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INNOVATION
Développer un médicament n’a jamais été à la portée du premier laboratoire venu. Mais les chiffres atteignent désormais des sommets. Le coût moyen de développement d’un nouveau médicament a atteint 2,2 milliards de dollars en 2024, soit 65 % de plus qu’en 2014. Même en tenant compte de l’inflation, la hausse reste d’environ 25 %.
De quoi alimenter un débat aussi ancien que sensible. Le prix élevé des médicaments innovants est-il réellement le prix à payer pour financer l’innovation ?
Il faut d’abord reconnaître une réalité. La recherche pharmaceutique est devenue considérablement plus complexe. Nous sommes loin de l’époque où l’innovation reposait essentiellement sur de petites molécules chimiques. Anticorps monoclonaux, thérapies géniques et cellulaires, ARN messager… la médecine s’attaque aujourd’hui à des mécanismes biologiques extrêmement sophistiqués, parfois encore mal compris.
Les essais cliniques ont suivi la même tendance. Un protocole de phase 3 comportait en moyenne 19 critères d’évaluation en 2025, soit 30 % de plus qu’en 2012. Plus spectaculaire encore, le volume moyen de données recueillies est passé de 930 000 points en 2012 à près de 6 millions en 2025.
À cela s’ajoute une difficulté croissante à recruter les patients. La médecine de précision réduit les populations éligibles. Il ne suffit plus d’avoir un cancer du poumon, par exemple. Il faut parfois présenter une mutation déterminée, un biomarqueur particulier et répondre à de multiples autres critères.
Et puis il y a tous les médicaments qui ne verront jamais les rayons d’une officine ou d’une pharmacie hospitalière. Moins de 7 % des molécules entrant en phase 1 obtiennent finalement une autorisation de mise sur le marché. En 2024, les vingt plus grandes entreprises biopharmaceutiques auraient dépensé 7,7 milliards de dollars dans des essais portant sur des médicaments qui n’ont finalement jamais été commercialisés.
L’innovation coûte donc incontestablement cher.
Mais reconnaître cette réalité ne signifie pas pour autant signer un chèque en blanc à l’industrie pharmaceutique.
Car une question essentielle demeure. Combien coûte réellement le développement de chaque médicament ? Sur ce point, l’opacité reste considérable. Les laboratoires publient rarement les dépenses attribuables à un produit précis et les estimations disponibles reposent sur des méthodologies différentes.
C’est pourtant là que se joue une partie du débat sur l’accès aux traitements. Comment déterminer si un prix de plusieurs dizaines, voire de plusieurs centaines de milliers de dollars, est justifié lorsque celui qui le fixe est pratiquement le seul à connaître la véritable structure de ses coûts ?
Il ne s’agit pas d’opposer les patients à l’industrie pharmaceutique. Sans rentabilité, pas d’investissement. Sans recherche, pas d’innovation. Mais sans transparence, pas de confiance.
Et lorsqu’il s’agit de médicaments capables de sauver ou de prolonger des vies, la confiance est primordiale.
SOURCE : swissinfo.ch
CONTRE FAÇON - RÉTATRUTIDE
La contrefaçon de médicaments franchit une nouvelle étape particulièrement inquiétante. Jusqu’à présent, les trafiquants copiaient essentiellement des médicaments déjà autorisés et commercialisés. Désormais, ils proposent sur Internet des médicaments qui n’ont pas encore franchi avec succès les différentes phases des essais cliniques et qui, de ce fait, n’ont pas obtenu d’autorisation de mise sur le marché (AMM).
Le rétatrutide en est un exemple emblématique. Cette molécule expérimentale, développée dans le traitement de l’obésité, agit simultanément sur trois récepteurs hormonaux, ceux du glucagon, du GIP et du GLP-1. Les résultats prometteurs obtenus lors des essais de phase II, notamment sur la perte de poids et l’amélioration de la stéatose hépatique, ont suscité un intérêt considérable.
Mais le rétatrutide est toujours en phase III de développement. Il ne dispose donc actuellement d’aucune AMM. Cela n’empêche pourtant pas des produits prétendument à base de rétatrutide d’être proposés illégalement sur différents sites Internet et à travers les réseaux sociaux.
L’Académie nationale de pharmacie française alerte sur ce phénomène, qu’elle considère comme une nouvelle forme de falsification. La situation est d’autant plus préoccupante que les consommateurs n’ont aucune garantie quant à la composition de ces produits, à leur dosage, à leur pureté ou à leurs conditions de fabrication. Rien ne permet même d’affirmer qu’ils contiennent réellement la molécule annoncée.
Les autorités sanitaires ont commencé à réagir. Depuis 2024, la FDA américaine a adressé des lettres d’avertissement à seize sociétés de télésanté commercialisant du rétatrutide. En France, l’ANSM alerte depuis fin 2025 sur les dangers liés à l’achat d’analogues du GLP-1 contrefaits et lutte contre leur vente et leur promotion illégales.
Le phénomène pourrait malheureusement dépasser largement le domaine de l’obésité. L’Académie redoute que cette nouvelle stratégie des faussaires ne concerne demain d’autres innovations très attendues, notamment les peptides, les anticorps monoclonaux, les oligonucléotides ou encore les thérapies géniques et cellulaires.
Le succès mondial des nouveaux traitements contre l’obésité aiguise manifestement les appétits. Mais cette fois, les trafiquants n’attendent même plus qu’un médicament soit officiellement autorisé et commercialisé pour le contrefaire.
Une raison supplémentaire de rappeler qu’un médicament ne s’achète pas sur un réseau social.
TAVENOS
Le Tavneos (avacopan), médicament utilisé dans le traitement de certaines vascularites rares, est désormais retiré du marché européen. En France, les pharmacies ont reçu, à la mi-août 2026, l’instruction de retirer l’ensemble des boîtes encore disponibles. Cette décision intervient après le signalement, au Japon, d’une vingtaine de décès chez des patients traités par l’avacopan, dont certains étaient associés à de graves atteintes hépatiques.
Autorisé dans l’Union européenne depuis janvier 2022, Tavneos était indiqué chez l’adulte dans le traitement de deux vascularites rares et sévères, la granulomatose avec polyangéite et la polyangéite microscopique. L’avacopan agit en bloquant un récepteur impliqué dans les mécanismes inflammatoires responsables des lésions vasculaires.
En France, environ 600 patients seraient actuellement traités. Les autorités sanitaires leur demandent de ne surtout pas interrompre leur traitement de leur propre initiative. Un arrêt brutal pourrait en effet favoriser une reprise de la maladie. Les patients concernés doivent contacter rapidement leur médecin afin d’envisager une alternative thérapeutique.
La décision européenne est l’aboutissement d’une réévaluation engagée après l’apparition de nouvelles données de sécurité. Fin juin 2026, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait recommandé le retrait de l’autorisation de mise sur le marché. Cette recommandation a été entérinée par la Commission européenne le 4 août 2026. En France, le rappel des lots de Tavneos dosés à 10 mg a débuté le 19 août 2026.
L’alerte était initialement venue du Japon, où le médicament est commercialisé depuis 2022. Kissei Pharmaceutical a signalé au printemps 2026 une vingtaine de décès survenus chez des patients exposés au traitement, certains étant associés à de graves atteintes hépatiques. Le laboratoire avait alors alerté les professionnels de santé et demandé l’arrêt des nouvelles prescriptions. Pour plusieurs cas, toutefois, le lien de causalité direct avec l’avacopan n’a pas pu être formellement établi.
Au-delà de ces signalements, les autorités européennes ont également réexaminé les données ayant permis l’autorisation initiale du médicament. Des interrogations concernant la fiabilité de l’étude clinique principale ont contribué à cette nouvelle évaluation.
Après quatre années de commercialisation, la balance bénéfice-risque de Tavneos n’est donc plus considérée comme favorable, conduisant à son retrait du marché européen et à la nécessité de proposer rapidement une alternative aux patients concernés.
PSYCHOTROPES
Une affaire de trafic présumé de médicaments psychotropes impliquant un pharmacien et son assistant vient d’être mise au jour à Casablanca. Trois personnes ont été interpellées dans le cadre de cette enquête menée par les services de sécurité d’El FidaMers Sultan, en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).
L’affaire a débuté par l’arrestation, sur la voie publique, d’un homme soupçonné de commercialiser illégalement des médicaments psychotropes normalement délivrés sur prescription médicale. Lors de son interpellation, les policiers l’auraient surpris en possession de comprimés destinés à la vente. Vingt-cinq ordonnances médicales ont également été découvertes en sa possession.
Les investigations menées à la suite de cette première arrestation ont conduit les enquêteurs vers une officine et abouti à l’interpellation d’un pharmacien ainsi que de son assistant. Selon les éléments rapportés, les deux hommes sont soupçonnés d’avoir approvisionné le principal mis en cause en médicaments psychotropes.
Les perquisitions effectuées dans le cadre de l’enquête ont permis aux services de sécurité de saisir 672 comprimés psychotropes de différentes catégories. Des ordonnances, plusieurs documents médicaux ainsi qu’un ordonnancier afin d’être examinés par les enquêteurs.
Cette affaire remet en lumière la problématique sensible du détournement de médicaments psychotropes hors du circuit légal. Ces produits font l’objet de règles strictes de prescription, de délivrance et de traçabilité précisément en raison des risques liés à leur mésusage et à leur utilisation à des fins «récréatives».
Les trois personnes interpellées ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête.
Celle-ci devra notamment déterminer les responsabilités de chacun, l’origine exacte des ordonnances retrouvées et l’ampleur éventuelle du circuit d’approvisionnement.
À ce stade, il s’agit de suspicions faisant l’objet d’une enquête. Les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas établi leur responsabilité.
Atrasentan - arly and Equitable Fast Access
La Belgique vient de franchir une nouvelle étape dans l’accès précoce aux traitements innovants. L’atrasentan, un traitement indiqué dans le traitement de néphropathie à IgA, est le premier médicament à bénéficier de la nouvelle procédure belge « Early and Equitable Fast Access », conçue pour réduire le délai entre l’arrivée d’une innovation thérapeutique et son accès effectif aux patients.
La néphropathie à IgA est une maladie rénale chronique caractérisée par l’accumulation d’immunoglobulines A dans les reins. Son évolution peut progressivement altérer la fonction rénale et, chez certains patients, conduire à une insuffisance rénale sévère. L’arrivée de nouvelles options thérapeutiques représente donc un enjeu important dans la prise en charge de cette pathologie.
Entrée en vigueur le 1er janvier, la procédure « Early and Equitable Fast Access » permet d’accélérer l’accès à certains médicaments innovants jugés prometteurs. Son principe repose sur l’octroi d’un remboursement précoce et temporaire, sans attendre l’achèvement de l’ensemble du parcours habituel d’évaluation et de remboursement.
Pour le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, ce dispositif doit permettre d’éviter aux patients d’attendre plusieurs mois avant de bénéficier d’un traitement nouvellement développé. Le remboursement temporaire vise ainsi à concilier accès rapide à l’innovation et poursuite de l’évaluation du médicament.
Le gouvernement belge espère également renforcer l’attractivité du pays auprès des entreprises pharmaceutiques et favoriser une mise à disposition plus rapide des innovations thérapeutiques.
Avec l’atrasentan, la Belgique inaugure donc concrètement un dispositif qui cherche à raccourcir le temps d’accès aux nouveaux traitements, particulièrement pour les patients confrontés à des maladies nécessitant de nouvelles options thérapeutiques.
Autres articles
En Suisse, la question des rabais accordés lors de l’achat de médicaments provoque une vive polémique politique. Un rapport du Contrôle fédéral des finances (CDF) révèle qu’une grande partie des avantages consentis par l’industrie pharmaceutique aux pharmacies, hôpitaux et cabinets médicaux ne serait pas répercutée aux assureurs et aux assurés, contrairement à ce que prévoit la législation. Les montants en jeu sont considérables. Selon les estimations du CDF, les rabais accordés par l’industrie pharmaceutique atteindraient environ 743 millions de francs suisses par an. Or, seulement 88 millions, soit environ 12 %, seraient effectivement rétrocédés. Près de 655 millions de francs resteraient ainsi dans le circuit de distribution et de soins. Cette situation suscite l’indignation de plusieurs parlementaires. Interrogé par la RTS, le conseiller national Thomas Bläsi, pharmacien de profession, estime qu’il ne s’agit plus d’un simple problème administratif. Il juge difficilement acceptable que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), chargé du contrôle, ne dispose pas d’une vision précise des sommes versées, de leurs bénéficiaires et de leur utilisation, alors que les primes d’assurance maladie continuent d’augmenter. Le conseiller aux États Baptiste Hurni se montre encore plus sévère, allant jusqu’à qualifier la situation de « vol organisé ». Il rappelle que la législation impose que les avantages obtenus sur les médicaments bénéficient aux assureurs et, en définitive, aux assurés. Il dénonce également des mécanismes comptables complexes qui contribueraient à rendre les flux financiers particulièrement difficiles à suivre. Les deux élus réclament désormais davantage de transparence et de contrôles. Thomas Bläsi souhaite que le Parlement se saisisse rapidement du dossier et demande un plan d’action comportant des responsables clairement identifiés, des échéances et des résultats mesurables. Pour lui, le rapport du CDF doit marquer le passage des constats aux mesures concrètes. Baptiste Hurni nuance toutefois la responsabilité de l’OFSP, rappelant que l’administration a subi des réductions d’effectifs et qu’elle évolue dans un système de santé particulièrement complexe et opaque. Il estime néanmoins que la surveillance des rabais aurait dû constituer une priorité. Au-delà du renforcement immédiat des contrôles, l’élu plaide pour une remise à plat du mécanisme des rétrocessions. Dans un pays où l’assurance maladie est obligatoire et où l’augmentation régulière des primes pèse lourdement sur les ménages, la destination de plusieurs centaines de millions de francs de rabais ne peut, selon lui, rester dans l’ombre.
Abderrahim Derraji - 16 août 2026 16:28L’utilisation prolongée de contraceptifs contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel est associée à une faible augmentation du risque de méningiome. De nouvelles mesures visent donc à mieux informer les patientes et les professionnels de santé et à réduire ce risque. Dans une information diffusée en août 2026 sous l’autorité des agences sanitaires européennes et françaises (EMA et ANSM), les laboratoires concernés alertent sur une augmentation du risque lors d’une utilisation prolongée, notamment au-delà d’un an. Les nouvelles recommandations s’appuient notamment sur une vaste étude française réalisée à partir du Système national des données de santé (SNDS). Celle-ci a comparé 8 391 femmes ayant subi une chirurgie intracrânienne pour méningiome à 83 910 témoins. Chez les femmes utilisant du désogestrel 75 µg depuis au moins un an, le risque de méningiome apparaît augmenté d’environ 30 %. Cette augmentation doit cependant être relativisée : il faudrait traiter environ 67 300 femmes pour observer un cas supplémentaire de méningiome. La durée d’exposition joue un rôle important. Après sept années ou plus d’utilisation, le risque est encore plus marqué chez les femmes ayant déjà reçu un progestatif connu pour favoriser la survenue de méningiomes. Un élément est toutefois rassurant : l’augmentation du risque n’est plus observée un an après l’arrêt du désogestrel. Le désogestrel étant transformé dans l’organisme en étonogestrel, les autorités considèrent que ces résultats doivent être également pris en considération pour l’étonogestrel. Le désogestrel et l’étonogestrel sont désormais contre-indiqués chez les femmes présentant un méningiome ou ayant un antécédent de méningiome. Si une tumeur est diagnostiquée pendant le traitement, le contraceptif doit être interrompu. Une exposition antérieure à certains progestatifs déjà associés à ce risque doit également être recherchée, notamment les acétates de cyprotérone, de nomégestrol, de chlormadinone et de médroxyprogestérone, ainsi que la médrogestone. Les patientes doivent par ailleurs être informées des symptômes susceptibles d’évoquer un méningiome : céphalées s’aggravant progressivement, troubles visuels, perte auditive ou acouphènes, perte de l’odorat, troubles de la mémoire, crises d’épilepsie ou faiblesse des extrémités. Pour le pharmacien d’officine, ces signes constituent autant de signaux d’alerte à connaître lors de la délivrance et du conseil. L’information doit néanmoins rester proportionnée : le risque absolu demeure très faible, mais justifie une vigilance particulière lors des traitements prolongés. Les notices et les résumés des caractéristiques du produit des médicaments concernés vont être actualisés. Le méningiome y figurera désormais parmi les effets indésirables avec une fréquence considérée comme « indéterminée ».
Abderrahim Derraji - 16 août 2026 16:22Adoptée en juin 2026, la réforme de la loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie constitue une étape majeure dans la modernisation du secteur pharmaceutique marocain. Elle ambitionne notamment de renforcer la pharmacovigilance, moderniser les autorisations de mise sur le marché (AMM) et rapprocher le système réglementaire national des standards de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La réforme impose notamment aux établissements pharmaceutiques de désigner un responsable de pharmacovigilance et renforce leurs obligations en matière de surveillance des effets indésirables des médicaments. Elle prévoit également une intensification des inspections après commercialisation, comme elle prévoit de renforcer la lutte contre les médicaments falsifiés. Autre évolution importante : la modernisation des procédures d’AMM. Des autorisations conditionnelles ou accélérées pourront faciliter l’accès à certaines thérapies innovantes et répondre plus efficacement aux situations d’urgence sanitaire. Une AMM spécifiquement dédiée à l’exportation permettra par ailleurs aux industriels marocains de fabriquer des médicaments destinés à des pathologies peu ou pas présentes au Maroc, notamment certaines maladies tropicales. Au cœur de cette réforme figure surtout l’objectif d’atteindre le niveau 3 de maturité réglementaire (ML3) de l’OMS. Évalué à travers 268 indicateurs, ce niveau atteste qu’une autorité réglementaire dispose d’un système stable, performant et conforme aux standards internationaux pour garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité des médicaments et vaccins. Son obtention renforcerait la crédibilité internationale de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS), favoriserait les investissements et pourrait faciliter la reconnaissance des AMM marocaines à l’étranger. Elle constituerait ainsi un puissant levier pour développer les exportations et renforcer la souveraineté pharmaceutique nationale. Avec cette réforme, le Maroc ambitionne donc non seulement de moderniser sa régulation, mais également de valoriser davantage le médicament « Made in Morocco », une condition nécessaire pour faire du Royaume un hub pharmaceutique régional.
Abderrahim Derraji - 16 août 2026 16:19Dans l’imaginaire collectif, une vitamine ne peut faire que du bien, qu’il s’agisse de vitamine C, de vitamine D ou d’un complexe multivitaminé. Ces produits et les minéraux sont associés à la santé et souvent présentés comme « naturels », bénéficiant ainsi d’une image d’innocuité qui mérite pourtant d’être sérieusement nuancée. Une étude américaine présentée au congrès Pediatric Hospital Medicine 2026 vient nous le rappeler. Sur les trois années étudiées, 1 961 enfants ont été hospitalisés aux États-Unis pour une intoxication liée à des vitamines ou à des minéraux. Plus préoccupant encore, environ un tiers des cas hospitalisés étaient sérieux. Certes, le contexte américain est particulier et les résultats ne peuvent être transposés tels quels à notre pays. Mais le message, lui, est universel et sans équivoque : une vitamine n’est pas une substance anodine. La dose fait le poison, y compris avec les vitamines. Certaines, notamment les vitamines liposolubles A, D, E et K, peuvent s’accumuler dans l’organisme. Le fer peut être particulièrement toxique chez le jeune enfant. Le zinc, le sélénium et d’autres micronutriments peuvent également provoquer des effets indésirables importants lorsqu’ils sont consommés en excès. Le développement des formes « gummies », agréables au goût et ressemblant à des bonbons, ajoute un risque supplémentaire chez les enfants. La frontière entre le produit de santé et les friandises a tendance à s’amenuiser. L’étude américaine soulève également une autre question, puisque 56 % des intoxications étaient consécutives à une ingestion intentionnelle et que les adolescents de 13 à 17 ans représentaient 57 % des cas. Cela vient nous rappeler la nécessité de conserver les vitamines, les minéraux et les compléments alimentaires hors de portée des enfants, exactement comme c’est le cas pour les médicaments. L’actuel circuit de distribution devrait également nous interpeller. Il est regrettable de voir aujourd’hui certains produits contenant des vitamines, des minéraux ou d’autres substances physiologiquement actives vendus en dehors du circuit pharmaceutique, parfois sans véritable conseil, comme s’il s’agissait de produits de consommation ordinaires. La pharmacie n’est pourtant pas qu’un lieu de vente. Elle permet l’intervention d’un professionnel de santé capable d’identifier une posologie excessive, une association inappropriée, une interaction avec un traitement, une contre-indication ou, tout simplement, une supplémentation inutile. Faut-il le rappeler, une alimentation équilibrée couvre une grande partie des besoins de la population, et la supplémentation doit répondre, autant que possible, à un besoin identifié ou à une situation particulière. Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille transformer chaque boîte de vitamines en médicament soumis à prescription. Il faut, en revanche, cesser de banaliser ces produits et renforcer leur encadrement, leur traçabilité ainsi que le conseil qui accompagne leur utilisation. Les vitamines sont indispensables à la vie. Mais indispensables ne signifie pas inoffensives. Et lorsqu’un produit peut être bénéfique à la bonne dose et toxique à une dose excessive, sa dispensation mérite mieux qu’une simple place sur un rayon.
Abderrahim Derraji - 16 août 2026 16:02L’épidémie de cyclosporose qui sévit aux États-Unis continue de progresser. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), plus de 10 000 cas confirmés ont été recensés depuis le 1er mai. Initialement détectée dans le Michigan, l’épidémie touche désormais 47 États. Les autorités sanitaires estiment que plusieurs milliers de cas supplémentaires pourraient ne pas avoir été diagnostiqués. Deux décès ont été rapportés début août. Il s’agit de personnes présentant des comorbidités. La cyclosporose est une infection intestinale provoquée par Cyclospora cayetanensis, un parasite unicellulaire dont l’être humain constitue le seul réservoir connu. La contamination survient principalement après ingestion d’eau ou d’aliments souillés par des matières fécales contenant le parasite. L’infection se manifeste surtout par une diarrhée aqueuse, souvent accompagnée de douleurs abdominales, fatigue, perte d’appétit, ballonnements et nausées. En l’absence de traitement, les symptômes peuvent durer plusieurs semaines. La déshydratation et l’amaigrissement constituent les principales complications, notamment chez les enfants et les personnes âgées. Chez les patients immunodéprimés, l’infection peut être plus sévère et entraîner notamment des complications biliaires. L’enquête épidémiologique américaine s’intéresse notamment à des laitues iceberg en provenance du Mexique, distribuées dans de nombreux États et utilisées par plusieurs chaînes de restauration. Des épidémies antérieures de cyclosporose ont déjà été associées à la consommation de basilic, de salades, de pois mange-tout ou encore de framboises. Les fruits et légumes peuvent en effet être contaminés par l’intermédiaire du sol ou d’eaux d’irrigation souillées. Les légumes à feuilles et certains fruits présentant des surfaces irrégulières peuvent plus facilement retenir les oocystes du parasite. La prévention repose donc principalement sur une hygiène alimentaire rigoureuse : lavage soigneux des fruits et légumes à l’eau potable, cuisson lorsque cela est possible et lavage régulier des mains. La cyclosporose est présente dans de nombreuses régions du monde, avec une fréquence plus importante dans les zones tropicales et subtropicales. Des épisodes épidémiques sont régulièrement rapportés, notamment en Amérique du Nord. La prise en charge associe avant tout réhydratation et traitement symptomatique. Lorsque cela est indiqué, le traitement antiparasitaire de référence repose sur l’association triméthoprime-sulfaméthoxazole, généralement administrée pendant 7 à 10 jours.
Abderrahim Derraji - 13 août 2026 16:44Le laboratoire suisse Sandoz, l'un des principaux fabricants mondiaux de médicaments génériques et de biosimilaires, met un terme à l'essentiel d'un contentieux judiciaire qui empoisonnait son activité aux États-Unis depuis près de dix ans. L'entreprise a annoncé la conclusion de deux accords amiables représentant un montant total de 478,5 millions de dollars, destinés à régler des poursuites liées à des accusations de pratiques anticoncurrentielles sur les prix des médicaments génériques. Le principal accord a été conclu avec un consortium regroupant 43 États et territoires américains. Il prévoit le versement de 400 millions de dollars, échelonné sur une période de sept ans à partir de 2027. En contrepartie, les autorités concernées renoncent à l'ensemble de leurs réclamations à l'encontre de Sandoz US. Le laboratoire souligne toutefois que cet accord ne constitue en aucun cas une reconnaissance de culpabilité. À cette somme s'ajoute un paiement supplémentaire d'environ 50 millions de dollars destiné à des États ayant déjà signé un règlement antérieur, portant le total des indemnisations liées à ces procédures à près de 450 millions de dollars. Par ailleurs, Sandoz versera 28,5 millions de dollars supplémentaires dans le cadre d'un accord conclu avec des revendeurs indirects, notamment des pharmacies, des hôpitaux et des cliniques ayant distribué les médicaments concernés. Cette affaire trouve son origine en 2016, lorsque le Département américain de la Justice (DoJ) avait ouvert une vaste enquête visant plusieurs fabricants de médicaments génériques soupçonnés d'ententes illicites sur les prix. En 2020, alors que Sandoz appartenait encore au groupe Novartis, l'entreprise avait déjà accepté de verser 195 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites pénales fédérales. Selon Sandoz, ces nouveaux accords permettent désormais de clore la quasi-totalité des actions collectives, seules quelques plaintes individuelles restant encore en cours. Le laboratoire précise également que ces règlements n'auront aucun impact sur ses prévisions financières, les provisions nécessaires ayant déjà été constituées. Pour les analystes financiers, cette résolution apporte une visibilité bienvenue et met fin à l'un des plus importants contentieux juridiques de l'histoire récente du groupe.
Abderrahim Derraji - 09 août 2026 22:26Alors que l'épidémie d'Ebola continue de progresser dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) tirent la sonnette d'alarme. À l'issue d'une mission conjointe menée en Ouganda et en RDC, les deux organisations estiment qu'un changement d'échelle de la riposte est indispensable, avec une priorité absolue : renforcer l'implication des communautés. La mission, conduite par Tedros Adhanom Ghebreyesus, Jean Kaseya et Mohamed Janabi, a permis d'évaluer la situation sur le terrain à Kampala, Bunia et Kinshasa. Si l'Ouganda est parvenu à interrompre la transmission locale grâce à une détection précoce, un suivi rigoureux des contacts et une forte mobilisation communautaire, la situation demeure préoccupante en RDC, où l'épidémie continue de gagner du terrain. Au 4 août 2026, le pays comptabilisait 3 973 cas confirmés, 1 801 décès et 776 guérisons. Le suivi des contacts n'atteint que 75 %, bien loin des 95 % nécessaires pour interrompre efficacement les chaînes de transmission. Les centres de traitement, notamment au Nord-Kivu, fonctionnent déjà au-delà de leurs capacités, illustrant la pression croissante exercée sur le système de santé. Pour les experts, la réussite de la riposte dépendra avant tout de la confiance des populations. Les communautés doivent être informées par des relais crédibles, reconnaître rapidement les symptômes, signaler les cas suspects et accéder aux soins sans crainte. Les leaders communautaires, religieux, les associations de femmes et de jeunes sont appelés à jouer un rôle central dans cette stratégie. La mission a également mis en évidence les nombreux obstacles auxquels sont confrontées les équipes de terrain : insécurité, déplacements de population, infrastructures dégradées, désinformation, pénuries de matériel et manque de soutien aux professionnels de santé. Face à cette situation, l'OMS et Africa CDC appellent à accélérer la détection des cas, renforcer les capacités des centres de traitement, améliorer la prévention des infections, protéger les soignants et garantir un financement rapide des opérations. Les deux organisations réaffirment enfin leur soutien au Gouvernement congolais et soulignent que seule une riposte coordonnée, fondée sur la participation active des communautés et la solidarité internationale, permettra de mettre fin à cette épidémie.
Abderrahim Derraji - 09 août 2026 22:24Les vagues de chaleur qui frappent désormais régulièrement l’Europe ne menacent plus seulement le confort des populations. Elles mettent également à l’épreuve un maillon essentiel des systèmes de santé : la conservation des médicaments. Lorsque les températures dépassent les 40 °C, maintenir les produits thermosensibles dans leurs conditions optimales de stockage devient un défi majeur, aussi bien dans les hôpitaux et les pharmacies que chez les patients. L’insuline, de nombreux médicaments biologiques et les vaccins à ARNm nécessitent une conservation stricte entre 2 °C et 8 °C afin de préserver leur efficacité. Pourtant, une grande partie des établissements de santé européens ont été conçus pour un climat beaucoup plus tempéré. Selon Erik Ruiz, responsable du programme Safer Pharma chez Health Care Without Harm Europe, ces infrastructures vieillissantes, dépourvues de systèmes de climatisation performants, sont aujourd’hui confrontées à une réalité climatique pour laquelle elles n’avaient pas été pensées. Si les grands entrepôts pharmaceutiques font désormais l’objet de contrôles renforcés et de tests de résistance, la situation est plus préoccupante lors de la dernière étape du parcours du médicament. Une fois le produit livré en pharmacie ou au domicile du patient, le risque d’exposition à des températures excessives augmente considérablement. Or, la dégradation thermique est souvent invisible : un médicament peut perdre une partie de son efficacité sans présenter le moindre signe extérieur, ce qui rend la sensibilisation du public particulièrement importante. Les pays méditerranéens, comme l’Espagne, l’Italie ou la Grèce, apparaissent particulièrement exposés. Pourtant, si leurs populations perçoivent les conséquences du changement climatique sur l’eau ou la pollution, elles établissent encore rarement un lien entre les fortes chaleurs et la qualité des médicaments. Cette situation pourrait accentuer les inégalités sanitaires, notamment pour les ménages modestes qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour assurer une climatisation permanente de leur logement. Face à ces enjeux, l’Union européenne renforce progressivement son cadre réglementaire en intégrant davantage les risques environnementaux dans la politique pharmaceutique. Toutefois, la modernisation des infrastructures de santé nécessitera des investissements considérables. À l’heure où se négocie le futur budget européen 2028-2034, plusieurs experts redoutent que les priorités énergétiques et industrielles relèguent au second plan l’adaptation climatique des hôpitaux, des pharmacies et des chaînes logistiques. Pourtant, préserver la qualité des médicaments ne constitue pas seulement une exigence sanitaire : c’est aussi un investissement indispensable pour éviter des pertes économiques importantes et garantir l’accès équitable aux traitements dans une Europe confrontée à un climat de plus en plus extrême.
Abderrahim Derraji - 09 août 2026 22:22Il existe un geste qui ne coûte presque rien, ne nécessite ni technologie de pointe ni innovation pharmaceutique, mais qui sauve chaque année des centaines de milliers de vies. Ce geste n'est autre que l'allaitement maternel. Pourtant, en 2026, il reste encore inaccessible ou insuffisamment soutenu pour des millions de mères à travers le monde. À l'occasion de la Semaine mondiale de l'allaitement maternel, l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la Santé ont rappelé que les systèmes de santé semblent parfois oublier que l'allaitement est l'un des investissements les plus rentables qu'une société puisse faire. Pour le nourrisson, le lait maternel constitue un véritable bouclier biologique. Il apporte les nutriments indispensables, renforce les défenses immunitaires, protège contre de nombreuses infections et favorise le développement cérébral. Pour la mère, les bénéfices sont tout aussi remarquables, puisqu'il réduit notamment le risque de cancer du sein, de cancer de l'ovaire et de diabète de type 2. Les progrès réalisés ces dernières années sont encourageants. D'après l'OMS, la proportion d'enfants nourris exclusivement au sein pendant leurs six premiers mois est passée, à l'échelle mondiale, de 37 % en 2012 à plus de 47 % aujourd'hui. La poursuite de l'allaitement jusqu'à l'âge de deux ans progresse également. Ces résultats démontrent qu'il est primordial d'investir dans l'accompagnement des familles. Mais derrière ces chiffres encourageants se cache une réalité beaucoup moins reluisante. Les services de soutien restent insuffisants, les congés de maternité sont encore trop souvent inadaptés, les conseils spécialisés demeurent inégalement accessibles et le marketing agressif des substituts du lait maternel continue d'influencer les choix des familles. Or, les données scientifiques sont sans appel : un accompagnement de qualité assuré par des professionnels de santé et une réglementation stricte de la promotion des substituts du lait maternel figurent parmi les interventions les plus rentables en santé publique. Les bénéfices dépassent largement le seul domaine médical. Selon les estimations internationales, une généralisation de l'allaitement permettrait d'éviter près de 400 000 décès d'enfants et 140 000 décès maternels chaque année. Plus remarquable encore, chaque dollar investi dans la promotion de l'allaitement générerait environ 59 dollars de retombées économiques grâce à la diminution des dépenses de santé, à une meilleure réussite scolaire et à une productivité accrue tout au long de la vie. Le Maroc ne peut malheureusement pas se satisfaire de sa situation actuelle. Les chiffres du ministère de la Santé montrent que seulement 42 % des nouveau-nés sont mis au sein durant la première heure suivant la naissance et qu'à peine 35 % bénéficient d'un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois. Ces indicateurs restent très en deçà des ambitions nationales et traduisent un véritable enjeu de santé publique. La campagne nationale lancée avec le soutien de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) constitue une étape importante. Sensibiliser les familles est indispensable, mais cela ne suffira pas. Il faut également former davantage les professionnels de santé, développer les consultations d'accompagnement à l'allaitement, protéger les mères dans leur vie professionnelle et garantir l'application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Le thème retenu cette année, « L'allaitement pour un départ durable dans la vie : renforcer les mesures qui ont fait leurs preuves », résume parfaitement l'enjeu. Derrière chaque mère qui allaite se trouvent un système de santé, une famille, un employeur et une société qui peuvent soit faciliter ce choix, soit le rendre impossible. L'allaitement ne relève donc pas uniquement d'une décision individuelle. C'est un choix collectif qui conditionne la santé des générations futures. Et il est difficile d'imaginer un investissement offrant un rendement humain, sanitaire et économique aussi élevé. Source : OMS (who.int).
Abderrahim Derraji - 09 août 2026 22:16Le Groupe de recherche et d'information sur les ostéoporoses (GRIO) vient d'actualiser ses recommandations sur la supplémentation en vitamine D chez l'adulte. Cette révision, qui remplace les recommandations que le GRIO a publiées en 2020, tient compte des nouvelles données scientifiques et de l'arrivée de nouvelles formulations disponibles en France. Deux évolutions majeures émergent : la préférence accordée à une supplémentation quotidienne plutôt qu'intermittente et une définition plus précise de la place du calcifédiol. Jusqu'à présent, les prises espacées de fortes doses de vitamine D étaient souvent privilégiées pour garantir une bonne observance. Le GRIO estime désormais que cet avantage n'a jamais été démontré. Au contraire, plusieurs études ont rapporté des résultats moins favorables avec les fortes doses intermittentes, notamment une augmentation du risque de fractures, de chutes et même de mortalité par cancer. Ces effets pourraient s'expliquer par une stimulation excessive des mécanismes d'inactivation de la vitamine D après l'administration de doses de charge importantes. Si les schémas quotidiens et intermittents permettent tous deux d'atteindre des concentrations satisfaisantes de 25-hydroxyvitamine D [25(OH)D], la supplémentation quotidienne est jugée plus physiologique, car elle reproduit davantage la synthèse naturelle de la vitamine D par l'organisme. Elle permet également d'obtenir des concentrations sériques plus stables dans le temps. En conséquence, le GRIO recommande désormais que la supplémentation quotidienne devienne le schéma de référence, les prises intermittentes ne devant être envisagées qu'en cas de difficultés d'observance, avec les doses les plus faibles possibles et des intervalles les plus courts. Les experts rappellent également qu'une supplémentation ne devrait pas être systématique. Elle doit répondre à un besoin objectivé par le dosage sérique de la 25(OH)D. Chez les patients atteints d'ostéoporose ou présentant un risque élevé, l'objectif est d'obtenir une concentration comprise entre 30 et 60 ng/ml. Le traitement débute par une phase de correction adaptée au déficit, généralement à l'aide d'une dose de charge administrée pendant quatre à huit semaines, avant de passer à un traitement d'entretien quotidien. En ce qui concerne le calcifédiol, métabolite hépatique de la vitamine D. Cette molécule augmente plus rapidement et plus efficacement les concentrations sériques de 25(OH)D que le cholécalciférol, avec une réponse plus prévisible selon la dose administrée. Toutefois, les données démontrant un bénéfice clinique sur les fractures ou les autres critères de jugement restent limitées. Le GRIO réserve donc actuellement son utilisation à des situations particulières, notamment en cas d'altération de la 25-hydroxylation hépatique liée à une mutation du gène CYP2R1, lors de traitements prolongés par des antiépileptiques ou des corticoïdes, ou encore chez certains patients souffrant d'obésité, d'insuffisance hépatique, d'insuffisance rénale chronique ou de syndromes de malabsorption. Ces nouvelles recommandations confirment une évolution importante : la supplémentation en vitamine D doit être davantage individualisée, fondée sur une évaluation biologique préalable et privilégier des schémas thérapeutiques reproduisant au mieux la physiologie. Elles rappellent également que le choix de la forme de vitamine D doit reposer sur des preuves cliniques solides et être adapté au profil de chaque patient.
Abderrahim Derraji - 05 août 2026 11:51
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