Article N° 6839

Covid-19

Vaccin Spoutnik-V : des résultats encourageants avec quelques inquiétudes !

Derraji Abderrahim - 13 septembre 2020 19:43

La publication des résultats des phases 1 et 2 de l’essai clinique relatif au vaccin russe contre le nouveau coronavirus révèle un bilan encourageant avec quelques inquiétudes.

Les études publiées suggèrent que le vaccin Spoutnik-V induit une forte réponse immunitaire et ne donne pas d'effets secondaires majeurs.

Cet optimisme affiché par les chercheurs est à relativiser. Des experts pointent du doigt les données présentées par les chercheurs du Centre de recherche Gamaleya.

Cette publication nous apprend que les deux premières phases de l'essai clinique ont été menées sur quelques 76 patients à l'hôpital Burdenko et à l'Université Sechenov de Moscou. Les chercheurs avaient indiqué auparavant que le vaccin russe fait appel à deux adénovirus qui contiennent le gène codant la glycoprotéine S du virus Sars-CoV-2.

L’article publié par «The Lancet» indique que l’approche adoptée par les chercheurs aurait fonctionné. Les sujets vaccinés par deux adénovirus avec 21 jours d'intervalle présentaient une réponse immunitaire bien plus importante que les personnes qui n’ont reçu qu’un des deux composants du vaccin.

La double vaccination paraît efficace, puisqu’elle induit la production d’anticorps neutralisants et permet la prolifération de cellules immunitaires, y compris des lymphocytes T cytotoxiques. La double vaccination est aussi à l’origine de la sécrétion d'interféron gamma, cytokine produite par les lymphocytes. L'interféron gamma joue un rôle essentiel dans la réponse immunitaire.

D’après la publication, aucun participant n'aurait développé d'effets secondaires majeurs, mis à part des effets communs aux autres vaccins comme la fièvre, les maux de tête et la douleur au site d'injection.

L’analyse de cet article révèle, cependant, que le suivi des sujets vaccinés n’a été effectué que sur une durée de 42 jours. Elle révèle aussi que le nombre de participants reste très bas (76 au total, mais seulement 40 ont reçu les deux doses du vaccin).

Le fait que les participants soient homogènes (hommes : 70% ; blancs : 97%) et jeunes (moyenne d'âge autour de 27 ans)) devrait également nous interpeller. Il est de ce fait impossible de conclure que le vaccin est sûr. Pour pouvoir l’affirmer, il faut mener des études bien plus larges.

«Nous espérons qu'il n'y a pas d'effets secondaires à long terme, mais nous ne le savons pas encore. Nous allons le tester chez 40.000 participants lors de la phase 3 de l'étude», a affirmé Kirill Dmitriev, président du Fonds d'investissement du gouvernement russe (RDIF), qui a financé cette recherche.

Source : https://www.sciencesetavenir.fr