Article N° 8296

Africa Press Day 2026

Santé en Afrique : le vrai coût est celui de l’inaction

Abderrahim Derraji - 09 mars 2026 11:48
À Nairobi, lors de l’Africa Press Day 2026 organisé par le laboratoire Roche, une idée simple mais fondamentale s’est imposée dans les discussions entre experts, décideurs et journalistes : la santé n’est pas une dépense, mais un investissement 
stratégique. Pourtant, cette évidence peine encore à se frayer un chemin dans de nombreux pays africains.
 
Pendant longtemps, les budgets de santé ont été perçus comme une charge pesant sur les finances publiques. Mais cette vision appartient désormais à une autre époque. 
 
Aujourd’hui, les données économiques comme l’expérience des crises sanitaires récentes montrent clairement qu’une population en mauvaise santé freine la croissance, fragilise les économies et accentue les inégalités.
 
La pandémie de COVID-19 a été un révélateur qui a mis les pays face à leurs insuffisances. Elle a aussi montré à quel point les systèmes de santé peuvent devenir un facteur déterminant de stabilité économique et sociale. Les pays disposant 
d’infrastructures solides, de capacités de diagnostic et de mécanismes de financement pérennes ont mieux résisté au choc. Les autres ont payé un prix humain et économique considérable.
 
 
 
Sur le continent africain, les défis restent immenses. Les maladies infectieuses persistent, les maladies chroniques progressent rapidement et les ressources financières demeurent limitées. Dans certains pays, les dépenses de santé n’atteignent même pas 35 dollars par habitant et par an. Dans ces conditions, garantir un accès équitable aux soins relève souvent du défi, voire de l’impossible.
 
Mais l’Afrique possède également des atouts considérables. Sa démographie dynamique, son potentiel scientifique et les innovations technologiques en cours ouvrent des perspectives inédites. La télémédecine, les plateformes logistiques numériques ou encore les nouvelles approches de dépistage permettent déjà d’atteindre des populations qui étaient jusqu’ici privées des soins les plus élémentaires.
 
La question centrale n’est donc plus de savoir s’il faut investir dans la santé, mais comment le faire intelligemment. Cela implique de renforcer la prévention, de développer les soins primaires, d’intégrer les innovations technologiques et de soutenir la recherche locale. Cela suppose aussi de bâtir de véritables partenariats entre les États, le secteur privé, les institutions financières et les communautés scientifiques.
 
Un autre enjeu majeur est celui de la souveraineté sanitaire. Les crises récentes ont montré la vulnérabilité des pays dépendants des importations de médicaments, de vaccins ou de diagnostics. Produire localement, développer des capacités de recherche et mieux exploiter les données scientifiques africaines deviennent des priorités stratégiques.
 
Au fond, la santé est bien plus qu’une question médicale. Elle est un pilier du développement économique, de la stabilité sociale et de la dignité humaine.
 
La véritable question pour l’Afrique n’est peut-être pas le coût de l’investissement dans la santé, mais bien le prix, infiniment plus élevé, de l’inaction.
 
ABSTRACT
At the Africa Press Day 2026 in Nairobi, organized by Roche, 
experts, policymakers and journalists emphasized that health should be seen as a strategic investment rather than a public 
expense. The discussions highlighted how the COVID-19 pandemic exposed the vulnerability of weak health systems and their impact on economic stability. 
 
In Africa, persistent infectious diseases, rising non-communicable diseases and limited health funding continue to challenge 
equitable access to care. However, technological innovation, 
demographic potential and growing scientific capacity offer new opportunities to strengthen health systems. Ultimately, investing in health, prevention, research and local production is essential for economic development, social stability and health sovereignty across the continent.
 

Source : PharmaNEWS