DÉCRET n° 2-25-631
DÉCRET n° 2-25-631

DÉCRET n° 2-25-631 modifiant et complétant le décret n° 2-13-852

COUVERTURE
COUVERTURE

4E ASSEMBLÉE THÉMATIQUE DE L'ADPA - LAGOS - 2026

Circulaire 105
Circulaire 105

Relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé

BPO
BPO

PROJET (Arrêté du ministre de la Santé et de la protection sociale)

Remunération
Remunération

Qu'en est-il au juste?

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PRIX DU MÉDICAMENT - PHARMACIE

À force de baisser les prix, on risque de perdre les médicaments… et les pharmaciens ! Abderrahim Derraji - 18 octobre 2026 12:44
À force de baisser les prix, on risque de perdre les médicaments… et les pharmaciens !

Au Maroc, chaque nouvelle baisse des prix des médicaments est présentée comme une victoire pour le pouvoir d’achat. Pourtant, derrière ces annonces triomphales se cache une réalité autrement préoccupante : des médicaments essentiels deviennent introuvables et les pharmaciens d’officine continuent de subir les conséquences d’une politique qui semble ignorer leur existence.

Corticoïdes injectables, pommades dermiques ou ophtalmiques, barbituriques… La liste des spécialités difficiles à trouver ne cesse de préoccuper les patients, contraints parfois de parcourir plusieurs pharmacies pour obtenir leur traitement. À quoi sert un médicament bon marché lorsqu’il est indisponible ?

Pendant ce temps, plusieurs pays ont compris qu'une politique pharmaceutique ne pouvait se résumer à une succession de baisses de prix. L'Égypte vient d'introduire un mécanisme de révision tenant compte de l'inflation et des fluctuations monétaires, tandis que l'Afrique du Sud a autorisé une augmentation exceptionnelle de 2,88 % pour préserver l'approvisionnement. Le Japon prévoit également la revalorisation de certains médicaments devenus économiquement non rentables. En Allemagne, des mécanismes permettent de tenir compte de l'inflation. Ces exemples rappellent une évidence : un médicament dont le prix ne permet plus d'assurer durablement la production et la distribution risque tout simplement de disparaître du marché.

Au Maroc, la réforme issue du décret n° 2-25-631 devrait entraîner les premières baisses de prix. Une évolution favorable aux patients et aux caisses d’assurance maladie, mais dont les conséquences sur les acteurs du secteur, particulièrement les pharmaciens d’officine, méritent d’être prises en considération.

En effet, depuis la réforme de 2013, les pharmaciens attendent toujours les mesures d’accompagnement promises par le ministre de la Santé de l’époque. Leur rémunération demeure tributaire du prix des médicaments, qui ne cesse de baisser, contrairement à leurs charges, qui continuent à augmenter. Quant aux instances professionnelles, leur fonctionnement reste fragilisé par les retards pris dans la régionalisation ordinale.

Pourtant, le pharmacien constitue souvent le premier recours de patients qui, faute de moyens, renoncent aux consultations médicales ou aux examens complémentaires. Grâce au maillage officinal, il demeure accessible jusque dans les régions les plus éloignées.

Plutôt que de fragiliser davantage ce réseau, pourquoi ne pas lui confier de nouvelles missions, renforcer la formation continue, généraliser les bonnes pratiques officinales et instaurer une rémunération valorisant les services rendus aux patients, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays ?

Dans son ouvrage The Psychology of Science (1966), Abraham Maslow écrivait : « Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous tendez à voir tout problème comme un clou. »

Aussi, la baisse des prix ne saurait être l’unique instrument d’ajustement de notre politique pharmaceutique.

Car une politique du médicament ne se juge pas uniquement aux économies réalisées, mais aussi à sa capacité à garantir durablement la disponibilité des traitements et la pérennité de ceux qui les dispensent.

À vouloir les médicaments les moins chers, prenons garde de ne plus avoir ni médicaments… ni pharmacies pour les délivrer !

Affaire à suivre…

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Youns Bjijou - Ministère de la Santé

Youns Bjijou à la Santé : l’heure des grands défis Abderrahim Derraji - 18 octobre 2026 12:39
Youns Bjijou à la Santé : l’heure des grands défis

Le professeur Youns Bjijou a été nommé ministre de la Santé et de la Protection sociale par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 16 octobre 2026, lors d’une cérémonie organisée au Palais Royal de Rabat. Il succède à Amine Tahraoui à la tête d’un département engagé dans une profonde transformation de son organisation et de ses missions.

Né le 22 juin 1971 à Taza, le nouveau ministre est médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique et professeur de l’enseignement supérieur à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat. Il y a notamment dirigé le département d’anatomie ainsi que le Laboratoire de chirurgie expérimentale et de microchirurgie.

Son parcours associe enseignement universitaire, recherche médicale et gestion d’établissements de santé. Avant sa nomination, il occupait les fonctions de directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé, depuis juillet 2023, et de la Fondation Cheikh Khalifa Ibn Zayed, depuis septembre 2022. Il avait également été vice-président chargé des affaires académiques de l’Université internationale Abulcasis des sciences de la santé.

À cette expérience s’ajoute une formation en gouvernance sanitaire, notamment un Executive Master en gestion et politiques de santé obtenu à Sciences Po Paris. Le Pr Bjijou est également membre fondateur et secrétaire perpétuel de l’Académie africaine des sciences de la santé.

Le nouveau ministre hérite d’un secteur en pleine réorganisation, marqué par la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire et la mise en place de nouvelles institutions, notamment l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé, la Haute Autorité de santé et les groupements sanitaires territoriaux.

Au-delà de la coordination de ces structures, plusieurs chantiers l’attendent : améliorer l’accès aux soins, réduire les disparités territoriales, renforcer les ressources humaines et poursuivre la modernisation des établissements hospitaliers.

Pour le secteur pharmaceutique, les attentes sont tout aussi importantes. La disponibilité des médicaments, la prévention des pénuries, la régulation des prix et la sécurisation des circuits de distribution figurent parmi les dossiers prioritaires. La valorisation du rôle du pharmacien d’officine et l’évolution de son modèle de rémunération constituent également des questions auxquelles les professionnels attendent des réponses.

La principale difficulté sera désormais de traduire les réformes institutionnelles en améliorations concrètes, perceptibles aussi bien par les patients que par les professionnels de santé.

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PÉNURIE DE MÉDICAMENTS -

Pénuries de médicaments : anticiper plutôt que subir ! Abderrahim Derraji - 18 octobre 2026 12:35
Pénuries de médicaments : anticiper plutôt que subir !

Au Maroc, la recherche d’un médicament introuvable est devenue, pour de nombreux patients, un véritable parcours du combattant. Les pharmaciens d’officine connaissent bien ces situations : appels répétés aux grossistes, recherches auprès des confrères et tentatives pour trouver une alternative thérapeutique. Autant de démarches qui ne permettent pas toujours d'apporter une solution au malade.

Ces difficultés rappellent une évidence : la disponibilité du médicament constitue un enjeu de santé publique aussi important que son prix.

C’est dans ce contexte que les annonces faites par le professeur Samir Ahid, directeur général de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), lors d’une conférence organisée le 14 octobre à Marrakech par le Conseil de la concurrence, méritent une attention particulière.

L’Agence ambitionne de changer de méthode. Plutôt que d’intervenir lorsqu’un médicament a déjà disparu des circuits de distribution, elle souhaite détecter les premiers signes de tension afin de prévenir les ruptures.

Cette ambition repose notamment sur le renforcement de l’Observatoire des ruptures et sur la transmission hebdomadaire, par les industriels pharmaceutiques, des données relatives à leurs stocks.

Une telle démarche pourrait constituer une avancée importante, à condition que les informations recueillies soient fiables, rapidement exploitées et suivies de mesures concrètes.

Car connaître les stocks ne suffit pas. Encore faut-il identifier les médicaments dont l’indisponibilité risque d’entraîner les conséquences les plus graves pour les patients. L’actualisation annoncée de la liste nationale des médicaments essentiels, dont les travaux seraient bien avancés, prend ici toute son importance.

Sur le plan réglementaire, l’AMMPS envisage également de nouvelles procédures d’autorisation de mise sur le marché, notamment des AMM conditionnelles et accélérées. Ces dispositifs pourraient faciliter l’accès à certains traitements présentant un intérêt thérapeutique majeur.

La place des génériques et le droit de substitution ont également été évoqués. Pour les pharmaciens d’officine, cette dernière question demeure particulièrement importante, notamment lorsque le médicament prescrit est indisponible.

Cependant, aucune stratégie de prévention des pénuries ne pourra produire pleinement ses effets sans une collaboration étroite entre les industriels, les grossistes-répartiteurs, les pharmaciens et les autorités sanitaires.

Le pharmacien d’officine, témoin quotidien des difficultés d’approvisionnement, devrait d’ailleurs occuper une place centrale dans tout dispositif national d’alerte précoce.

L’initiative de l’AMMPS va donc dans le bon sens. Reste à transformer ces intentions en mécanismes opérationnels et efficaces.

Car, pour le patient, une pénurie évitée vaut infiniment mieux qu’une rupture constatée, expliquée et finalement subie.

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RÉMUNÉRATION - NOUVELLES MISSION - CNOP

Pharmacies au Maroc : l’Ordre appelle à une refonte du modèle officinal Intervention du Dr Hamza Guedira, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens — Conférence internationale du Conseil de la concurrence, Marrakech, 14 octobre 2026. - 18 octobre 2026 12:32
Pharmacies au Maroc : l’Ordre appelle à une refonte du modèle officinal

À Marrakech, le Dr Hamza Guedira, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, a plaidé pour une réforme profonde du modèle économique et professionnel des pharmacies marocaines. Au cœur de ses propositions : une nouvelle rémunération, le droit de substitution, des missions élargies et la préservation de l’indépendance des officines.

À l’occasion de la conférence internationale organisée les 13 et 14 octobre 2026 à Marrakech par le Conseil de la concurrence, le Dr Hamza Guedira a défendu une vision renouvelée du rôle du pharmacien dans le système national de santé.

Pour le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) représente une opportunité historique de moderniser le réseau officinal, à condition de lui donner les moyens économiques et réglementaires nécessaires.

L’une des principales revendications concerne la réforme du mode de rémunération. Aujourd’hui, les revenus des officines restent largement liés aux prix des médicaments. Chaque révision tarifaire à la baisse fragilise donc davantage leur équilibre financier, alors que leurs charges continuent d’augmenter.

Le Dr Guedira propose de décorréler la rémunération du pharmacien du prix du médicament en instaurant une marge fixe en dirhams, complétée par des honoraires rémunérant les actes pharmaceutiques. Cette évolution permettrait notamment aux pharmaciens de promouvoir les médicaments génériques sans subir de perte de rémunération.

Le président de l’Ordre a également réaffirmé la nécessité d’instaurer le droit de substitution, considéré comme un levier important de maîtrise des dépenses de l’assurance maladie. Il préconise parallèlement le développement de nouvelles prestations rémunérées : vaccination, dépistage, accompagnement des malades chroniques et bilans de médication.

Ces missions contribueraient à améliorer la prévention et à désengorger les structures de soins, tout en diversifiant les ressources des pharmacies. Leur mise en œuvre devrait toutefois s’accompagner d’une formation continue obligatoire, certifiée par l’Ordre.

Sur la question sensible de l’ouverture du capital des officines, le Dr Guedira a défendu une position ferme : l’indépendance professionnelle du pharmacien doit être préservée. Plutôt que de permettre l’entrée d’investisseurs extérieurs, il privilégie le développement de groupements d’intérêt économique (GIE), capables de mutualiser les achats, les investissements numériques et certaines charges, sans remettre en cause l’indépendance des titulaires.

L’intervention a également souligné l’importance de l’ordonnance électronique, de la traçabilité des médicaments et de la connexion des officines aux systèmes nationaux de santé. Ces outils pourraient améliorer la surveillance des pénuries, sécuriser la dispensation et contribuer à lutter contre les circuits parallèles.

Avec plus de 14 000 officines réparties sur le territoire, le réseau pharmaceutique constitue, selon le président de l’Ordre, une infrastructure sanitaire de proximité qu’il convient de consolider plutôt que de fragiliser.

Son message est clair : la réussite de la couverture sanitaire universelle passe aussi par une officine économiquement viable, professionnellement valorisée et pleinement intégrée au parcours de soins.

 

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CONTRE FAÇON - OMS - INTERPOL

Médicaments falsifiés : l’OMS et INTERPOL unissent leurs forces contre les réseaux criminels Abderrahim Derraji - 18 octobre 2026 12:28
Médicaments falsifiés : l’OMS et INTERPOL unissent leurs forces contre les réseaux criminels

La lutte contre les médicaments falsifiés franchit une nouvelle étape. Le 16 octobre 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et INTERPOL ont signé un accord visant à renforcer leur coopération dans la lutte contre la criminalité liée aux produits de santé.

Cette initiative traduit une volonté commune de mieux coordonner les interventions des autorités sanitaires et des services chargés de l’application de la loi face à des réseaux criminels dont les activités dépassent largement les frontières nationales.

L’accord concerne notamment la fabrication et le commerce illicites de médicaments, de vaccins, de dispositifs médicaux et d’équipements de protection falsifiés. Ces pratiques représentent une menace pour la santé publique, car elles exposent les patients à des produits dont la qualité, la sécurité et l’efficacité ne sont pas garanties.

Pour les pays africains, cette coopération revêt une importance particulière. La circulation transfrontalière des produits pharmaceutiques, la multiplication des circuits informels et les difficultés de contrôle de certaines chaînes d’approvisionnement rendent la lutte contre les médicaments falsifiés particulièrement complexe.

Si la coopération entre autorités sanitaires et services de police est indispensable pour identifier et démanteler les réseaux criminels, elle ne saurait constituer, à elle seule, une réponse suffisante.

La sécurisation du circuit pharmaceutique passe également par une traçabilité complète du médicament, depuis son fabricant jusqu’au patient. Elle suppose des mécanismes efficaces d’identification des produits, de contrôle des circuits de distribution et de transmission rapide des alertes.

Les agences de régulation, les douanes, les industriels, les grossistes-répartiteurs et les pharmaciens doivent ainsi pouvoir partager les informations nécessaires pour détecter rapidement les produits suspects et empêcher leur dispensation.

Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse la seule répression des trafics. Il s’agit également de consolider des chaînes d’approvisionnement fiables et de renforcer la confiance des populations dans les systèmes de santé.

Car la lutte contre les médicaments falsifiés ne peut être pleinement efficace sans une distribution sécurisée, une traçabilité continue et une mobilisation de tous les acteurs du circuit pharmaceutique.

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Autres articles

Cancer ORL : revers intermédiaire pour le vaccin thérapeutique à ARN messager de BioNTech

BioNTech a annoncé un résultat décevant pour le BNT113, son immunothérapie expérimentale à ARN messager destinée à traiter certains cancers avancés de la tête et du cou. Associé au pembrolizumab, commercialisé sous le nom de Keytruda, le candidat n’a pas atteint le premier objectif principal de l’essai clinique : améliorer significativement la survie sans progression par rapport au pembrolizumab administré seul. L’étude concerne des patients atteints d’un carcinome épidermoïde avancé de la tête et du cou associé au papillomavirus humain de type 16, ou HPV16. Le BNT113 utilise l’ARN messager afin d’apprendre au système immunitaire à reconnaître des protéines spécifiques produites par les cellules tumorales infectées par ce virus. Le pembrolizumab agit, quant à lui, en levant certains mécanismes utilisés par la tumeur pour neutraliser la réponse immunitaire. L’hypothèse était donc que l’association des deux approches permettrait de stimuler une réaction plus forte contre les cellules cancéreuses. Les premières données ne montrent toutefois pas de prolongation statistiquement significative de la période pendant laquelle la maladie reste stable. Ce résultat ne signifie pas nécessairement l’arrêt du développement du BNT113. Un comité indépendant de surveillance a recommandé la poursuite de l’essai afin d’évaluer le second objectif principal : la survie globale. Cet indicateur mesure la durée de vie des patients, indépendamment de l’évolution radiologique de leur cancer. Dans certaines études en oncologie, un traitement peut manquer l’objectif de survie sans progression tout en démontrant ultérieurement un bénéfice sur la survie globale. La prudence reste donc indispensable avant de conclure à un échec définitif. Les cancers de la tête et du cou constituent un groupe hétérogène de maladies, souvent caractérisées par un environnement tumoral capable de freiner fortement l’activité du système immunitaire. La présence d’une cible virale identifiable, comme le HPV16, ne garantit pas à elle seule l’efficacité d’un vaccin thérapeutique. Pour BioNTech, ce résultat rappelle les difficultés rencontrées dans l’application de la technologie à ARN messager au traitement du cancer. Celle-ci reste prometteuse, mais son succès dépendra du type de tumeur, des antigènes ciblés, du profil des patients et des associations thérapeutiques utilisées. Les prochaines données sur la survie globale seront donc déterminantes pour décider de l’avenir du programme.

Abderrahim Derraji - 14 octobre 2026 21:30
Médicaments en Afrique : pas de traçabilité, pas de sécurité !

La lutte contre les médicaments falsifiés constitue l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les systèmes de santé africains. Malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires des différents pays, des produits de qualité douteuse continuent de circuler dans certaines régions, mettant en danger la vie des patients et fragilisant la confiance dans les circuits pharmaceutiques. C’est dans ce contexte que s’est tenue, du 6 au 8 octobre 2026 à Lagos, la 4e Assemblée générale thématique de l’Association de distribution pharmaceutique africaine (ADPA), organisée en partenariat avec l’Association des grossistes et distributeurs pharmaceutiques du Nigeria (PWDAN). Cette rencontre, qui a réuni des délégations de plusieurs pays africains, a permis de rappeler une évidence trop souvent occultée : la qualité d’un médicament ne dépend pas uniquement de sa fabrication, mais également de l’intégrité de toute la chaîne, jusqu’à sa dispensation au patient. Les différentes interventions ont mis en avant les conséquences sanitaires, économiques et sociales des médicaments falsifiés. Mme Mojisola Christianah Adeyeye, directrice générale de la National Agency for Food and Drug Administration and Control (NAFDAC), a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la traçabilité des médicaments. Une préoccupation également partagée par les autres intervenants, qui ont soulignétechnologies numériques. La véritable sécurisation du circuit pharmaceutique passe désormais par une traçabilité totale, de la fabrication du médicament jusqu’à sa délivrance au patient. Chaque boîte de médicament devrait pouvoir être identifiée, authentifiée et suivie à chaque étape de son parcours. Grâce à des systèmes numériques interopérables et à l’enregistrement des mouvements, il devient possible de détecter les anomalies, d’identifier les détournements et de procéder rapidement au retrait des lots présentant un risque sanitaire. Mais la technologie, à elle seule, ne suffira pas. Encore faut-il que les industriels, les importateurs, les grossistes-répartiteurs, les pharmaciens et les autorités de régulation partagent des données fiables et adoptent des procédures harmonisées. Une traçabilité interrompue à un seul maillon perd une grande partie de son efficacité. Pour les pays africains, l’enjeu est considérable. La coexistence de circuits réglementés et de marchés informels rend cette transformation particulièrement urgente. Elle exige des investissements, une volonté politique et une coopération dépassant les frontières nationales. Le Maroc, qui dispose d’un circuit fait preuve d’une grande vigilance face aux médicaments falsifiés, doit poursuivre ses efforts et inscrire la traçabilité intégrale parmi ses priorités stratégiques. La sécurisation des circuits existants constitue un acquis précieux, mais elle ne dispense pas d’anticiper les risques et de renforcer continuellement les dispositifs de contrôle. La rencontre de Lagos nous rappelle finalement une vérité fondamentale : produire des médicaments ne suffit pas à garantir la sécurité sanitaire. Encore faut-il pouvoir retracer leur parcours et garantir leur authenticité jusqu’au patient. Sans traçabilité totale, la souveraineté pharmaceutique restera un vœu pieux.

Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:19
Égypte : quand des prix trop bas menacent la disponibilité des médicaments

L'Égypte engage une réforme importante de sa politique de fixation des prix des médicaments. L'objectif est de trouver un équilibre entre la nécessité de préserver l'accessibilité financière des traitements et celle de garantir la viabilité économique de leur production et de leur distribution. Cette réforme repose sur un constat : un prix administré trop bas, lorsqu'il ne couvre plus les coûts de production et de distribution, peut devenir un facteur de pénurie. Dans un environnement marqué par les fluctuations monétaires, l'inflation et l'augmentation des coûts industriels, certains médicaments peuvent devenir peu ou pas rentables et difficiles à fabriquer ou à commercialiser. Les laboratoires peuvent alors être tentés de réduire leur production, voire d'abandonner certaines spécialités. Pour limiter ces risques, l'Egyptian Drug Authority (EDA) a adopté la décision n° 480/2026, publiée le 23 septembre 2026, qui introduit une approche plus flexible de la fixation et de la révision des prix. Le nouveau mécanisme repose notamment sur une formule intégrant trois indicateurs économiques : 60 % pour l'évolution du taux de change, 30 % pour l'inflation et 10 % pour l'évolution des taux d'intérêt. Cette pondération vise à mieux tenir compte des variations des coûts supportés par les industriels. Le dispositif prévoit également des possibilités de révision périodique des prix, notamment lorsque certains paramètres économiques connaissent des variations suffisamment importantes. L'EDA entend ainsi réduire le décalage entre les prix réglementés et les réalités économiques du secteur pharmaceutique. La réforme concerne également les marges des différents intervenants de la chaîne de distribution. Pour certaines catégories de médicaments essentiels fabriqués localement, la marge du pharmacien est fixée à 22 % du prix public lorsque celui-ci est inférieur à 500 livres égyptiennes, et à 20 % au-delà. Pour certaines catégories de médicaments locaux ne figurant pas sur la liste des médicaments essentiels, les marges prévues atteignent respectivement 27 % et 25 %. Cette approche traduit la volonté de préserver non seulement les capacités de production industrielle, mais également l'équilibre économique des circuits de distribution. La réforme égyptienne présente un intérêt particulier pour les autres pays africains, notamment le Maroc, confrontés eux aussi à la nécessité de concilier maîtrise des dépenses pharmaceutiques, disponibilité des médicaments et pérennité économique des opérateurs. Elle soulève une question fondamentale : jusqu'où peut-on baisser le prix d'un médicament sans compromettre Un médicament bon marché qui disparaît du marché ne constitue pas nécessairement une économie pour le système de santé. Les ruptures d'approvisionnement peuvent entraîner des substitutions thérapeutiques, des interruptions de traitement et des coûts supplémentaires. L'expérience égyptienne rappelle ainsi que la politique du médicament ne peut être évaluée uniquement à travers le niveau des prix. Elle doit également intégrer la continuité des approvisionnements et la viabilité de toute la chaîne pharmaceutique.

Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:14
Nigeria : sept années sans contrôle portuaire ont fragilisé la sécurité du médicament

La lutte contre les médicaments falsifiés au Nigeria se heurte à un héritage réglementaire préoccupant. Selon la directrice générale de la National Agency for Food and Drug Administration and Control (NAFDAC), la suspension de la présence de cette agence dans les ports nigérians pendant sept années aurait favorisé l'émergence de réseaux illicites dans la distribution pharmaceutique. S'exprimant à Lagos, en marge de la 4e Assemblée générale thématique de l'African Pharmaceutical Distribution Association (APDA), organisée en collaboration avec l'association nigériane des grossistes et distributeurs pharmaceutiques (PWDAN), la professeure Mojisola Adeyeye a rappelé que la NAFDAC avait été absente des ports entre 2011 et le 16 mai 2018. Cette absence prolongée aurait considérablement réduit la capacité du régulateur à surveiller les importations de produits pharmaceutiques et à empêcher l'introduction de médicaments non conformes dans les circuits commerciaux. Selon la professeure Mojisola Adeyeye, cette période aurait permis à des réseaux organisés de renforcer leur influence sur certaines activités de distribution. Elle a toutefois précisé ne pas être en mesure d'identifier les éventuels soutiens dont bénéficieraient ces organisations. Le retour de la NAFDAC dans les ports en mai 2018 a constitué une étape importante dans le rétablissement des contrôles réglementaires. Mais cette expérience met surtout en évidence les limites d'une surveillance reposant uniquement sur les points d'entrée du territoire. La sécurité du médicament doit être assurée tout au long de son parcours, depuis sa fabrication jusqu'à sa dispensation au patient. La directrice générale a insisté sur l'importance des conditions de transport, de stockage et de distribution, ainsi que sur le recours aux technologies permettant de suivre la circulation des produits pharmaceutiques. De son côté, le président de la PWDAN, Oghenochuko Omaruaye, a plaidé pour une chaîne d'approvisionnement transparente, traçable et reposant sur une responsabilité clairement définie pour chaque intervenant. Ces déclarations interviennent alors que plusieurs pays africains cherchent à renforcer leurs systèmes de réglementation pharmaceutique et leurs mécanismes de lutte contre les médicaments falsifiés. L'expérience nigériane rappelle qu'une rupture dans la surveillance réglementaire peut fragiliser durablement l’ensemble de la chaîne pharmaceutique. Pour les pays africains, l'enjeu dépasse désormais le seul contrôle douanier. Il consiste à mettre en place une traçabilité continue, capable d'identifier chaque médicament, de suivre ses mouvements et de vérifier son authenticité jusqu'à la pharmacie d’officine. Car un médicament correctement fabriqué peut perdre toutes ses garanties de sécurité lorsqu'il circule dans un réseau de distribution insuffisamment contrôlé.

Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:12
Rougeole aux États-Unis : plus de 4 000 cas, le retour inquiétant d’une maladie évitable

La rougeole poursuit sa progression aux États-Unis, mettant en évidence les conséquences d'une couverture vaccinale insuffisante, y compris dans les pays disposant de systèmes de santé performants. Selon les données publiées par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), 4 080 cas confirmés avaient été recensés au 8 octobre 2026, soit 193 cas supplémentaires en une semaine. Cette recrudescence constitue un signal préoccupant pour les autorités sanitaires américaines. Environ 10 % des personnes infectées ont nécessité une hospitalisation, tandis que les enfants et adolescents âgés de 5 à 19 ans représentent 42 % des cas déclarés. Ces chiffres rappellent que la rougeole est loin d'être une infection bénigne complications graves, notamment des pneumonies et des encéphalites. Extrêmement contagieux, le virus de la rougeole se transmet par voie aérienne et peut infecter rapidement les personnes non immunisées. La maladie peut ainsi réapparaître dès lors que des groupes de population présentent une couverture vaccinale insuffisante. Le paradoxe américain mérite d'être souligné. Malgré la disponibilité de vaccins efficaces, des infrastructures sanitaires développées et des moyens importants de surveillance épidémiologique, le pays peine à contenir la circulation du virus dans certaines communautés. Cette situation illustre une réalité souvent sous-estimée : la disponibilité d'un vaccin ne garantit pas, à elle seule, la protection d'une population. Encore faut-il que les personnes concernées soient effectivement vaccinées et que les programmes de vaccination parviennent à maintenir une couverture suffisamment élevée. Pour le Maroc, où la rougeole a également connu une résurgence ces dernières années, l'évolution de la situation américaine constitue un rappel particulièrement pertinent. La vérification des carnets de vaccination, l'identification des enfants insuffisamment immunisés et l'organisation de campagnes de rattrapage demeurent des mesures essentielles pour interrompre les chaînes de transmission. Les pharmaciens, en tant que professionnels de santé de proximité, peuvent également contribuer à sensibiliser les familles et à orienter les patients vers les structures de vaccination. Au-delà des chiffres, cette résurgence rappelle qu'aucun pays ne peut considérer les acquis de la vaccination comme définitivement garantis.

Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:09
Herpès résistant : le pritélivir ouvre une nouvelle alternative thérapeutique

La prise en charge des infections persistantes à virus Herpes simplex (HSV) chez les patients immunodéprimés pourrait connaître une avancée importante. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a autorisé le pritélivir, un nouvel antiviral oral destiné à certaines infections herpétiques devenues difficiles à traiter avec les médicaments actuellement mis sur le marché. Cette autorisation concerne une population particulièrement vulnérable. Chez les patients immunodéprimés, notamment ceux ayant subi une transplantation ou présentant certaines déficiences immunitaires, les infections herpétiques peuvent persister, provoquer des lésions douloureuses et résister aux traitements antiviraux classiques. Les médicaments habituellement utilisés, tels que l'aciclovir, le valaciclovir ou le famciclovir, agissent principalement en inhibant la réplication de l'ADN viral. Toutefois, certaines mutations peuvent entraîner une résistance et compromettre leur efficacité. Le pritélivir présente l'intérêt d'agir selon un mécanisme différent. Il inhibe le complexe hélicase-primase du virus, indispensable à la réplication de son matériel génétique. Cette particularité lui permet de conserver une activité contre certaines souches résistantes aux antiviraux conventionnels. Les résultats cliniques ayant permis son autorisation sont encourageants. Dans une étude portant sur 101 participants, 62,7 % des patients traités par pritélivir ont présenté une cicatrisation complète des lésions à 28 jours, contre 34 % dans le groupe recevant les traitements comparateurs. Cette différence suggère un bénéfice thérapeutique significatif chez des patients pour lesquels les possibilités de traitement étaient jusqu'ici limitées. Le médicament n'est toutefois pas dépourvu d'effets indésirables. Des céphalées, diarrhées, nausées, vomissements et vertiges ont notamment été rapportés. Sa prescription nécessite donc une évaluation attentive du rapport bénéfice-risque.Cette innovation illustre l'importance de poursuivre la recherche sur les antiviraux, particulièrement face à l'émergence de résistances chez les patients les plus fragiles. Pour les professionnels de santé marocains, cette autorisation américaine mérite d'être suivie, même si elle ne préjuge ni d'une homologation ni d'une commercialisation prochaine au Maroc. Le pritélivir rappelle surtout qu'en infectiologie, la résistance thérapeutique impose de développer de nouvelles cibles pharmacologiques, et pas uniquement de nouvelles formulations des molécules existantes.

Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:07
Schizophrénie : Weltruza, une nouvelle injection mensuelle pour améliorer l’observance

La prise en charge de la schizophrénie s'enrichit d'une nouvelle option thérapeutique aux États-Unis. La Food and Drug Administration (FDA) a autorisé Weltruza, un antipsychotique injectable à libération prolongée, destiné au traitement des adultes atteints de schizophrénie. Développé par le laboratoire israélien Teva en collaboration avec la société française de biotechnologie Medincell, ce médicament repose sur une technologie permettant une libération progressive du principe actif après son administration. L'intérêt principal de cette nouvelle formulation réside dans sa fréquence d'administration. Une injection mensuelle permet de réduire les contraintes liées à traitement oral et pourrait contribuer à améliorer l'observance thérapeutique.`` La schizophrénie est une maladie psychiatrique chronique nécessitant généralement un traitement prolongé. Or, les interruptions thérapeutiques constituent l'une des principales difficultés rencontrées dans sa prise en charge. Elles peuvent favoriser la réapparition des symptômes, augmenter le risque de rechute et conduire à de nouvelles hospitalisations. Les antipsychotiques injectables à action prolongée représentent ainsi une stratégie intéressante pour certains patients, notamment ceux qui rencontrent des difficultés à respecter régulièrement leur traitement. Weltruza constitue le deuxième médicament issu de la collaboration entre Teva et Medincell à obtenir une autorisation américaine. Le premier, Uzedy, une formulation injectable prolongée de rispéridone, avait été approuvé par la FDA en 2023. Cette nouvelle autorisation confirme l'intérêt croissant de l'industrie pharmaceutique pour les technologies de libération contrôlée, capables de modifier les modalités d'administration de molécules déjà utilisées en thérapeutique. Il convient néanmoins de rappeler qu'une formulation mensuelle ne garantit pas automatiquement une meilleure observance. Le choix d'un antipsychotique injectable doit tenir compte du profil clinique du patient, de la tolérance au traitement, de ses préférences et de la qualité de son suivi médical. Au-delà de l'innovation galénique, c'est la continuité des soins qui constitue le véritable enjeu de ces nouvelles formulations.

Abderrahim Derraji - 11 octobre 2026 11:05
Vaccination : quand un choix individuel engage la santé des autres

Après plusieurs décennies de succès vaccinal, la réapparition de la diphtérie au Maroc vient nous rappeler qu’une maladie devenue rare n’est pas forcément une maladie disparue. Fin septembre 2026, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé la détection de deux foyers familiaux limités de diphtérie dans la région Souss-Massa, l’un à Agadir-Ida Outanane et l’autre à Chtouka-Aït Baha. Un cas avait alors été confirmé biologiquement et huit autres étaient en cours d’investigation, dont deux décès. Selon les premières données communiquées, les enfants concernés n’étaient pas vaccinés ou n’avaient pas reçu toutes les doses recommandées. Le Manuel de veille et de riposte à une épidémie de diphtérie, publié en septembre 2026 par la tutelle, indique que la pandémie de Covid-19, mais aussi l’hésitation vaccinale, ont favorisé une baisse ponctuelle de la couverture et l’apparition de « poches de susceptibilité » dans certaines populations. La diphtérie n’est pourtant pas une infection banale. Très contagieuse, transmise principalement par les gouttelettes respiratoires et les contacts rapprochés, elle peut provoquer une obstruction des voies respiratoires, mais également des complications cardiaques, neurologiques ou rénales. Sa létalité globale est estimée entre 5 et 10 %. Face à cette maladie, la vaccination reste la meilleure protection. Le manuel estime qu’une couverture de 80 à 85 % doit être maintenue pour préserver la protection communautaire et réduire le risque de flambée. Au Maroc, la vaccination antidiphtérique est intégrée au Programme national d’immunisation (PNI), avec une primovaccination et des rappels durant l’enfance. Faut-il le rappeler, une couverture vaccinale insuffisante facilite la circulation du bacille de Löffler-Klebs et expose les nourrissons, les personnes fragiles ou insuffisamment protégées. Le manuel insiste d’ailleurs sur le rattrapage des personnes non vaccinées ou incomplètement vaccinées et sur la promotion des rappels. Dans cette mobilisation, le pharmacien d’officine a un rôle majeur à jouer. Professionnel de santé de proximité, quotidiennement au contact des familles, il peut interroger sur le statut vaccinal, inciter à vérifier le carnet de vaccination, repérer les retards, expliquer l’utilité des rappels et combattre les fausses informations qui nourrissent l’hésitation vaccinale. Le manuel national fait précisément de l’information du public, de la promotion de la vaccination et de la lutte contre les rumeurs des composantes de la riposte.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 18:01
Essais cliniques : l’AMMPS franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la recherche au Maroc

L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) vient de franchir une nouvelle étape dans l’organisation de la recherche clinique au Maroc. Dans une note d’information publiée le 29 septembre 2026, l’Agence invite les promoteurs et responsables concernés à déposer leurs demandes d’agrément pour les sites accueillant des essais cliniques ou des investigations cliniques. La procédure concerne aussi bien les sites réalisant des essais cliniques portant sur des médicaments expérimentaux que ceux conduisant des investigations cliniques relatives aux dispositifs médicaux. Cette mise en œuvre repose sur la décision n° 50/SDG/AMM/26 du 25 février 2026, qui précise les modalités, conditions et exigences nécessaires à l’obtention de cet agrément. L’AMMPS demande aux responsables concernés de constituer et de déposer leurs dossiers conformément à ces dispositions afin de permettre leur instruction dans les conditions requises. Au-delà de la procédure administrative, la démarche revêt une importance particulière pour le développement de la recherche biomédicale nationale. L’agrément des sites permet en effet de formaliser davantage le cadre dans lequel les essais sont réalisés et d’inscrire leur organisation dans un référentiel défini par l’autorité réglementaire. Cette évolution intervient alors que le Maroc cherche à renforcer son écosystème pharmaceutique et sa capacité à participer au développement de nouveaux médicaments et dispositifs médicaux. La qualité des sites d’investigation constitue, à cet égard, un élément déterminant. Pour les promoteurs internationaux, disposer d’un réseau de centres répondant à des exigences réglementaires clairement établies peut également contribuer à faire du Maroc une destination de recherche clinique. Mais l’enjeu ne se limite pas à l’attractivité économique. Il concerne d’abord la qualité des recherches menées, la fiabilité des données produites et la protection des participants. Avec l’ouverture effective des demandes d’agrément, l’AMMPS transforme ainsi un cadre réglementaire en dispositif opérationnel. Une étape importante pour structurer durablement la recherche clinique marocaine et l’intégrer davantage aux standards internationaux.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:59
Ebola : un antiviral pourrait permettre une prophylaxie post-exposition

La République démocratique du Congo expérimente actuellement une stratégie pour lutter contre Ebola. Celle-ci consiste  à administrer rapidement un antiviral oral à une personne ayant été exposée au virus, avant même l’apparition des symptômes. Plus de 250 personnes ont déjà été recrutées dans l’essai clinique EBO-PEP conduit en Ituri. L’étude a choisi l’obeldesivir, un antiviral expérimental développé par Gilead, pour évaluer sa capacité de garantir une prophylaxie post-exposition. Le principe est particulièrement intéressant. Après un contact à risque avec une personne infectée, le médicament est administré à des sujets encore asymptomatiques afin de tenter d’empêcher le développement de la maladie. L’essai prévoit d’inclure près de 1 000 participants, qui sont suivis quotidiennement pendant 21 jours. L’enjeu est d’autant plus important que l’épidémie actuelle est liée au virus Ebola Bundibugyo pour lequel aucun vaccin ni traitement n’est actuellement homologué. L’intérêt potentiel d’un antiviral oral post-exposition réside aussi dans sa simplicité d’utilisation. Lors d’une flambée, chaque personne exposée constitue un maillon possible d’une nouvelle chaîne de transmission. Pouvoir proposer rapidement un comprimé aux contacts à haut risque pourrait donc ajouter un outil aux stratégies classiques reposant sur l’identification des contacts, leur surveillance et les mesures vaccinales lorsqu’elles sont disponibles et efficaces contre l’espèce virale concernée. Il faut cependant rester prudent. Il s’agit pour le moment d’un essai clinique qui doit déterminer l’efficacité et la sécurité de l’obeldesivir dans cette indication. Son intérêt pour interrompre la transmission ne pourra être établi qu’après analyse des résultats. L’étude associe notamment l’organisation médicale ALIMA, l’Institut national de recherche biomédicale congolais et l’ANRS Maladies infectieuses émergentes Si les résultats sont concluants, la prophylaxie post-exposition orale pourrait apporter une nouvelle arme particulièrement intéressante pour intervenir autour des cas et protéger rapidement les personnes les plus exposées.

Abderrahim Derraji - 04 octobre 2026 17:56