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PHARMACOVIGILANCE - AMMPS - NOTIFICATION
La pharmacovigilance constitue un pilier essentiel de la sécurité des patients et de la qualité du système de santé. Pourtant, lors de nombreux congrès et rencontres scientifiques, un constat revient avec insistance, la sous-notification des effets indésirables des médicaments demeure un défi majeur. Lorsque les déclarations sont insuffisantes, il devient difficile d’identifier, à l’échelle nationale, certains effets indésirables rares ou inattendus. Cette situation peut retarder la mise en place de mesures correctives, qu’il s’agisse d’une modification des indications, d’un renforcement des mises en garde ou, dans certains cas, du retrait d’un produit du marché.
Depuis la promulgation de la loi 10-22 relative à la création de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), une nouvelle dynamique se met progressivement en place pour renforcer la sécurité des produits de santé. Dans ce cadre, l’Agence joue un rôle central dans le développement de la pharmacovigilance. Toutefois, il ne peut y avoir de pharmacovigilance efficace sans un volume suffisant de déclarations d’effets indésirables émanant des professionnels de santé.
C’est dans cette optique que la nouvelle Agence a récemment intégrer dans son portail un espace dédié à la notification des effets indésirables. Cet outil numérique permet désormais de centraliser les déclarations dans plusieurs domaines de vigilance, notamment la pharmacovigilance, qui concerne la surveillance des médicaments, la vaccinovigilance dédiée au suivi de la sécurité des vaccins, la matériovigilance relative aux dispositifs médicaux, la réactovigilance concernant les réactifs de diagnostic in vitro, la cosmétovigilance pour les produits cosmétiques et d’hygiène ainsi que la vigilance des compléments alimentaires, dont l’usage est en constante progression.
Toutefois, il serait illusoire de penser qu’une plateforme, aussi performante soit-elle, suffira à elle seule à améliorer significativement le niveau de notification. L’efficacité d’un système de vigilance repose avant tout sur l’engagement des professionnels de santé, qu’il s’agisse des médecins, des pharmaciens, des dentistes, des biologistes, des infirmiers ou des sages-femmes. Ce sont eux qui, au quotidien, sont en première ligne pour détecter, et notifier les événements indésirables susceptibles d’être liés à un produit de santé.
Plusieurs exemples illustrent l’importance de cette implication. La notification d’effets indésirables liés à certains anti-inflammatoires non stéroïdiens a permis d’identifier un risque cardiovasculaire accru chez certains patients, conduisant à une actualisation des recommandations de prescription. De même, la remontée d’informations concernant des réactions allergiques liées à certains antibiotiques a permis d’améliorer la prévention et la prise en charge des patients à risque. Plus récemment, la surveillance renforcée des vaccins a contribué à rassurer le public en démontrant que la majorité des effets rapportés étaient bénins et transitoires, renforçant ainsi la confiance dans les programmes de vaccination.
Le pharmacien d’officine joue un rôle clé. Il peut détecter des signaux d’alerte lors du suivi des traitements chroniques, identifier des interactions médicamenteuses ou encore recueillir des informations précieuses auprès des patients concernant la tolérance d’un traitement. La déclaration d’un effet indésirable ne nécessite pas nécessairement la certitude d’un lien de causalité, car le simple doute suffit pour justifier une notification.
La nouvelle plateforme mise en place par l’AMMPS offre aujourd’hui un outil pratique et accessible. Les professionnels de santé peuvent déclarer un effet indésirable en remplissant directement le formulaire en ligne ou en téléchargeant la fiche correspondant au type de vigilance concerné, puis en la transmettant à l’adresse électronique indiquée sur cette même fiche.
Au-delà de l’obligation réglementaire, la pharmacovigilance relève d’une responsabilité éthique et professionnelle. Chaque notification contribue à améliorer la connaissance du profil de sécurité des produits de santé et participe à la protection de l’ensemble de la population. Déclarer, c’est agir concrètement pour une médecine plus sûre, plus transparente et plus responsable.
Lien : https://ammps.sante.gov.ma/notifier_evenement_indesirable
REIN ET MEDICAMENTS
Le jeudi 2 avril 2026, l’Université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS) de Rabat abritera une journée scientifique intitulée «Rein & Médicament». Organisée conjointement par le Collège marocain de pharmacie clinique (MCCP) et la Société marocaine de néphrologie (SMN), cette rencontre réunira néphrologues, pharmaciens cliniciens, infectiologues et spécialistes de la transplantation autour d’un enjeu majeur de santé publique : l’optimisation de recours aux médicament chez le patient rénal.
Cette journée sera inaugurée en présence du Pr Ahmed Bennana, Directeur Général du Site Rabat de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé, du Pr Jamal Lamssaouri, Doyen de la Faculté de Pharmacie Mohammed VI, du Pr Driss El Kabbaj, Président de la SMN, et de la Pr Aicha Chaibi, Présidente du MCCP.
Les organisateurs ont prévue trois sessions : Infectiologie et maladie rénale, Complications de la maladie rénale chronique (MRC) et Transplantation rénale : sécurisation et suivi, modérée.
Cette rencontre, placée sous le signe de l’excellence scientifique et de la collaboration franco-marocaine, vise à renforcer les compétences des professionnels de santé dans la prise en charge pharmaco-clinique de patient atteint de pathologies rénal.
Bade-Wurtemberg - Allemagne - Grève
Une journée de grève touche de nombreuses pharmacies dans le sud-ouest de l’Allemagne, en particulier dans le Bade-Wurtemberg, ce qui pourrait compliquer l’accès aux médicaments pour certains patients. Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement national visant à alerter sur la situation économique jugée préoccupante du réseau officinal. D’après la Fédération régionale des pharmaciens, certaines pharmacies pourraient rester fermées ou limiter leur activité au strict minimum. Le nombre exact d’établissements concernés n’a pas été précisé, mais l’impact pourrait être significatif pour les personnes ayant un besoin urgent de traitement.
Malgré cette mobilisation, un service de garde reste assuré afin de garantir la continuité des soins pour les situations nécessitant une dispensation rapide de médicaments. Les patients peuvent identifier les pharmacies de garde grâce à un numéro gratuit ou via une recherche en ligne permettant de localiser l’officine la plus proche selon le code postal ou la commune. Toutefois, le ministère des Affaires sociales a exprimé des réserves concernant ce mouvement, estimant que la fermeture des pharmacies un lundi, juste après un dimanche où seules les pharmacies de garde sont ouvertes, représente une contrainte supplémentaire pour les personnes dépendantes de traitements réguliers.
Les représentants de la profession justifient cette journée de protestation par l’absence de revalorisation des honoraires de dispensation depuis plus de treize ans. Alors que les coûts de fonctionnement, notamment les charges de personnel et les dépenses d’exploitation, ont augmenté d’environ 65 pour cent depuis 2013, la rémunération par boîte de médicaments reste fixée à 8,35 euros. Un accord de coalition prévoit pourtant une augmentation à 9,50 euros, mais sa mise en œuvre tarde à se concrétiser. La présidente de la Fédération souligne que la situation économique de nombreuses pharmacies devient critique et qu’il devient difficile de maintenir la viabilité de certaines officines. Dans le Bade-Wurtemberg, on compte actuellement 2 067 pharmacies et près de 20 pour cent des établissements ont disparu à l’échelle nationale depuis 2013, ce qui dénote d’une fragilisation progressive du maillage officinal.
Rivaroxaban Viatris 20 MG - RAPPEL DE LOT
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été informée par le laboratoire Viatris d’un défaut de qualité concernant un lot du médicament Rivaroxaban Viatris 20 mg. Lors du processus de fabrication, une contamination en très faible quantité par un autre médicament, la quétiapine, a été détectée. Les analyses ont montré que la quantité présente est inférieure à 0,05 mg par comprimé, un niveau très largement inférieur aux doses habituellement utilisées en pratique clinique, qui se situent généralement entre 50 et 600 mg par jour chez l’adulte. À ce jour, aucun effet indésirable n’a été signalé en lien avec ce défaut.
Par mesure de précaution, les autorités sanitaires ont décidé de procéder au rappel de l’ensemble du lot concerné, identifié par le numéro 8212020 avec une date de péremption fixée à juillet 2028. La distribution de ce lot, qui avait débuté en janvier 2026 en France, a été immédiatement interrompue après identification du problème. L’origine de la contamination a été déterminée et des mesures correctives sont en cours afin d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.
Les patients en possession d’une boîte appartenant à ce lot sont invités à la rapporter à leur pharmacie afin qu’elle soit échangée contre une boîte provenant d’un lot conforme. Les pharmaciens sont également encouragés à informer les patients concernés afin de faciliter ce remplacement.
Selon les données disponibles, aucune interaction connue n’existe entre le rivaroxaban et la quétiapine et aucun problème de sécurité n’a été observé jusqu’à présent.
CODE DE DEONTOLOGIE
Le décret n°2026-156 du 3 mars 2026 modernise en profondeur le Code de déontologie des pharmaciens, intégré au Code de la santé publique depuis 1995, en procédant à une réécriture complète entrée en vigueur le 6 mars 2026. Ce nouveau texte s’applique à l’ensemble des pharmaciens inscrits à l’Ordre, aux structures d’exercice, aux pharmaciens européens exerçant temporairement, aux étudiants autorisés à remplacer ainsi qu’aux professionnels momentanément non-inscrits au tableau du Conseil de l’Ordre. Tout manquement expose à une responsabilité disciplinaire, sans exclure d’éventuelles poursuites civiles ou pénales. L’objectif principal consiste à adapter les règles aux évolutions du système de santé, aux transformations de la profession et aux attentes sociétales, tout en clarifiant certaines anciennes obligations.
Le texte renforce la définition du secret professionnel en précisant qu’il couvre non seulement les informations confiées par le patient mais aussi celles que le pharmacien a vues, entendues ou comprises dans l’exercice de son activité. Il souligne également la responsabilité du pharmacien dans l’organisation concrète de la confidentialité au sein de l’équipe officinale.
Ce nouveau code réaffirme fortement l’indépendance professionnelle face aux pressions économiques, commerciales ou hiérarchiques. Le pharmacien doit préserver sa liberté de jugement et ne peut accepter des modes de rémunération susceptibles d’altérer la qualité de la prise en charge, notamment lorsqu’ils reposent sur des objectifs de rendement incompatibles avec l’intérêt du patient.
Parmi les évolutions marquantes figure l’introduction d’une obligation d’action en cas de suspicion de violences ou de maltraitance. Le pharmacien doit agir pour protéger la victime en adaptant son mode d’intervention, rechercher le consentement de la personne lorsque cela est possible et informer celle-ci en cas de signalement, sauf lorsqu’il s’agit d’un mineur ou d’une personne vulnérable. Le signalement effectué de bonne foi ne peut engager sa responsabilité disciplinaire.
Le décret précise également la notion d’acte de dispensation qui inclut l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance, la préparation éventuelle des doses à administrer ainsi que l’information et le conseil nécessaires au bon usage du médicament. En cas d’erreur, le pharmacien doit informer rapidement le patient et le prescripteur, corriger la situation et mettre en place des mesures préventives.
Le texte introduit aussi des exigences relatives aux outils numériques et à la protection des données de santé, qui deviennent une composante de la déontologie professionnelle. Le pharmacien doit veiller à la sécurité des systèmes utilisés, au respect des règles de confidentialité et à l’accessibilité des outils pour les patients. En matière de communication, le nouveau code distingue clairement information et publicité et autorise une communication professionnelle encadrée, notamment pour présenter les compétences, les services ou les actions de prévention, à condition d’éviter tout contenu trompeur ou incitant à une consommation inappropriée de produits de santé.
Enfin, l’accès direct en officine est élargi à certains tests comme les tests de grossesse et d’ovulation, sous réserve d’un encadrement garantissant l’accompagnement et le conseil du pharmacien. Cette réforme vise principalement à actualiser les règles existantes et à renforcer la cohérence entre déontologie, pratique professionnelle et évolution du système de santé.
Autres articles
À l’occasion de la Journée mondiale de l’observance, le laboratoire Cooper Pharma a organisé, le 27 mars 2026 à Casablanca, les premières Assises de l’observance thérapeutique. Cette rencontre a rassemblé des professionnels de santé, des experts, des institutions ainsi que des acteurs de l’industrie pharmaceutique autour d’un objectif commun : mieux cerner les raisons qui poussent de nombreux patients à ne pas prendre les médicaments qui leur sont prescrits. Elle vise également à identifier des solutions concrètes pour améliorer cette situation. L’observance thérapeutique constitue aujourd’hui un déterminant essentiel de l’efficacité des soins, dans un contexte marqué par une augmentation continue des maladies chroniques. L’exemple de l’hypertension artérielle est particulièrement révélateur. Près de 29,3 % des adultes marocains sont concernés, mais plus d’un patient sur deux ne suit pas correctement son traitement. Cette irrégularité, souvent asymptomatique, expose pourtant les patients à des risques considérables, notamment une augmentation d’environ 60 % des événements cardiovasculaires tels que l’accident vasculaire cérébral ou l’infarctus du myocarde. Derrière ces chiffres se cache une réalité préoccupante : celle de complications souvent évitables, mais qui continuent de peser sur le système de santé. Les conséquences ne sont pas seulement médicales. La non-observance représente également un coût économique important. Cette charge financière s’ajoute aux pressions déjà exercées sur le système de santé et souligne la nécessité d’agir en amont, en favorisant un meilleur accompagnement des patients dans la gestion de leur traitement. L’absence de symptômes visibles dans certaines pathologies, notamment l’hypertension qualifiée de «maladie silencieuse», contribue à banaliser le risque et à réduire la perception de l’importance d’un suivi rigoureux. Les Assises ont permis de mettre en lumière la nécessité d’une approche globale centrée sur le patient, intégrant information, écoute, éducation thérapeutique et coordination entre professionnels de santé. Améliorer l’adhésion aux traitements implique de dépasser la seule dimension médicale afin de prendre en compte les facteurs sociaux, psychologiques et organisationnels qui influencent le comportement des patients. Cette rencontre constitue ainsi un point de départ vers une mobilisation durable de l’ensemble de l’écosystème de santé, afin de transformer progressivement les pratiques et de renforcer l’efficacité des soins dans un contexte marqué par une augmentation préoccupante des maladies non transmissibles.
Abderrahim Derraji - 30 mars 2026 06:49À l’initiative de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM), les pharmaciens sont appelés à participer à un sit-in national le 9 avril 2026 à partir de 11 heures devant le siège du Conseil de la concurrence à Rabat. Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions persistantes au sein du secteur, à la suite de la publication des recommandations du Conseil de la concurrence concernant la distribution du médicament. Contacté par notre rédaction, le président de la CSPM, Mohamed Lahbabi, souligne que ce sit-in vise à transmettre un message clair, responsable et digne aux décideurs. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une simple action symbolique, mais d’un moment jugé déterminant pour l’avenir de la profession. Au centre des préoccupations figure notamment la proposition d’ouvrir le capital des officines à des investisseurs non pharmaciens, ainsi que d’autres mesures visant à renforcer la concurrence et à moderniser le secteur. La majorité des pharmaciens expriment une opposition ferme à ces orientations, estimant qu’elles pourraient fragiliser l’indépendance professionnelle du pharmacien et remettre en cause le maillage officinal. Pour les représentants du secteur, il est essentiel que les décisions concernant l’évolution de la profession soient prises en concertation avec les pharmaciens eux-mêmes. Le choix de mener cette action revendicative est présenté comme à la fois symbolique et stratégique. Les organisateurs précisent que cette initiative n’est pas dirigée contre le Conseil de la concurrence, mais vise plutôt à interpeller les décideurs sur les dangers que pourrait représenter la mise en applications des recommandations du Conseil de la concurrence.
Abderrahim Derraji - 30 mars 2026 06:44La question de la libéralisation du capital des pharmacies suscite aujourd’hui une vive émotion et un débat qui dépasse largement le cadre professionnel. Depuis la publication des recommandations du Conseil de la Concurrence, les réseaux sociaux témoignent d’une inquiétude profonde au sein de la profession, mais aussi chez de nombreux observateurs attachés à l’équilibre fragile entre santé publique et logique économique. Derrière ce débat se cache une interrogation essentielle sur la place que l’on souhaite accorder au pharmacien dans notre système de santé et sur la nature même de la pharmacie d’officine. Depuis au moins deux décennies, les pharmaciens ont multiplié les appels en faveur d’une évolution du mode de rémunération afin d’accompagner la politique de réduction du prix des médicaments sans mettre en péril la viabilité économique de leurs officines. L’objectif n’a jamais été de freiner l’accès aux traitements mais plutôt de garantir la continuité d’un service de proximité indispensable, notamment dans les quartiers et les zones rurales où la pharmacie représente souvent le premier point de contact avec le système de santé. Une politique cohérente aurait pu s’inspirer des expériences internationales qui ont anticipé l’impact des baisses de prix sur l’équilibre financier des différentes composantes du secteur pharmaceutique. Dans plusieurs pays considérés comme visionnaires, les pouvoirs publics ont choisi de renforcer le rôle du pharmacien dans le parcours de soins afin de préserver l’accès aux médicaments tout en valorisant l’expertise du professionnel. La diversification de la rémunération constitue un levier essentiel pour maintenir l’équilibre économique des officines. La marge sur le médicament ne représente plus la principale source de revenus, car elle est complétée par des honoraires liés aux services rendus aux patients. Cette transformation a permis d’inscrire la pharmacie dans une dynamique de santé publique plus large, centrée sur la prévention, l’accompagnement thérapeutique et l’amélioration de l’observance des traitements. Dans ces systèmes, le pharmacien participe activement à la vaccination, contribue à l’éducation thérapeutique, renouvelle certaines prescriptions dans un cadre réglementé et réalise des tests rapides d’orientation diagnostique. Ces missions s’inscrivent dans une logique de proximité et d’efficacité qui renforce la qualité du parcours de soins. La rémunération repose ainsi sur une combinaison d’honoraires liés à l’ordonnance, à la dispensation de médicaments spécifiques ou à la prise en charge de patients atteints de pathologies chroniques. Des indemnités viennent également reconnaître le temps consacré à l’accompagnement des personnes sous traitements anticoagulants, asthmatiques, polymédiquées ou atteintes de maladies graves, etc. Au Maroc, les représentants de la profession ont engagé des discussions avec le ministère de la Santé afin de mettre en place des mesures compensatoires qui auraient dû accompagner la réforme de fixation des prix des médicaments. Ces engagements devaient permettre de préserver l’équilibre économique des pharmacies tout en garantissant l’accessibilité financière des traitements. Toutefois, l’absence de concrétisation de ces mesures nourrit aujourd’hui une incompréhension légitime, d’autant plus que le projet d’ouverture du capital apparaît comme un changement de cap radical qui pourrait transformer en profondeur la nature même de l’officine. La crainte exprimée par de nombreux pharmaciens réside dans le risque de voir émerger un modèle dominé par des logiques de rentabilité au détriment de la mission sanitaire. Dans un tel contexte, les pharmacies les moins rentables pourraient se retrouver fragilisées, notamment celles situées dans des zones rurales ou dans des quartiers où le pouvoir d’achat reste limité. La sélection économique pourrait alors prendre le pas sur la mission de santé publique, au risque d’accentuer les inégalités territoriales d’accès aux soins. Avant d’adopter des options qui pourraient ne pas correspondre aux réalités du contexte national, il semble indispensable de s’appuyer sur des études rigoureuses afin d’identifier les solutions les plus adaptées. La modernisation du mode de rémunération du pharmacien constitue une piste crédible permettant de concilier viabilité économique et intérêt du patient. Les choix dits disruptifs comportent toujours une part d’incertitude et les conséquences sont souvent supportées par ceux qui vivent de leur métier et qui assurent au quotidien un service de proximité essentiel. La question mérite donc une réflexion approfondie guidée par une vision stratégique où la santé demeure la priorité.
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 23:13La fin du brevet du sémaglutide en Inde marque un tournant important dans la prise en charge de l’obésité et dans l’évolution du marché mondial des médicaments amaigrissants. Ce traitement, commercialisé notamment sous le nom de Wegovy par le laboratoire danois Novo Nordisk, s’est imposé en quelques années comme l’un des médicaments les plus vendus au monde grâce à son efficacité reposant sur un mécanisme qui imite une hormone naturelle responsable de la sensation de satiété. L’arrivée prochaine de versions génériques produites par des laboratoires indiens devrait permettre une baisse significative des prix et un meilleur accès à ce traitement. Des médecins spécialisés anticipent une forte augmentation de la demande dès la commercialisation des génériques. Certains estiment que le nombre de patients pourrait presque tripler, en raison du coût actuellement élevé du princeps, qui limite son accessibilité à une partie de la population. Le prix mensuel du médicament peut atteindre l’équivalent de plusieurs centaines de dollars, ce qui constitue un obstacle majeur dans un pays où le pouvoir d’achat reste très variable. Les experts prévoient que les versions génériques pourraient être proposées à un prix nettement inférieur, rendant ce traitement plus accessible à une classe moyenne en expansion. L’Inde connaît en effet une transformation rapide de son mode de vie liée à la croissance économique et à l’urbanisation. L’évolution des habitudes alimentaires et l’augmentation de la sédentarité ont contribué à une progression du surpoids et de l’obésité. Près d’un quart des adultes seraient concernés, ce qui alimente la demande pour des solutions thérapeutiques efficaces. Le marché indien des médicaments contre l’obésité a déjà connu une croissance rapide au cours des dernières années et devrait continuer à se développer fortement d’ici la fin de la décennie. La levée du brevet ne concerne pas uniquement le marché indien. Elle ouvre également des perspectives d’exportation vers de nombreux pays, notamment ceux à revenu intermédiaire où le prix des traitements innovants représente souvent une barrière à l’accès aux soins. L’industrie pharmaceutique indienne, déjà reconnue comme un acteur majeur dans la production de médicaments génériques à l’échelle mondiale, pourrait ainsi renforcer sa position en proposant des alternatives plus abordables. Au-delà des enjeux économiques, cette évolution pourrait améliorer l’accès à un traitement efficace pour des patients qui en étaient jusqu’ici exclus en raison du coût. Plusieurs témoignages soulignent l’impact positif du médicament sur la perte de poids et la qualité de vie. La baisse attendue des prix pourrait donc permettre à un plus grand nombre de personnes de bénéficier d’une prise en charge adaptée, tout en accentuant la concurrence sur un marché mondial particulièrement dynamique.
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 23:07Une étude récente met en évidence un phénomène préoccupant concernant la diffusion d’informations sur la santé mentale sur les réseaux sociaux. Selon les chercheurs, plus de la moitié des publications consacrées à des troubles comme l’autisme, le TDAH, la schizophrénie, le trouble bipolaire, la dépression, les troubles alimentaires, l’anxiété ou les phobies contiennent des informations inexactes ou insuffisamment fondées scientifiquement. L’analyse de 27 études portant sur environ 5 000 contenus publiés sur différentes plateformes révèle que le taux de désinformation peut atteindre 56 %, ce qui souligne l’ampleur du problème dans un environnement où les contenus se diffusent rapidement et touchent un public très large. Les résultats montrent que la désinformation varie selon les plateformes et les thématiques abordées. TikTok apparaît comme la plateforme où la proportion d’informations trompeuses est la plus élevée, notamment concernant la neurodivergence, comme l’autisme ou le TDAH. Sur cette plateforme, plus de la moitié des vidéos liées au TDAH et plus de 40 % de celles consacrées à l’autisme comporteraient des informations discutables ou erronées. En comparaison, les taux relevés sur YouTube et Facebook sont globalement plus faibles, bien que la présence de contenus inexacts reste significative. Les chercheurs soulignent que les formats courts et attractifs peuvent favoriser la viralité de messages simplifiés ou inexacts, parfois présentés comme des conseils médicaux. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les réseaux sociaux sont devenus une source importante d’information pour les jeunes. Selon l’Organisation mondiale de la santé, un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans souffre d’un trouble mental, ce qui représente une part importante de la charge mondiale de morbidité dans cette tranche d’âge. La dépression, l’anxiété et les troubles du comportement figurent parmi les principales causes de maladie et de handicap chez les adolescents. Dans ce contexte, de nombreux jeunes utilisent les plateformes numériques pour mieux comprendre leurs symptômes et tenter d’identifier un éventuel diagnostic. Si cette démarche peut constituer une première étape vers une meilleure compréhension de soi, les chercheurs insistent sur la nécessité d’une évaluation clinique réalisée par un professionnel de santé qualifié. Les contenus inexacts peuvent en effet conduire à interpréter à tort des comportements courants comme des signes de troubles graves, ce qui peut générer de l’inquiétude inutile ou retarder la prise en charge adaptée. La diffusion d’informations non fondées peut également renforcer la stigmatisation associée aux maladies mentales et décourager certaines personnes de consulter. Les plateformes concernées contestent toutefois certains aspects de l’étude. TikTok affirme que ses politiques visent à supprimer les contenus trompeurs et à promouvoir des informations provenant de sources fiables, notamment de l’OMS. De son côté, YouTube indique mettre en avant des contenus issus de professionnels de santé et appliquer des mesures spécifiques pour protéger les adolescents contre la désinformation médicale. Malgré ces engagements, les chercheurs estiment nécessaire de renforcer la qualité de l’information en ligne afin d’éviter que les réseaux sociaux ne deviennent une source de confusion plutôt qu’un outil d’éducation à la santé.
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 23:05Un nouveau rapport des Nations Unies dresse pour la première fois un panorama détaillé des principales causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans ainsi que chez les adolescents et les jeunes. Les estimations publiées le 18 mars 2026 indiquent qu’environ 4,9 millions d’enfants sont décédés avant leur cinquième anniversaire en 2024, dont 2,3 millions de nouveau-nés. Une grande partie de ces décès aurait pourtant pu être évitée grâce à des interventions simples, accessibles et efficaces ainsi qu’à un meilleur accès à des soins de santé de qualité. Depuis l’an 2000, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué de plus de moitié dans le monde, mais les progrès ont nettement ralenti depuis 2015. Le rapport apporte un niveau de précision inédit en identifiant les causes principales de décès et leur répartition géographique. La malnutrition aiguë sévère demeure un facteur majeur de mortalité, directement responsable de plus de cent mille décès d’enfants âgés de un à cinquante-neuf mois en 2024. Son impact réel est probablement plus élevé car elle fragilise le système immunitaire et augmente le risque de décès liés à d’autres maladies infantiles courantes. Les nouveau nés représentent près de la moitié des décès chez les enfants de moins de cinq ans. Les principales causes sont les complications liées à la prématurité ainsi que celles survenant lors du travail et de l’accouchement. Les infections néonatales et les anomalies congénitales constituent également des causes importantes de mortalité. Après le premier mois de vie, les maladies infectieuses telles que le paludisme, la pneumonie et la diarrhée demeurent les principales causes de décès. Le paludisme reste particulièrement préoccupant, surtout en Afrique subsaharienne, où la majorité des décès se concentre dans quelques pays confrontés à des difficultés sanitaires, économiques et sécuritaires. Les inégalités régionales sont très marquées. L’Afrique subsaharienne représente à elle seule plus de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans, tandis que l’Asie du Sud en concentre environ un quart. Dans ces régions, de nombreux décès sont liés à des causes évitables telles que les complications de la naissance, les infections et la malnutrition. Les enfants vivant dans des pays fragiles ou touchés par des conflits ont un risque de décès presque trois fois plus élevé que les autres. Le rapport souligne également qu’environ 2,1 millions de jeunes âgés de cinq à vingt-quatre ans sont décédés en 2024. Chez les adolescents, les causes de mortalité évoluent avec l’âge, l’automutilation devenant une cause majeure chez les adolescentes et les accidents de la route chez les adolescents. Les Nations Unies insistent sur l’importance d’investissements durables dans les soins de santé primaires, la vaccination, la nutrition et la présence de personnel qualifié lors de l’accouchement. Ces interventions figurent parmi les plus rentables en santé publique et permettent non seulement de sauver des vies mais aussi de renforcer le développement économique et social à long terme.
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 23:03Le laboratoire suisse Novartis a conclu un accord pour acquérir auprès de Synnovation Therapeutics un médicament expérimental contre le cancer du sein pour un montant pouvant atteindre 3 milliards de dollars. L’opération prévoit un paiement initial de 2 milliards de dollars, complété par un milliard supplémentaire en fonction des résultats futurs du développement clinique. Le traitement concerné, appelé SNV4818, appartient à une nouvelle génération d’inhibiteurs sélectifs de PI3Kα. Cette approche thérapeutique vise principalement un type fréquent de cancer du sein caractérisé par un profil hormonal positif et une absence d’expression de HER2. Le médicament agit en ciblant spécifiquement la forme mutée de l’enzyme PI3Kα, impliquée dans la croissance de nombreuses tumeurs, tout en préservant sa forme normale présente dans les cellules saines. Cette sélectivité pourrait permettre de limiter certains effets indésirables observés avec les traitements existants de la même classe. Actuellement en phase précoce de développement, SNV4818 a montré des résultats encourageants lors d’études en laboratoire, suggérant un potentiel d’efficacité contre certaines tumeurs solides. Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie de Novartis visant à renforcer son portefeuille de thérapies ciblées en oncologie, notamment dans des domaines où les besoins médicaux restent importants. L’opération devrait être finalisée au cours du premier semestre de l’année, sous réserve des conditions habituelles. Elle illustre la volonté des grands laboratoires d’investir dans des traitements innovants capables d’améliorer la précision et la tolérance des thérapies anticancéreuses.
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 23:01La Food and Drug Administration a approuvé une nouvelle indication du traitement anticancéreux Opdivo® développé par Bristol Myers Squibb pour les patients âgés de 12 ans et plus atteints d’un lymphome de Hodgkin classique à un stade avancé qui n’a jamais été traité. Cette décision offre une nouvelle option thérapeutique de première ligne pour une maladie qui touche particulièrement les adolescents et les jeunes adultes. Le traitement associe Opdivo® à une chimiothérapie comprenant la doxorubicine, la vinblastine et la dacarbazine, un protocole connu sous le nom de schéma AVD. Le lymphome de Hodgkin est un cancer du système immunitaire qui se développe à partir des lymphocytes, des cellules essentielles à la défense de l’organisme. L’approbation repose sur une étude clinique menée auprès de 994 patients qui a montré une amélioration significative de la survie sans progression de la maladie par rapport à un autre traitement de référence, Adcetris®. Comme d’autres immunothérapies, Opdivo® agit en bloquant le mécanisme PD1 utilisé par certaines tumeurs pour échapper au système immunitaire, permettant ainsi à l’organisme de mieux combattre les cellules cancéreuses. Des effets indésirables graves ont été observés chez une proportion de patients, notamment des réactions liées à la stimulation du système immunitaire. La FDA a également transformé certaines autorisations accélérées précédemment accordées à Opdivo® en autorisations complètes pour des formes récidivantes ou résistantes du lymphome de Hodgkin, confirmant ainsi le rôle croissant de l’immunothérapie dans la prise en charge de ce cancer.
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 22:59Les laboratoires Promopharm, en accord avec l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS), procèdent au rappel du lot n° 1212121 de la spécialité pharmaceutique CUROSURF® 120 mg – flacon de 1,5 ml, suspension pour instillation endotrachéobronchique. Ce médicament, à base de poractant alfa, fait l’objet de ce rappel suite à la mise en évidence d’un risque de contamination microbienne. Les pharmaciens hospitaliers et d’officine, les établissements pharmaceutiques grossistes-répartiteurs ainsi que les établissements de santé sont invités à prendre toutes les dispositions nécessaires. Il leur est notamment demandé de : - cesser immédiatement toute dispensation, distribution ou utilisation du lot concerné ; - mettre en quarantaine les stocks disponibles ; - procéder à leur retour dans les plus brefs délais, en coordination avec l’établissement pharmaceutique industriel Promopharm.
Abderrahim Derraji - 18 mars 2026 14:36Dans une lettre ouverte publiée le 9 mars 2026, la revue indépendante Prescrire appelle les autorités sanitaires françaises à agir rapidement afin de protéger les patients contre les effets indésirables graves associés au nicorandil, un médicament utilisé dans le traitement de l’angor. Adressée notamment à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et à la Haute Autorité de Santé (HAS), la lettre invite les autorités à réévaluer la place du nicorandil dans la prise en charge de l’angine de poitrine. Selon Prescrire, les données disponibles montrent que ce vasodilatateur expose les patients à des risques sérieux qui dépasseraient ses bénéfices thérapeutiques. La requête de cette revue repose notamment sur les résultats d’une étude française menée par plusieurs centres régionaux de pharmacovigilance. Celle-ci a recensé 62 cas d’ulcérations associées au nicorandil entre 2017 et 2024. Les auteurs soulignent toutefois que ce chiffre pourrait être largement sous-estimé : près de la moitié des cas ont été identifiés dans un seul CHU sans notification officielle au réseau de pharmacovigilance. Ces ulcérations peuvent toucher différentes parties du corps : peau (en particulier les membres inférieurs), muqueuses buccales, intestin, région anale ou génitale, et plus rarement la cornée. Elles sont souvent chroniques, douloureuses et difficiles à cicatriser. Dans certains cas, elles peuvent entraîner des complications graves telles que des hémorragies, des fistules, des abcès ou des perforations d’organes, nécessitant une hospitalisation ou une chirurgie. Des décès ont également été rapportés. Le problème n’est pourtant pas nouveau. Les premiers cas d’ulcérations liées au nicorandil ont été décrits dès la fin des années 1990. Malgré plusieurs mises en garde et modifications des notices depuis les années 2010, les signalements continuent de survenir. Fin 2025, l’ANSM a d’ailleurs rappelé aux professionnels de santé l’importance d’arrêter immédiatement le traitement en cas d’apparition d’ulcérations. Prescrire estime que ces mesures restent insuffisantes. Elle considère que l’efficacité du nicorandil dans la prévention des crises d’angor n’est pas clairement démontrée. Cela compromet la balance bénéfices-risques par rapport aux dérivés nitrés. En France, le médicament reste toutefois remboursé à 65 % par l’Assurance maladie. En 2024, près d’un million de boîtes ont été délivrées à environ 71 000 patients. Pour Prescrire, ces chiffres illustrent l’urgence d’une réévaluation : selon la revue, le nicorandil devrait être écarté des soins afin de mieux protéger les patients. Lien de la lettre ouverte
Abderrahim Derraji - 12 mars 2026 10:47
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