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SIDA - VIH
Pendant des décennies, la lutte contre le VIH a été présentée comme l'un des plus grands succès de la coopération internationale. Grâce aux progrès scientifiques, à l'accès élargi aux traitements et à une mobilisation financière sans précédent, des millions de vies ont été sauvées et l'objectif d'en finir avec l'épidémie semblait enfin à portée de main. Pourtant, les conclusions présentées lors de la Conférence internationale sur le sida 2026 rappellent une vérité qu’on a tendance à oublier : les progrès sanitaires ne sont jamais définitivement acquis.
Le constat est préoccupant. Selon l'Onusida, les financements mondiaux consacrés à la lutte contre le VIH ont chuté de 25 % en un an, principalement en raison du recul du soutien américain, auquel se sont ajoutées les réductions budgétaires de plusieurs pays européens. Il s'agit de la plus forte baisse jamais enregistrée sur une période aussi courte. Derrière ces chiffres se cachent des conséquences bien réelles pour les patients, les professionnels de santé et les systèmes de santé les plus vulnérables.
Certes, plusieurs pays ont augmenté leurs investissements nationaux, preuve d'une volonté croissante d'assumer eux-mêmes le financement de leurs programmes. Cette évolution est indispensable pour garantir une plus grande autonomie. Mais elle ne saurait masquer une réalité économique incontournable. Dans de nombreux pays à faible revenu, les ressources nationales restent insuffisantes pour compenser la disparition brutale de financements internationaux qui ont soutenu la riposte au VIH pendant plus de deux décennies.
Les indicateurs mondiaux demeurent encourageants puisque le nombre de décès liés au sida a atteint en 2025 son niveau le plus bas depuis 30 ans. Cette performance est à relativiser. Les nouvelles infections repartent à la hausse dans plusieurs pays et les décès augmentent de nouveau dans certaines régions. Les nombre d’États qui pourraient éradiquer l'épidémie avant 2030 se compte sur les doigts d’une seule main.
Les perturbations que connaît le programme américain Pepfar (President's Emergency Plan for AIDS Relief) illustrent parfaitement les conséquences d'un retrait financier. Depuis son lancement en 2003, cette initiative a permis de sauver plus de 26 millions de vies. Aujourd'hui, des milliers de centres de prise en charge ont fermé, des programmes de prévention ont été interrompus et les populations les plus vulnérables sont les premières touchées. Plus préoccupant encore, l'accès aux traitements pédiatriques recule fortement, privant des dizaines de milliers d'enfants d'une prise en charge indispensable.
Cette situation dépasse largement la seule question budgétaire. Elle rappelle que la santé mondiale repose sur une responsabilité partagée. Aucun pays ne peut, à lui seul, mettre fin à une pandémie qui ignore les frontières. Renforcer les financements nationaux est une nécessité, mais cela ne dispense pas la communauté internationale de maintenir son engagement. Renoncer aujourd'hui aux investissements consentis depuis des décennies reviendrait à compromettre des acquis obtenus au prix d'efforts considérables. En matière de VIH, l'économie à court terme risque fort de coûter beaucoup plus cher demain, en vies humaines comme en stabilité sanitaire.
BIOTINE - ANALYSES MEDICAUX
La biotine, également connue sous le nom de vitamine B8, est largement utilisée dans les compléments alimentaires destinés à améliorer la santé des cheveux, de la peau et des ongles. Si elle est généralement considérée comme sans danger, sa prise à fortes doses peut toutefois avoir une conséquence souvent méconnue : perturber certains examens biologiques et conduire à des résultats erronés. Ce risque a conduit l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) à mettre en place, dès 2017, un important travail de surveillance des dispositifs de diagnostic in vitro.
L'origine du problème réside dans la conception de nombreux immunodosages. Ces techniques de laboratoire utilisent fréquemment le couple biotine-streptavidine pour détecter ou mesurer différentes substances présentes dans le sang. Lorsque la concentration de biotine est élevée chez un patient, celle-ci peut interférer avec la réaction analytique et modifier artificiellement le résultat du test.
Les investigations menées par l'ANSM auprès des fabricants ont mis en évidence l'ampleur du phénomène. Sur 573 réactifs utilisant la biotine dans leur schéma réactionnel, 246 se sont révélés sensibles à cette interférence. Les examens concernés couvrent un large éventail d'analyses, notamment les dosages hormonaux, les marqueurs tumoraux, certaines protéines spécifiques ainsi que plusieurs sérologies virales. La majorité de ces analyses sont réalisées sur des automates de laboratoire, mais quelques tests manuels, y compris au moins un autotest, sont également concernés. Les seuils d'interférence sont très variables selon les réactifs et, dans certains cas, des concentrations de biotine aussi faibles que 1 ng/ml suffisent à perturber le résultat.
Face à cette situation, l'ANSM demande aux fabricants d'évaluer systématiquement l'éventuelle interférence de la biotine lors de la constitution du dossier de marquage CE de leurs dispositifs et de mentionner clairement les résultats dans les notices d'utilisation lorsque cela est nécessaire.
L'agence insiste également sur le rôle des patients et des professionnels de santé. Toute personne prenant un traitement ou un complément alimentaire contenant de la biotine doit le signaler au laboratoire avant une prise de sang. Cette vigilance est également recommandée lors de l'utilisation d'autotests, dont la notice peut mentionner une possible interférence. Enfin, les biologistes médicaux sont invités à rechercher cette information, à adapter si besoin le choix du réactif utilisé et à en tenir compte lors de l'interprétation et de la validation des résultats. Ces mesures permettent de limiter le risque de diagnostics erronés et d'éviter des décisions thérapeutiques inappropriées.
VACCINATION - VRS
L’Académie nationale de médecine (France) appelle les pouvoirs publics à lever un obstacle majeur à la prévention des infections respiratoires chez les personnes âgées : l’absence de remboursement de la vaccination contre le virus respiratoire syncytial (VRS). Dans un communiqué publié le 31 mars 2026, elle estime que cette situation freine considérablement la couverture vaccinale des populations les plus à risque, alors même que les bénéfices de cette vaccination sont désormais largement démontrés.
Longtemps considéré comme un virus essentiellement responsable de la bronchiolite du nourrisson, le VRS est aujourd’hui reconnu comme une cause importante de maladies respiratoires sévères chez les personnes âgées et les patients immunodéprimés. Les seniors souffrant de maladies cardiovasculaires ou respiratoires chroniques sont particulièrement exposés aux complications. La transmission intrafamiliale est fréquente, notamment des jeunes enfants vers les grands-parents, faisant du VRS une infection intergénérationnelle.
Si l’impact réel du VRS en France demeure encore imparfaitement documenté, les données disponibles sont préoccupantes. Des études menées dans plusieurs pays européens montrent que cette infection est responsable d’un nombre important d’hospitalisations et de décès chez les personnes âgées. En Angleterre, plus de 8 000 décès annuels lui seraient attribués, dont 93 % concernent des personnes âgées de 65 ans ou plus. Au Danemark, son incidence chez les personnes de plus de 75 ans est comparable à celle de la grippe saisonnière.
Les conséquences médicales sont loin d’être anodines. L’infection multiplie par quatre le risque d’admission en soins intensifs et triple le risque de décès par rapport à des sujets non infectés. Elle s’accompagne également d’un coût hospitalier particulièrement élevé et augmente le risque de complications cardiovasculaires, à un niveau comparable à celui observé après une grippe ou une infection à SARS-CoV-2. Chez les personnes âgées, elle peut aussi accélérer la perte d’autonomie et favoriser le déclin fonctionnel après l’épisode infectieux.
Face à ce constat, les vaccins disponibles représentent une avancée majeure. Trois vaccins sont désormais autorisés dans l’Union européenne : Arexvy, Abrysvo et mResvia. Selon les données citées par l’Académie nationale de médecine, ils réduisent de 82 à 95 % les passages aux urgences, les hospitalisations et les formes graves chez les personnes de plus de 75 ans, avec une protection qui persiste pendant au moins trois ans.
En France, la Haute Autorité de santé recommande depuis juin 2024 la vaccination des personnes âgées de 75 ans et plus, et ces vaccins ont obtenu un avis favorable au remboursement dès octobre 2024. Pourtant, faute d’accord tarifaire entre les laboratoires pharmaceutiques et le Comité économique des produits de santé, ils ne sont toujours pas pris en charge par l’Assurance maladie. Cette situation explique une couverture vaccinale très faible, nettement inférieure à celle observée pour la grippe ou la Covid-19.
Pour remédier à cette situation, l’Académie nationale de médecine formule trois recommandations prioritaires : renforcer l’information du public sur la gravité du VRS chez les personnes âgées, améliorer la surveillance épidémiologique en France et conclure rapidement un accord permettant le remboursement de la vaccination chez les personnes de plus de 75 ans ainsi que chez les patients immunodéprimés, notamment les greffés. Selon l’institution, retarder davantage la mise en œuvre de ces mesures constitue désormais un véritable enjeu de santé publique.
INNOVATION - 2026
La Food and Drug Administration (FDA) poursuit son rythme soutenu d’autorisations de nouveaux médicaments en 2026. La mise à jour récente de sa liste des nouvelles spécialités pharmaceutiques approuvées confirme une tendance forte : l’innovation pharmaceutique s’accélère, avec des traitements toujours plus ciblés dans des domaines où les besoins médicaux restent importants, notamment en oncologie et en prévention cardiovasculaire.
Parmi les autorisations les plus marquantes figure JIDEYTRO (zidesamtinib), indiqué chez les adultes atteints d’un cancer bronchique non à petites cellules localement avancé ou métastatique présentant une altération du gène ROS1, après un traitement préalable par un inhibiteur de ROS1. Cette approbation illustre l’essor continu de la médecine de précision, qui repose sur l’identification de biomarqueurs moléculaires afin de proposer des traitements adaptés au profil génétique de chaque tumeur. Ces thérapies ciblées permettent d’améliorer les chances de réponse tout en limitant l’exposition à des traitements moins spécifiques.
Autre avancée majeure, la FDA a approuvé LIPFENDRA (enlicitide décanoate), premier inhibiteur oral de PCSK9 destiné à réduire le taux de LDL-cholestérol chez les adultes souffrant d’hypercholestérolémie, y compris les formes familiales hétérozygotes. Jusqu’à présent, cette classe thérapeutique était exclusivement disponible sous forme injectable. L’arrivée d’un traitement oral administré une fois par jour constitue donc une évolution importante, susceptible de faciliter l’observance des patients et d’élargir l’accès à une stratégie hypolipémiante particulièrement efficace.
Ces deux autorisations reflètent une évolution plus globale du développement pharmaceutique. Les laboratoires investissent désormais massivement dans des médicaments capables de cibler des mécanismes biologiques très précis, qu’il s’agisse d’altérations génétiques impliquées dans certains cancers ou de protéines clés intervenant dans le métabolisme lipidique. Cette approche ouvre la voie à des traitements plus personnalisés et potentiellement plus efficaces.
La liste des nouvelles approbations 2026 de la FDA montre également la diversité des innovations actuellement en cours. Elle comprend de nouveaux traitements dans des domaines aussi variés que les maladies rares, le diabète, l’hypertension artérielle, le psoriasis, les infections, les maladies inflammatoires ou encore les troubles psychiatriques. Cette dynamique témoigne d’un pipeline pharmaceutique particulièrement riche et de la capacité des autorités réglementaires à évaluer rapidement des médicaments répondant à des besoins médicaux non couverts.
Pour les professionnels de santé, ces autorisations constituent un indicateur précieux des évolutions thérapeutiques qui pourraient progressivement s’étendre à d’autres régions du monde. Même si une approbation par la FDA ne préjuge pas des décisions des autres agences réglementaires, elle annonce souvent les grandes tendances qui façonneront la pharmacothérapie dans les années à venir. Les avancées observées en 2026 confirment ainsi que la médecine personnalisée et les traitements ciblés s’imposent désormais comme les principaux moteurs de l’innovation pharmaceutique.
CONGRÈS DE LA FIP
À peine les projecteurs se sont-ils éteints sur la Coupe du monde de football organisée au Canada et aux États-Unis qu'un autre rendez-vous international s'apprête à mobiliser des milliers de participants. Cette fois, ce sont les pharmaciens, les scientifiques pharmaceutiques et les enseignants du monde entier qui convergeront vers Montréal à l'occasion du 84e Congrès mondial de la pharmacie et des sciences pharmaceutiques de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP), prévu du 30 août au 2 septembre 2026.
Placée sous le thème « One Health, One Pharmacy – Faire le lien entre la science, la pratique et l'éducation », cette édition mettra en lumière le rôle stratégique de la pharmacie dans l'amélioration de la santé mondiale. Les échanges porteront sur les innovations thérapeutiques, les nouveaux modèles d'exercice, l'accès équitable aux médicaments essentiels, le bon usage des traitements ainsi que le renforcement des soins de santé primaires et des systèmes d'approvisionnement pharmaceutique.
Le congrès réunira des délégations provenant de tous les continents. En parallèle des sessions scientifiques, les principales organisations pharmaceutiques régionales tiendront leurs réunions annuelles. Les 31 août et 1er septembre seront notamment consacrés aux rencontres des forums du Pacifique occidental, de l'EMRO (East Mediterranean Region), de l'African Pharmaceutical Forum (APF), du Pharmaceutical Forum of the Americas et de l'East Asian Pharmaceutical Forum.
Cette édition revêt également une dimension institutionnelle majeure. La FIP procédera à l'élection de son nouveau président, tandis que l'APF renouvellera sa gouvernance avec l'élection de son président ainsi que de plusieurs responsables en charge des sciences pharmaceutiques, de l'éducation et du développement de la main-d'œuvre.
Au-delà des conférences, cette rencontre constitue une occasion privilégiée pour les professionnels d'actualiser leurs connaissances, de découvrir les dernières avancées scientifiques, de nouer des collaborations internationales et d'échanger sur les défis communs auxquels la profession est confrontée. Les participants pourront également découvrir Montréal, métropole bilingue reconnue pour son dynamisme scientifique, son innovation et sa qualité de vie.
Alors que Kuala Lumpur accueillera l'édition 2027, tous les regards sont désormais tournés vers Montréal. À un mois de l'ouverture, les inscriptions restent ouvertes pour celles et ceux qui souhaitent participer à ce qui s'annonce comme la véritable Coupe du monde de la pharmacie.
Autres articles
À l'occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade, célébrée chaque année le 25 juillet, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté un nouveau programme technique destiné à aider les gouvernements et les collectivités à lutter plus efficacement contre un fléau encore largement sous-estimé. Baptisé PROTECT, ce cadre d'action rassemble sept stratégies fondées sur des preuves scientifiques afin de réduire durablement le nombre de décès liés à la noyade. Chaque année, près de 300 000 personnes perdent la vie par noyade dans le monde. Cette cause de décès figure toujours parmi les dix premières chez les enfants âgés de 5 à 14 ans. Les drames surviennent aussi bien dans les rivières, les lacs et les puits que dans les réservoirs d'eau ou les piscines. Plus préoccupant encore, plus de 90 % des décès sont enregistrés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les infrastructures de sécurité et les dispositifs de prévention restent souvent insuffisants. L'OMS souligne également que le changement climatique contribue à aggraver cette situation. Les vagues de chaleur, les inondations et les tempêtes, de plus en plus fréquentes, augmentent l'exposition des populations aux risques de noyade. Plusieurs études confirment ce lien. Au Royaume-Uni, par exemple, les chercheurs ont observé que le nombre de noyades augmente de 7,2 % pour chaque hausse de 1 °C de la température. Les journées où le thermomètre dépasse 25 °C présentent un risque de noyade près de cinq fois supérieur à celui observé lorsque la température reste inférieure à 10 °C. Pour répondre à cette menace croissante, l'OMS propose le programme PROTECT, un ensemble de recommandations concrètes qui traduit en actions opérationnelles la Stratégie mondiale de prévention de la noyade lancée en 2025 par l'Alliance mondiale pour la prévention de la noyade. Les sept axes d'intervention couvrent l'ensemble des situations à risque. Ils prévoient le développement d'infrastructures sécurisées aux abords des points d'eau, le renforcement des compétences en sauvetage et en réanimation, l'amélioration de la sécurité des travailleurs exposés aux milieux aquatiques, le renforcement des normes applicables au transport par voie d'eau, l'enseignement de la natation et des règles de sécurité aquatique dès le plus jeune âge, la mise en place de systèmes de surveillance des enfants et une meilleure préparation face aux inondations et aux autres catastrophes naturelles. «Chaque noyade est une tragédie, et la plupart pourraient être évitées», rappelle le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS. Selon lui, la prévention de la noyade ne relève pas d'un seul ministère mais nécessite une mobilisation coordonnée des secteurs de la santé, de l'éducation, des transports, de la protection civile et des collectivités locales. Le lancement officiel du programme PROTECT s'est déroulé au Ghana, un pays particulièrement concerné par cette problématique. On y estime qu'environ 1 100 personnes meurent chaque année par noyade, soit près de trois décès par jour, les enfants et les jeunes adultes étant les plus touchés. Ce choix illustre la volonté de l'OMS de mettre en avant les pays engagés dans des politiques ambitieuses de prévention afin d'encourager d'autres États à adopter des stratégies similaires. Ce programme s'inscrit dans une collaboration engagée depuis plus de dix ans entre l'OMS, les gouvernements et Bloomberg Philanthropies, partenaire majeur de cette initiative depuis 2014. Pour la Dre Kelly Henning, responsable du programme de santé publique de la fondation, PROTECT constitue un outil capable de sauver des milliers de vies en aidant les pays à mettre en œuvre des mesures de prévention dont l'efficacité est désormais largement démontrée. Placée sous le thème «S'unir pour inverser la tendance», la Journée mondiale de prévention de la noyade 2026 rappelle qu'une action collective et coordonnée demeure la meilleure réponse pour réduire durablement un nombre de décès qui reste, dans une très large majorité des cas, évitable.
Abderrahim Derraji - 28 juillet 2026 09:45Le laboratoire pharmaceutique Novopharma a annoncé, dans une note d’information datée du 23 juillet 2026, la suspension de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de six spécialités dont il est détenteur de l’AMM. Ces suspensions d’AMM font suite à une décision de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS), prise le 22 juillet 2026. Cette mesure s’accompagne d’un arrêt immédiat de la distribution ainsi que du rappel des lots concernés auprès des différents circuits de distribution. Dans ce document adressé aux professionnels du secteur, le laboratoire précise que cette décision concerne plusieurs médicaments commercialisés sous différentes formes pharmaceutiques. Les spécialités citées sont Flustaph (125 mg et 250 mg, poudre pour suspension buvable), Torva (10 mg et 20 mg, comprimés enrobés), Dispamox (125 mg, 250 mg et 500 mg, poudre pour suspension buvable), Roxam 20 mg (sachets), Agiderm 2 % (crème) ainsi que Fer Novopharma 40 mg (solution buvable). À la suite de cette suspension, Novopharma demande à l’ensemble de ses partenaires de mettre en œuvre plusieurs mesures sans délai. Les pharmacies, les grossistes-répartiteurs et les autres acteurs concernés sont invités à cesser immédiatement toute commercialisation et distribution des spécialités visées, à mettre en quarantaine les stocks disponibles, à retourner les lots concernés au laboratoire dans le cadre de la procédure de rappel, puis à transmettre un état précis de leurs stocks en indiquant les quantités isolées ou, le cas échéant, l’absence de stock. À ce stade, le courrier de Novopharma ne précise ni les motifs ayant conduit l’AMMPS à suspendre les autorisations de mise sur le marché, ni si cette décision est liée à un problème de qualité, de sécurité, de conformité réglementaire ou à une autre raison. Cependant, sur son site internet (https://www.ammps.gov.ma/alertes-et-rappels/rappel-de-lots-de-specialites-pharmaceutiques-et-dun-produit-de-sante), l’AMMPS indique, dans une alerte du 10 juillet 2026, la raison de sa décision : « Ce rappel fait suite à la détection d’une non-conformité relevée lors d’une inspection. » L’Agence indique également les spécialités pharmaceutiques concernées par le rappel de lots ainsi que les actions correctives. Pour les pharmaciens d’officine, cette décision implique une vigilance particulière. Il est essentiel d’identifier rapidement les produits concernés dans les stocks, de suspendre leur délivrance aux patients et d’appliquer rigoureusement les procédures de rappel afin de garantir la sécurité du circuit pharmaceutique et le respect des exigences réglementaires. Cette suspension rappelle enfin l’importance du système de surveillance des médicaments mis en place par l’AMMPS, dont la mission est de veiller à ce que seules des spécialités répondant aux exigences de qualité, d’efficacité et de sécurité demeurent disponibles sur le marché marocain. Des précisions complémentaires de l’autorité sanitaire ou du laboratoire sont attendues.
Abderrahim Derraji - 27 juillet 2026 10:35Le Conseil de gouvernement vient d'approuver le projet de décret n°2.25.631 modifiant les modalités de fixation du prix public de vente des médicaments. Les objectifs affichés sont difficiles à contester : améliorer l'accès aux traitements, réduire le reste à charge des patients, préserver l'équilibre financier des organismes d'assurance maladie et renforcer la compétitivité de l'industrie pharmaceutique nationale. Sur le papier, la démarche est séduisante. Dans la réalité, son efficacité dépendra de nombreux facteurs qui dépassent largement la seule question du prix. Le texte prévoit notamment de retenir le prix le plus bas observé dans les pays de référence pour fixer le prix des médicaments princeps, de réduire la majoration des médicaments importés, de revoir les modalités de fixation des prix des génériques et des biosimilaires, ainsi que d'accélérer la fréquence des révisions tarifaires. Ces mesures devraient, en théorie, alléger la facture des patients et des caisses d'assurance maladie. Pourtant, l'expérience invite à la prudence. La réforme tarifaire de 2014 n'a pas entraîné l'augmentation de la consommation des médicaments qui était espérée. Pendant plusieurs années, celle-ci est restée quasiment stable. La hausse observée après 2020 s'explique davantage par la pandémie de Covid-19 puis par la généralisation progressive de l'Assurance maladie obligatoire que par la baisse des prix elle-même. La véritable limite réside ailleurs. Au Maroc, le principal obstacle financier n'est pas uniquement le prix du médicament, mais l'importance du reste à charge sur l'ensemble du parcours de soins. À titre d’exemple : les Tarifs nationaux de référence, qui servent de base au remboursement des consultations, sont devenus totalement déconnectés des tarifs réellement pratiqués. Une consultation chez un médecin généraliste coûte aujourd'hui entre 150 et 250 dirhams, alors que les remboursements restent calculés sur une base de 80 dirhams. Les assurés récupèrent ainsi environ 56 dirhams auprès de la CNSS et 64 dirhams auprès de la CNOPS, soit bien moins de la moitié du coût réel d'une consultation. Dans ces conditions, de nombreux patients renoncent à consulter et choisissent d'acheter directement leurs médicaments, parfois au détriment d'un suivi médical approprié. Cette réforme soulève également une autre question essentielle : celle de l'économie officinale. Depuis des décennies, les revenus des pharmacies reposent principalement sur une marge proportionnelle au prix des médicaments. Chaque baisse des prix des médicaments réduit donc mécaniquement leurs ressources, sans qu'aucune rémunération ne vienne reconnaître les missions de santé publique qu'elles assurent quotidiennement. Or les attentes envers les pharmaciens ne cessent de croître. Accompagnement des patients chroniques, amélioration de l'observance, prévention des interactions médicamenteuses, participation aux actions de dépistage et de prévention : autant de missions qui contribuent directement à la maîtrise des dépenses de santé. Rappelons qu'au Maroc, les patients atteints d'au moins une affection de longue durée (ALD) représentaient déjà plus de la moitié des dépenses de l'Assurance maladie obligatoire. Réduire le prix des médicaments est un objectif légitime. Mais une politique pharmaceutique ne peut réussir si elle fragilise simultanément le réseau officinal et compromet la disponibilité des traitements. Dans un contexte où les pénuries deviennent structurelles à l'échelle mondiale, la recherche du prix le plus bas ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité d'approvisionnement. Le véritable défi consiste à construire un modèle où les patients, les organismes d'assurance maladie, l'industrie pharmaceutique et les pharmacies trouvent enfin un équilibre durable.
Abderrahim Derraji - 25 juillet 2026 11:00Les agonistes des récepteurs du GLP-1, devenus incontournables dans le traitement du diabète de type 2 et de l'obésité, continuent de faire l'objet d'une surveillance étroite concernant leurs effets indésirables. Une nouvelle étude publiée dans «The BMJ» apporte un éclairage rassurant mais important: ces médicaments sont bien associés à un risque accru de chute de cheveux, mais cet effet reste rare et, dans la majorité des cas, réversible. Le sémaglutide et le tirzépatide, largement utilisés pour favoriser la perte de poids et améliorer le contrôle glycémique, avaient déjà fait l'objet de nombreux témoignages de patients rapportant une perte de cheveux. Jusqu'à présent, les données scientifiques restaient limitées. Cette nouvelle étude confirme l'existence d'une association entre les traitements à base de GLP-1 et l'apparition d'une alopécie cliniquement diagnostiquée. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux électroniques de patients atteints de diabète de type 2 traités soit par un agoniste des récepteurs du GLP-1, soit par un inhibiteur de SGLT-2, soit par un inhibiteur de DPP-4. Les résultats montrent que les patients sous GLP-1 présentaient un risque de chute de cheveux supérieur de 37 % par rapport à ceux traités par un inhibiteur de SGLT-2 et de 68 % par rapport à ceux recevant un inhibiteur de DPP-4. Ces pourcentages peuvent paraître élevés, mais ils doivent être interprétés avec prudence. Les auteurs insistent sur le fait que le risque absolu demeure faible. Autrement dit, la grande majorité des patients traités par ces médicaments ne développeront pas d'alopécie. De plus, les cas observés étaient le plus souvent réversibles, les follicules pileux n'étant pas détruits. Une repousse des cheveux est donc généralement possible après l’arrêt du traitement. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette alopécie. Les spécialistes rappellent qu'une perte de poids rapide constitue, à elle seule, un facteur bien connu de chute de cheveux. La diminution importante des apports caloriques peut entraîner un stress physiologique ainsi que des carences en micronutriments essentiels, notamment en fer, en zinc ou en biotine, susceptibles de perturber le cycle normal de croissance des cheveux. Les modifications hormonales induites par les agonistes des récepteurs du GLP-1 pourraient également intervenir, même si leur rôle exact reste à démontrer. Au-delà de son caractère bénin sur le plan médical, la chute de cheveux peut avoir un impact psychologique important. Elle est susceptible d'altérer l'image de soi, la qualité de vie et, surtout, l'adhésion au traitement. Pour cette raison, les auteurs estiment que les patients doivent être informés de ce risque potentiel avant le démarrage du traitement, sans pour autant remettre en cause les bénéfices majeurs des agonistes des récepteurs du GLP-1 dans la prise en charge du diabète, de l'obésité et de la prévention des complications cardiovasculaires. Les chercheurs concluent que des études complémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes responsables de cette alopécie et identifier les patients les plus susceptibles de présenter cet effet indésirable.
Abderrahim Derraji - 25 juillet 2026 10:57Longtemps perçu comme un produit festif sans réelle dangerosité, le protoxyde d’azote est aujourd’hui considéré comme une véritable menace de santé publique. Face à l’augmentation constante de sa consommation à des fins récréatives et à la multiplication des complications graves, l’Académie nationale de médecine a appelé, le 7 juillet 2026, à renforcer les mesures de lutte contre ce phénomène. Quelques jours plus tard, le Parlement a adopté la loi Ripost, qui marque un tournant majeur dans la réglementation de ce gaz psychoactif. À compter du 1er février 2027, la vente de protoxyde d’azote aux particuliers sera interdite en France, de même que son utilisation à des fins non médicales. Les contrevenants s’exposeront à une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. Cette décision traduit la volonté des autorités de mettre fin à une consommation qui continue de progresser malgré les mesures déjà prises, notamment l’interdiction de vente aux mineurs en 2021 et la réglementation des formats commercialisés en 2023. Le succès du protoxyde d’azote s’explique par plusieurs facteurs : son faible coût, sa grande facilité d’accès, une perception erronée de son innocuité et des effets brefs qui rendent sa consommation discrète. Initialement observé dans les milieux festifs alternatifs, son usage s’est progressivement diffusé dans les universités, notamment chez les étudiants en médecine, avant de toucher les adolescents et les jeunes adultes. Les chiffres témoignent de cette progression. En 2021, 5,5 % des élèves de troisième déclaraient avoir déjà expérimenté le protoxyde d’azote. En 2024, cette proportion atteignait 5,8 % chez les lycéens. Chez les jeunes de 18 à 24 ans, 14 % avaient déjà essayé ce gaz et plus de 3 % en avaient consommé au cours de l’année. Les étudiants en médecine apparaissent particulièrement concernés : selon les enquêtes, entre 11 % et plus d’un tiers d’entre eux déclarent une consommation récréative, certains présentant même des troubles de l’usage. Parallèlement à cette diffusion, les complications médicales ne cessent d’augmenter. Santé publique France rapporte que le nombre de cas graves signalés aux centres d’addictovigilance a été multiplié par près de quatre entre 2020 et 2023. Pour la première fois, deux nouveau-nés présentant des troubles neurologiques ont également été signalés après une exposition prénatale liée à une consommation répétée pendant la grossesse. Les effets indésirables du protoxyde d’azote peuvent être immédiats ou apparaître après une consommation répétée. Les intoxications aiguës provoquent principalement des nausées, des céphalées, des troubles de l’équilibre, des pertes de connaissance, voire un arrêt respiratoire dans les situations les plus sévères. L’inhalation directe à partir des cartouches expose également à des brûlures par le froid. Les conséquences à long terme sont encore plus préoccupantes. En inactivant la vitamine B12, le protoxyde d’azote entraîne une atteinte neurologique parfois irréversible. Les patients peuvent développer des paresthésies, des troubles de la mémoire, des difficultés à marcher, des troubles cognitifs, ainsi que des anomalies hématologiques, musculaires et sphinctériennes. Pour l’Académie nationale de médecine, le renforcement de la législation constitue une étape indispensable, mais il devra s’accompagner d'une meilleure information du public, d'actions de prévention ciblées et d'une vigilance accrue des professionnels de santé afin d'enrayer durablement cette nouvelle forme d'addiction.
Abderrahim Derraji - 25 juillet 2026 10:55L’annonce du président américain Donald Trump d’imposer progressivement des droits de douane pouvant atteindre 200 % sur les médicaments génériques importés suscite de vives inquiétudes en Europe. Pour le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, cette décision constitue un signal d’alarme qui appelle une réponse coordonnée de l’Union européenne afin de préserver la sécurité d’approvisionnement en médicaments et la compétitivité de l’industrie pharmaceutique européenne. Les États-Unis représentent un marché stratégique pour de nombreux fabricants européens de médicaments, et plus particulièrement pour la Belgique, dont le secteur pharmaceutique constitue l’un des principaux moteurs de l’économie. Surnommée la «Pharma Valley», la Belgique exporte une grande partie de sa production pharmaceutique vers les États-Unis. Selon l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), ces échanges génèrent un excédent commercial de 10,7 milliards d’euros en faveur de la Belgique, illustrant l’importance de cette relation économique. Donald Trump a détaillé son projet sur sa plateforme Truth Social. À partir du 1er août 2026, les médicaments génériques continueront d’entrer sur le marché américain sans droits de douane pendant une période transitoire de deux ans. À compter d’août 2028, ils seront frappés par une taxe de 100 % pendant un an, avant de voir ce taux doubler pour atteindre 200 %. Selon le président américain, cette stratégie vise à contraindre les industriels étrangers à relocaliser leurs capacités de production aux États-Unis. Les entreprises qui choisiront de ne pas investir sur le territoire américain s’exposeraient ainsi à une forte perte de compétitivité sur le premier marché pharmaceutique mondial. Pour Maxime Prévot, cette approche protectionniste risque d’avoir des conséquences bien au-delà des seuls échanges commerciaux. Il rappelle que les chaînes de production du médicament sont aujourd’hui mondialisées et reposent sur une interdépendance entre les différents pays producteurs de principes actifs, de matières premières et de produits finis. L’instauration de barrières tarifaires pourrait donc entraîner une augmentation des coûts de fabrication, perturber les flux d’approvisionnement et, à terme, fragiliser l’accès des patients aux traitements essentiels. Le ministre belge estime que cette situation exige une réaction collective de l’Union européenne. Il plaide pour une stratégie commune capable de défendre simultanément l’innovation pharmaceutique, la compétitivité industrielle et la sécurité des approvisionnements. Jusqu’à présent, les médicaments génériques échappaient aux droits de douane instaurés par Washington sur les produits pharmaceutiques. Leur inclusion dans cette nouvelle offensive commerciale marque un tournant qui pourrait profondément modifier les équilibres du marché mondial du médicament et ouvrir une nouvelle phase de tensions économiques entre les États-Unis et l’Europe.
Abderrahim Derraji - 25 juillet 2026 10:51La Chine est en train de bouleverser l'équilibre mondial de l'industrie pharmaceutique. Longtemps considérée comme un simple site de production de médicaments ou de principes actifs, elle s'affirme désormais comme un acteur majeur de l'innovation thérapeutique. Ce changement de statut s'est accéléré après la présentation, en 2024, des résultats particulièrement prometteurs de l'ivonescimab, un anticancéreux développé en Chine, qui a attiré l'attention de l'ensemble de la communauté scientifique internationale. Ce succès traduit la montée en puissance d'un écosystème de recherche qui ne cesse de gagner en maturité. Les biotechnologies chinoises multiplient désormais les découvertes et attirent les plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux. Les accords de licence, les partenariats stratégiques et les programmes de recherche communs se comptent aujourd'hui en milliards de dollars, témoignant d'un profond changement dans les rapports de force entre l'Occident et la Chine. Cette réussite repose notamment sur une stratégie menée depuis plusieurs années pour faire revenir les scientifiques chinois formés à l'étranger. Beaucoup de chercheurs ayant effectué leur carrière aux États-Unis ou en Europe choisissent désormais de rentrer dans leur pays afin de participer à cette dynamique. À Suzhou, devenue l'un des principaux pôles biotechnologiques du pays, ces chercheurs sont surnommés les «tortues de mer», une référence à ces animaux qui reviennent pondre sur la plage où ils sont nés. La ville accueille aujourd'hui près de 650 entreprises de biotechnologie créées ces dernières années, illustrant l'extraordinaire dynamisme du secteur. L'essor des biotechs chinoises ne séduit pas uniquement les industriels. Les investisseurs internationaux participent eux aussi à cette expansion. De nombreux laboratoires américains concluent désormais des partenariats de recherche avec leurs homologues chinois afin d'accéder à leurs plateformes technologiques et à leurs innovations. Certaines entreprises chinoises vont même jusqu'à entrer au capital de sociétés américaines. L'exemple de Jiangsu Hengrui, devenu actionnaire important de la biotech américaine Kaleira lors de son introduction au Nasdaq, illustre l'interdépendance croissante des deux écosystèmes. Cette évolution suscite toutefois de vives inquiétudes aux États-Unis. Plusieurs responsables politiques estiment que ces collaborations pourraient renforcer la position stratégique de la Chine dans un secteur considéré comme essentiel à la souveraineté nationale. Un projet de loi, le Biotech Investment National Security Act, vise ainsi à soumettre les investissements et partenariats pharmaceutiques avec la Chine à un contrôle comparable à celui déjà appliqué aux technologies sensibles. Au-delà des tensions géopolitiques, cette transformation traduit surtout une réalité nouvelle. La Chine n'est plus seulement l'usine du médicament mondial ; elle en devient progressivement l'un des principaux moteurs d'innovation. Cette évolution pourrait redessiner durablement la carte mondiale de la recherche pharmaceutique et accélérer la compétition internationale dans le développement des traitements de demain.
Abderrahim Derraji - 22 juillet 2026 19:23Le Syndicat des pharmaciens de la Wilaya du Grand Casablanca a renouvelé les membres de son bureau à l'issue de son Assemblée Générale, tenue le mardi 12 mai 2026 à la Maison du Pharmacien. Cette réunion a abouti à l'élection d'un nouveau bureau appelé à conduire les actions du syndicat et à défendre les intérêts de ses membres. Les membres élus ont procédé à la répartition des responsabilités. Oualid Amri Toudrhi a été élu président. Il sera épaulé par Omar Rais, premier vice-président, et Abdelali Bensalah, deuxième vice-président. Le poste de secrétaire général revient à Ahmed Hachad, assisté de Najia Rguibi en qualité de secrétaire générale adjointe. La gestion financière du syndicat sera assurée par Hassan Zarhloule, trésorier général, secondé par Zoubeir Ennaki, trésorier général adjoint. Le bureau est complété par deux assesseurs, Ilham Lahlou et Mohamed Amine Bennani. À l'occasion de son élection, le nouveau président a tenu à adresser un message aux pharmaciens de la Wilaya du Grand Casablanca. Il a réaffirmé la volonté de la nouvelle équipe de placer son mandat sous le signe de l'engagement, du dialogue et de la défense des intérêts de la profession. «Le nouveau bureau s'engage à représenter et à défendre les intérêts de la profession avec sérieux et engagement. Nous comptons sur la confiance de nos membres, leur soutien et leur participation afin de faire avancer ensemble la profession », a déclaré Oualid Amri Toudrhi, président du Syndicat des pharmaciens de la Wilaya du Grand Casablanca. Cette nouvelle gouvernance prend ses fonctions dans un contexte où la profession pharmaceutique est confrontée à de nombreux défis. Les questions liées à l'évolution du cadre réglementaire, aux conditions d'exercice de l'officine, à la rémunération des pharmaciens, à l'accès aux médicaments ainsi qu'à la transformation numérique du secteur figurent parmi les dossiers majeurs qui mobilisent la profession. Le nouveau bureau aura ainsi pour mission de renforcer le dialogue avec les autorités de tutelle et les différents partenaires du secteur, tout en accompagnant les pharmaciens face aux mutations que connaît l'exercice officinal. Il devra également favoriser la cohésion entre les professionnels et promouvoir des initiatives susceptibles d'améliorer les conditions d'exercice et la qualité des services rendus aux patients. Par cette élection, le Syndicat des pharmaciens de la Wilaya du Grand Casablanca ouvre une nouvelle étape de son histoire, avec l'ambition de fédérer les pharmaciens autour d'une vision commune et de contribuer activement au développement de la profession au service de la santé publique.
Abderrahim Derraji - 20 juillet 2026 17:43Pendant longtemps, les compléments alimentaires ont évolué dans une zone grise. Ni tout à fait aliments, ni véritablement médicaments, ils ont progressivement envahi les rayons des parapharmacies, des grandes surfaces, des salles de sport et, plus récemment, des plateformes de vente en ligne. Leur image de produits « naturels » leur a conféré à tort une réputation d'innocuité. L'adoption par le Conseil de gouvernement du projet de décret fixant la liste des compléments alimentaires relevant du monopole pharmaceutique constitue donc une étape importante. Elle traduit enfin une évidence que les pharmaciens défendent depuis des années : certains compléments alimentaires ne sont pas des produits anodins. Leur utilisation peut entraîner des effets indésirables, des interactions médicamenteuses parfois graves, voire compromettre l'efficacité de traitements essentiels. Ce décret mérite d'être salué. Il reconnaît officiellement que la sécurité du patient doit prévaloir sur les seuls intérêts commerciaux. Il rappelle aussi que le pharmacien n'est pas un simple vendeur de produits de santé, mais un professionnel formé pour évaluer les risques, détecter les interactions, prévenir les contre-indications et accompagner le bon usage de ces produits. Mais faut-il pour autant parler de révolution ? Certainement pas. Les informations disponibles laissent entendre que la liste des substances concernées serait limitée à quelques compléments seulement. Si cela se confirme lors de la publication officielle du texte, nous serons davantage en présence d'un signal politique que d'une véritable réforme structurelle. Car la réalité du marché est tout autre. Des milliers de compléments alimentaires sont aujourd'hui commercialisés au Maroc. Certains renferment des doses élevées de vitamines, de minéraux ou d'extraits végétaux dont les effets pharmacologiques sont bien documentés. D'autres revendiquent des bénéfices sur le sommeil, la perte de poids, la mémoire, la fertilité ou les performances sportives, sans que le consommateur mesure toujours les risques encourus. La question n'est donc pas de savoir si neuf substances doivent relever du monopole pharmaceutique. La véritable question est de déterminer selon quels critères scientifiques une substance mérite d'être délivrée sous le contrôle du pharmacien. C'est cette logique qu'il faudra désormais construire, en s'appuyant sur les données de pharmacovigilance, les recommandations des agences sanitaires et l'évolution des connaissances scientifiques. Cette réforme soulève également une autre interrogation. Qui protégera réellement le consommateur si les produits les plus sensibles restent accessibles en quelques clics sur Internet ou via des circuits échappant largement au contrôle des autorités ? Le meilleur décret perdra une grande partie de son efficacité s'il ne s'accompagne pas d'une surveillance renforcée des circuits de commercialisation et d'une lutte contre les allégations trompeuses. Au-delà de son impact réglementaire, ce texte remet surtout le pharmacien au cœur de sa véritable mission. Chaque jour, dans les officines, des patients demandent de la mélatonine, de la vitamine D, du fer, des produits minceur ou des compléments destinés à améliorer les performances physiques. Derrière une demande en apparence banale peuvent se cacher une grossesse, une insuffisance rénale, un traitement anticoagulant, une maladie thyroïdienne ou un risque d'interaction médicamenteuse. Seul un professionnel de santé est en mesure d'identifier ces situations et de délivrer un conseil personnalisé. Cette responsabilité constitue la véritable valeur ajoutée de l'officine. Elle mérite d'être reconnue, mais aussi pleinement assumée. Espérons maintenant que ce décret ne restera pas une initiative isolée. Il devra évoluer au rythme des connaissances scientifiques, intégrer progressivement les substances dont le profil de risque le justifie et s'inscrire dans une politique nationale cohérente de sécurisation des compléments alimentaires. Le texte adopté par le gouvernement ouvre une porte. Il appartient désormais aux autorités sanitaires d'avoir le courage de l'ouvrir davantage, afin que le développement de ce marché ne se fasse plus au détriment de la sécurité des patients. Car, au fond, le véritable enjeu n'est pas de savoir où l'on vend les compléments alimentaires. Il est de savoir qui est le mieux placé pour garantir leur bon usage.Et sur cette question, la réponse ne devrait souffrir d'aucune ambiguïté.
Abderrahim Derraji - 20 juillet 2026 15:58L’Hexagone franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté sanitaire avec la relocalisation de la production de la colchicine, un médicament essentiel dans le traitement de la goutte. Le laboratoire français Mayoly a inauguré une nouvelle chaîne de fabrication à Auxerre, marquant le retour sur le territoire national de la production de cette spécialité jusqu’alors assurée en Europe de l’Est. Cette décision répond à la volonté de sécuriser l’approvisionnement d’un médicament considéré comme stratégique et de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des chaînes de production étrangères. La colchicine est aujourd’hui le traitement de référence des crises de goutte et bénéficie à près de 600 000 patients en France. Son importance thérapeutique lui a valu d’être inscrite sur la liste des médicaments essentiels établie par les autorités françaises en 2023. Cette classification vise à renforcer la résilience de la chaîne du médicament en limitant les risques de rupture de stock qui ont touché de nombreux produits ces dernières années. Jusqu’à récemment, la fabrication de la colchicine était confiée à un sous-traitant implanté en Europe de l’Est. Lorsque ce dernier a décidé de mettre fin à cette activité, Mayoly a dû repenser son organisation industrielle. Plutôt que de rechercher un nouveau partenaire à l’étranger, le laboratoire a choisi de rapatrier la production en France. Pour concrétiser ce projet, Mayoly s’est associé à Galie. Le laboratoire investit 2,5 millions d’euros tandis que Galien consacre 500 000 euros à cette nouvelle unité de production. À terme, le site devrait être capable de produire environ trois millions de boîtes par an, destinées aussi bien au marché français qu’à l’exportation. Les premières commercialisations sont toutefois attendues seulement à partir de la mi-2027, le temps d’achever les différentes étapes réglementaires et industrielles. Pour les pouvoirs publics, cette relocalisation constitue un exemple concret de la politique menée en faveur de l’indépendance sanitaire. Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a souligné que la souveraineté ne pouvait se construire qu’à travers des décisions industrielles fortes permettant de garantir un accès durable aux médicaments essentiels. Cette démarche vise également à limiter les conséquences des crises internationales sur l’approvisionnement en produits de santé. Cette ambition a néanmoins un coût. Selon Mayoly, produire la colchicine en France revient à environ deux fois plus cher que dans les anciens sites de fabrication. L’entreprise assume ce choix, estimant que le prix de la souveraineté se justifie par la sécurité d’approvisionnement qu’il procure ainsi que par son impact positif sur l’économie nationale et la balance commerciale. Cette hausse des coûts relance toutefois la question du financement de ces productions stratégiques. Le prix actuel de la colchicine remboursée ne permet pas de couvrir les coûts d’une fabrication française. Des discussions devraient donc être engagées avec les autorités chargées de fixer les tarifs des médicaments afin de trouver un équilibre entre maîtrise des dépenses de santé, pérennité industrielle et sécurisation de l’accès à un traitement indispensable pour des centaines de milliers de patients.
Abderrahim Derraji - 20 juillet 2026 15:51
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