Article N° 6334

AINS

Y-a-t-il un lien entre les AINS et des complications infectieuses graves ?

Abderrahim DERRAJI - 18 avril 2019 20:31

Dans un point d’information du 18 avril 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM - France) a communiqué les résultats d’une l’enquête qu’elle a confiée, il y a un an, aux Centre régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille. Le but de cette enquête est de savoir s’il y un lien entre des complications infectieuses graves observées chez des patients et l’administration d'anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS). Cette enquête a porté sur l’ibuprofène et le kétoprofène qui sont les AINS les plus utilisés.

D’après le point d’information de l’ANSM : « Sur l’ensemble des cas rapportés depuis l’année 2000, 337 cas de complications infectieuses avec l’ibuprofène et 49 cas avec le kétoprofène ont été retenus après avoir pris en compte uniquement les cas les plus graves chez des enfants ou des adultes (souvent jeunes) sans facteur de risque ni comorbidité. Il s’agit d’infections sévères de la peau et des tissus mous (dermohypodermites, fasciites nécrosantes,…), de sepsis, d’infections pleuro-pulmonaires (pneumonies compliquées d’abcès, de pleurésie), d’infections neurologiques (empyèmes, abcès cérébraux,…) ou ORL compliquées (cellulites, médiastinites,...), à l’origine d’hospitalisations, de séquelles voire de décès. »

Ces complications infectieuses qui sont essentiellement dues au streptocoque  et au pneumocoque ont été observées après de très courtes durée de traitement (2 à 3 jours), y compris lorsque la prise d’AINS était associée à une antibiothérapie. Elles sont survenues alors que l’ibuprofène ou le kétoprofène étaient prescrits ou pris en automédication dans la fièvre mais également dans de nombreuses autres circonstances telles que des atteintes cutanées bénignes d’aspect inflammatoire (réaction locale, piqure d’insecte,…), des manifestations respiratoires (toux, infection pulmonaire,…) ou ORL (dysphagie, angine, otite,…).
L’analyse de ces cas et des données de la littérature suggère que ces infections, en particulier à streptocoque, pourraient être aggravées par la prise de ces AINS.

Cette enquête révèle également  qu’il persiste une utilisation de ces AINS en cas de varicelle ce qui peut être à l’origine de complications cutanées bactériennes graves (fasciite nécrosante).   

L’ANSM met en garde, dès à présent, les professionnels de santé, les patients et les parents sur ce risque de complications infectieuses graves susceptibles d’avoir des conséquences sérieuses pour la santé des patients.

L’Agence française recommande aux patients et aux professionnels de santé :

1- De privilégier l’utilisation du paracétamol en cas de douleur et/ou de fièvre, notamment dans un contexte d’infection courante comme une angine, une rhinopharyngite, une otite, une toux, une infection pulmonaire, une lésion cutanée ou la varicelle, en particulier en automédication.

2- Les règles du bon usage des AINS en cas de douleur et/ou fièvre :
- Prescrire et utiliser les AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte
- Arrêter le traitement dès la disparition des symptômes
- Éviter les AINS en cas de varicelle
- Ne pas prolonger le traitement au-delà de 3 jours en cas de fièvre
- Ne pas prolonger le traitement au-delà de 5 jours en cas de douleur
- Ne pas prendre deux médicaments AINS1  en même temps

Source : ANSM

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