Circulaire 105
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Relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé

Note d'application de la Circulaire 105 du 3 octobre 2025
Note d'application de la Circulaire 105 du 3 octobre 2025

Circulaire relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé.

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Promotion médicale - AMMPS

Promotion médicale : l’AMMPS fixe les règles du jeu Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:36
Promotion médicale : l’AMMPS fixe les règles du jeu

Avec la publication, en septembre 2026, d’un Code de déontologie des délégués médicaux et pharmaceutiques, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) franchit une étape importante dans l’encadrement de la promotion du médicament au Maroc. L’initiative dépasse le simple rappel des bonnes pratiques. Elle clarifie les responsabilités, précise les comportements attendus et instaure un engagement formel des différents acteurs concernés.

La finalité du Code est clairement affirmée. La promotion des médicaments doit s’exercer dans le respect de l’éthique, de la rigueur scientifique et de la réglementation pharmaceutique, avec pour objectif ultime la protection de la santé publique et l’intérêt du patient. Le texte concerne l’ensemble des délégués médicaux et pharmaceutiques exerçant pour le compte d’un établissement pharmaceutique industriel (EPI) et couvre leurs activités de promotion, d’information et de communication sur les médicaments.

Plusieurs dispositions donnent à cette initiative une portée très concrète. Toute information communiquée doit être rigoureusement conforme à l’autorisation de mise sur le marché (AMM). La promotion d’indications, de dosages ou de populations cibles non approuvés est interdite. Dès les premiers échanges avec le professionnel de santé, l’information doit être objective, équilibrée et conforme aux données scientifiques approuvées. Bénéfices thérapeutiques et risques doivent être présentés avec la même rigueur, notamment les effets indésirables, les contre-indications et les précautions d’emploi.

Le Code encadre également les relations avec les professionnels de santé. Il rappelle l’interdiction des avantages financiers, matériels ou en nature susceptibles d’influencer la prescription ou la délivrance des médicaments. Les réunions scientifiques doivent avoir pour finalité l’information médicale et la formation continue. Quant à l’hospitalité éventuellement offerte, elle doit rester raisonnable et accessoire à l’objectif principal de la manifestation.

L’AMMPS renforce parallèlement la traçabilité des activités. Tout délégué médical ou pharmaceutique doit être déclaré auprès de l’Agence par le pharmacien responsable de son EPI. Le port d’échantillons médicaux est soumis à une attestation délivrée par l’AMMPS et leur distribution doit respecter des règles précises, notamment les quotas prévus et l’interdiction de remettre des échantillons contenant des substances psychotropes ou stupéfiantes.

Une note d’information datée du 15 septembre 2026 vient donner une traduction concrète à ce dispositif. Désormais, toute demande d’autorisation de port d’échantillons médicaux doit être accompagnée de la déclaration d’engagement figurant à la fin du Code. Cette déclaration doit être signée par le délégué concerné, le pharmacien responsable de l’EPI et, le cas échéant, le responsable de l’agence d’information médicale et pharmaceutique.

Cette signature partagée constitue l’un des points forts du dispositif. Elle matérialise la responsabilité de chacun et transforme les principes déontologiques en un engagement professionnel explicite.

En associant rigueur scientifique, transparence, formation continue, traçabilité et responsabilisation, l’AMMPS adresse un signal fort au secteur. La promotion pharmaceutique ne saurait être réduite à une simple démarche commerciale. Elle participe directement à la qualité de l’information délivrée aux professionnels de santé et peut, à ce titre, avoir des conséquences sur la prescription, la délivrance et, in fine, la sécurité du patient. Le Code prévoit d’ailleurs sa révision périodique afin de tenir compte des évolutions scientifiques, réglementaires et éthiques du secteur.

Cette initiative traduit ainsi la volonté de l’AMMPS de renforcer l’encadrement éthique de la promotion médicale et pharmaceutique et de prévenir certaines dérives. Elle ne pourra cependant produire pleinement ses effets que si l’ensemble des acteurs se l’approprie. Aux établissements pharmaceutiques, pharmaciens responsables, agences d’information et délégués de transformer désormais ce cadre en pratiques quotidiennes.

Car une promotion plus éthique, plus transparente et scientifiquement plus rigoureuse ne constitue pas une contrainte supplémentaire pour le secteur. Elle représente au contraire une opportunité de renforcer la confiance des professionnels de santé, de mieux protéger le patient et, finalement, de valoriser toute la profession.

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Biosimilaires - Shilpa Biologicals - SPIMACO Bio

Biosimilaires anticancéreux : une alliance saoudo-indienne cible le marché MENA Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:32
Biosimilaires anticancéreux : une alliance saoudo-indienne cible le marché MENA

L’accès aux immunothérapies anticancéreuses pourrait connaître une nouvelle dynamique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La société indienne Shilpa Biologicals et le saoudien SPIMACO Bio ont conclu un accord stratégique de licence portant sur un portefeuille de biosimilaires d’inhibiteurs de PD-1, une classe de médicaments devenue incontournable dans la prise en charge de nombreux cancers.

Dans le cadre de cet accord exclusif, Shilpa Biologicals sera chargée du développement et de la fabrication des produits. SPIMACO Bio prendra pour sa part en charge les procédures réglementaires, l’accès au marché et la commercialisation dans les pays concernés de la région MENA.

Les inhibiteurs de PD-1 agissent en levant certains mécanismes utilisés par les cellules cancéreuses pour échapper au système immunitaire. Cette approche a profondément modifié la prise en charge de plusieurs cancers, mais son coût particulièrement élevé compromet son accessibilité.

L’arrivée de biosimilaires pourrait contribuer à changer cette situation. Comme pour les autres médicaments biologiques, l’introduction de plusieurs produits concurrents peut favoriser une baisse des prix et permettre aux établissements de santé de traiter davantage de patients.

L’accord comporte également une importante dimension industrielle. Les deux partenaires envisagent à terme une production en Arabie saoudite, reposant sur un transfert technologique progressif. Cette perspective s’inscrit dans la volonté de l’Arabie Saoudite de développer ses capacités locales de production pharmaceutique et biotechnologique et de réduire sa dépendance aux importations de médicaments complexes.

Pour la région MENA, l’enjeu dépasse donc la simple commercialisation de nouveaux produits. Le développement de capacités régionales dans le domaine des biosimilaires pourrait contribuer à renforcer la sécurité d’approvisionnement tout en améliorant l’accès à certaines innovations thérapeutiques.

Il faudra néanmoins attendre avant de mesurer l’impact réel de cette alliance. Un biosimilaire ne peut être assimilé à un simple médicament générique. Son développement nécessite des études analytiques. Les données précliniques ou cliniques doivent démontrer sa biosimilarité avec le médicament biologique de référence.

Les produits concernés devront donc encore franchir les différentes étapes réglementaires dans chacun des marchés visés. Mais cette alliance saoudo-indienne confirme une tendance importante : les biosimilaires deviennent progressivement un levier stratégique pour élargir l’accès aux traitements anticancéreux dans la région MENA.

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Nigéria - PrEP

Nigeria : les pharmaciens mobilisés pour élargir l’accès à la PrEP contre le VIH Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:28
Nigeria : les pharmaciens mobilisés pour élargir l’accès à la PrEP contre le VIH

Le Nigeria renforce son dispositif de prévention du VIH en misant notamment sur les professionnels de santé de proximité. Le pays vient de former 80 professionnels provenant de 32 États et du Territoire de la capitale fédérale d’Abuja afin qu’ils puissent, à leur tour, former leurs confrères à l’utilisation de la prophylaxie préexposition, plus connue sous le nom de PrEP.

Cette initiative, soutenue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), associe plusieurs professions de santé, notamment des médecins, des infirmiers et des pharmaciens. L’objectif est de disposer d’un réseau de professionnels capables d’identifier les personnes susceptibles de bénéficier de la PrEP, de les informer sur les différentes options disponibles et de les accompagner tout au long de leur parcours de prévention.

La PrEP consiste à administrer un traitement antirétroviral à une personne séronégative exposée à un risque significatif d’infection par le VIH. Son efficacité dépend toutefois d’un accès facile au traitement, d’une bonne information des bénéficiaires et, pour certaines modalités, d’une observance rigoureuse. Autant de domaines dans lesquels le pharmacien peut jouer un rôle important.

Le programme nigérian repose sur un système de formation en cascade. Les premiers professionnels formés deviennent eux-mêmes formateurs afin de diffuser rapidement les compétences à travers le pays. Cette stratégie commence déjà à produire ses effets : 234 professionnels supplémentaires ont été formés dans trois États à la suite de sessions secondaires.

Le Nigeria anticipe également l’évolution des moyens de prévention. Les équipes sont préparées à l’arrivée de nouvelles formulations injectables à longue durée d’action. Parmi celles-ci figurent le cabotégravir et le lénacapavir, sous réserve de leur autorisation par les autorités nationales compétentes. Ces options pourraient réduire les contraintes liées à la prise régulière de comprimés et offrir davantage de choix aux personnes concernées.

Cette initiative illustre une évolution du rôle des professionnels de santé dans la lutte contre le VIH. La prévention ne repose plus uniquement sur les structures spécialisées. Elle tend progressivement à se rapprocher des populations grâce à des professionnels accessibles sur l’ensemble du territoire.

Dans ce dispositif, les pharmaciens constituent un maillon indispensable en raison de leur proximité avec la population et de leur capacité à conseiller, orienter et accompagner les patients. L’expérience nigériane pourrait ainsi fournir des enseignements utiles à d’autres pays africains cherchant à élargir l’accès à la prévention du VIH.

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Novo Nordisk

Novo Nordisk mise jusqu’à 1,4 milliard de dollars sur les médicaments oraux Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:24
Novo Nordisk mise jusqu’à 1,4 milliard de dollars sur les médicaments oraux

Novo Nordisk poursuit sa stratégie d’innovation dans les maladies cardiométaboliques en misant sur une nouvelle génération de traitements administrés par voie orale. Le groupe pharmaceutique danois a conclu avec la biotech danoise Orbis Medicines un accord de recherche et de licence dont la valeur potentielle pourrait atteindre 1,4 milliard de dollars.

Cette collaboration vise à développer des médicaments oraux destinés au traitement de maladies cardiométaboliques pour lesquelles les thérapies disponibles ou en développement reposent encore largement sur des produits injectables. L’enjeu est important pour Novo Nordisk, devenu l’un des acteurs majeurs du diabète et de l’obésité et qui cherche à consolider son portefeuille face à une concurrence croissante.

Orbis Medicines développe une technologie permettant de concevoir des peptides macrocycliques administrables par voie orale. L’objectif est notamment de parvenir à cibler par des comprimés certaines protéines qui nécessitent aujourd’hui le recours à des médicaments injectables. Cette approche pourrait ainsi élargir considérablement le champ d’utilisation des traitements peptidiques.

Le montant de 1,4 milliard de dollars doit toutefois être interprété avec prudence. Il ne correspond pas à une somme immédiatement versée par Novo Nordisk. Comme souvent dans les accords entre laboratoires pharmaceutiques et sociétés de biotechnologie, l’essentiel de cette enveloppe est constitué de paiements conditionnés à l’atteinte de différentes étapes de recherche, de développement clinique, d’autorisation réglementaire et éventuellement de commercialisation.

Au-delà de l’enjeu industriel, le développement de médicaments oraux pourrait représenter un progrès important pour les patients. La prise d’un comprimé est généralement plus simple et plus facilement acceptable qu’une injection régulière, ce qui pourrait favoriser l’adhésion au traitement dans certaines situations.

Les avantages pourraient également concerner les systèmes de santé. Lorsque les formulations orales permettent de s’affranchir des contraintes de conservation associées à certains médicaments injectables, leur stockage et leur distribution peuvent être facilités. Cet aspect revêt une importance particulière dans les régions où le maintien d’une chaîne du froid performante demeure difficile ou coûteux.

L’accord avec Orbis illustre ainsi une tendance de fond de l’industrie pharmaceutique : transformer des traitements biologiques complexes en médicaments plus simples à administrer, sans sacrifier leur efficacité. Reste désormais à démontrer que cette ambition technologique pourra franchir avec succès les différentes étapes du développement clinique.

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RAPPEL DE LOT : CARDIOASPIRINE

Cardioaspirine 100 mg : Bayer rappelle deux lots au Maroc par mesure de précaution Abderrahim Derraji - 20 septembre 2026 20:20
Cardioaspirine 100 mg : Bayer rappelle deux lots au Maroc par mesure de précaution

Bayer S.A. a annoncé, le 16 septembre 2026, le rappel de classe II de deux lots de Cardioaspirine® 100 mg au Maroc. Cette mesure, qui concerne les grossistes-répartiteurs et les pharmacies, intervient à la suite d’un incident de température survenu pendant le transport du médicament.

Les lots concernés sont BT1CJP2 et BT1CJP3, avec une date de péremption fixée au 28 février 2031. Cardioaspirine® 100 mg contient de l’acide acétylsalicylique sous forme de comprimés gastro-résistants.

Selon un courrier de Bayer, l’opération fait suite à l’identification d’une excursion de température durant le transport d’une palette de chacun des deux lots. Les investigations réalisées par Bayer n’ont toutefois mis en évidence aucun impact immédiat attendu sur la qualité, la sécurité ou l’efficacité du médicament.

Le laboratoire précise néanmoins que les données de stabilité disponibles ne permettent pas de documenter suffisamment le comportement du produit au-delà de 40 °C. Dans le cadre de son système d’assurance qualité et conformément au principe de précaution, Bayer a donc décidé de procéder au rappel des deux lots au niveau des grossistes-répartiteurs et des pharmacies.

Les professionnels concernés sont invités à identifier et bloquer immédiatement toutes les unités des lots BT1CJP2 et BT1CJP3 encore présentes dans leurs stocks et à en cesser toute distribution. Les unités disponibles doivent être retournées selon les modalités logistiques habituelles au centre de distribution MAPHAR, à Casablanca.

Les grossistes-répartiteurs sont également appelés à informer leurs pharmacies clientes afin que celles-ci leur retournent les éventuelles unités concernées encore disponibles. Les quantités à reprendre doivent être communiquées à Bayer à l’aide du formulaire de retour prévu à cet effet.

Le laboratoire demande que l’ensemble de l’opération soit réalisé dans un délai de 30 jours calendaires à compter de la réception du courrier.

Ce rappel apparaît ainsi comme une mesure de précaution liée aux conditions de transport, et non comme la conséquence d’un défaut de qualité, de sécurité ou d’efficacité déjà constaté sur les deux lots concernés.

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Démence en Afrique, l’urgence de bâtir des politiques nationales

La démence s’impose progressivement comme un défi majeur de santé publique en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 1,9 million de personnes vivent actuellement avec cette affection dans la région. Ce nombre devrait augmenter sensiblement sous l’effet du vieillissement démographique, de la croissance de la population et de l’allongement de l’espérance de vie. Le poids économique de la maladie est déjà considérable. Il est estimé à 15,6 milliards de dollars par an, en tenant compte des soins, de l’accompagnement et de la perte de productivité. Une grande partie de cette charge repose directement sur les familles. Les aidants, majoritairement des femmes et des proches non rémunérés, consacrent en moyenne 12,9 heures par jour aux personnes malades, contre 7,8 heures à l’échelle mondiale. Malgré cette réalité, la réponse des systèmes de santé reste très insuffisante. En 2024, aucun des 47 pays de la région africaine de l’OMS ne disposait d’un plan national consacré à la démence, qu’il soit autonome ou intégré à une stratégie sanitaire plus large. La maladie demeure souvent sous-diagnostiquée, mal comprise et entourée de préjugés pouvant retarder le recours aux soins. Face à ce constat, des représentants de dix pays africains se sont réunis à Nairobi afin de définir des priorités communes. Les travaux ont notamment porté sur le dépistage précoce, la formation des professionnels, l’intégration de la prise en charge dans les soins de santé primaires et l’amélioration des parcours d’orientation. Les participants ont également souligné la nécessité de mieux soutenir les aidants, de lutter contre la stigmatisation et de développer des services coordonnés accompagnant les patients pendant toute l’évolution de la maladie. L’amélioration de la surveillance épidémiologique et de la recherche adaptée aux réalités africaines figure aussi parmi les actions prioritaires. Pour les pays africains, l’enjeu dépasse donc la seule prise en charge médicale. Il s’agit de reconnaître la démence comme une priorité sanitaire et sociale, puis de traduire cette reconnaissance en politiques financées, en services accessibles et en dispositifs concrets de soutien aux familles.

Abderrahim Derraji - 17 septembre 2026 21:36
Novo Nordisk mise sur Claude pour accélérer la recherche pharmaceutique

Novo Nordisk franchit une nouvelle étape dans l’intégration de l’intelligence artificielle à la recherche pharmaceutique. Le laboratoire danois, connu notamment pour ses traitements contre le diabète et l’obésité, vient de conclure un partenariat avec Anthropic afin d’utiliser ses modèles d’intelligence artificielle Claude dans ses activités de recherche et développement. Cette collaboration s’appuiera principalement sur Claude Science, une version conçue pour accompagner les chercheurs dans l’analyse de données complexes et le raisonnement scientifique. Novo Nordisk entend l’utiliser pour répondre à certains problèmes de biologie et de pharmacologie, mieux comprendre les mécanismes des maladies et faciliter l’identification de nouvelles pistes thérapeutiques. Les deux entreprises travailleront sur des cas d’usage sélectionnés par les chercheurs et les équipes informatiques du laboratoire. L’objectif consiste à développer des solutions adaptées à des tâches scientifiques précises, mais également à renforcer la conception de logiciels utilisés dans la recherche pharmaceutique. Novo Nordisk ne part pas de zéro. Le groupe utilise déjà Claude pour automatiser la production de certains rapports d’essais cliniques et préparer la documentation relative aux patients. Selon l’entreprise, des opérations qui nécessitaient auparavant plusieurs mois peuvent désormais être réalisées en quelques minutes. Cette réduction spectaculaire des délais pourrait libérer du temps pour les chercheurs et accélérer certaines étapes administratives ou documentaires du développement clinique. Le partenariat prévoit néanmoins le maintien d’une supervision humaine ainsi que des règles strictes en matière de gouvernance des données, d’éthique et de conformité. L’intelligence artificielle sera donc présentée comme un outil d’aide au raisonnement et à la productivité, et non comme un système autonome prenant seul des décisions scientifiques ou médicales. Cette annonce illustre l’intérêt croissant de l’industrie pharmaceutique pour l’IA générative. Celle-ci pourrait contribuer à analyser plus rapidement les données biomédicales, formuler des hypothèses ou optimiser la conception des essais. Il convient toutefois de rester prudent. Aucun nouveau médicament directement issu de cette collaboration n’a encore été annoncé, et tout candidat devra suivre les mêmes étapes précliniques, cliniques et réglementaires que les traitements développés par les méthodes traditionnelles.

Abderrahim Derraji - 17 septembre 2026 21:26
La souveraineté pharmaceutique ne se décrète pas

Le Maroc affiche depuis plusieurs années son ambition de renforcer sa souveraineté pharmaceutique. Les initiatives se multiplient, entre réforme réglementaire, développement de la production locale, encouragement des génériques, investissements industriels et renforcement de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS). Pourtant, les chiffres du commerce extérieur nous rappellent une réalité moins flatteuse. Notre dépendance vis-à-vis de l’étranger reste importante. En 2025, les exportations pharmaceutiques marocaines ont plafonné à 1,6 milliard de dirhams, tandis que les importations ont bondi de 17,4 %, pour atteindre 11,9 milliards. Le déficit commercial s’est ainsi établi à 10,3 milliards de dirhams et pourrait atteindre 13,4 milliards en 2030, selon BMI, filiale de Fitch Solutions. Dans le même temps, le marché pharmaceutique national devrait poursuivre sa croissance pour atteindre 46,3 milliards de dirhams en 2030. Autrement dit, le Maroc consommera davantage de médicaments, mais risque d’en importer toujours plus. Voilà précisément le paradoxe auquel notre politique pharmaceutique doit s’atteler. À quelques milliers de kilomètres, l’Égypte a choisi de mettre les bouchées doubles. Avec une industrie pharmaceutique beaucoup plus importante et un vaste marché intérieur, la comparaison doit certes être nuancée. Mais Le Caire affiche clairement son ambition de devenir un hub pharmaceutique pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Surtout, l’Egyptian Drug Authority a atteint le niveau de maturité réglementaire 3 (ML3) de l’OMS pour les vaccins en 2022, puis pour les médicaments en 2024. Cette reconnaissance renforce la crédibilité internationale de son système réglementaire et constitue un atout pour attirer les investissements, développer la production et faciliter l’accès aux marchés régionaux. Le Maroc dispose aujourd’hui d’une occasion de réduire cet écart. Le projet de loi n° 27.26 renforce les prérogatives de l’AMMPS en matière d’autorisation, d’inspection, de contrôle et de pharmacovigilance. L’objectif d’atteindre, à notre tour, le ML3 doit devenir une priorité nationale, avec des moyens humains, techniques et financiers à la hauteur de cette ambition. Mais la souveraineté ne se résume pas à une reconnaissance réglementaire. Réduire les droits de douane sur les médicaments essentiels peut améliorer leur accessibilité à court terme, mais cela ne remplacera jamais une véritable stratégie industrielle. Il faut produire davantage localement, encourager les génériques et les biosimilaires, sécuriser l’approvisionnement en matières premières et en médicaments stratégiques, stimuler la recherche et faciliter l’exportation vers l’Afrique. Le Maroc possède de nombreux atouts, notamment sa stabilité, ses infrastructures, une industrie pharmaceutique ancienne, sa proximité avec l’Europe et son ancrage africain. Il lui manque peut-être désormais une ambition à la mesure de ces avantages. Le Maroc doit doubler d’efforts. Notre objectif ne doit plus seulement être de réduire notre dépendance, mais de faire du Royaume un véritable acteur pharmaceutique régional capable de produire, d’innover et d’exporter. La souveraineté pharmaceutique ne se proclame pas, elle se construit.

Abderrahim Derraji - 13 septembre 2026 20:48
Désogestrel et méningiome : l’ANSM informe directement les femmes concernées

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM-France) va adresser un courrier personnalisé aux femmes utilisant une contraception à base de désogestrel afin de les informer d’un risque très faible de méningiome associé à une utilisation prolongée. Les professionnels de santé ayant prescrit ces contraceptifs ont également été informés de cette démarche. Cette démarche fait suite aux résultats d’une étude menée par EPI-PHARE, qui a mis en évidence une légère augmentation du risque de méningiome chez les femmes utilisant du désogestrel seul à la dose de 75 µg pendant au moins un an. Après analyse de ces données au niveau européen, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé, en juillet 2026, de mentionner ce risque dans la notice et le résumé des caractéristiques du produit.   Le risque demeure toutefois très faible. Selon les estimations communiquées, un cas supplémentaire de méningiome pourrait survenir pour environ 67 000 femmes exposées. Le risque augmente avec l’âge, notamment après 45 ans, et avec une durée d’utilisation supérieure à cinq ans. Il peut également être plus important chez les femmes précédemment exposées à certains progestatifs déjà connus pour augmenter le risque de méningiome, notamment l’acétate de cyprotérone, le nomégestrol ou la chlormadinone.   Point rassurant, le surrisque associé au désogestrel n’est plus observé un an après l’arrêt du traitement et le méningiome est une tumeur qui est souvent bénigne.   L’ANSM insiste donc sur la nécessité de ne pas interrompre sa contraception de sa propre initiative. Pour la grande majorité des femmes, la réception du courrier ne nécessite ni arrêt immédiat du contraceptif ni consultation en urgence. La contraception devra en revanche être réévaluée lors de la prochaine consultation avec le médecin ou la sage-femme, en tenant compte notamment de l’âge, de la durée du traitement et des éventuelles expositions antérieures à d’autres progestatifs.   Une consultation médicale est recommandée en cas de symptômes inhabituels persistants, notamment maux de tête, troubles de la vision, du langage ou de l’équilibre, faiblesse musculaire, troubles de la mémoire ou apparition de crises d’épilepsie.   L’objectif de cette campagne est avant tout d’informer sans inquiéter, afin de permettre à chaque femme de bénéficier d’une contraception adaptée à son profil individuel.

Abderrahim Derraji - 13 septembre 2026 20:44
Cancer du sein : revers clinique pour le camizestrant en premièr

Le camizestrant, l’un des traitements sur lesquels AstraZeneca mise pour renforcer son portefeuille en oncologie, vient d’enregistrer un revers dans le cancer du sein avancé. Associé au palbociclib (Ibrance, Pfizer), le médicament n’a pas atteint le critère principal d’une étude de phase III menée chez des patientes atteintes d’un cancer du sein HR+/HER2− n’ayant pas encore reçu de traitement pour leur maladie avancée. L’essai a inclus 1 371 patients présentant cette forme particulièrement fréquente de cancer du sein, caractérisée par des récepteurs hormonaux positifs (HR+) et l’absence de surexpression de HER2. Le camizestrant, commercialisé aux États-Unis sous le nom Etcamah, était administré en association avec Ibrance. Cette stratégie était comparée à Ibrance associé à une hormonothérapie standard. Selon les résultats annoncés par AstraZeneca, l’association comprenant le camizestrant a permis d’obtenir une amélioration numérique de la survie sans progression. Toutefois, cette différence n’a pas atteint le seuil de significativité statistique fixé par l’étude. Le traitement échoue donc à démontrer sa supériorité dans cette large population de première ligne. Les résultats complets doivent être présentés lors d’un prochain congrès médical. Cet échec intervient seulement quelques jours après une étape réglementaire importante pour le camizestrant. La Food and Drug Administration (FDA) américaine lui a en effet accordé une autorisation accélérée dans une population beaucoup plus ciblée : les patients dont la tumeur présente une mutation du gène ESR1. Ces mutations peuvent favoriser la résistance aux traitements endocriniens et constituent désormais une cible importante dans la personnalisation de la prise en charge du cancer du sein. Les nouveaux résultats ne remettent donc pas directement en cause cette indication ciblée. Ils compliquent en revanche la stratégie visant à étendre rapidement l’utilisation du camizestrant à l’ensemble des patients HR+/HER2− dès la première ligne. Le revers illustre également les difficultés rencontrées par cette nouvelle génération de traitements endocriniens. Quelques mois auparavant, une association reposant sur un médicament comparable développé par Roche avait elle aussi échoué à démontrer une réduction statistiquement significative du risque de progression chez des patients nouvellement diagnostiqués. Le camizestrant conserve néanmoins un potentiel important, notamment dans les populations sélectionnées grâce aux biomarqueurs. L’enjeu sera désormais de déterminer quels patients tirent réellement le meilleur bénéfice de ce nouveau traitement.

Abderrahim Derraji - 13 septembre 2026 20:41
Akdital ouvre son premier hôpital en Arabie saoudite

Le groupe marocain Akdital vient de franchir une étape majeure dans son développement international avec l’ouverture d’Akdital Hospitals Al Olaya, à Riyad. Autorisé par le ministère saoudien de la Santé, cet établissement constitue la première implantation du groupe hors du Maroc et marque son entrée sur l’un des marchés sanitaires les plus dynamiques du monde arabe. Situé dans le quartier d’Al Olaya, l’hôpital s’étend sur plus de 17 600 m² et dispose de 140 lits. Son plateau technique comprend 11 blocs opératoires et salles de procédures, plus de 30 lits de soins critiques ainsi qu’un service d’urgences doté de 18 lits. Plus de 50 unités de soins spécialisées y sont regroupées afin d’assurer une prise en charge intégrée des patients, depuis le diagnostic jusqu’au traitement et au suivi. L’établissement couvre notamment la cardiologie, l’oncologie, l’hématologie, la gastro-entérologie, l’ophtalmologie, la dialyse et la diabétologie. Il comprend également un pôle consacré à la santé de la femme, incluant la maternité, l’accouchement, la fertilité et la fécondation in vitro. Cette ouverture ne représente qu’une première étape. Akdital prévoit d’investir 5,3 milliards de riyals saoudiens, soit environ 1,4 milliard de dollars, dans le Royaume à l’horizon 2030. Le groupe entend ainsi constituer progressivement un véritable réseau hospitalier en s’appuyant sur l’expérience acquise au Maroc, où il exploite déjà 45 établissements répartis dans 25 villes. Au-delà de sa portée économique, cette implantation pourrait favoriser de nouvelles coopérations entre le Maroc et l’Arabie saoudite. Elle pourrait notamment stimuler la mobilité des professionnels de santé, la formation, les achats hospitaliers et les échanges d’expertise. Elle témoigne surtout de la capacité croissante des acteurs marocains de la santé à exporter leur savoir-faire vers les marchés du Golfe.

Abderrahim Derraji - 13 septembre 2026 20:38
Égypte : l’Autorité du médicament publie une liste des publicités non conformes

L’Autorité égyptienne du médicament (Egyptian Drug Authority – EDA) renforce sa surveillance de la promotion des produits de santé. Elle vient de mettre en ligne, sur son site officiel, une nouvelle liste consacrée aux «publicités non conformes», permettant au public de consulter les infractions publicitaires et promotionnelles identifiées par ses services.   Cette initiative vise à mieux protéger les patients face à la multiplication de contenus promotionnels susceptibles d’être trompeurs ou diffusés sans autorisation. L’EDA entend ainsi sensibiliser la population aux risques liés à certaines publicités concernant les médicaments et autres produits de santé, notamment lorsque les allégations avancées n’ont pas été évaluées par l’autorité réglementaire.   La liste recense plusieurs types d’infractions. Elle comprend notamment des publicités concernant des produits pourtant enregistrés auprès de l’EDA, mais dont les supports ou messages promotionnels n’ont pas reçu l’autorisation requise. Un produit peut donc être légalement enregistré tout en faisant l’objet d’une communication publicitaire non conforme. Selon l’autorité, de telles pratiques peuvent favoriser un usage inapproprié et exposer les patients à des risques évitables.   Plus préoccupante encore, la promotion de produits qui ne sont pas enregistrés auprès de l’EDA figure également parmi les infractions surveillées. Ces produits peuvent être présentés au public à travers des allégations médicales ou commerciales trompeuses, alors même qu’ils n’ont pas été soumis au contrôle réglementaire nécessaire ou qu’ils ne répondent pas aux exigences applicables.   Face à ces pratiques, l’Agence égyptienne incite les citoyens à ne pas se fier aux messages publicitaires dont l’origine ou l’autorisation ne peuvent être vérifiées. Elle recommande de consulter les sources officielles afin de contrôler à la fois le statut d’enregistrement d’un produit et la conformité de sa publicité.   L’autorité mise également sur la participation du public pour renforcer cette surveillance. Les citoyens peuvent signaler toute publicité suspecte via le service « Inappropriate Advertisement » disponible sur son site officiel, mais également par courrier électronique à l’adresse pm.complaint@edaegypt.gov.eg ou par téléphone au 15301.   À travers ce dispositif, l’Égypte cherche ainsi à associer davantage les citoyens à la pharmacovigilance au sens large et à mieux encadrer un environnement publicitaire devenu particulièrement difficile à contrôler avec le développement des réseaux sociaux et du marketing numérique.

Abderrahim Derraji - 08 septembre 2026 19:15
Maladie de Charcot : l’errance avant le diagnostic et le calvaire des aidants

L’Hajja, l’une de mes patientes, vient de nous quitter après un long et douloureux combat contre la maladie de Charcot, également appelée sclérose latérale amyotrophique (SLA). Son histoire m’a profondément marqué, non seulement par les souffrances qu’elle a endurées, mais aussi parce qu’elle illustre une réalité à laquelle sont confrontés de nombreux patients : l’errance qui précède parfois le diagnostic d’une maladie rare ou complexe. Chez L’Hajja, tout avait commencé presque insidieusement, par une fatigue persistante, puis par des troubles de la déglutition de plus en plus invalidants. Elle avait consulté plusieurs médecins dans le secteur privé, fréquenté des cliniques et s’était également tournée vers une structure hospitalière dans laquelle elle avait placé beaucoup d’espoir. Pourtant, le diagnostic tardait à venir.   Pendant ce temps, son état se dégradait. Elle ne pouvait pratiquement plus s’alimenter correctement ni dormir. Lorsque le diagnostic de sclérose latérale amyotrophique a finalement été posé, plus d’une année s’était écoulée depuis l’apparition de la fatigue et des troubles de la déglutition. La maladie avait progressé et la faiblesse musculaire avait fini par atteindre les muscles respiratoires. Certes, la maladie de Charcot demeure aujourd’hui incurable et un diagnostic précoce n’aurait malheureusement pas permis de la guérir. Mais diagnostiquer plus tôt, c’est permettre au patient et à sa famille de comprendre ce qui arrive, d’anticiper les complications, d’organiser l’alimentation et l’assistance respiratoire, de soulager certains symptômes et surtout d’être accompagnés. L’Hajja n’est certainement pas un cas isolé. Derrière certaines maladies graves se cachent des mois de consultations, d’examens, d’espoirs et de déceptions avant qu’un nom soit enfin posé sur la souffrance. Et lorsque la médecine atteint ses limites, une autre réalité apparaît : celle de la famille. Au Maroc, c’est encore très souvent elle qui porte l’essentiel de l’accompagnement de la fin de vie. Les proches deviennent tour à tour aidants, infirmiers improvisés, gardes de nuit et soutiens psychologiques. Ils donnent énormément, parfois jusqu’à l’épuisement. Face à la douleur, à l’angoisse ou aux difficultés respiratoires, le « système D » vient trop souvent combler les insuffisances d’une prise en charge structurée. Or accompagner dignement une personne gravement malade ne devrait pas reposer presque exclusivement sur ses proches. Les aidants eux-mêmes ont besoin de répit, d’écoute et de soutien psychologique. En pensant aujourd’hui à L’Hajja et à sa famille, je forme le vœu que les réformes en cours ne se limitent pas aux structures et aux textes. Qu’elles permettent aussi de raccourcir l’errance diagnostique, de développer les soins palliatifs et de mieux accompagner les familles. Car lorsqu’on ne peut plus guérir, il reste encore énormément à faire : soulager, accompagner et préserver, jusqu’au bout, la dignité.

Abderrahim Derraji - 05 septembre 2026 17:21
Vaccin contre le zona : Shingrix pourrait aussi protéger le cœur

Et si la vaccination contre le zona avait des bénéfices dépassant largement la prévention de cette infection douloureuse ? Une étude publiée fin août 2026 dans Nature Medicine suggère que le vaccin recombinant Shingrix pourrait également réduire le risque de certaines maladies cardiovasculaires.   Deux technologies vaccinales ont été utilisées contre le zona : le vaccin vivant atténué Zostavax et le vaccin recombinant Shingrix. Ce dernier s’est progressivement imposé dans de nombreux pays en raison de sa meilleure efficacité contre le zona, notamment chez les personnes âgées et immunodéprimées.   Depuis quelques années, plusieurs travaux suggèrent cependant que les bénéfices de cette vaccination pourraient aller au-delà de la prévention du zona. Des études observationnelles ont notamment évoqué une diminution du risque de démence chez les personnes vaccinées, particulièrement avec Shingrix. La composante vasculaire de nombreuses démences a conduit des chercheurs de l’Université d’Oxford à explorer un éventuel effet cardiovasculaire.   Pour limiter le biais classique du « healthy vaccinee » — les personnes vaccinées étant souvent en meilleure santé ou davantage engagées dans leur prévention que les non-vaccinées —, les chercheurs ont adopté une approche originale. Ils ont profité du remplacement rapide de Zostavax par Shingrix aux États-Unis, intervenu en octobre 2017.   L'étude a ainsi porté sur 72 920 adultes de plus de 60 ans, tous vaccinés contre le zona. La moitié avait reçu Zostavax dans les mois précédant la transition, l’autre Shingrix dans les mois suivants. Les chercheurs ont ensuite comparé la survenue d’événements cardiovasculaires : AVC ischémique, cardiopathie ischémique et insuffisance cardiaque.   Après trois ans et demi de suivi, Shingrix était associé à une réduction de 12 % du risque global de maladie cardiovasculaire par rapport à Zostavax. L’association était particulièrement marquée pour l’insuffisance cardiaque, avec une diminution de 16 %, et pour les cardiopathies ischémiques, avec une baisse de 13 %. Chez les hommes, une réduction de 5 % du risque d’AVC était également observée. Une association favorable concernait aussi la fibrillation atriale.   L'effet protecteur diminuait progressivement avec le temps mais demeurait significatif après sept années de suivi.   Comment l’expliquer ? Deux hypothèses sont avancées. La meilleure prévention du zona par Shingrix pourrait éviter certains phénomènes inflammatoires susceptibles de favoriser les événements cardiovasculaires. Son adjuvant AS01 pourrait également intervenir en modulant durablement certaines réponses immunitaires, notamment la production d’IL-6, cytokine impliquée dans plusieurs pathologies cardiovasculaires.   Ces résultats sont prometteurs, mais ne démontrent pas encore un lien de causalité. Des essais prospectifs sont nécessaires avant de pouvoir considérer la protection cardiovasculaire comme un bénéfice établi de Shingrix. Des études sont déjà en cours, notamment au Danemark, avec des résultats attendus en 2027.   Si ces données se confirmaient, la vaccination contre le zona pourrait bien révéler une nouvelle dimension : protéger contre le zona, certes, mais peut-être aussi contribuer à protéger le cœur.

Abderrahim Derraji - 05 septembre 2026 17:14
France : la prise de tension devient officiellement une mission du pharmacien

En France, le rôle du pharmacien dans la prévention cardiovasculaire franchit une nouvelle étape. La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, publiée au Journal officiel le lendemain, autorise désormais explicitement le pharmacien d’officine à mesurer la pression artérielle de ses patients dans le cadre de la prévention des risques cardio-neuro-vasculaires. Cette mission est désormais inscrite dans le Code de la santé publique. La législation précise également que la mesure tensionnelle réalisée par un pharmacien est exclue du monopole médical et ne peut donc être assimilée à un exercice illégal de la médecine. En revanche, cette possibilité est réservée aux pharmaciens diplômés et ne s’étend pas aux étudiants en pharmacie. Cette évolution prend tout son sens au regard du poids de l’hypertension artérielle. En France, environ 17 millions de personnes seraient hypertendues et près d’une personne hypertendue sur deux ignorerait sa maladie. Parmi les patients traités, une proportion importante n’atteindrait pas les objectifs tensionnels. Or l’HTA, longtemps silencieuse, constitue l’un des principaux facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie cardiovasculaire. Grâce à sa proximité et à son accessibilité sans rendez-vous, l’officine constitue ainsi un lieu privilégié de dépistage. Le pharmacien pourra proposer une mesure tensionnelle, notamment aux personnes présentant des facteurs de risque, suivre les patients recevant un traitement antihypertenseur et, lorsque les valeurs mesurées sont anormales, les orienter vers leur médecin. La loi va d’ailleurs au-delà de cette nouvelle mission. Elle prévoit une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, reposant notamment sur la prévention, le dépistage précoce, l’amélioration des parcours de soins et la réduction des inégalités territoriales et sociales. Une limite demeure cependant : si la mesure de la pression artérielle est d’ores et déjà autorisée, ses modalités de rémunération et de facturation doivent encore être précisées par les textes d’application. Cette évolution confirme néanmoins une tendance désormais bien installée : le pharmacien d’officine n’est plus seulement un dispensateur de médicaments. Il devient progressivement un acteur de première ligne du dépistage et de la prévention.

Abderrahim Derraji - 05 septembre 2026 17:10