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ALLEMAGNE

Allemagne : Un étudiant en pharmacie se bat contre la vente en ligne des médicaments de prescription Abderrahim DERRAJI - 28 janvier 2020 17:36
Allemagne : Un étudiant en pharmacie se bat contre la vente en ligne des médicaments de prescription

Benedikt Bühler, étudiant en pharmacie et fils de pharmacien âgé de 20 ans seulement, mène une lutte sans relâche contre la vente en ligne des médicaments de prescription.

Cet étudiant de Karlsruhe a déposé le 27 janvier 410 000 signatures au Bundestag (Parlement fédéral). Il a fait tomber au passage le record national de signatures pour une pétition adressée au Parlement allemand. Le ministre de la Santé Jens Spahn a assisté lui même à cette remise et s’est entretenu avec l’étudiant en pharmacie en présence de plusieurs députés.

Le dynamisme de cet étudiant qui considère cette vente comme une menace majeure pour la santé des patients et pour l’avenir des pharmacies, lui a valu le soutien d’un grand nombre de pharmaciens d’officine, mais malheureusement pas celui de l’ABDA. En effet, l’Association faîtière officielle des 20 000 pharmacies allemandes estime que ce combat est perdu d’avance. Bien qu’elle considère l’interdiction de ces ventes comme «la réponse la plus souhaitable», elle estime que les contraintes du droit européen la rendent inéluctable.

Mais rien ne semble décourager  Benedikt Bühler  qui est bien décidé à poursuivre son combat pour stopper la vente en ligne des médicaments de prescription.

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SOTHEMA

Sothema : Omar Tazi passe le flambeau à Lamia Tazi Abderrahim DERRAJI - 27 janvier 2020 10:32
Sothema : Omar Tazi passe le flambeau à Lamia Tazi

Lamia Tazi vient d’être nommée par le conseil d’administration de Sothema président-directeur général de ce laboratoire pharmaceutique marocain spécialisé dans la fabrication et la commercialisation des médicaments depuis 1976.

Cette pharmacienne diplômée de l’Université de Liège connue pour son dynamisme et son front-parler a entamé sa carrière en occupant le poste de pharmacien responsable en 1998 au sein de Sothéma avant d’être promue au poste de directeur général.

Lamia Tazi qui continuera à occuper le poste de pharmacien responsable est, par ailleurs, vice-présidente de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) et membre du bureau exécutif de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX).

Le Conseil d’administration de Sothéma a également décidé de mettre en place un comité stratégique qui sera présidé par Omar Tazi. Cette nouvelle entité sera chargée de définir et suivre les orientations stratégiques des laboratoires Sothema.  

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SIT-IN

Pour la cause* ! Abderrahim DERRAJI - 27 janvier 2020 10:30
Pour la cause* !
Les appels se multiplient à travers les réseaux sociaux pour inciter les pharmaciens du Royaume à participer massivement au sit-in qui aura lieu le 10 février 2020 devant le ministère de la Santé à Rabat.

Cette action revendicative initiée par la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, traduit le ras-le-bol des officinaux qui voient leur situation empirer de jour en jour, et leurs attentes se perdre dans les méandres d’une administration qui donne l’impression de les ignorer.

Pourtant, Anas Doukkali, qui a occupé le poste de ministre de la Santé pendant presque deux années, a été à l’origine de la mise en place de trois commissions comportant des représentants des officinaux ayant été chargés d’évaluer la situation de la pharmacie et proposer des actions concrètes à même de l’extirper de son marasme. 
 
Les doléances des pharmaciens ont été consignées par des pharmaciens de la Direction du médicament de la pharmacie (DMP) et ont servi à l’élaboration d’une feuille de route qui a été présentée, le 19 juin 2019, par le Pr Jamal Taoufik aux représentants des pharmaciens en présence du ministre de la Santé. Il faut préciser que le Directeur du médicament et de la pharmacie n’a pas attendu les conclusions des différentes commissions pour s’atteler au travail et mettre fin à certains dysfonctionnements qui impactent le chiffre d’affaires des pharmacies.   
 
Lors de cette même réunion qui s’est tenue au ministère de la Santé, Anas Doukkali avait fait part aux représentants des pharmaciens de l’étude menée par l’OMS afin d’évaluer l’impact du Décret 2-13-852 relatif à la fixation des prix des médicaments sur les différentes composantes du secteur.
 
Entre temps, il y a eu le départ du ministre de la Santé et la nomination de son successeur, le départ du Directeur du médicament et de la pharmacie ainsi que du Secrétaire général du ministère de la Santé. Depuis, c’est le calme plat ! Les pharmaciens n’ont eu à se mettre sous la dent que quelques déclarations qui ne sont pas de nature à les rassurer.   
 
Les officinaux vont probablement participer en masse à ce sit-in présenté par ses initiateurs comme la seule option qui pourrait pousser le ministre de la Santé au dialogue et à reprendre le chantier initié par son prédécesseur.

Une fois de plus, certains pharmaciens risquent de parasiter le déroulement du sit-in, notamment en essayant de démotiver les officinaux indécis par des sorties médiatiques qui donnent une piètre image de la profession. L’histoire est un éternel recommencement ! Les officinaux avaient déjà vécu cette situation quand des pharmaciens avaient organisé un 
sit-in pour s’opposer à la mise en place d’un nouveau cadre de fixation des prix des médicaments sans une vraie étude d’impact. Ces officinaux, qui avaient vu juste, n’avaient pas été suivis par toute la profession ! Pire, ils ont été combattus et traités de tous les noms ! Pourtant, tous les pharmaciens s’accordent aujourd’hui pour dénoncer l’accord conclu entre le prédécesseur d’Anas Doukkali et les instances professionnelles. L’amendement de ce texte qui a aggravé la situation économique du pharmacien est primordial, à moins qu’on veuille sacrifier le pharmacien d’officine à l’autel d’une hypothétique amélioration de l’accès aux soins.
 
Eu égard à la gravité de la situation que vit la profession, on ose espérer que cette fois-ci, toutes les composantes de la profession fassent preuve de solidarité ou au moins de bon sens. On a le devoir de respecter le choix des pharmaciens qui ne souhaitent pas participer au sit-in, comme on doit respecter ceux qui souhaitent y participer. De grâce, évitez-nous ces agissements  orchestrés par une poignée de pharmaciens dont l’éternelle quête du pouvoir et de ses privilèges les a privés depuis longtemps de toute objectivité !
 
* Titre du dernier film de Hassan Benjelloun qui est également pharmacien. 
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CORONAVIRUS

Coronavirus : le ministre de la Santé incite à plus de vigilance Abderrahim DERRAJI - 27 janvier 2020 10:19
Coronavirus : le ministre de la Santé incite à plus de vigilance

Par une circulaire datée du 25 janvier, le ministre de la Santé demande aux directeurs de l’Administration centrale, aux chefs des Divisions rattachées au Secrétariat général, au CHU, au directeur de l’Institut Pasteur Maroc, au président du CNOM ( Conseil national de l’Ordre des médecins)  et aux directeurs régionaux de la santé «d’augmenter le niveau de vigilance vis-à-vis des cas d’infection respiratoire aiguë avec notion de séjour à la ville de Wuhan en Chine et de notifier immédiatement tout cas possible, conformément aux termes de la procédure de détection et de prise en charge des cas d’infection à 2019-nCoV.»

Dans le même écrit, le ministre de la Santé rappelle que cette démarche est en phase avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui préconise aux États membres d’intensifier leurs efforts pour mettre en place une stratégie de riposte à ce nouveau virus, notamment en renforçant la surveillance, la détection précoce et la prévention de la propagation de l’infection à 2019-nCoV.

Le bilan de ce nouveau virus inquiète de plus en plus les autorités chinoises et l’OMS. Quelque 56 personnes infectées sont mortes depuis le début de l'épidémie dans la ville de Wuhan. Et d'après un bilan arrêté samedi dernier, 1.975 cas de contamination auraient été recensés en Chine, et ce, malgré le confinement de plus 56 millions chinois.

D’après le Pr Yazdan Yazdanpanah, expert français auprès de l'OMS qui a pris en charge des patients en France, l'étude des premiers cas révèle que le taux de mortalité de ce virus est moins de 5%. À titre de comparaison, le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) avait fait 774 morts à travers le monde en 2002-2003 et avait un taux de mortalité de 9,5%.

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SUBSYS

Spray Fentanyl : John Kapoor écope de cinq années et demie de prison Abderrahim DERRAJI - 27 janvier 2020 10:16
Spray Fentanyl : John Kapoor écope de cinq années et demie de prison

John Kapoor , fondateur du laboratoire pharmaceutique Insys, a été condamné jeudi 23 janvier par le tribunal fédéral de Boston à une peine de cinq années et demie de prison pour avoir payé des médecins pour qu’ils prescrivent des opiacés.

Le fondateur d’Insys a été reconnu coupable d'association de malfaiteurs. Six autres anciens dirigeants d'Insys avaient également écopé de peines d’emprisonnement allant de 12 à 33 mois.

Pour augmenter les ventes de son spray à base de Fentanyl, un analgésique opioïde 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, Insys rémunérait les professionnels de santé pour le prescrire en grande quantité et même à dépasser les doses limites fixées.

Les payements étaient effectués en échange d’interventions de professionnels de santé devant des prescripteurs pour leur vanter les bienfaits du Subsys. Cela a permis à Insys de réaliser un chiffre d’affaires de 329,5 millions de dollars en 2015. Deux années après, plus de 28.000 Américains avaient succombé à une overdose de Fentanyl ou d’un opiacé de synthèse.

Un accord amiable a été conclu entre Insys et le ministère américain de la Justice. Selon les termes de cet accord, Insys s’est engagé à verser 225 millions de dollars pour solder les poursuites contre l'entreprise. Mais, entre-temps, Insys a fait un dépôt de bilan pour préparer la vente de tous ses actifs, évaluant leur valeur entre 100 et 500 millions de dollars. Cette démarche entreprise par Insys compromet le versement intégral des indemnités prévues pour l'État américain.

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Autres articles

AstraZeneca s’apprête à investir plus de 500 millions de dollars en France

Le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca annonce de nouveaux investissements de plus de 500 millions de dollars en France d'ici 2025. La nouvelle a été annoncée dans le cadre du projet présidentiel «Choose France», une initiative ayant pour objectif de renforcer l’attractivité de l’Hexagone. Grâce à cet investissement, Astra Zeneca projette de développer son programme industriel notamment sur le site de Dunkerque, renforcer sa stratégie de R&D et mettre en place un Hub européen de l'innovation à Paris.

Abderrahim DERRAJI - 27 janvier 2020 10:14
Un test biologique pour prédire la ménopause

Une étude publiée dans «The Journal of clinical endocrinology & metabolism révèle qu’une équipe de chercheurs de l’Université du Colorado travaille actuellement sur un test sanguin permettant de prédire la ménopause deux années avant son apparition. Cette équipe a dosé l'hormone anti-müllérienne (AMH) chez plus de 1 500 femmes âgées pour la plupart de 45 à 50 ans. Le taux de cette hormone qui baisse quand le cycle d'ovulation prend fin, fait d'elle un bon indicateur de la fértilité. Anticiper l’arrivée de la ménopause peut aider certaines femmes souhaitant avoir un bébé à prendre des décisions pour augmenter leurs chances d’y arriver.

Abderrahim DERRAJI - 24 janvier 2020 10:29
France : Pas de prométhazine sans ordonnance !

Suite à l’avis formulé le 6 juin 2019 par la Commission de suivi du rapport bénéfices/risques des produits de santé de l’ANSM, la prométhazine administrée par voie orale est désormais classée sur liste I et nécessite de ce fait une prescription médicale. Cette décision fait suite aux mésusages que connaît la forme sirop notamment  dans les cocktails comme «Purple drank» qui est préparé en mélangeant soda, codéine et prométhazine sirop. Des cas de surdosages volontaires ont été également rapportés avec des troubles psychiatriques : hallucinations, confusion, agitation et des troubles moteurs : dyskinésie et mouvements anormaux. Par conséquent, seule la spécialité Phénergan crème reste à prescription facultative, mais elle ne le restera pas longtemps par ce que les membres de la commission précitée recommandent dans le l’avis du 6 juin 2019, le passage en prescription médicale obligatoire eu égard à sa toxicité et à l’existence d’alternatives thérapeutiques mieux tolérées.  

Abderrahim DERRAJI - 23 janvier 2020 18:21
Une nouvelle classe d’antidépresseurs?

Sophie Gautron et son équipe (laboratoire Neuroscience Paris Seine) qui est spécialisée en neurobiologie des maladies psychiatriques a collaboré avec une équipe de chimie pharmaceutique à l’Université Paris Descartes pour développer un candidat médicament plus efficace que les antidépresseurs disponibles sur le marché, notamment les inhibiteurs de recapture de la sérotonine qui ont un délai d’action long et une efficacité variable. Cette découverte s’appuie sur des études  qui ont montré qu’une famille peu connue de protéines présentes dans le cerveau, les transporteurs de cations organiques (OCT), intervient dans la régulation de l’humeur. L’équipe de chercheurs a utilisé une approche de modélisation 3D in silico pour développer un nouveau ligand des OCT. Elle a ensuite optimisé la molécule trouvée afin d'augmenter son affinité pour les OCT et sa capacité de diffusion au niveau du cerveau. La prodrogue a été testée avec succès chez des souris présentant des anomalies similaires aux symptômes des patients dépressifs. La nouvelle molécule s’est révélée aussi efficace  que l’antidépresseur de référence, la fluoxétine (Prozac®), et même un effet accéléré à 11 jours sur l’anhédonie. «Nous avons observé que cette molécule agit sur l’activité des neurones dopaminergiques au sein d’une région du cerveau importante pour les processus de récompense et donc pour l’anhédonie » a indiqué Sophie Gautron. Cette étude a démontré que les transporteurs de cations organiques constituent des cibles thérapeutiques pertinentes pour les troubles de l’humeur. Il reste à l’équipe de Sophie Gutron et de Nicolas Pietranscosta de mener des essais cliniques chez l’homme pour espérer développer une nouvelle classe d’antidépresseurs.

Abderrahim DERRAJI - 21 janvier 2020 11:41
France : Suspension de l’AMM du Picato

La Commission européenne vient de décider de suspendre l’autorisation de mise sur le marché européen du médicament Picato gel. Cette décision, qui a été prise par mesure de précaution, fait suite à la réévaluation en cours du rapport bénéfice/risque de ce médicament à base de mébutate d’ingénol. Cette réévaluation a démarré au mois de septembre 2019 en raison de nouvelles données disponibles sur le risque potentiel de cancer cutané dans la zone traitée par ce médicament. Les résultats de ces études suggèrent une incidence plus élevée des cancers cutanés, et plus particulièrement de carcinomes épidermoïdes, chez les patients traités par mébutate d’ingénol comparée à celle observée chez des patients traités par placebo ou par d’autres médicaments, en particulier chez des patients ayant des antécédents de cancers cutanés. Dans son alerte mise en ligne le 17 janvier, l’ANSM demande aux médecins de ne plus prescrire Picato gel, aux pharmaciens de ne plus le délivrer et aux patients de ne plus l’utiliser. Elle invite également ces derniers à consulter leur médecin s’ils constatent l’apparition de nouvelles lésions cutanées, d’excroissances ou de symptômes inhabituels. Picato est indiqué chez les adultes dans la prise en charge des kératoses actiniques, également appelées kératoses solaires. Les kératoses sont des zones rugueuses de la peau que l’on observe chez les personnes qui ont été fortement exposées au soleil durant leur vie.

Abderrahim DERRAJI - 20 janvier 2020 10:19
L'usine rwandaise de Cooper Pharma démarrera son activité en juillet 2020

Selon Danny Mutembe, représentant de Cooper Pharma au Rwanda, l’unité de production de médicaments que Cooper Pharma est en train de construire au Rwanda sera opérationnelle dès juillet prochain. Ce site situé dans la zone économique spéciale de Kigali et dont la construction avait démarré en 2017 fait partie des 21 accords signés entre le Royaume et le Rwanda en octobre 2016 lors de la visite du Souverain dans le pays de l’Afrique de l’Est. Cette unité va produire dans un premier temps des solutions destinées à la voie intraveineuse et dans un deuxième temps des antibiotiques de la famille des bêta-lactamines. Cooper Pharma prévoit un deuxième site de production pour répondre aux attentes du marché rwandais.

Abderrahim DERRAJI - 20 janvier 2020 10:17
Démantèlement d’un réseau de trafic de psychotropes à Tébessa

Les autorités de Tébessa viennent de démanteler un réseau de trafic de psychotropes qui serait composé de dix personnes, dont un médecin, un pharmacien et des infirmiers. D’après la cellule de la communication de la Sûreté de la wilaya, les membres de ce réseau délivraient des ordonnances médicales de complaisance de psychotropes. Selon la même source, ils s’adonnaient à la vente de substances «classées hallucinogènes» nécessitant une prescription médicale. L’enquête menée par les policiers de la daïra d’Ouenza a révélé que 2.716 boîtes de médicaments «hallucinogènes» ont été vendues dans le cadre de ce trafic au cours de l’année 2019. Les enquêteurs ont aussi saisi 1.274 boîtes de médicaments psychotropes périmés. L’enquête a révélé qu’un médecin généraliste aurait rédigé en 2019 quelque «93 ordonnances de complaisance contenant des médicaments classés psychotropes». Présentés devant les instances judiciaires près du tribunal de Aouinet, pour «faux et usage de faux dans des documents officiels» et «abus de fonction», cinq des dix inculpés ont été placés en détention provisoire. Les autres membres du réseau ont été placés sous contrôle judiciaire.

Abderrahim DERRAJI - 20 janvier 2020 10:15
Faut-il réhabiliter le Di-Antalvic ?

Bien que l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) se soit opposée à l’arrêt de commercialisation du Di-Antalvic et de ses génériques, l’Agence européenne du médicament (EMA) avait fini par émettre un avis défavorable à leur maintien sur le marché européen. Elle avait motivé sa décision par les dizaines de décès en Angleterre et en Suède par intoxication volontaire ou involontaire par cette association du paracétamol et du dextropropoxyphène indiquée dans la prise en charge de la douleur palier II. L’argument selon lequel «l’efficacité reconnue par la pratique clinique, les professionnels de santé et les patients utilisant ce médicament de longue date» avancé par l’AFSSAPS, n’avait pas été retenue par l’EMA, d’autant plus que cette Agence avait estimé que l'efficacité de cette association n’a été que peu évaluée par les chercheurs ou les laboratoires qui la commercialisaient. Pourtant, d’après l’AFSSAPS, quelque 70 millions de boîtes de spécialités contenant du dextropropoxyphène avaient été prescrites en 2008 en France, soit 240 millions de jours de ce traitement. Le Maroc s’est aligné sur la décision de l’EMA et de l’AFSSAPS ce qui a compliqué la prise en charge de la douleur chez les patients ne répondant pas au paracétamol et à certains anti-inflammatoires, et auxquels le médecin ne peut pas, ou ne veut pas prescrire de la morphine. Faute de Di-Antalvic et de ses génériques, les prescripteurs ont été contraints de se rabattre sur le tramadol qui est devenu l’opioïde le plus consommé, notamment en France. Mais depuis 2014, cette molécule fait, à son tour, l’objet d’une vigilance accrue de la part des autorités sanitaires françaises. C’est, sans doute, ce qui est à l’origine de la publication, par le ministère des Solidarités et de la Santé (France) de l’arrêté du 13 janvier 2020 fixant la durée de prescription des médicaments à base de tramadol administrés par voie orale. Celle-ci est passée de 12 à 3 mois. Cette décision a été prise parce que le tramadol est le premier antalgique opioïde cité dans une enquête de 2018 (France) sur les usages problématiques à la fois chez les usagers de drogue, mais également dans la population générale pour le traitement de la douleur. Cette enquête a également mis en exergue une dépendance avec des signes de sevrage survenant même quand le tramadol est utilisé aux doses recommandées et sur une courte période.  Le tramadol est, par ailleurs, le premier antalgique impliqué dans les décès liés à la prise d’antalgiques, devant la morphine et le deuxième antalgique le plus fréquemment retrouvé sur les ordonnances falsifiées présentées en pharmacie, derrière la codéine. Probablement, la Commission nationale de pharmacovigilance va finir par ajouter à l’ordre du jour de ses prochaines réunions la problématique du tramadol qui fait également l’objet de mésusage au Maroc. L’étau risque donc de se resserrer autour de ce produit, et comme le paracétamol est de plus en plus diabolisé malgré un rapport bénéfice/risque très favorable, on se demande si on ne finira pas par apprendre aux patients à souffrir en silence ! En tant que professionnels de santé, on peut légitimement nous poser des questions sur la pertinence du retrait définitif du Di-Antalvic et de ses génériques. Avec le recul, on a l’impression que l’EMA avait jeté le bébé avec l’eau du bain. N’aurait-il pas été possible de renforcer les conditions de sa prescription au lieu de nous obliger à passer à une alternative thérapeutique qui semble inquiéter les professionnels de santé ? Malheureusement, l’affaire Médiator a créé un climat de suspicion qui accule les autorités sanitaires à s’abstenir de prendre toute décision pouvant les exposer aux critiques des médias, des associations de malades et surtout d’influenceurs qui sévissent sur les réseaux sociaux guettant la moindre occasion pour booster leur web audience. On se retrouve aujourd’hui avec des patients qui ne veulent que des médicaments efficaces et sans aucun effet indésirable. Or, avec toute la bonne volonté du monde, on ne peut leur offrir que des médicaments qui ont un bon rapport bénéfice/risque !

Abderrahim DERRAJI - 20 janvier 2020 10:12
Un médicament fabriqué à partir de l’ADN des particuliers

23andMe, société spécialisée dans l'analyse de l'ADN des particuliers, vient de vendre, pour la première fois, les droits relatifs à la commercialisation d’un nouvel anticorps monoclonal bispécifique qui devrait permettre de prendre en charge certaines maladies inflammatoires. Dans un premier temps, l’entreprise américaine en question s’est intéressée à l'utilisation de ce nouveau traitement pour soigner les formes sévères de psoriasis. Des tests ont été menés sur des animaux et des essais cliniques sur l’humain sont également prévus.

Abderrahim DERRAJI - 17 janvier 2020 11:57
France: la durée maximale de prescription du tramadol passe à 3 mois

Le mésusage que connaissent les spécialités à base de tramadol a poussé l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM-France) à limiter la durée maximale de traitement par tramadol à 3 mois, alors qu’elle était de 12 mois auparavant. Cette décision fait suite à la publication au mois de février dernier du rapport "État des lieux de la consommation des antalgiques opioïdes et leurs usages problématiques"qui a été suivi de l’élaboration par le ministère de la Santé de la feuille de route 2019-2022 "Prévenir et agir face aux surdoses d’opioïdes". Même si tous les médicaments à base de tramadol sont à prescription obligatoire,  plusieurs enquêtes du réseau d’addictovigilance ont montré un mésusage croissant de ces derniers. Tramadol est le premier antalgique opioïde qui a été cité dans une enquête de 2018 (France) sur les usages problématiques  à la fois chez les usagers de drogue mais également dans la population générale pour le traitement de la douleur. L’enquête a révélé une dépendance avec des signes de sevrage survenant même quand le tramadol est utilisé aux doses recommandées et sur une courte période. Les patients continuent à utiliser les médicaments à base de tramadol même quand les douleurs s’estompent. C’est également le premier antalgique impliqué dans les décès liés à la prise d’antalgiques, devant la morphine et le 2ème  antalgique le plus fréquemment retrouvé sur les ordonnances falsifiées présentées en pharmacie, derrière la codéine. Spécialités à base de tramadol (associé ou non à d'autre principes actifs) commercialisées au Maroc : lien

Abderrahim DERRAJI - 16 janvier 2020 18:45