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LIBÉRALISATION DU CAPITAL DES PHARMACIE
La question de la libéralisation du capital des pharmacies suscite aujourd’hui une vive émotion et un débat qui dépasse largement le cadre professionnel. Depuis la publication des recommandations du Conseil de la Concurrence, les réseaux sociaux témoignent d’une inquiétude profonde au sein de la profession, mais aussi chez de nombreux observateurs attachés à l’équilibre fragile entre santé publique et logique économique. Derrière ce débat se cache une interrogation essentielle sur la place que l’on souhaite accorder au pharmacien dans notre système de santé et sur la nature même de la pharmacie d’officine.
Depuis au moins deux décennies, les pharmaciens ont multiplié les appels en faveur d’une évolution du mode de rémunération afin d’accompagner la politique de réduction du prix des médicaments sans mettre en péril la viabilité économique de leurs officines. L’objectif n’a jamais été de freiner l’accès aux traitements mais plutôt de garantir la continuité d’un service de proximité indispensable, notamment dans les quartiers et les zones rurales où la pharmacie représente souvent le premier point de contact avec le système de santé. Une politique cohérente aurait pu s’inspirer des expériences internationales qui ont anticipé l’impact des baisses de prix sur l’équilibre financier des différentes composantes du secteur pharmaceutique.
Dans plusieurs pays considérés comme visionnaires, les pouvoirs publics ont choisi de renforcer le rôle du pharmacien dans le parcours de soins afin de préserver l’accès aux médicaments tout en valorisant l’expertise du professionnel. La diversification de la rémunération constitue un levier essentiel pour maintenir l’équilibre économique des officines. La marge sur le médicament ne représente plus la principale source de revenus, car elle est complétée par des honoraires liés aux services rendus aux patients. Cette transformation a permis d’inscrire la pharmacie dans une dynamique de santé publique plus large, centrée sur la prévention, l’accompagnement thérapeutique et l’amélioration de l’observance des traitements.
Dans ces systèmes, le pharmacien participe activement à la vaccination, contribue à l’éducation thérapeutique, renouvelle certaines prescriptions dans un cadre réglementé et réalise des tests rapides d’orientation diagnostique. Ces missions s’inscrivent dans une logique de proximité et d’efficacité qui renforce la qualité du parcours de soins. La rémunération repose ainsi sur une combinaison d’honoraires liés à l’ordonnance, à la dispensation de médicaments spécifiques ou à la prise en charge de patients atteints de pathologies chroniques. Des indemnités viennent également reconnaître le temps consacré à l’accompagnement des personnes sous traitements anticoagulants, asthmatiques, polymédiquées ou atteintes de maladies graves, etc.
Au Maroc, les représentants de la profession ont engagé des discussions avec le ministère de la Santé afin de mettre en place des mesures compensatoires qui auraient dû accompagner la réforme de fixation des prix des médicaments. Ces engagements devaient permettre de préserver l’équilibre économique des pharmacies tout en garantissant l’accessibilité financière des traitements. Toutefois, l’absence de concrétisation de ces mesures nourrit aujourd’hui une incompréhension légitime, d’autant plus que le projet d’ouverture du capital apparaît comme un changement de cap radical qui pourrait transformer en profondeur la nature même de l’officine.
La crainte exprimée par de nombreux pharmaciens réside dans le risque de voir émerger un modèle dominé par des logiques de rentabilité au détriment de la mission sanitaire. Dans un tel contexte, les pharmacies les moins rentables pourraient se retrouver fragilisées, notamment celles situées dans des zones rurales ou dans des quartiers où le pouvoir d’achat reste limité. La sélection économique pourrait alors prendre le pas sur la mission de santé publique, au risque d’accentuer les inégalités territoriales d’accès aux soins.
Avant d’adopter des options qui pourraient ne pas correspondre aux réalités du contexte national, il semble indispensable de s’appuyer sur des études rigoureuses afin d’identifier les solutions les plus adaptées. La modernisation du mode de rémunération du pharmacien constitue une piste crédible permettant de concilier viabilité économique et intérêt du patient. Les choix dits disruptifs comportent toujours une part d’incertitude et les conséquences sont souvent supportées par ceux qui vivent de leur métier et qui assurent au quotidien un service de proximité essentiel. La question mérite donc une réflexion approfondie guidée par une vision stratégique où la santé demeure la priorité.
Sémaglutide
La fin du brevet du sémaglutide en Inde marque un tournant important dans la prise en charge de l’obésité et dans l’évolution du marché mondial des médicaments amaigrissants. Ce traitement, commercialisé notamment sous le nom de Wegovy par le laboratoire danois Novo Nordisk, s’est imposé en quelques années comme l’un des médicaments les plus vendus au monde grâce à son efficacité reposant sur un mécanisme qui imite une hormone naturelle responsable de la sensation de satiété. L’arrivée prochaine de versions génériques produites par des laboratoires indiens devrait permettre une baisse significative des prix et un meilleur accès à ce traitement.
Des médecins spécialisés anticipent une forte augmentation de la demande dès la commercialisation des génériques. Certains estiment que le nombre de patients pourrait presque tripler, en raison du coût actuellement élevé du princeps, qui limite son accessibilité à une partie de la population. Le prix mensuel du médicament peut atteindre l’équivalent de plusieurs centaines de dollars, ce qui constitue un obstacle majeur dans un pays où le pouvoir d’achat reste très variable. Les experts prévoient que les versions génériques pourraient être proposées à un prix nettement inférieur, rendant ce traitement plus accessible à une classe moyenne en expansion.
L’Inde connaît en effet une transformation rapide de son mode de vie liée à la croissance économique et à l’urbanisation. L’évolution des habitudes alimentaires et l’augmentation de la sédentarité ont contribué à une progression du surpoids et de l’obésité. Près d’un quart des adultes seraient concernés, ce qui alimente la demande pour des solutions thérapeutiques efficaces. Le marché indien des médicaments contre l’obésité a déjà connu une croissance rapide au cours des dernières années et devrait continuer à se développer fortement d’ici la fin de la décennie.
La levée du brevet ne concerne pas uniquement le marché indien. Elle ouvre également des perspectives d’exportation vers de nombreux pays, notamment ceux à revenu intermédiaire où le prix des traitements innovants représente souvent une barrière à l’accès aux soins. L’industrie pharmaceutique indienne, déjà reconnue comme un acteur majeur dans la production de médicaments génériques à l’échelle mondiale, pourrait ainsi renforcer sa position en proposant des alternatives plus abordables.
Au-delà des enjeux économiques, cette évolution pourrait améliorer l’accès à un traitement efficace pour des patients qui en étaient jusqu’ici exclus en raison du coût. Plusieurs témoignages soulignent l’impact positif du médicament sur la perte de poids et la qualité de vie. La baisse attendue des prix pourrait donc permettre à un plus grand nombre de personnes de bénéficier d’une prise en charge adaptée, tout en accentuant la concurrence sur un marché mondial particulièrement dynamique.
Réseaux sociaux - Santé mentale
Une étude récente met en évidence un phénomène préoccupant concernant la diffusion d’informations sur la santé mentale sur les réseaux sociaux. Selon les chercheurs, plus de la moitié des publications consacrées à des troubles comme l’autisme, le TDAH, la schizophrénie, le trouble bipolaire, la dépression, les troubles alimentaires, l’anxiété ou les phobies contiennent des informations inexactes ou insuffisamment fondées scientifiquement. L’analyse de 27 études portant sur environ 5 000 contenus publiés sur différentes plateformes révèle que le taux de désinformation peut atteindre 56 %, ce qui souligne l’ampleur du problème dans un environnement où les contenus se diffusent rapidement et touchent un public très large.
Les résultats montrent que la désinformation varie selon les plateformes et les thématiques abordées. TikTok apparaît comme la plateforme où la proportion d’informations trompeuses est la plus élevée, notamment concernant la neurodivergence, comme l’autisme ou le TDAH. Sur cette plateforme, plus de la moitié des vidéos liées au TDAH et plus de 40 % de celles consacrées à l’autisme comporteraient des informations discutables ou erronées. En comparaison, les taux relevés sur YouTube et Facebook sont globalement plus faibles, bien que la présence de contenus inexacts reste significative. Les chercheurs soulignent que les formats courts et attractifs peuvent favoriser la viralité de messages simplifiés ou inexacts, parfois présentés comme des conseils médicaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les réseaux sociaux sont devenus une source importante d’information pour les jeunes. Selon l’Organisation mondiale de la santé, un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans souffre d’un trouble mental, ce qui représente une part importante de la charge mondiale de morbidité dans cette tranche d’âge. La dépression, l’anxiété et les troubles du comportement figurent parmi les principales causes de maladie et de handicap chez les adolescents. Dans ce contexte, de nombreux jeunes utilisent les plateformes numériques pour mieux comprendre leurs symptômes et tenter d’identifier un éventuel diagnostic.
Si cette démarche peut constituer une première étape vers une meilleure compréhension de soi, les chercheurs insistent sur la nécessité d’une évaluation clinique réalisée par un professionnel de santé qualifié. Les contenus inexacts peuvent en effet conduire à interpréter à tort des comportements courants comme des signes de troubles graves, ce qui peut générer de l’inquiétude inutile ou retarder la prise en charge adaptée. La diffusion d’informations non fondées peut également renforcer la stigmatisation associée aux maladies mentales et décourager certaines personnes de consulter.
Les plateformes concernées contestent toutefois certains aspects de l’étude. TikTok affirme que ses politiques visent à supprimer les contenus trompeurs et à promouvoir des informations provenant de sources fiables, notamment de l’OMS. De son côté, YouTube indique mettre en avant des contenus issus de professionnels de santé et appliquer des mesures spécifiques pour protéger les adolescents contre la désinformation médicale. Malgré ces engagements, les chercheurs estiment nécessaire de renforcer la qualité de l’information en ligne afin d’éviter que les réseaux sociaux ne deviennent une source de confusion plutôt qu’un outil d’éducation à la santé.
Mortalité infantile
Un nouveau rapport des Nations Unies dresse pour la première fois un panorama détaillé des principales causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans ainsi que chez les adolescents et les jeunes. Les estimations publiées le 18 mars 2026 indiquent qu’environ 4,9 millions d’enfants sont décédés avant leur cinquième anniversaire en 2024, dont 2,3 millions de nouveau-nés. Une grande partie de ces décès aurait pourtant pu être évitée grâce à des interventions simples, accessibles et efficaces ainsi qu’à un meilleur accès à des soins de santé de qualité.
Depuis l’an 2000, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué de plus de moitié dans le monde, mais les progrès ont nettement ralenti depuis 2015. Le rapport apporte un niveau de précision inédit en identifiant les causes principales de décès et leur répartition géographique. La malnutrition aiguë sévère demeure un facteur majeur de mortalité, directement responsable de plus de cent mille décès d’enfants âgés de un à cinquante-neuf mois en 2024. Son impact réel est probablement plus élevé car elle fragilise le système immunitaire et augmente le risque de décès liés à d’autres maladies infantiles courantes.
Les nouveau nés représentent près de la moitié des décès chez les enfants de moins de cinq ans. Les principales causes sont les complications liées à la prématurité ainsi que celles survenant lors du travail et de l’accouchement. Les infections néonatales et les anomalies congénitales constituent également des causes importantes de mortalité. Après le premier mois de vie, les maladies infectieuses telles que le paludisme, la pneumonie et la diarrhée demeurent les principales causes de décès. Le paludisme reste particulièrement préoccupant, surtout en Afrique subsaharienne, où la majorité des décès se concentre dans quelques pays confrontés à des difficultés sanitaires, économiques et sécuritaires.
Les inégalités régionales sont très marquées. L’Afrique subsaharienne représente à elle seule plus de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans, tandis que l’Asie du Sud en concentre environ un quart. Dans ces régions, de nombreux décès sont liés à des causes évitables telles que les complications de la naissance, les infections et la malnutrition. Les enfants vivant dans des pays fragiles ou touchés par des conflits ont un risque de décès presque trois fois plus élevé que les autres.
Le rapport souligne également qu’environ 2,1 millions de jeunes âgés de cinq à vingt-quatre ans sont décédés en 2024. Chez les adolescents, les causes de mortalité évoluent avec l’âge, l’automutilation devenant une cause majeure chez les adolescentes et les accidents de la route chez les adolescents.
Les Nations Unies insistent sur l’importance d’investissements durables dans les soins de santé primaires, la vaccination, la nutrition et la présence de personnel qualifié lors de l’accouchement. Ces interventions figurent parmi les plus rentables en santé publique et permettent non seulement de sauver des vies mais aussi de renforcer le développement économique et social à long terme.
Novartis
Le laboratoire suisse Novartis a conclu un accord pour acquérir auprès de Synnovation Therapeutics un médicament expérimental contre le cancer du sein pour un montant pouvant atteindre 3 milliards de dollars. L’opération prévoit un paiement initial de 2 milliards de dollars, complété par un milliard supplémentaire en fonction des résultats futurs du développement clinique.
Le traitement concerné, appelé SNV4818, appartient à une nouvelle génération d’inhibiteurs sélectifs de PI3Kα. Cette approche thérapeutique vise principalement un type fréquent de cancer du sein caractérisé par un profil hormonal positif et une absence d’expression de HER2. Le médicament agit en ciblant spécifiquement la forme mutée de l’enzyme PI3Kα, impliquée dans la croissance de nombreuses tumeurs, tout en préservant sa forme normale présente dans les cellules saines. Cette sélectivité pourrait permettre de limiter certains effets indésirables observés avec les traitements existants de la même classe.
Actuellement en phase précoce de développement, SNV4818 a montré des résultats encourageants lors d’études en laboratoire, suggérant un potentiel d’efficacité contre certaines tumeurs solides. Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie de Novartis visant à renforcer son portefeuille de thérapies ciblées en oncologie, notamment dans des domaines où les besoins médicaux restent importants.
L’opération devrait être finalisée au cours du premier semestre de l’année, sous réserve des conditions habituelles. Elle illustre la volonté des grands laboratoires d’investir dans des traitements innovants capables d’améliorer la précision et la tolérance des thérapies anticancéreuses.
Autres articles
La Food and Drug Administration a approuvé une nouvelle indication du traitement anticancéreux Opdivo® développé par Bristol Myers Squibb pour les patients âgés de 12 ans et plus atteints d’un lymphome de Hodgkin classique à un stade avancé qui n’a jamais été traité. Cette décision offre une nouvelle option thérapeutique de première ligne pour une maladie qui touche particulièrement les adolescents et les jeunes adultes. Le traitement associe Opdivo® à une chimiothérapie comprenant la doxorubicine, la vinblastine et la dacarbazine, un protocole connu sous le nom de schéma AVD. Le lymphome de Hodgkin est un cancer du système immunitaire qui se développe à partir des lymphocytes, des cellules essentielles à la défense de l’organisme. L’approbation repose sur une étude clinique menée auprès de 994 patients qui a montré une amélioration significative de la survie sans progression de la maladie par rapport à un autre traitement de référence, Adcetris®. Comme d’autres immunothérapies, Opdivo® agit en bloquant le mécanisme PD1 utilisé par certaines tumeurs pour échapper au système immunitaire, permettant ainsi à l’organisme de mieux combattre les cellules cancéreuses. Des effets indésirables graves ont été observés chez une proportion de patients, notamment des réactions liées à la stimulation du système immunitaire. La FDA a également transformé certaines autorisations accélérées précédemment accordées à Opdivo® en autorisations complètes pour des formes récidivantes ou résistantes du lymphome de Hodgkin, confirmant ainsi le rôle croissant de l’immunothérapie dans la prise en charge de ce cancer.
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 22:59Les laboratoires Promopharm, en accord avec l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS), procèdent au rappel du lot n° 1212121 de la spécialité pharmaceutique CUROSURF® 120 mg – flacon de 1,5 ml, suspension pour instillation endotrachéobronchique. Ce médicament, à base de poractant alfa, fait l’objet de ce rappel suite à la mise en évidence d’un risque de contamination microbienne. Les pharmaciens hospitaliers et d’officine, les établissements pharmaceutiques grossistes-répartiteurs ainsi que les établissements de santé sont invités à prendre toutes les dispositions nécessaires. Il leur est notamment demandé de : - cesser immédiatement toute dispensation, distribution ou utilisation du lot concerné ; - mettre en quarantaine les stocks disponibles ; - procéder à leur retour dans les plus brefs délais, en coordination avec l’établissement pharmaceutique industriel Promopharm.
Abderrahim Derraji - 18 mars 2026 14:36Dans une lettre ouverte publiée le 9 mars 2026, la revue indépendante Prescrire appelle les autorités sanitaires françaises à agir rapidement afin de protéger les patients contre les effets indésirables graves associés au nicorandil, un médicament utilisé dans le traitement de l’angor. Adressée notamment à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et à la Haute Autorité de Santé (HAS), la lettre invite les autorités à réévaluer la place du nicorandil dans la prise en charge de l’angine de poitrine. Selon Prescrire, les données disponibles montrent que ce vasodilatateur expose les patients à des risques sérieux qui dépasseraient ses bénéfices thérapeutiques. La requête de cette revue repose notamment sur les résultats d’une étude française menée par plusieurs centres régionaux de pharmacovigilance. Celle-ci a recensé 62 cas d’ulcérations associées au nicorandil entre 2017 et 2024. Les auteurs soulignent toutefois que ce chiffre pourrait être largement sous-estimé : près de la moitié des cas ont été identifiés dans un seul CHU sans notification officielle au réseau de pharmacovigilance. Ces ulcérations peuvent toucher différentes parties du corps : peau (en particulier les membres inférieurs), muqueuses buccales, intestin, région anale ou génitale, et plus rarement la cornée. Elles sont souvent chroniques, douloureuses et difficiles à cicatriser. Dans certains cas, elles peuvent entraîner des complications graves telles que des hémorragies, des fistules, des abcès ou des perforations d’organes, nécessitant une hospitalisation ou une chirurgie. Des décès ont également été rapportés. Le problème n’est pourtant pas nouveau. Les premiers cas d’ulcérations liées au nicorandil ont été décrits dès la fin des années 1990. Malgré plusieurs mises en garde et modifications des notices depuis les années 2010, les signalements continuent de survenir. Fin 2025, l’ANSM a d’ailleurs rappelé aux professionnels de santé l’importance d’arrêter immédiatement le traitement en cas d’apparition d’ulcérations. Prescrire estime que ces mesures restent insuffisantes. Elle considère que l’efficacité du nicorandil dans la prévention des crises d’angor n’est pas clairement démontrée. Cela compromet la balance bénéfices-risques par rapport aux dérivés nitrés. En France, le médicament reste toutefois remboursé à 65 % par l’Assurance maladie. En 2024, près d’un million de boîtes ont été délivrées à environ 71 000 patients. Pour Prescrire, ces chiffres illustrent l’urgence d’une réévaluation : selon la revue, le nicorandil devrait être écarté des soins afin de mieux protéger les patients. Lien de la lettre ouverte
Abderrahim Derraji - 12 mars 2026 10:47À Nairobi, lors de l’Africa Press Day 2026 organisé par le laboratoire Roche, une idée simple mais fondamentale s’est imposée dans les discussions entre experts, décideurs et journalistes : la santé n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique. Pourtant, cette évidence peine encore à se frayer un chemin dans de nombreux pays africains. Pendant longtemps, les budgets de santé ont été perçus comme une charge pesant sur les finances publiques. Mais cette vision appartient désormais à une autre époque. Aujourd’hui, les données économiques comme l’expérience des crises sanitaires récentes montrent clairement qu’une population en mauvaise santé freine la croissance, fragilise les économies et accentue les inégalités. La pandémie de COVID-19 a été un révélateur qui a mis les pays face à leurs insuffisances. Elle a aussi montré à quel point les systèmes de santé peuvent devenir un facteur déterminant de stabilité économique et sociale. Les pays disposant d’infrastructures solides, de capacités de diagnostic et de mécanismes de financement pérennes ont mieux résisté au choc. Les autres ont payé un prix humain et économique considérable. Sur le continent africain, les défis restent immenses. Les maladies infectieuses persistent, les maladies chroniques progressent rapidement et les ressources financières demeurent limitées. Dans certains pays, les dépenses de santé n’atteignent même pas 35 dollars par habitant et par an. Dans ces conditions, garantir un accès équitable aux soins relève souvent du défi, voire de l’impossible. Mais l’Afrique possède également des atouts considérables. Sa démographie dynamique, son potentiel scientifique et les innovations technologiques en cours ouvrent des perspectives inédites. La télémédecine, les plateformes logistiques numériques ou encore les nouvelles approches de dépistage permettent déjà d’atteindre des populations qui étaient jusqu’ici privées des soins les plus élémentaires. La question centrale n’est donc plus de savoir s’il faut investir dans la santé, mais comment le faire intelligemment. Cela implique de renforcer la prévention, de développer les soins primaires, d’intégrer les innovations technologiques et de soutenir la recherche locale. Cela suppose aussi de bâtir de véritables partenariats entre les États, le secteur privé, les institutions financières et les communautés scientifiques. Un autre enjeu majeur est celui de la souveraineté sanitaire. Les crises récentes ont montré la vulnérabilité des pays dépendants des importations de médicaments, de vaccins ou de diagnostics. Produire localement, développer des capacités de recherche et mieux exploiter les données scientifiques africaines deviennent des priorités stratégiques. Au fond, la santé est bien plus qu’une question médicale. Elle est un pilier du développement économique, de la stabilité sociale et de la dignité humaine. La véritable question pour l’Afrique n’est peut-être pas le coût de l’investissement dans la santé, mais bien le prix, infiniment plus élevé, de l’inaction. ABSTRACT At the Africa Press Day 2026 in Nairobi, organized by Roche, experts, policymakers and journalists emphasized that health should be seen as a strategic investment rather than a public expense. The discussions highlighted how the COVID-19 pandemic exposed the vulnerability of weak health systems and their impact on economic stability. In Africa, persistent infectious diseases, rising non-communicable diseases and limited health funding continue to challenge equitable access to care. However, technological innovation, demographic potential and growing scientific capacity offer new opportunities to strengthen health systems. Ultimately, investing in health, prevention, research and local production is essential for economic development, social stability and health sovereignty across the continent.
Abderrahim Derraji - 09 mars 2026 11:48Le laboratoire danois Novo Nordisk franchit une nouvelle étape dans la lutte contre l’obésité. Le groupe a annoncé un investissement de 432 millions d’euros pour agrandir son unité de production d’Athlone, en Irlande, afin d’augmenter sa capacité de produire sa spécialité Wegovy sous forme de comprimés. Cet engagement industriel s’inscrit dans un contexte d’attente forte autour de la version orale de ce médicament, dont l’homologation par les autorités sanitaires européennes est espérée d’ici la fin de l’année. Jusqu’à présent administré uniquement par voie injectable, ce traitement pourrait ainsi devenir plus simple à utiliser pour les patients. «Avec cet investissement dans notre usine d’Athlone, nous renforçons nos capacités de production de traitements oraux afin de mieux répondre à la demande actuelle et future, notamment en dehors des États-Unis», a déclaré Kasper Bødker Mejlvang, responsable de l’approvisionnement du groupe. Ozempic, qui est utilisé dans le diabète, et Wegovy dans l’obésité, contiennent tous les deux de la sémaglutide. Ces deux produits figurent parmi les médicaments les plus vendus au monde. Selon le laboratoire, la version comprimé permettrait une perte de poids moyenne de 16,6 %, un chiffre qui nourrit de grands espoirs chez les patients comme chez les professionnels de santé. L’enjeu est considérable. D’après les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 22,6 % des adultes en Europe vivent avec l’obésité. Une maladie chronique aux conséquences multiples — cardiovasculaires, métaboliques et psychologiques — qui pèse lourdement sur les systèmes de santé. Les travaux d’extension du site irlandais ont déjà débuté. Leur achèvement est prévu entre fin 2027 et début 2028. À travers cet investissement, Novo Nordisk envoie un signal clair : face à une demande mondiale croissante et à un besoin médical majeur, le laboratoire entend sécuriser ses capacités de production et rendre ses traitements plus accessibles.
Abderrahim Derraji - 03 mars 2026 09:01L’établissement pharmaceutique industriel BAYER , en accord avec l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS), annonce le rappel de l’ensemble des lots de la spécialité Gastrografine® 370 MGd’iode/ml, solution buvable ou rectale, flacon de 100 ml. Cette décision fait suite aux résultats des tests ayant confirmé la présence de l’impureté N-nitroso-méglumine (NO-méglumine) dans les lots de Gastrografine 370 MG L’AMMPS appelle l’ensemble des pharmaciens hospitaliers et d’officine, les grossistes-répartiteurs ainsi que les établissements de santé à prendre toutes les mesures nécessaires : arrêt immédiat de la dispensation, de la distribution et de l’utilisation du produit, et organisation du retour de tous les lots concernés.
Abderrahim Derraji - 03 mars 2026 08:33Depuis la publication des recommandations du Conseil de la concurrence sur la distribution pharmaceutique, la profession est entrée dans une zone de turbulence. Non pas parce qu’elle découvrirait sa fragilité économique – les pharmaciens la vivent chaque jour – mais parce que, pour la première fois, l’officine semble analysée d’abord comme un marché à réformer, et non comme un pilier sanitaire à consolider. Le diagnostic posé est sévère : un réseau dense, fragmenté et économiquement sous tension. En moins de dix ans, le Maroc est passé d’environ 9 000 à plus de 14 000 pharmacies, alors que la population n’a progressé que de 8%. On compte aujourd’hui près de 2 600 habitants par officine, un ratio nettement inférieur aux seuils d’équilibre observés dans de nombreux pays. Cette surdensité crée mécaniquement une baisse du chiffre d’affaires moyen et fragilise la viabilité de nombreuses pharmacies. À cette pression démographique s’ajoutent les baisses successives des prix des médicaments, en particulier dans la tranche T11, qui érodent des revenus reposant presque exclusivement sur la marge réglementée. Autrement dit, le pharmacien marocain reste payé pour le produit qu’il délivre, non pour l’acte de santé qu’il accomplit. D’autres dysfonctionnements aggravent la situation : non-respect du circuit légal de distribution, concurrence de certains établissements de soins sur des segments relevant normalement de l’officine, multiplication des références génériques qui alourdissent les coûts de stockage en l’absence de droit de substitution. Autant de facteurs qui mettent sous pression un modèle déjà fragilisé. Face à ce constat, les propositions du Conseil de la concurrence s’articulent autour de cinq axes : régulation de l’implantation, diversification de la rémunération par les actes pharmaceutiques, mécanismes de soutien financier, étude d’impact sur les prix et ouverture progressive du capital. Sur les quatre premiers points, le débat est non seulement possible, mais nécessaire. La profession réclame depuis longtemps une régulation démographique fondée sur des critères sanitaires, une rémunération des services pharmaceutiques (suivi des maladies chroniques, éducation thérapeutique, vaccination,etc.) et des mécanismes de soutien pour les officines en difficulté, notamment dans les zones fragiles. Ces réformes permettraient de faire évoluer le pharmacien d’un rôle essentiellement commercial vers une véritable fonction de soins de proximité. C’est l’ouverture du capital qui concentre les inquiétudes. Ses défenseurs y voient un levier d’investissement, de modernisation et de mutualisation des moyens. Les pharmaciens, eux, y perçoivent un risque majeur : la dissociation entre pouvoir économique et responsabilité sanitaire. Or la pharmacie n’est pas un commerce comme les autres. Elle repose sur un principe fondamental : celui qui le pharmacien titulaire assume personnellement la responsabilité professionnelle et déontologique. Cette unité entre capital, contrôle et exercice garantit l’indépendance du pharmacien dans la dispensation du médicament et dans le conseil au patient. L’argument des comparaisons internationales est souvent avancé pour justifier une libéralisation. Mais toutes les expériences ne vont pas dans le même sens. Dans plusieurs pays européens où la propriété est réservée aux pharmaciens et l’implantation régulée, la couverture territoriale reste homogène et l’accès au médicament relativement équilibré. À l’inverse, certaines libéralisations ont conduit à une concentration des officines dans les zones rentables et à l’apparition de véritables déserts pharmaceutiques dans les territoires moins attractifs. Peut-on se permettre un tel risque dans un pays où l’accès aux soins demeure inégal selon les régions ? L’officine joue souvent le rôle de premier point de contact sanitaire, notamment dans les zones où la présence médicale est limitée. Fragiliser ce maillage reviendrait à affaiblir un levier essentiel de santé publique. Il convient également de rappeler que la jurisprudence européenne (arrêt Apothekerkammer des Saarlandes, CJUE, 2009) reconnaît la protection de la santé publique comme un objectif d’intérêt général supérieur, permettant aux États de réserver la propriété et l’exploitation des officines aux pharmaciens afin de garantir l’indépendance professionnelle et la sécurité de la chaîne du médicament. La vraie question n’est donc pas de savoir si le modèle doit évoluer – il le doit – mais dans quel sens. Moderniser sans financiariser, diversifier sans marchandiser, soutenir sans déréguler. La pharmacie marocaine a besoin d’une réforme structurelle, mais aussi d’une politique pharmaceutique claire. Les priorités sont connues : instaurer une rémunération des actes pharmaceutiques, réguler l’implantation selon des critères territoriaux, renforcer le respect du circuit légal du médicament, accompagner la transition numérique des officines et mettre en place des mécanismes de soutien ciblés pour les structures les plus vulnérables. Ce sont ces leviers qui permettront d’améliorer l’accès aux soins tout en assurant la viabilité économique du réseau. Au fond, le débat dépasse la seule profession. Il pose une question de société : voulons-nous un réseau officinal conçu comme une infrastructure de santé publique, fondée sur la proximité et la confiance, ou un marché ouvert aux logiques de concentration et de rentabilité ? De la réponse dépendra non seulement l’avenir des pharmaciens, mais aussi celui de l’accès équitable au médicament pour l’ensemble des citoyens. Car derrière la question du capital des officines se joue, en réalité, le modèle de santé que nous souhaitons construire. ABSTRACT Modernizing Without Merchandising: Rethinking Pharmacy Policy for Public Access Since the Competition Council’s recommendations on pharmaceutical distribution, Morocco’s pharmacy sector faces unprecedented scrutiny, framed as a market to reform rather than a public health pillar. Rapid pharmacy growth and successive medicine price cuts have strained economic viability, while regulatory gaps and rising operational costs exacerbate fragility. Proposed reforms include regulating pharmacy density, diversifying remuneration for pharmaceutical services, financial support mechanisms, and gradual capital opening. While modernization is needed, professionals warn that separating ownership from professional responsibility risks undermining access and equity. The debate ultimately reflects a societal choice: a pharmacy network as a public health infrastructure or as a market-driven entity.
Abderrahim Derraji - 28 février 2026 09:38Le Réseau marocain pour la défense du droit à la santé et à la vie (RMDDS) a exprimé une vive opposition aux recommandations du Conseil de la concurrence concernant la réforme du circuit de distribution pharmaceutique. Dans une lettre adressée au chef du gouvernement et au ministre de la Santé, l’ONG dénonce une approche qu’elle juge «purement mercantile», accusée d’ignorer la dimension vitale et sociale du médicament. Selon le réseau, ces orientations menacent la souveraineté pharmaceutique nationale et risquent de transformer l’officine, traditionnellement centrée sur le soin, en simple entité commerciale guidée par la recherche de profit. Le RMDDS alerte également sur les conséquences d’une éventuelle libéralisation de la distributionvia les plateformes numériques ou la grande distribution. Une telle évolution entraînerait, selon lui, un affaiblissement des mécanismes de contrôle professionnel, favorisant l’automédication anarchique, les risques d’intoxication et la circulation de médicaments contrefaits. Au-delà de l’aspect sanitaire, l’ONG souligne des impacts sociaux et territoriaux importants, avec la possible disparition des officines de proximité et l’émergence de «déserts pharmaceutiques» dans les zones rurales et les quartiers défavorisés. L’organisation craint aussi une influence accrue des logiques industrielles sur les prescriptions, orientées vers les produits les plus rentables plutôt que les plus adaptés aux patients. Associée à une libéralisation des prix, cette évolution pourrait alourdir les dépenses de santé des ménages et accentuer les inégalités d’accès aux soins. Enfin, le RMDDS critique le diagnostic économique du Conseil de la concurrence, estimant qu’il se focalise à tort sur les marges des pharmaciens tout en négligeant les véritables facteurs de cherté des médicaments, dont les prix peuvent être plusieurs fois supérieurs à ceux pratiqués dans les pays de production. Le réseau appelle ainsi à une réforme «radicale et équitable», demandant le retrait des propositions visant à privatiser le capital des pharmacies ou à libéraliser les prix d’une manière susceptible de compromettre le droit à la santé.
Abderrahim Derraji - 28 février 2026 09:33Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu un avis positif pour l’acoziborole Winthrop, un traitement oral à dose unique destiné à la forme gambiense de la maladie du sommeil, la plus répandue. Ce médicament peut être administré aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans pesant au moins 40 kg, quel que soit le stade de la maladie. Cet avis constitue une étape réglementaire majeure, car il s’inscrit dans une procédure accélérée réservée aux traitements prioritaires destinés à des pays hors Union européenne confrontés à des besoins médicaux non satisfaits. Il devrait faciliter son autorisation dans des pays endémiques comme la République démocratique du Congo et permettre une mise à jour des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, ouvrant la voie à un élargissement de l’accès en Afrique centrale et de l’Ouest. L’acoziborole représente une avancée thérapeutique importante par rapport aux traitements actuels. Jusqu’à présent, les options disponibles nécessitaient soit dix jours de traitement oral, soit des protocoles plus lourds associant perfusions et médicaments oraux pour les formes avancées. La possibilité d’un traitement en une seule prise de trois comprimés simplifie considérablement la prise en charge, notamment dans des zones rurales où l’accès aux structures de soins est limité. La trypanosomiase humaine africaine, transmise par la mouche tsé-tsé, est presque toujours mortelle en l’absence de traitement. Les premiers symptômes sont peu spécifiques (fièvre, céphalées), mais la maladie évolue vers une atteinte neurologique grave lorsque le parasite franchit la barrière hémato-encéphalique, entraînant troubles du comportement, convulsions, altérations cognitives, troubles du sommeil et, finalement, le décès. L’arrivée d’un traitement simple et sûr constitue donc un levier essentiel pour améliorer améliorer le traitement précoce de cette maladie. Le développement de l’acoziborole est le fruit d’une collaboration entre l’initiative Drugs for Neglected Diseases (DNDi) et Sanofi. Une étude menée en République démocratique du Congo et en Guinée a montré des taux de succès pouvant atteindre 96 % à 18 mois, avec un profil de sécurité favorable. Les données ont été publiées dans une revue médicale de référence et ont soutenu l’avis positif du CHMP. Les chercheurs africains ont joué un rôle central dans ces travaux, menés dans des régions reculées, illustrant l’importance d’une recherche clinique ancrée dans les pays concernés. L’évolution des traitements de la maladie du sommeil au cours des vingt dernières années est remarquable. À la fin des années 1990, près de 40 000 cas étaient signalés chaque année, avec environ 300 000 cas non diagnostiqués, et les formes avancées n’étaient traitées que par des dérivés arsenicaux toxiques. L’introduction de la combinaison nifurtimox-eflornithine en 2009 puis du premier traitement oral, le fexinidazole, en 2018, a progressivement amélioré la prise en charge. En 2024, moins de 600 cas ont été rapportés, soit une baisse de 98 % depuis 2001. Sanofi s’est engagé à fournir gratuitement l’acoziborole via l’OMS, ce qui facilitera son déploiement dans les pays endémiques. Une étude est également en cours pour évaluer son utilisation chez les enfants de 1 à 14 ans. Si les autorisations nationales sont obtenues et les recommandations actualisées, ce traitement à dose unique pourrait devenir un outil déterminant pour atteindre l’objectif d’élimination de la maladie du sommeil d’ici 2030.
Abderrahim Derraji - 28 février 2026 09:26L’Agence européenne des médicaments (EMA) a émis un avis favorable pour l’autorisation de mise sur le marché de mCombriax, un vaccin combiné à ARN messager ciblant à la fois la COVID-19 et la grippe saisonnière, développé par Moderna et destiné aux personnes âgées de 50 ans et plus. Il s’agit du premier vaccin de ce type recommandé en Europe. La décision finale revient désormais à la Commission européenne, qui devra statuer sur une autorisation valable dans l’ensemble de l’Union européenne. Cette recommandation intervient dans un contexte épidémio-logique marqué par une forte diminution de la mortalité liée à la COVID-19 en Europe, passée d’un pic supérieur à 42 000 décès hebdomadaires en janvier 2021 à moins de 100 par semaine depuis février 2025. Néanmoins, la charge globale de la maladie reste importante avec près de 282 millions de cas cumulés. Parallèlement, la grippe saisonnière continue de représenter un enjeu majeur de santé publique dans l’Espace économique européen, avec jusqu’à 50 millions de cas symptomatiques chaque année et entre 15 000 et 70 000 décès. Si la majorité des infections grippales et des cas de COVID-19 sont bénins à modérés, les formes graves concernent principalement les sujets âgés et les personnes immunodéprimées. La co-infection par le SARS-CoV-2 et le virus grippal est associée à un risque accru de complications, ce qui renforce l’intérêt d’une stratégie vaccinale combinée. mCombriax contient de l’ARNm codant des éléments de la protéine Spike du SARS-CoV-2 ainsi que les glycoprotéines d’hémagglutinine des virus grippaux saisonniers A (H1N1 et H3N2) et B (lignée Victoria). L’objectif est de permettre une protection simultanée contre les deux infections à l’aide d’une seule injection. L’avis de l’EMA repose sur un essai clinique de phase 3 randomisé ayant inclus 8 015 participants âgés de 50 ans et plus. Les sujets ont reçu soit mCombriax associé à un placebo, soit les vaccins standards contre la grippe et la COVID-19 administrés de manière concomitante. Vingt-neuf jours après la vaccination, les niveaux d’anticorps dirigés contre les souches grippales et contre le SARS-CoV-2 chez les participants vaccinés par mCombriax se sont révélés statistiquement non inférieurs à ceux observés avec la coadministration des vaccins de référence. L’étude a également montré des réponses immunitaires plus élevées avec le vaccin combiné. Sur le plan de la tolérance, aucun signal de sécurité majeur n’a été identifié. Les effets indésirables ont été légèrement plus fréquents et plus intenses dans le groupe mCombriax, mais sont restés majoritairement légers à modérés et de courte durée. Les réactions les plus courantes comprenaient douleur au point d’injection, fatigue, myalgies, céphalées, arthralgies, frissons, adénopathies, nausées, vomissements et fièvre. Le vaccin sera disponible sous forme de dispersion injectable en seringue préremplie et devra être utilisé conformément aux recommandations officielles. Les modalités détaillées d’utilisation seront publiées dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) après la décision de la Commission européenne. L’arrivée d’un vaccin combiné pourrait simplifier les campagnes vaccinales, améliorer la couverture chez les populations à risque et optimiser l’organisation des programmes de prévention hivernale en réduisant le nombre d’injections nécessaires.
Abderrahim Derraji - 28 février 2026 09:21
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