2026 à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’accord porte sur un financement de 5,327 millions de dollars. Cet accord prévoit de renforcer la surveillance épidémiologique, d’améliorer l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, tout en facilitant l’accès aux médicaments et aux consommables médicaux. Il intègre également le forage de puits, la réhabilitation de latrines publiques et le renforcement des établissements de santé. Enfin, des équipements seront mis à la disposition des services d’urgence et de soins intensifs pour améliorer la prise en charge des malades. D’après l’OMS, plus de 61 000 cas de choléra ont été enregistrés dans la Région africaine au cours des cinq premiers mois de 2026. Le Nigéria traverse la plus importante flambée, avec plus de 50 000 cas et 338 décès depuis janvier. Au Tchad, près des deux tiers des personnes infectées sont des enfants de moins de 15 ans. Au-delà du montant engagé, ce partenariat illustre l’importance d’une approche intégrée. Le choléra est une maladie évitable et traitable, mais son contrôle dépend autant de la disponibilité rapide des soins et des médicaments que de l’accès à l’eau potable et de la détection précoce des foyers. L’objectif doit aussi être logistique. Il s’agit de réduire le délai entre l’apparition d’une flambée, son identification et l’arrivée des ressources nécessaires auprès des populations touchées.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:22
Fibrodysplasie ossifiante progressive : un nouveau traitement oral autorisé aux États-Unis

Un nouveau traitement vient d’être autorisé aux États-Unis pour les patients atteints de fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP). La FDA a donné son feu vert à la mise sur le marché d’Atebrioz, un médicament développé par Mirum Pharmaceuticals et dont le principe actif est le zilurgisertib. Le médicament est indiqué chez les patients âgés de 12 ans et plus. Il se présente sous la forme d’un traitement oral administré quotidiennement à la dose recommandée de 100 mg. La FOP est une maladie génétique extrêmement rare et particulièrement invalidante. Elle provoque progressivement la transformation des muscles, des tendons et des ligaments en tissu osseux. Cette ossification anormale limite les mouvements et peut entraîner un handicap majeur. Atebrioz agit en bloquant ALK2, une protéine anormalement active chez la majorité des patients atteints de FOP et impliquée dans la formation d’os en dehors du squelette. L’autorisation américaine repose notamment sur une étude menée auprès de 63 patients. Après 24 semaines de traitement, le zilurgisertib a significativement réduit la formation de nouveaux tissus osseux par rapport au placebo. Les possibilités thérapeutiques restent très limitées pour les patients. Parmi les autres traitements disponibles aux États-Unis figurent Sohonos d’Ipsen ainsi que Pasatru de Regeneron, ce dernier étant administré par perfusion mensuelle. Cette innovation pose cependant, une nouvelle fois, la question du coût des médicaments destinés aux maladies ultra-rares. Mirum prévoit un lancement américain en octobre et doit annoncer son prix à cette occasion. Un analyste cité par Reuters estime que le coût pourrait avoisiner 750 000 dollars par patient et par an, une estimation qui ne constitue pas encore le prix officiel.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:19
Diabète et obésité : Novo Nordisk mise sur des injections mensuelles ou trimestrielles

Espacer autant que possible les injections utilisées dans la prise en charge de l’obésité et du diabète pourrait devenir l’un des prochains axes d’innovation de Novo Nordisk. Le groupe danois a conclu avec la société suédoise Nanexa un accord mondial de licence portant sur PharmaShell, une technologie permettant de contrôler la libération d’un médicament pendant une période prolongée. L’accord pourrait atteindre environ 1,17 milliard d’euros. Novo Nordisk obtient des droits exclusifs pour utiliser PharmaShell dans cinq programmes de développement consacrés aux traitements injectables à longue durée d’action dans l’obésité, le diabète de type 2 et d’autres maladies cardiométaboliques. La technologie fait appel à un revêtement ultrafin couvrant les principes actifs. Celui-ci permet de retarder leur libération dans l’organisme et pourrait ainsi prolonger leur action. Les deux entreprises envisagent des formulations pouvant être administrées une fois par mois, voire une fois par trimestre. Une telle évolution représenterait un changement important par rapport aux traitements injectables hebdomadaires actuellement largement utilisés dans l’obésité et le diabète. Pour les patients, l’enjeu dépasse le simple confort. Réduire la fréquence des administrations pourrait faciliter l’adhésion thérapeutique et diminuer la contrainte associée aux injections répétées. Sur le plan financier, l’accord comprend un paiement initial ainsi que des paiements liés à des étapes de développement et réglementaires, pouvant atteindre au total 615 millions d’euros. Le reste des paiements potentiels dépendra notamment des performances commerciales. Nanexa percevra également des royalties sur les ventes mondiales. Novo Nordisk dirigera le développement mondial et la commercialisation des produits issus de cette collaboration. À ce stade, aucune molécule précise ni aucun calendrier clinique détaillé n’ont été annoncés. La technologie reste donc une promesse de développement plutôt qu’une nouvelle option thérapeutique immédiatement disponible.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:17
Parkinson : Juvmo décroche le feu vert de la FDA

Une nouvelle option thérapeutique vient enrichir l’arsenal disponible aux États-Unis pour la prise en charge de la maladie de Parkinson. La Food and Drug Administration américaine a approuvé Juvmo, nom commercial du tavapadon, développé par AbbVie pour le traitement des adultes atteints de cette maladie neurodégénérative. Administré par voie orale à raison d’une prise quotidienne, le tavapadon avait intégré le portefeuille d’AbbVie à la suite du rachat de Cerevel Therapeutics, une opération conclue pour 8,7 milliards de dollars. La maladie de Parkinson est une affection neurologique chronique et progressive qui touche principalement le contrôle des mouvements. Elle se manifeste notamment par des tremblements, une rigidité musculaire, une lenteur des mouvements et des troubles de l’équilibre. Plus de 11 millions de personnes vivraient aujourd’hui avec cette maladie dans le monde, selon les données communiquées par AbbVie et rapportées par Reuters. Le tavapadon agit sur le système dopaminergique en reproduisant certains effets de la dopamine, un neurotransmetteur dont la diminution joue un rôle central dans les manifestations motrices de la maladie de Parkinson. Le feu vert de la FDA s’appuie sur des essais cliniques qui ont montré une amélioration des symptômes moteurs chez les patients traités. Parmi les effets indésirables les plus fréquemment rapportés figurent les nausées, les vertiges et les céphalées. La mise à disposition d’un traitement oral administré une seule fois par jour pourrait présenter un intérêt particulier dans une maladie où les schémas thérapeutiques ont tendance à se complexifier au fur et à mesure de son évolution. La place exacte de Juvmo dans la stratégie thérapeutique devra toutefois être précisée par son utilisation en pratique clinique, notamment au regard de son efficacité à long terme, de sa tolérance et du profil des patients susceptibles d’en bénéficier.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:14
Fentanyl : la Chine resserre le contrôle sur deux précurseurs chimiques

La Chine a décidé d’ajouter deux précurseurs chimiques à la liste des produits dont l’exportation vers les États-Unis, le Canada et le Mexique est soumise à autorisation. Cette mesure vise à limiter la circulation de composés pouvant entrer dans les chaînes clandestines de production du fentanyl et de substances apparentées. Cet opioïde de synthèse, extrêmement puissant, est au cœur d’une grave crise sanitaire en Amérique du Nord, particulièrement aux États-Unis et au Canada, où les opioïdes de synthèse sont impliqués dans un nombre important de décès par surdose. Le renforcement des contrôles chinois revêt donc une dimension qui dépasse largement les frontières nationales. La Chine constitue un acteur majeur de l’industrie chimique mondiale et la surveillance des exportations de précurseurs représente l’un des leviers utilisés pour perturber les chaînes d’approvisionnement des réseaux criminels. La nouvelle réglementation devrait permettre d’améliorer la traçabilité des substances concernées. Les exportateurs devront se conformer à des procédures d’autorisation renforcées pour les expéditions destinées aux trois pays nord-américains concernés. L’efficacité du dispositif dépendra cependant de sa mise en œuvre effective. Le contrôle documentaire doit notamment être accompagné d’inspections et d’une coopération étroite entre autorités douanières, sanitaires et judiciaires. Un autre défi réside dans la capacité des réseaux clandestins à modifier rapidement leurs procédés de fabrication en utilisant de nouveaux précurseurs ou des substances chimiques de substitution qui ne sont pas encore réglementées. Cette décision chinoise illustre ainsi la difficulté de lutter contre le fentanyl uniquement en contrôlant une liste déterminée de molécules. Face à des filières capables de s’adapter rapidement, la coopération internationale et l’actualisation permanente des dispositifs de surveillance restent essentielles.

Abderrahim Derraji - 22 septembre 2026 21:51
Nigeria : le noma regagne du terrain chez les enfants malnutris

Dans le nord du Nigeria, les professionnels de santé s’alarment en raison d’une augmentation des cas de noma, une maladie infectieuse rare mais extrêmement agressive qui touche surtout les jeunes enfants souffrant de malnutrition et vivant dans des conditions de grande précarité. À l’hôpital spécialisé de Sokoto, plus de 500 enfants ont été pris en charge entre 2023 et 2025, tandis que d’autres attendent toujours une chirurgie reconstructrice. Le noma débute généralement par une inflammation de la gencive avant de progresser rapidement vers les tissus de la bouche et du visage. Sans traitement précoce, l’infection peut détruire en quelques jours les tissus mous, voire les structures osseuses, entraînant de lourdes séquelles fonctionnelles et esthétiques. Les enfants âgés de 2 à 6 ans sont particulièrement touchés. La maladie est étroitement associée à la malnutrition sévère, à l’extrême pauvreté, au manque d’hygiène et à l’accès insuffisant aux soins. L’Organisation mondiale de la santé classe le noma parmi les maladies tropicales négligées. Son véritable poids reste difficile à mesurer, notamment parce que de nombreux cas surviennent dans des régions où l’accès aux structures sanitaires est limité. Pourtant, lorsqu’il est diagnostiqué suffisamment tôt, le noma peut être efficacement combattu. Le traitement associe généralement antibiotiques, soins locaux des plaies, amélioration de l’hygiène buccale et soutien nutritionnel. À un stade avancé, les enfants survivants peuvent nécessiter plusieurs interventions de chirurgie reconstructrice pour retrouver des fonctions essentielles comme l’alimentation ou la parole. Au Nigeria, Médecins Sans Frontières participe notamment à des campagnes de chirurgie reconstructrice gratuite. Mais les soignants insistent sur un enjeu prioritaire : intervenir avant l’apparition des destructions tissulaires irréversibles. L’amélioration de la nutrition infantile, la sensibilisation des familles, la formation des professionnels de première ligne et l’orientation rapide vers les centres spécialisés pourraient permettre d’éviter une grande partie des mutilations provoquées par cette maladie pourtant évitable lorsqu’elle est prise en charge précocement.

Abderrahim Derraji - 22 septembre 2026 21:32
Promotion médicale : l’AMMPS fixe les règles du jeu

Avec la publication, en septembre 2026, d’un Code de déontologie des délégués médicaux et pharmaceutiques, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) franchit une étape importante dans l’encadrement de la promotion du médicament au Maroc. L’initiative dépasse le simple rappel des bonnes pratiques. Elle clarifie les responsabilités, précise les comportements attendus et instaure un engagement formel des différents acteurs concernés. La finalité du Code est clairement affirmée. La promotion des médicaments doit s’exercer dans le respect de l’éthique, de la rigueur scientifique et de la réglementation pharmaceutique, avec pour objectif ultime la protection de la santé publique et l’intérêt du patient. Le texte concerne l’ensemble des délégués médicaux et pharmaceutiques exerçant pour le compte d’un établissement pharmaceutique industriel (EPI) et couvre leurs activités de promotion, d’information et de communication sur les médicaments. Plusieurs dispositions donnent à cette initiative une portée très concrète. Toute information communiquée doit être rigoureusement conforme à l’autorisation de mise sur le marché (AMM). La promotion d’indications, de dosages ou de populations cibles non approuvés est interdite. Dès les premiers échanges avec le professionnel de santé, l’information doit être objective, équilibrée et conforme aux données scientifiques approuvées. Bénéfices thérapeutiques et risques doivent être présentés avec la même rigueur, notamment les effets indésirables, les contre-indications et les précautions d’emploi. Le Code encadre également les relations avec les professionnels de santé. Il rappelle l’interdiction des avantages financiers, matériels ou en nature susceptibles d’influencer la prescription ou la délivrance des médicaments. Les réunions scientifiques doivent avoir pour finalité l’information médicale et la formation continue. Quant à l’hospitalité éventuellement offerte, elle doit rester raisonnable et accessoire à l’objectif principal de la manifestation. L’AMMPS renforce parallèlement la traçabilité des activités. Tout délégué médical ou pharmaceutique doit être déclaré auprès de l’Agence par le pharmacien responsable de son EPI. Le port d’échantillons médicaux est soumis à une attestation délivrée par l’AMMPS et leur distribution doit respecter des règles précises, notamment les quotas prévus et l’interdiction de remettre des échantillons contenant des substances psychotropes ou stupéfiantes. Une note d’information datée du 15 septembre 2026 vient donner une traduction concrète à ce dispositif. Désormais, toute demande d’autorisation de port d’échantillons médicaux doit être accompagnée de la déclaration d’engagement figurant à la fin du Code. Cette déclaration doit être signée par le délégué concerné, le pharmacien responsable de l’EPI et, le cas échéant, le responsable de l’agence d’information médicale et pharmaceutique. Cette signature partagée constitue l’un des points forts du dispositif. Elle matérialise la responsabilité de chacun et transforme les principes déontologiques en un engagement professionnel explicite. En associant rigueur scientifique, transparence, formation continue, traçabilité et responsabilisation, l’AMMPS adresse un signal fort au secteur. La promotion pharmaceutique ne saurait être réduite à une simple démarche commerciale. Elle participe directement à la qualité de l’information délivrée aux professionnels de santé et peut, à ce titre, avoir des conséquences sur la prescription, la délivrance et, in fine, la sécurité du patient. Le Code prévoit d’ailleurs sa révision périodique afin de tenir compte des évolutions scientifiques, réglementaires et éthiques du secteur. Cette initiative traduit ainsi la volonté de l’AMMPS de renforcer l’encadrement éthique de la promotion médicale et pharmaceutique et de prévenir certaines dérives. Elle ne pourra cependant produire pleinement ses effets que si l’ensemble des acteurs se l’approprie. Aux établissements pharmaceutiques, pharmaciens responsables, agences d’information et délégués de transformer désormais ce cadre en pratiques quotidiennes. Car une promotion plus éthique, plus transparente et scientifiquement plus rigoureuse ne constitue pas une contrainte supplémentaire pour le secteur. Elle représente au contraire une opportunité de renforcer la confiance des professionnels de santé, de mieux protéger le patient et, finalement, de valoriser toute la profession.

Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:36