DÉCRET n° 2-25-631
DÉCRET n° 2-25-631

DÉCRET n° 2-25-631 modifiant et complétant le décret n° 2-13-852

COUVERTURE
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4E ASSEMBLÉE THÉMATIQUE DE L'ADPA - LAGOS - 2026

Circulaire 105
Circulaire 105

Relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé

BPO
BPO

PROJET (Arrêté du ministre de la Santé et de la protection sociale)

Remunération
Remunération

Qu'en est-il au juste?

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AFRIQUE - MEDICAMENT - CONTREFAÇON - NIGERIA

Médicaments en Afrique : pas de traçabilité, pas de sécurité ! Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:19
Médicaments en Afrique : pas de traçabilité, pas de sécurité !

La lutte contre les médicaments falsifiés constitue l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les systèmes de santé africains. Malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires des différents pays, des produits de qualité douteuse continuent de circuler dans certaines régions, mettant en danger la vie des patients et fragilisant la confiance dans les circuits pharmaceutiques.

C’est dans ce contexte que s’est tenue, du 6 au 8 octobre 2026 à Lagos, la 4e Assemblée générale thématique de l’Association de distribution pharmaceutique africaine (ADPA), organisée en partenariat avec l’Association des grossistes et distributeurs pharmaceutiques du Nigeria (PWDAN).

Cette rencontre, qui a réuni des délégations de plusieurs pays africains, a permis de rappeler une évidence trop souvent occultée : la qualité d’un médicament ne dépend pas uniquement de sa fabrication, mais également de l’intégrité de toute la chaîne, jusqu’à sa dispensation au patient. Les différentes interventions ont mis en avant les conséquences sanitaires, économiques et sociales des médicaments falsifiés. Mme Mojisola Christianah Adeyeye, directrice générale de la National Agency for Food and Drug Administration and Control (NAFDAC), a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la traçabilité des médicaments. Une préoccupation également partagée par les autres intervenants, qui ont soulignétechnologies numériques.

La véritable sécurisation du circuit pharmaceutique passe désormais par une traçabilité totale, de la fabrication du médicament jusqu’à sa délivrance au patient. Chaque boîte de médicament devrait pouvoir être identifiée, authentifiée et suivie à chaque étape de son parcours. Grâce à des systèmes numériques interopérables et à l’enregistrement des mouvements, il devient possible de détecter les anomalies, d’identifier les détournements et de procéder rapidement au retrait des lots présentant un risque sanitaire.

Mais la technologie, à elle seule, ne suffira pas. Encore faut-il que les industriels, les importateurs, les grossistes-répartiteurs, les pharmaciens et les autorités de régulation partagent des données fiables et adoptent des procédures harmonisées. Une traçabilité interrompue à un seul maillon perd une grande partie de son efficacité. Pour les pays africains, l’enjeu est considérable. La coexistence de circuits réglementés et de marchés informels rend cette transformation particulièrement urgente. Elle exige des investissements, une volonté politique et une coopération dépassant les frontières nationales. Le Maroc, qui dispose d’un circuit fait preuve d’une grande vigilance face aux médicaments falsifiés, doit poursuivre ses efforts et inscrire la traçabilité intégrale parmi ses priorités stratégiques. La sécurisation des circuits existants constitue un acquis précieux, mais elle ne dispense pas d’anticiper les risques et de renforcer continuellement les dispositifs de contrôle.


La rencontre de Lagos nous rappelle finalement une vérité fondamentale : produire des médicaments ne suffit pas à garantir la sécurité sanitaire. Encore faut-il pouvoir retracer leur parcours et garantir leur authenticité jusqu’au patient. Sans traçabilité totale, la souveraineté pharmaceutique restera un vœu pieux.

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EDA - EGYPTE - PRIX DU MÉDICAMENT

Égypte : quand des prix trop bas menacent la disponibilité des médicaments Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:14
Égypte : quand des prix trop bas menacent la disponibilité des médicaments

L'Égypte engage une réforme importante de sa politique de fixation des prix des médicaments. L'objectif est de trouver un équilibre entre la nécessité de préserver l'accessibilité financière des traitements et celle de garantir la viabilité économique de leur production et de leur distribution.

Cette réforme repose sur un constat : un prix administré trop bas, lorsqu'il ne couvre plus les coûts de production et de distribution, peut devenir un facteur de pénurie.

Dans un environnement marqué par les fluctuations monétaires, l'inflation et l'augmentation des coûts industriels, certains médicaments peuvent devenir peu ou pas rentables et difficiles à fabriquer ou à commercialiser. Les laboratoires peuvent alors être tentés de réduire leur production, voire d'abandonner certaines spécialités.

Pour limiter ces risques, l'Egyptian Drug Authority (EDA) a adopté la décision n° 480/2026, publiée le 23 septembre 2026, qui introduit une approche plus flexible de la fixation et de la révision des prix.

Le nouveau mécanisme repose notamment sur une formule intégrant trois indicateurs économiques : 60 % pour l'évolution du taux de change, 30 % pour l'inflation et 10 % pour l'évolution des taux d'intérêt. Cette pondération vise à mieux tenir compte des variations des coûts supportés par les industriels. Le dispositif prévoit également des possibilités de révision périodique des prix, notamment lorsque certains paramètres économiques connaissent des variations suffisamment importantes.

L'EDA entend ainsi réduire le décalage entre les prix réglementés et les réalités économiques du secteur pharmaceutique.

La réforme concerne également les marges des différents intervenants de la chaîne de distribution.

Pour certaines catégories de médicaments essentiels fabriqués localement, la marge du pharmacien est fixée à 22 % du prix public lorsque celui-ci est inférieur à 500 livres égyptiennes, et à 20 % au-delà.

Pour certaines catégories de médicaments locaux ne figurant pas sur la liste des médicaments essentiels, les marges prévues atteignent respectivement 27 % et 25 %.

Cette approche traduit la volonté de préserver non seulement les capacités de production industrielle, mais également l'équilibre économique des circuits de distribution.

La réforme égyptienne présente un intérêt particulier pour les autres pays africains, notamment le Maroc, confrontés eux aussi à la nécessité de concilier maîtrise des dépenses pharmaceutiques, disponibilité des médicaments et pérennité économique des opérateurs.

Elle soulève une question fondamentale : jusqu'où peut-on baisser le prix d'un médicament sans compromettre Un médicament bon marché qui disparaît du marché ne constitue pas nécessairement une économie pour le système de santé. Les ruptures d'approvisionnement peuvent entraîner des substitutions thérapeutiques, des interruptions de traitement et des coûts supplémentaires.

L'expérience égyptienne rappelle ainsi que la politique du médicament ne peut être évaluée uniquement à travers le niveau des prix. Elle doit également intégrer la continuité des approvisionnements et la viabilité de toute la chaîne pharmaceutique.

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NIGERIA - CONTRÔLE PORTUAIRE - TRAÇABILITÉ

Nigeria : sept années sans contrôle portuaire ont fragilisé la sécurité du médicament Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:12
Nigeria : sept années sans contrôle portuaire ont fragilisé la sécurité du médicament

La lutte contre les médicaments falsifiés au Nigeria se heurte à un héritage réglementaire préoccupant. Selon la directrice générale de la National Agency for Food and Drug Administration and Control (NAFDAC), la suspension de la présence de cette agence dans les ports nigérians pendant sept années aurait favorisé l'émergence de réseaux illicites dans la distribution pharmaceutique.

S'exprimant à Lagos, en marge de la 4e Assemblée générale thématique de l'African Pharmaceutical Distribution Association (APDA), organisée en collaboration avec l'association nigériane des grossistes et distributeurs pharmaceutiques (PWDAN), la professeure Mojisola Adeyeye a rappelé que la NAFDAC avait été absente des ports entre 2011 et le 16 mai 2018.

Cette absence prolongée aurait considérablement réduit la capacité du régulateur à surveiller les importations de produits pharmaceutiques et à empêcher l'introduction de médicaments non conformes dans les circuits commerciaux.

Selon la professeure Mojisola Adeyeye, cette période aurait permis à des réseaux organisés de renforcer leur influence sur certaines activités de distribution. Elle a toutefois précisé ne pas être en mesure d'identifier les éventuels soutiens dont bénéficieraient ces organisations.

Le retour de la NAFDAC dans les ports en mai 2018 a constitué une étape importante dans le rétablissement des contrôles réglementaires. Mais cette expérience met surtout en évidence les limites d'une surveillance reposant uniquement sur les points d'entrée du territoire. La sécurité du médicament doit être assurée tout au long de son parcours, depuis sa fabrication jusqu'à sa dispensation au patient.

La directrice générale a insisté sur l'importance des conditions de transport, de stockage et de distribution, ainsi que sur le recours aux technologies permettant de suivre la circulation des produits pharmaceutiques.

De son côté, le président de la PWDAN, Oghenochuko Omaruaye, a plaidé pour une chaîne d'approvisionnement transparente, traçable et reposant sur une responsabilité clairement définie pour chaque intervenant.

Ces déclarations interviennent alors que plusieurs pays africains cherchent à renforcer leurs systèmes de réglementation pharmaceutique et leurs mécanismes de lutte contre les médicaments falsifiés.

L'expérience nigériane rappelle qu'une rupture dans la surveillance réglementaire peut fragiliser durablement l’ensemble de la chaîne pharmaceutique.

Pour les pays africains, l'enjeu dépasse désormais le seul contrôle douanier. Il consiste à mettre en place une traçabilité continue, capable d'identifier chaque médicament, de suivre ses mouvements et de vérifier son authenticité jusqu'à la pharmacie d’officine.

Car un médicament correctement fabriqué peut perdre toutes ses garanties de sécurité lorsqu'il circule dans un réseau de distribution insuffisamment contrôlé.

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ROUGEOLE - ÉTATS-UNIS

Rougeole aux États-Unis : plus de 4 000 cas, le retour inquiétant d’une maladie évitable Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:09
Rougeole aux États-Unis : plus de 4 000 cas, le retour inquiétant d’une maladie évitable

La rougeole poursuit sa progression aux États-Unis, mettant en évidence les conséquences d'une couverture vaccinale insuffisante, y compris dans les pays disposant de systèmes de santé performants.

Selon les données publiées par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), 4 080 cas confirmés avaient été recensés au 8 octobre 2026, soit 193 cas supplémentaires en une semaine. Cette recrudescence constitue un signal préoccupant pour les autorités sanitaires américaines. Environ 10 % des personnes infectées ont nécessité une hospitalisation, tandis que les enfants et adolescents âgés de 5 à 19 ans représentent 42 % des cas déclarés. Ces chiffres rappellent que la rougeole est loin d'être une infection bénigne complications graves, notamment des pneumonies et des encéphalites.

Extrêmement contagieux, le virus de la rougeole se transmet par voie aérienne et peut infecter rapidement les personnes non immunisées. La maladie peut ainsi réapparaître dès lors que des groupes de population présentent une couverture vaccinale insuffisante. Le paradoxe américain mérite d'être souligné. Malgré la disponibilité de vaccins efficaces, des infrastructures sanitaires développées et des moyens importants de surveillance épidémiologique, le pays peine à contenir la circulation du virus dans certaines communautés.

Cette situation illustre une réalité souvent sous-estimée : la disponibilité d'un vaccin ne garantit pas, à elle seule, la protection d'une population. Encore faut-il que les personnes concernées soient effectivement vaccinées et que les programmes de vaccination parviennent à maintenir une couverture suffisamment élevée.

Pour le Maroc, où la rougeole a également connu une résurgence ces dernières années, l'évolution de la situation américaine constitue un rappel particulièrement pertinent.

La vérification des carnets de vaccination, l'identification des enfants insuffisamment immunisés et l'organisation de campagnes de rattrapage demeurent des mesures essentielles pour interrompre les chaînes de transmission.

Les pharmaciens, en tant que professionnels de santé de proximité, peuvent également contribuer à sensibiliser les familles et à orienter les patients vers les structures de vaccination. Au-delà des chiffres, cette résurgence rappelle qu'aucun pays ne peut considérer les acquis de la vaccination comme définitivement garantis.

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Herpès résistant :- Pritélivir

Herpès résistant : le pritélivir ouvre une nouvelle alternative thérapeutique Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:07
Herpès résistant : le pritélivir ouvre une nouvelle alternative thérapeutique

La prise en charge des infections persistantes à virus Herpes simplex (HSV) chez les patients immunodéprimés pourrait connaître une avancée importante. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a autorisé le pritélivir, un nouvel antiviral oral destiné à certaines infections herpétiques devenues difficiles à traiter avec les médicaments actuellement mis sur le marché. Cette autorisation concerne une population particulièrement vulnérable. Chez les patients immunodéprimés, notamment ceux ayant subi une transplantation ou présentant certaines déficiences immunitaires, les infections herpétiques peuvent persister, provoquer des lésions douloureuses et résister aux traitements antiviraux classiques. Les médicaments habituellement utilisés, tels que l'aciclovir, le valaciclovir ou le famciclovir, agissent principalement en inhibant la réplication de l'ADN viral. Toutefois, certaines mutations peuvent entraîner une résistance et compromettre leur efficacité.

Le pritélivir présente l'intérêt d'agir selon un mécanisme différent. Il inhibe le complexe hélicase-primase du virus, indispensable à la réplication de son matériel génétique. Cette particularité lui permet de conserver une activité contre certaines souches résistantes aux antiviraux conventionnels.

Les résultats cliniques ayant permis son autorisation sont encourageants. Dans une étude portant sur 101 participants, 62,7 % des patients traités par pritélivir ont présenté une cicatrisation complète des lésions à 28 jours, contre 34 % dans le groupe recevant les traitements comparateurs.

Cette différence suggère un bénéfice thérapeutique significatif chez des patients pour lesquels les possibilités de traitement étaient jusqu'ici limitées. Le médicament n'est toutefois pas dépourvu d'effets indésirables. Des céphalées, diarrhées, nausées, vomissements et vertiges ont notamment été rapportés. Sa prescription nécessite donc une évaluation attentive du rapport bénéfice-risque.Cette innovation illustre l'importance de poursuivre la recherche sur les antiviraux, particulièrement face à l'émergence de résistances chez les patients les plus fragiles.

Pour les professionnels de santé marocains, cette autorisation américaine mérite d'être suivie, même si elle ne préjuge ni d'une homologation ni d'une commercialisation prochaine au Maroc. Le pritélivir rappelle surtout qu'en infectiologie, la résistance thérapeutique impose de développer de nouvelles cibles pharmacologiques, et pas uniquement de nouvelles formulations des molécules existantes.

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Autres articles

Schizophrénie : Weltruza, une nouvelle injection mensuelle pour améliorer l’observance

La prise en charge de la schizophrénie s'enrichit d'une nouvelle option thérapeutique aux États-Unis. La Food and Drug Administration (FDA) a autorisé Weltruza, un antipsychotique injectable à libération prolongée, destiné au traitement des adultes atteints de schizophrénie. Développé par le laboratoire israélien Teva en collaboration avec la société française de biotechnologie Medincell, ce médicament repose sur une technologie permettant une libération progressive du principe actif après son administration. L'intérêt principal de cette nouvelle formulation réside dans sa fréquence d'administration. Une injection mensuelle permet de réduire les contraintes liées à traitement oral et pourrait contribuer à améliorer l'observance thérapeutique.`` La schizophrénie est une maladie psychiatrique chronique nécessitant généralement un traitement prolongé. Or, les interruptions thérapeutiques constituent l'une des principales difficultés rencontrées dans sa prise en charge. Elles peuvent favoriser la réapparition des symptômes, augmenter le risque de rechute et conduire à de nouvelles hospitalisations. Les antipsychotiques injectables à action prolongée représentent ainsi une stratégie intéressante pour certains patients, notamment ceux qui rencontrent des difficultés à respecter régulièrement leur traitement. Weltruza constitue le deuxième médicament issu de la collaboration entre Teva et Medincell à obtenir une autorisation américaine. Le premier, Uzedy, une formulation injectable prolongée de rispéridone, avait été approuvé par la FDA en 2023. Cette nouvelle autorisation confirme l'intérêt croissant de l'industrie pharmaceutique pour les technologies de libération contrôlée, capables de modifier les modalités d'administration de molécules déjà utilisées en thérapeutique. Il convient néanmoins de rappeler qu'une formulation mensuelle ne garantit pas automatiquement une meilleure observance. Le choix d'un antipsychotique injectable doit tenir compte du profil clinique du patient, de la tolérance au traitement, de ses préférences et de la qualité de son suivi médical. Au-delà de l'innovation galénique, c'est la continuité des soins qui constitue le véritable enjeu de ces nouvelles formulations.

Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:05
Vaccination : quand un choix individuel engage la santé des autres

Après plusieurs décennies de succès vaccinal, la réapparition de la diphtérie au Maroc vient nous rappeler qu’une maladie devenue rare n’est pas forcément une maladie disparue. Fin septembre 2026, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé la détection de deux foyers familiaux limités de diphtérie dans la région Souss-Massa, l’un à Agadir-Ida Outanane et l’autre à Chtouka-Aït Baha. Un cas avait alors été confirmé biologiquement et huit autres étaient en cours d’investigation, dont deux décès. Selon les premières données communiquées, les enfants concernés n’étaient pas vaccinés ou n’avaient pas reçu toutes les doses recommandées. Le Manuel de veille et de riposte à une épidémie de diphtérie, publié en septembre 2026 par la tutelle, indique que la pandémie de Covid-19, mais aussi l’hésitation vaccinale, ont favorisé une baisse ponctuelle de la couverture et l’apparition de « poches de susceptibilité » dans certaines populations. La diphtérie n’est pourtant pas une infection banale. Très contagieuse, transmise principalement par les gouttelettes respiratoires et les contacts rapprochés, elle peut provoquer une obstruction des voies respiratoires, mais également des complications cardiaques, neurologiques ou rénales. Sa létalité globale est estimée entre 5 et 10 %. Face à cette maladie, la vaccination reste la meilleure protection. Le manuel estime qu’une couverture de 80 à 85 % doit être maintenue pour préserver la protection communautaire et réduire le risque de flambée. Au Maroc, la vaccination antidiphtérique est intégrée au Programme national d’immunisation (PNI), avec une primovaccination et des rappels durant l’enfance. Faut-il le rappeler, une couverture vaccinale insuffisante facilite la circulation du bacille de Löffler-Klebs et expose les nourrissons, les personnes fragiles ou insuffisamment protégées. Le manuel insiste d’ailleurs sur le rattrapage des personnes non vaccinées ou incomplètement vaccinées et sur la promotion des rappels. Dans cette mobilisation, le pharmacien d’officine a un rôle majeur à jouer. Professionnel de santé de proximité, quotidiennement au contact des familles, il peut interroger sur le statut vaccinal, inciter à vérifier le carnet de vaccination, repérer les retards, expliquer l’utilité des rappels et combattre les fausses informations qui nourrissent l’hésitation vaccinale. Le manuel national fait précisément de l’information du public, de la promotion de la vaccination et de la lutte contre les rumeurs des composantes de la riposte.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 18:01
Essais cliniques : l’AMMPS franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la recherche au Maroc

L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) vient de franchir une nouvelle étape dans l’organisation de la recherche clinique au Maroc. Dans une note d’information publiée le 29 septembre 2026, l’Agence invite les promoteurs et responsables concernés à déposer leurs demandes d’agrément pour les sites accueillant des essais cliniques ou des investigations cliniques. La procédure concerne aussi bien les sites réalisant des essais cliniques portant sur des médicaments expérimentaux que ceux conduisant des investigations cliniques relatives aux dispositifs médicaux. Cette mise en œuvre repose sur la décision n° 50/SDG/AMM/26 du 25 février 2026, qui précise les modalités, conditions et exigences nécessaires à l’obtention de cet agrément. L’AMMPS demande aux responsables concernés de constituer et de déposer leurs dossiers conformément à ces dispositions afin de permettre leur instruction dans les conditions requises. Au-delà de la procédure administrative, la démarche revêt une importance particulière pour le développement de la recherche biomédicale nationale. L’agrément des sites permet en effet de formaliser davantage le cadre dans lequel les essais sont réalisés et d’inscrire leur organisation dans un référentiel défini par l’autorité réglementaire. Cette évolution intervient alors que le Maroc cherche à renforcer son écosystème pharmaceutique et sa capacité à participer au développement de nouveaux médicaments et dispositifs médicaux. La qualité des sites d’investigation constitue, à cet égard, un élément déterminant. Pour les promoteurs internationaux, disposer d’un réseau de centres répondant à des exigences réglementaires clairement établies peut également contribuer à faire du Maroc une destination de recherche clinique. Mais l’enjeu ne se limite pas à l’attractivité économique. Il concerne d’abord la qualité des recherches menées, la fiabilité des données produites et la protection des participants. Avec l’ouverture effective des demandes d’agrément, l’AMMPS transforme ainsi un cadre réglementaire en dispositif opérationnel. Une étape importante pour structurer durablement la recherche clinique marocaine et l’intégrer davantage aux standards internationaux.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:59
Ebola : un antiviral pourrait permettre une prophylaxie post-exposition

La République démocratique du Congo expérimente actuellement une stratégie pour lutter contre Ebola. Celle-ci consiste  à administrer rapidement un antiviral oral à une personne ayant été exposée au virus, avant même l’apparition des symptômes. Plus de 250 personnes ont déjà été recrutées dans l’essai clinique EBO-PEP conduit en Ituri. L’étude a choisi l’obeldesivir, un antiviral expérimental développé par Gilead, pour évaluer sa capacité de garantir une prophylaxie post-exposition. Le principe est particulièrement intéressant. Après un contact à risque avec une personne infectée, le médicament est administré à des sujets encore asymptomatiques afin de tenter d’empêcher le développement de la maladie. L’essai prévoit d’inclure près de 1 000 participants, qui sont suivis quotidiennement pendant 21 jours. L’enjeu est d’autant plus important que l’épidémie actuelle est liée au virus Ebola Bundibugyo pour lequel aucun vaccin ni traitement n’est actuellement homologué. L’intérêt potentiel d’un antiviral oral post-exposition réside aussi dans sa simplicité d’utilisation. Lors d’une flambée, chaque personne exposée constitue un maillon possible d’une nouvelle chaîne de transmission. Pouvoir proposer rapidement un comprimé aux contacts à haut risque pourrait donc ajouter un outil aux stratégies classiques reposant sur l’identification des contacts, leur surveillance et les mesures vaccinales lorsqu’elles sont disponibles et efficaces contre l’espèce virale concernée. Il faut cependant rester prudent. Il s’agit pour le moment d’un essai clinique qui doit déterminer l’efficacité et la sécurité de l’obeldesivir dans cette indication. Son intérêt pour interrompre la transmission ne pourra être établi qu’après analyse des résultats. L’étude associe notamment l’organisation médicale ALIMA, l’Institut national de recherche biomédicale congolais et l’ANRS Maladies infectieuses émergentes Si les résultats sont concluants, la prophylaxie post-exposition orale pourrait apporter une nouvelle arme particulièrement intéressante pour intervenir autour des cas et protéger rapidement les personnes les plus exposées.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:56
Afrique du Sud : Le prix des médicaments augmente de 2,88 % pour préserver l’approvisionnement

Depuis le 1er octobre 2026, l’Afrique du Sud autorise une augmentation uniforme de 2,88 % du prix réglementé des médicaments commercialisés dans le secteur privé. Une décision exceptionnelle puisqu’il s’agit du deuxième ajustement du Single Exit Price (SEP) accordé au cours de la même année. Le SEP constitue un élément central du système sud-africain de régulation du médicament. Il correspond au prix réglementé auquel un fabricant ou un importateur vend son médicament aux différents acheteurs du secteur privé, qu’il s’agisse des pharmacies, médecins dispensateurs ou établissements hospitaliers. Le dispositif ne s’applique pas aux achats de l’État. L’ajustement de 2,88 % concerne l’ensemble des médicaments enregistrés figurant dans la base nationale au 30 septembre 2026, ainsi que leurs différents conditionnements.   Le ministère sud-africain de la Santé explique cette augmentation par une situation exceptionnelle associant augmentation des coûts de production, tensions sur les chaînes d’approvisionnement et facteurs géopolitiques. Les échanges avec l’industrie pharmaceutique auraient mis en évidence le risque que ces pressions économiques finissent par compromettre la disponibilité de certains médicaments. La décision cherche donc un équilibre délicat : préserver l’accessibilité financière tout en maintenant économiquement viable la fourniture des médicaments. L’augmentation doit apporter un soulagement temporaire aux fabricants confrontés à la hausse de leurs charges et contribuer à prévenir les problèmes d’approvisionnement. Pour l’officine, cette politique présente deux facettes. Une revalorisation des prix peut contribuer à maintenir sur le marché des spécialités devenues insuffisamment rentables et ainsi réduire le risque de retraits ou de pénuries. Mais toute augmentation se répercute potentiellement sur les dépenses des patients et des organismes d’assurance maladie. L’expérience sud-africaine illustre ainsi un problème auquel sont confrontées de nombreuses autorités pharmaceutiques : un prix trop élevé menace l’accès au médicament, mais un prix devenu économiquement insoutenable peut, lui aussi, menacer sa disponibilité. Une problématique qui dépasse largement les frontières sud-africaines et mérite d’être suivie dans tous les pays disposant d’un système réglementé de fixation des prix y compris le nôtre.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:52
Nigeria : deux années de plus pour accélérer la souveraineté pharmaceutique ?

Le Nigeria veut accélérer la transformation de son industrie pharmaceutique et réduire une dépendance aux importations qui reste importante. Le gouvernement envisage ainsi de prolonger de deux années supplémentaires le dispositif présidentiel destiné à soutenir la production pharmaceutique locale, dont la période actuelle doit prendre fin en mars 2027.   Cette orientation a été présentée à l’occasion de la 8e Nigeria Pharmaceutical Manufacturers Expo, organisée à Lagos. Elle s’inscrit dans une ambition beaucoup plus large : porter à 70 % la part de production locale des médicaments essentiels et autres produits de santé prioritaires à l’horizon 2030. Le marché nigérian demeure fortement tributaire des approvisionnements extérieurs. Pour réduire sa forte dépendance des approvisionnements extérieurs, Abuja mise sur plusieurs leviers. Le dispositif présidentiel a notamment introduit des droits de douane nuls sur les équipements pharmaceutiques, les principes actifs et certains excipients. Selon les données présentées par les autorités, 87 fabricants locaux auraient bénéficié de ces mesures. Des exonérations fiscales, des incitations à l’intégration locale de la production de principes actifs et des mécanismes spécifiques de financement de l’industrie figurent également parmi les interventions envisagées. Le mouvement industriel semble déjà engagé. La directrice générale de la NAFDAC, Pr Mojisola Christianah Adeyeye, a indiqué que 37 sites de production locaux sont actuellement en construction, modernisation ou mise à niveau afin de satisfaire aux standards internationaux. Le pays compte désormais plus de 200 entreprises pharmaceutiques et des sciences de la vie. Les obstacles restent toutefois considérables. Coûts élevés de l’énergie et de la production, difficultés logistiques dans les ports, accès limité aux financements de long terme et contraintes d’accès au marché continuent de peser sur la compétitivité des industriels nigérians. La prolongation du dispositif est précisément présentée par les fabricants comme un moyen d’offrir davantage de visibilité aux investisseurs et de consolider les investissements déjà engagés. L’ambition nigériane dépasse par ailleurs son seul marché intérieur. En augmentant ses capacités, le pays espère devenir un pôle pharmaceutique régional capable d’approvisionner l’Afrique de l’Ouest et de profiter des possibilités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine. La prolongation de deux ans est, à ce stade, reste une orientation annoncée et non une mesure définitivement adoptée. L’expérience nigériane mérite néanmoins d’être suivie. Elle rappelle que la souveraineté pharmaceutique africaine ne se décrète pas : elle suppose des investissements industriels durables, des politiques fiscales et douanières cohérentes, une réglementation exigeante et, surtout, une visibilité suffisante pour permettre aux industriels d’investir sur le long terme.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:46
Iran : quand la crise du médicament frappe de plein fouet les pharmacies

La crise économique et géopolitique que traverse l’Iran se répercute désormais directement sur l’accès aux médicaments. Dans les pharmacies, les professionnels comme les patients sont confrontés à une combinaison particulièrement préoccupante : envolée des prix, raréfaction de certaines spécialités et fragilisation financière des officines. Selon l’Associated Press, certains médicaments ont vu leur prix doubler ou quadrupler. Cette situation peut sembler paradoxale dans un pays qui produit plus de 80 % de ses médicaments. Mais cette autonomie apparente masque une dépendance importante aux matières premières et composants importés nécessaires à la fabrication locale. Les difficultés bancaires et logistiques liées aux sanctions et au contexte de guerre perturbent donc aussi bien l’importation de médicaments finis que l’activité des industriels locaux. Le transport maritime étant fortement entravé, certains opérateurs ont dû se tourner vers des acheminements aériens plus coûteux. À cela s’ajoutent les dommages subis par l’appareil industriel : selon AP, plus de quarante sites pharmaceutiques auraient été endommagés par des frappes. Sur le terrain, c’est l’officine qui absorbe une grande partie du choc. Des difficultés d’approvisionnement sont notamment rapportées pour certains traitements psychiatriques et anticancéreux. Les autorités cherchent parallèlement à sécuriser l’approvisionnement en vaccins antigrippaux et en médicaments indispensables aux hôpitaux. À cette crise d’approvisionnement s’ajoute une crise de trésorerie. Les organismes d’assurance devraient, selon les données rapportées par AP, environ 270 millions de dollars aux pharmacies, fragilisant davantage leur capacité à renouveler leurs stocks. L’exemple iranien illustre ainsi une réalité souvent négligée dans les politiques de souveraineté pharmaceutique : fabriquer localement ne suffit pas. La disponibilité effective d’un médicament dépend aussi de l’accès aux matières premières, des circuits financiers, de la logistique, de la solidité des industriels et, au bout de la chaîne, de la capacité économique des pharmacies à maintenir leurs stocks.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:43
Médicament en Afrique : Pas de souveraineté sans distribution !

L’Afrique ambitionne, à juste titre, de renforcer sa souveraineté pharmaceutique. Production locale, transfert de technologies, investissements industriels et harmonisation réglementaire occupent désormais une place centrale dans les stratégies sanitaires du continent. Mais produire davantage de médicaments ne suffira pas si ceux-ci continuent à circuler dans des réseaux de distribution fragmentés, insuffisamment structurés ou parfois informels. Le Nigeria, qui accueillera du 6 au 8 octobre 2026 la Quatrième   Assemblée Générale Thématique de l’ADPA, l’Association de la Distribution Pharmaceutique Africaine, illustre parfaitement cet enjeu. Le pays, qui compte parmi les plus importants marchés pharmaceutiques du continent, doit encore composer avec un système où coexistent circuits réglementés et marchés ouverts de médicaments, au sein desquels peuvent se côtoyer grossistes, détaillants et opérateurs non autorisés. Une telle fragmentation fragilise la traçabilité, complique le contrôle des conditions de stockage et ouvre la voie aux circuits parallèles ainsi qu’aux médicaments falsifiés ou de qualité inférieure. Les autorités nigérianes s’efforcent depuis plusieurs années de mieux structurer ce réseau, en renforçant les contrôles et en favorisant le regroupement des opérateurs au sein de circuits de distribution mieux encadrés. Mais le défi dépasse largement les frontières du Nigeria. Il concerne, à des degrés divers, une grande partie du continent. C’est tout l’intérêt de la rencontre de Lagos, organisée sous l’égide de la Pharmaceutical Wholesalers and Distributors Association of Nigeria. En plaçant au cœur des débats la construction de chaînes d’approvisionnement sécurisées face aux médicaments falsifiés, l’ADPA braque les projecteurs sur un maillon aussi stratégique que trop souvent négligé de la politique pharmaceutique. Comme le rappelle Ogheneochuko Omaruaye, président de la PWDAN, dans un éditorial publié par ADPA-News, un médicament ne remplit pleinement sa fonction thérapeutique que lorsqu’il parvient « au bon patient, au bon moment et dans les bonnes conditions ». Cette évidence devrait être érigée en principe de toute politique pharmaceutique. Traçabilité numérique, bonnes pratiques de distribution, professionnalisation des grossistes-répartiteurs, harmonisation réglementaire, maîtrise de la chaîne du froid, sécurisation du transport et lutte contre les circuits parallèles doivent désormais être considérées comme des priorités au même titre que la production locale. Car l’enjeu ne se limite pas aux médicaments falsifiés. Une distribution pharmaceutique performante conditionne la disponibilité des traitements, contribue à prévenir les pénuries et renforce la capacité des systèmes de santé à faire face aux crises. Elle constitue le trait d’union indispensable entre l’industrie pharmaceutique et le patient. L’Afrique a raison de vouloir produire davantage de ses médicaments. Mais la souveraineté pharmaceutique ne se construit pas uniquement dans les usines. Elle se construit aussi dans les entrepôts, sur les plateformes logistiques, dans les circuits de transport et jusque dans les pharmacies où le médicament est mis à la disposition des patients. Produire est essentiel. Distribuer de manière sûre, professionnelle et équitable l’est tout autant. Lagos 2026 devrait être l’occasion de le rappeler avec force. Il ne peut y avoir de véritable souveraineté pharmaceutique sans souveraineté de la distribution.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:28
Bonnes Pratiques Officinales : une première réunion d’information

Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), en partenariat avec l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), a organisé, le jeudi 24 septembre à la Maison du Pharmacien à Rabat, une journée d’information et d’échange consacrée aux Bonnes Pratiques Officinales (BPO). Cette rencontre visait à renforcer le dialogue entre les pharmaciens d’officine et l’autorité réglementaire, mais aussi à mieux préciser les exigences liées aux BPO et leurs modalités d’application dans la pratique quotidienne. La journée s’est déroulée en présence du Pr Samir Ahid, Directeur général de l’AMMPS, et du Dr Hamza Guedira, président du CNOP. Des représentants des deux institutions ainsi que des pharmaciens d’officine ont également pris part aux échanges. À cette occasion, le Dr Laila Hakkou, cheffe du pôle inspections de l’AMMPS, a présenté les principales dispositions réglementaires relatives aux Bonnes Pratiques Officinales et apporté plusieurs précisions sur leur mise en œuvre. Les discussions ont notamment porté sur des aspects très concrets de l’activité officinale tels que la conservation et le stockage des médicaments, le respect de la chaîne du froid, la traçabilité, la gestion des produits périmés, la tenue des documents réglementaires et l’organisation générale de l’officine. Les responsabilités professionnelles du pharmacien ont également occupé une place importante dans les échanges. La rencontre a surtout permis aux pharmaciens membres du Conseil de faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain et de confronter les exigences réglementaires aux réalités quotidiennes de l’officine. Au-delà du rappel des règles, cette journée témoigne d’une volonté de privilégier le dialogue et l’accompagnement dans la mise en œuvre des Bonnes Pratiques Officinales. Un enjeu essentiel puisque leur application ne relève pas seulement de la conformité réglementaire. Elle participe directement à la qualité de la dispensation, à la sécurisation du circuit du médicament et, in fine, à la protection du patient.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:24
Choléra : 5,3 millions de dollars pour renforcer la riposte dans le bassin du lac Tchad

Le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane, KSrelief, et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont conclu un accord consistant à allouer 5,3 millions de dollars pour renforcer la lutte contre le choléra dans cinq pays africains : le Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger et le Nigéria. Ces pays font face à la fois aux épidémies, aux déplacements de populations et à la fragilité des infrastructures sanitaires. Signé le 22 septembre 2026 à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’accord porte sur un financement de 5,327 millions de dollars. Cet accord prévoit de renforcer la surveillance épidémiologique, d’améliorer l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, tout en facilitant l’accès aux médicaments et aux consommables médicaux. Il intègre également le forage de puits, la réhabilitation de latrines publiques et le renforcement des établissements de santé. Enfin, des équipements seront mis à la disposition des services d’urgence et de soins intensifs pour améliorer la prise en charge des malades. D’après l’OMS, plus de 61 000 cas de choléra ont été enregistrés dans la Région africaine au cours des cinq premiers mois de 2026. Le Nigéria traverse la plus importante flambée, avec plus de 50 000 cas et 338 décès depuis janvier. Au Tchad, près des deux tiers des personnes infectées sont des enfants de moins de 15 ans. Au-delà du montant engagé, ce partenariat illustre l’importance d’une approche intégrée. Le choléra est une maladie évitable et traitable, mais son contrôle dépend autant de la disponibilité rapide des soins et des médicaments que de l’accès à l’eau potable et de la détection précoce des foyers. L’objectif doit aussi être logistique. Il s’agit de réduire le délai entre l’apparition d’une flambée, son identification et l’arrivée des ressources nécessaires auprès des populations touchées.

Abderrahim Derraji - 27 septembre 2026 18:22