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AVENIR DE LA PHARMACIE

Seule la pharmacie marocaine pourrait disparaître ? Abderrahim Derraji - 11 août 2022 17:24
Seule la pharmacie marocaine pourrait disparaître ?

Lors de la cérémonie de remise de diplômes, qui s’est tenue le 18 juillet 2022 à L’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé (UM6SS) à Casablanca, Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, a prédit que «La pharmacie d’officine n’existera plus dans 10 ans, maximum 15 ans» avant de nuancer ses propos en précisant que les  universités «devraient “penser” à ce que sera le pharmacien de demain. L’officine en tant que telle va changer».

En tenant un tel discours, cet ancien président de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech a dû certainement sous-estimer l’impact que pourraient avoir les termes qu’il a utilisés sur le moral des étudiants en pharmacie, et même sur celui des milliers de pharmaciens qui ont choisi cette profession pour être au service de leurs concitoyens, particulièrement ceux qui vivent dans des régions où la pharmacie reste, et restera probablement, le seul espace de santé qui leur est accessible. 

Ce qui est étonnant, c’est que la plupart des experts s’accordent, à travers le monde, sur le fait que le rôle du pharmacien dans le parcours de soins va plutôt se renforcer dans les années à venir.
En effet, la population de plus en plus vieillissante, la prévalence des maladies chroniques et l’inadéquation entre le nombre des médecins et les besoins en soins, ont poussé de nombreuses nations à revoir le rôle du pharmacien en l’impliquant davantage dans la prise en charge des malades chroniques, la vaccination, la réalisation des TROD (Test rapide d’orientation diagnostique), etc.

Ces missions ne sont qu’à leurs premiers balbutiements. Les pharmaciens français ou canadiens voient leur profession prendre de l’importance d’année en année ce qui ne les empêche pas d’entamer une mutation lente et sûre pour s’adapter à la digitalisation progressive qui s’invite dans tous les secteurs.Il semble de ce fait évident que le pharmacien continuera à rendre de loyaux services à travers tous les pays qui ont à cœur de valoriser son rôle.La pharmacie au Maroc dont la disparition semble impensable risque malheureusement de voir son avenir s’assombrir, non pas par ce que le pharmacien sera remplacé par un robot dernier cri, mais plutôt parce que personne ne «calcule» la profession pharmaceutique, comme l’a écrit un pharmacien désespéré sur les réseaux sociaux. Il n’y a qu’à voir les recommandations émanant de la commission mixte qui a réuni, 3 mois durant, toutes les composantes de la profession et des représentants du ministère de la Santé. Depuis le départ d’Anas Doukkali, les recommandations de cette commission ont été classées sans suite.

Aussi, pour que la profession puisse évoluer et ne pas «disparaître», il faut garantir certaines conditions qui ne peuvent être réunies sans une volonté avérée de l’administration, d'autant plus que les Conseils de l’Ordre connaissent de graves dysfonctionnements.

Normalement, l’administration aurait pu, et même dû procéder à la dissolution des conseils comme le prévoit le Dahir de 1976, mais elle ne l’a toujours pas fait !
En faisant de la sorte, elle prive la profession d’une instance qui jouit de larges prérogatives comme l’octroie des autorisations d'exercer la pharmacie et la régulation de la profession. Le Conseil de l'Ordre donne également son avis sur tous les projets de texte de loi et pourrait aussi contribuer à la mise en place de la formation continue, voire lancer des études dont on a tant besoin pour préparer la pharmacie de demain.

Privé de cette instance, aucune évolution de la profession ne peut être envisagée surtout que tout laisse à croire qu'il y a une volonté manifeste de marginaliser le pharmacien d'officine.

In fine, avec tout ce qui s'y passe, on ne peut certainement pas prédire ce que sera le monde dans un an ou deux et encore moins dans 10 ans, mais une chose est sûre, tant qu'on continuera à soigner les malades avec des médicaments, on aura toujours besoin du pharmacien, le seul vrai spécialiste du médicament…

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SANOFI - INNOVENT BIOLOGICS

Oncologie : Sanofi signe un accord avec Innovent Biologics pour renforcer sa présence en Chine Abderrahim Derraji - 11 août 2022 11:57
Oncologie : Sanofi signe un accord avec Innovent Biologics pour renforcer sa présence en Chine

Sanofi et Innovent Biologics ont annoncé le 4 août 2022 avoir signé un accord de partenariat ayant pour objectif de mettre des médicaments innovants à la disposition des patients atteints de cancers difficiles à traiter en Chine.

Cet accord prévoit le développement et la commercialisation du SAR408701 (tusamitamab ravtansine ; conjugué anticorps-médicament anti-CEACAM5 – phase III) et du SAR444245 (IL-2 non-alpha – phase II), en association avec le sintilimab, leader des inhibiteurs de checkpoint immunitaire en Chine.

Sanofi prévoit également d’investir 300 millions d’euros dans le capital d’Innovent par la souscription de nouvelles actions ordinaires.

«Cette collaboration stratégique avec Innovent intensifiera non seulement le développement, l’accès au marché et la future commercialisation de deux de nos principaux médicaments d’oncologie en vue de leur association avec le sintilimab dans certaines indications, mais elle permettra également de renforcer notre présence dans la sphère de l’oncologie en Chine. Nous comptons sur le succès de ce partenariat avec Innovent, l’une des entreprises chinoises les plus innovantes, et sur tout le potentiel de ses capacités de développement et de son leadership sur le marché chinois. » a indiqué, Dr John Reed, Ph. D. Responsable Monde, Recherche et Développement, Sanofi.

Le communiqué se Sanofi du 4 août indique que le SAR408701 (tusamitamab ravtansine) est potentiellement le premier conjugué anticorps-médicament (ADC) de sa catégorie ciblant CEACAM5 (molécule d’adhésion cellulaire antigène carcinoembryonnaire de type 5), une glycoprotéine membranaire fortement exprimée dans les cellules du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), des cancers digestifs et d’autres tumeurs. Le SAR408701 fait actuellement l’objet d’une étude de phase III dans le traitement de 2e ligne du CPNPC, à l’échelle internationale et en particulier en Chine, ainsi que d’études de phase II internationales dans d’autres indications, dont le traitement de 1ère ligne du CPNPC et le traitement de cancers digestifs et d’autres tumeurs solides.

Aux termes de l’accord, Innovent aura la responsabilité de développer et l’exclusivité de commercialiser le tusamitamab dans plusieurs indications en oncologie, en Chine. Sanofi sera éligible à des paiements d’étape pouvant atteindre 80 millions d’euros, en fonction de la réalisation d’un certain nombre de jalons de développement, ainsi qu’à des redevances sur les ventes nettes du produit en Chine lorsqu’il sera approuvé.

Quant au SAR444245, c’est une IL-2 humaine recombinante (rIL-2) modifiée, PEGylée avec précision et à demi-vie prolongée, qui a, d’après Sanofi, le potentiel de devenir la meilleure de sa classe pharmacothérapeutique. Il se lie spécifiquement aux récepteurs de faible affinité pour l'IL-2, sans affinité de liaison pour la chaîne alpha des récepteurs de haute affinité pour l'IL-2. Le SAR444245 (IL-2) fait actuellement l’objet d’études de phase II internationales pour le traitement du cancer de la peau, des cancers digestifs, du CPNPC/mésothéliome, des tumeurs de la tête et du cou et du lymphome.

Innovent et Sanofi vont étudier conjointement le développement du SAR444245 en Chine pour le traitement de différents types de cancer ; les activités de développement clinique seront dirigées par Innovent. Sanofi reste le seul titulaire de l’autorisation de mise sur le marché de ces deux actifs et sera pleinement responsable de la commercialisation du SAR245. Innovent sera éligible à des paiements d’étape pouvant atteindre jusqu’à 60 millions d’euros, en fonction de la réalisation d’un certain nombre de jalons de développement, ainsi qu’à des redevances sur les ventes nettes du produit en Chine lorsqu’il sera approuvé.

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RUPTURE DE STOCK

Ruptures de stock : Faute avouée à moitié pardonnée ! Abderrahim Derraji - 07 août 2022 22:06
Ruptures de stock : Faute avouée à moitié pardonnée !

Les ruptures de stock et les tensions d’approvisionnement sont de plus en plus répandues. La situation a même tendance à s’aggraver depuis le début de la pandémie Covid-19. Cela s’explique par la surconsommation de certains médicaments utilisés dans la prise en charge du Sars-CoV-2 et par les perturbations qui ont affecté les circuits de distribution et les sites de production des matières premières et des médicaments. Et même si les derniers variants du coronavirus ont tendance à perdre en virulence, l’approvisionnement en médicaments et en matières premières n’est toujours pas revenu à la normale, y compris pour les médicaments les plus consommés comme c’est le cas du paracétamol qui connaît une tension d’approvisionnement en France.

En effet, l’Hexagone, qui est en train de préparer la relocalisation de la production du paracétamol, connaît depuis le 12 juillet 2022 une tension d’approvisionnement de toutes les formes orales et tous les suppositoires à base de ce principe actif.

Comme c’est le cas pour tous les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM – France) informe, à travers son site web (1), les professionnels de santé et du médicament ainsi que ses usagers sur les produits qui font l’objet de difficultés d’approvisionnement et pour lesquels il n’y a que peu ou pas d’alternatives thérapeutiques disponibles sur le marché français. L’Agence française indique également les dates de remise à disposition de ces produits.

En parallèle, l’Agence indique aux professionnels de santé, aux fournisseurs de médicaments et aux patients les comportements à éviter comme les achats-paniques, le sur-stockage des produits par les fournisseurs de médicaments et les prescriptions ne prenant pas en considération l’état des stocks des médicaments sous tension ou en rupture.

On trouve aussi dans le site web de l'ANSM le ou les alternatives thérapeutiques des médicaments en rupture ou connaissant une tension d’approvisionnement. Et afin de sécuriser la situation en France et de préserver les stocks disponibles, la loi de santé publique 2016-41 (2) interdit la vente et l’exportation des médicaments concernés par les grossistes répartiteurs à compter de la publication de la fiche d’information sur le site Internet de l'ANSM. Cette mesure d’interdiction prend automatiquement fin dès la remise à disposition normale du médicament.

Cette approche adoptée par la France qui peut sembler banale, est capitale pour une gestion optimale et transparente des pénuries et des tensions d’approvisionnement. Pour obtenir un tel résultat, il est primordial de mettre en place un système d’information performant, d'adopter des textes de loi réservant un traitement spécifique aux MITM, prendre conscience des contraintes que vivent les professionnels de santé et les patients et, surtout, faire preuve d'une volonté politique pour une gestion transparente de ces situations.

On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec le Maroc pays où le pharmacien a beaucoup de peine à savoir si un médicament est sous tension d’approvisionnement, en rupture de stock ou même retiré du marché. Du coup, il ne sait pas quoi dire à ses malades. Pire, il ne peut même pas changer un médicament en rupture par un autre appartenant au même groupe de génériques sans avoir l’aval du prescripteur, qui comme le pharmacien ne dispose d’aucune source fiable permettant de connaître la disponibilité des médicaments. 

Pour conclure, le Royaume qui multiplie les initiatives pour améliorer la prise en charge des malades devrait étudier les mesures adoptées par les autres nations pour renforcer la transparence dans la gestion des pénuries de stock. Le «copier-adapter-coller» demeure un des chemins les plus courts pour avancer rapidement en évitant les erreurs liées à un manque d’anticipation.

(1)     Lien : https://ansm.sante.fr/disponibilites-des-produits-de-sante/medicaments
(2)     Publiée au Journal officiel le 27 janvier 2016 et des dispositions des articles L. 5121-30 et L.5124-17-3 du Code la Santé Publique

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Semaine mondiale de l’allaitement

Semaine mondiale de l’allaitement : Go pour l’allaitement ! Éduquer, promouvoir, soutenir Abderrahim Derraji - 07 août 2022 22:04
Semaine mondiale de l’allaitement : Go pour l’allaitement ! Éduquer, promouvoir, soutenir

Dans un environnement où les crises mondiales constituent une menace réelle pour la santé et la nutrition de millions de nourrissons et d’enfants, l’allaitement maternel, qui leur donne le meilleur départ possible dans la vie, est plus vital que jamais.

À l’occasion, la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, l’Unicef et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lancent un appel aux gouvernements pour qu’ils allouent davantage de ressources à la protection, à la promotion et au soutien des politiques et des programmes en faveur de l’allaitement maternel, en particulier pour les familles les plus vulnérables vivant dans des contextes d’urgence.

L’OMS rappelle que dans les situations d’urgence telles que celles que connaît actuellement l’Afghanistan, le Yémen, l’Ukraine, la Corne de l’Afrique et le Sahel, le lait maternel constitue un aliment sûr, nutritif et accessible pour les nourrissons et les jeunes enfants. Il offre également une puissante protection contre les maladies et toutes les formes de malnutrition chez l’enfant, notamment l’émaciation.

Pourtant, de nombreuses mamans ne peuvent pas allaiter leurs bébés à cause du stress émotionnel, du manque d’espace et d’intimité et des mauvaises conditions d’assainissement auxquels elles doivent faire face. Cela fait perdre des chances de survie à leurs bébés.

L’OMS rappelle également que «moins de la moitié des nouveau-nés sont allaités au sein durant leur première heure de vie, ce qui les expose davantage au risque de maladie et de décès. Et seuls 44% des nourrissons sont exclusivement allaités au sein pendant les six premiers mois de leur vie, un chiffre en deçà de l’objectif de 50% à l’horizon 2025 fixé par l’Assemblée mondiale de la santé».

L’Unicef et l’OMS exhortent les gouvernements, les donateurs, la société civile et le secteur privé à intensifier leurs efforts pour :

• Investir en priorité dans les politiques et les programmes favorisant l’allaitement maternel, notamment dans les contextes fragiles et les situations d’insécurité alimentaire.
• Doter les agents de santé et les professionnels de la nutrition travaillant au sein d’un établissement ou des communautés des compétences nécessaires afin qu’ils apportent des conseils de qualité et un soutien concret aux mères pour un allaitement réussi.
• Protéger les personnes s’occupant d’enfants et les professionnels de santé des techniques d’influence marketing peu scrupuleuses employées par le secteur des préparations pour nourrissons en adoptant et en mettant pleinement en œuvre le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, y compris dans les situations de crise humanitaire.
• Mettre en œuvre des politiques favorables à la famille qui permettent aux mères de disposer du temps, de l’espace et du soutien dont elles ont besoin pour allaiter.

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France : le Sénat donne son feu vert pour une carte vitale biométrique

France : le Sénat donne son feu vert pour une carte vitale biométrique Abderrahim Derraji - 07 août 2022 22:02
France : le Sénat donne son feu vert pour une carte vitale biométrique

Les sénateurs français ont donné leur feu vert le 4 août 2022 pour la mise en place progressive d’une carte vitale biométrique, et ils ont voté pour l’attribution de 20 millions d’euros de crédit pour le lancement de ce projet qui devrait démarrer l’automne prochain.

La puce électronique insérée dans la carte biométrique permet d’identifier le propriétaire de la carte et de lutter contre la fraude sociale dont le montant s’élèverait, d’après le sénateur Philippe Mouiller, à «six milliards d’euros par an selon l’estimation la plus basse». Mais les fraudes à la carte vitale n’en constitueraient qu’une part marginale.

Ce projet n’est pas nouveau puisque le Sénat, majoritairement à droite, avait déjà pris une décision similaire en 2019, mais l'Assemblée nationale l’avait retoqué en 2020. Le gouvernement de l’époque avait estimé le coût trop élevé et la protection des données personnelles insuffisante, sans compter que le dispositif pouvait faire doublon avec celui de la carte vitale électronique, expérimenté depuis 2019 dans une dizaine de départements français.

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Autres articles

Mucoviscidose : Kaftrio® admis au remboursement pour les + de 12 ans en Belgique

Kaftrio®, un médicament qui améliore la fonction pulmonaire, réduit l'utilisation des antibiotiques et améliore la qualité de vie des patients atteints de mucoviscidose vient d’être admis au remboursement en Belgique pour les plus de 12 ans. Cette décision fait suite à un accord conclu entre le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, et l’entreprise pharmaceutique américaine Vertex. «C'est toujours mon intention de veiller à ce que les meilleurs médicaments soient disponibles pour les patients, mais il est également de ma responsabilité que le prix pratiqué par les sociétés pharmaceutiques ne soit pas déraisonnable», a indiqué Frank Vandenbroucke. Et d’ajouter : «C'est dommage que les négociations aient traîné si longtemps, mais je suis heureux que nous ayons maintenant une solution pour ces malades. C'est tout ce qui compte». Les associations de patients demandent à ce que les enfants âgés de 6 à 11 ans bénéficient également du remboursement du Kaftrio®.

Abderrahim Derraji - 07 août 2022 22:00
Refonte du Décret de fixation du prix des médicaments : l’après précipice !

Depuis que les pharmaciens d’officine ont appris que la refonte du Décret de fixation des prix des médicaments1 est imminente, les réseaux sociaux se sont enflammés. Ces réactions traduisent leurs inquiétudes et craintes de voir la tragédie qu’ils vivent depuis la publication du Décret 2-13-852 en 2013 perdurer, voire s’amplifier. En effet, les baisses des prix de médicaments qui ont suivi l’entrée en vigueur de ce texte de loi ont, en quelque sorte, sacrifié les pharmaciens d’officine à l’autel d’une amélioration de l’accès aux médicaments qui n’a toujours pas eu lieu. Plus que ça, l’accès aux médicaments onéreux s’est compliqué en raison de la marge insignifiante accordée aux pharmaciens et aux répartiteurs. Le non-respect du circuit légal de distribution et le dirigisme compromettent aussi la disponibilité de ces traitements dans toutes les régions du Royaume. L’accès aux médicaments à bas prix et peu ou pas rentables a aussi été compromis. Faute de réajustement justifié de leur prix, ces spécialités sont en train de disparaître les uns après les autres du marché marocain. Les génériques ne sont pas en reste puisque le mode de décrochage que prévoit le Décret 2-13-852 entraîne un alignement des prix des médicaments génériques sur celui de leurs princeps, ce qui fait perdre aux génériques leur raison d’être. Et comme le pharmacien marocain est l’un des rares pharmaciens au monde à ne pas être autorisé à pratiquer la substitution, il se voit hélas, obligé de détenir en stock un nombre inimaginable de références. Aujourd’hui et bien que les pharmaciens aient adhéré spontanément et massivement au projet de généralisation de la couverture médicale initié par le Souverain, la mésaventure qu’ils ont vécue du temps d’El Houssaine Louardi leur est restée en travers de la gorge. Ne dit-on pas «Chat échaudé, craint l’eau froide» ? En effet, les mesures compensatoires promises aux pharmaciens pour réduire l’impact des baisses des prix des médicaments se sont perdues dans les méandres de l’administration. Quant à l’augmentation du volume de ventes des médicaments annoncée à maintes reprises par El Houssaine Louardi, il ne s’agit là que d’un leurre de plus pour faire passer la pilule aux pharmaciens. Conséquence prévisible : les revenus des pharmaciens ont fondu comme neige au soleil et le nombre de pharmacies en difficulté est en augmentation constante, particulièrement depuis 2013. Depuis le 28 juin, date à laquelle le ministère de la Santé a entamé une série de rencontres avec les intervenants du secteur en vue de préparer une nouvelle mouture du Décret 2-13-852, les représentants syndicaux et ordinaux des pharmaciens d’officine s’activent afin de préparer leurs recommandations. Et même si l’union de la profession ne soit pas toujours de mise, les propositions et recommandations émanant des différents courants de la profession se rejoignent dans leur globalité. On ne peut s’empêcher de se demander ce qui justifie toute cette énergie déployée par certains représentants plus ou moins légitimes pour que la totalité des composantes de la profession ne puisse pas se retrouver autour d’une même table et élaborer des recommandations au nom de toute la profession. Mais, ce dont on est sûr, c’est qu’une fois de plus, un nouveau Décret va voir le jour avec ou sans le consentement des pharmaciens. Certains «responsables» vont, comme en 2013, user de toutes sortes de subterfuges pour nous faire croire que la «bouteille vide» est en réalité à moitié pleine, sachant que ce sont les pharmaciens de la base qui boiront le calice jusqu’à la lie. Autrement dit, ceux qui se targuent d’être les sauveurs de la profession sont devenus ses fossoyeurs, et bien souvent, ils ne s’en rendent même pas compte… (1) Décret 2-13-852 du 18 décembre 2013 relatif aux conditions et aux modalités de fixation du prix public de vente des médicaments fabriqués localement ou importés.

ABDERRAHIM DERRAJI - 31 juillet 2022 12:41
Formation continue : les pharmaciens du Nord donnent l’exemple !

Fort du succès de la première formation sur les Dispositifs médicaux, la jeune Société africaine des sciences pharmaceutiques officinales (SASPO) a organisé le 23 juillet, le deuxième module d’un cycle de formation dédié à la pharmacie clinique. Ce second module, qui a été animé conjointement par Adnan Benmoussa, professeur agrégé en chimie thérapeutique à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, et Youssef Khayati, professeur agrégé et vice-doyen chargé de la pharmacie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, a porté sur l’hypertension artérielle et l’insuffisance cardiaque. Les deux professeurs se sont relayés tout au long de la journée pour passer en revue les spécialités pharmaceutiques indiquées dans ces pathologies en optant pour une approche interactive. Ce qui a caractérisé cette formation, c’est son efficience et l’implication des pharmaciens qui y ont pris part. En parallèle à cette formation, un débat a été mené au sujet de la formation continue des pharmaciens d’officine qui constitue la clef de voûte pour améliorer la pratique officinale et faire évoluer la profession pharmaceutique.   Malheureusement, en l’absence de l’obligation de formation continue, une grande majorité des pharmaciens d’officine passera à côté de ces formations ce qui engendrera des disparités entre les officinaux. Et même si leur champ d’action reste limiter au Royaume, la profession a tout intérêt à ce que des sociétés savantes comme la SASPO voient le jour et se développent. Ces entités complémentaires aux autres organismes professionnels pourraient s’impliquer dans la formation continue et dans la recherche et jouer un rôle important pour soutenir et promouvoir la pharmacie au Maroc. «La SASPO est une société savante dédiée essentiellement à la formation continue. Ses fondateurs se sont assigné comme mission d’assurer une formation de qualité et actualisée au pharmacien et ses collaborateurs», a déclaré à Pharmacie.ma Dr Zain Abedin Raissouni, président de la SASPO, et de poursuivre : «Nous ne pouvons que nous réjouir de l’engouement des pharmaciens de la région pour les premières formations organisées par la SASPO, et nous ne ménagerons aucun effort pour continuer à assurer une formation continue efficiente pour permettre aux pharmaciens de relever les défis qui se dressent devant la profession». Plus que jamais, une réflexion mérite d’être menée sur la formation continue pour étudier l’éventualité de mettre en place un cadre juridique contraignant, de définir les prérogatives de chaque intervenant et de mettre en place une commission pour garantir l'indépendance de ces formations.

ABDERRAHIM DERRAJI - 31 juillet 2022 12:36
Suisse : un sexagénaire condamné pour avoir commandé trop de tadalafil

Le Ministère public zurichois vient de condamner un sexagénaire suisse à verser une amende de 400 francs suisses pour avoir trop commandé un médicament à base de tadalafil utilisé pour traiter la dysfonction érectile. Le fils du sexagénaire, qui réglait les achats en ligne, a commandé à trois reprises le médicament sans qu’aucune livraison ne lui soit effectuée. Les boîtes étaient automatiquement interceptées par la Douane. L’ordonnance du tribunal indique que les quantités commandées à un site polonais étaient supérieures «aux besoins mensuels habituels» pour une consommation personnelle. Même si le sexagénaire a démenti vouloir revendre les boîtes commandées, il doit régler l’amende et s’acquitter des frais relatifs à la procédure estimés à 300 francs suisses. Quant aux boîtes saisies, elles seront détruites.

ABDERRAHIM DERRAJI - 31 juillet 2022 12:31
Suisse : 7O% des médicaments illégaux sont utilisés dans le traitement de la dysfonction érectile

Dans le cadre de la 15e Opération mondiale de lutte contre le commerce illicite de médicaments en ligne, la Suisse a confisqué 231 produits illégaux en une semaine. Quelque 94 pays ont participé du 23 au 30 juin à l’action PANGEA qui a permis d’intercepter environ 3 millions de médicaments illégaux ou falsifiés. Le contrôle de 948 colis de médicaments et de produits dopants en Suisse a permis d’en confisquer 231. Les contrôles ont révélé qu’un grand nombre de colis en provenance de Hongkong contenaient des falsifications de médicaments autorisés contre l’impuissance. C’est l’Inde qui arrive en tête des pays où sont fabriqués les médicaments contrefaits utilisés contre la dysfonction érectile. Les produits illégaux arrivent en Suisse via les canaux de distribution internationaux qui sont exploités d’une manière professionnelle par des criminels. Ces médicaments constituent «une mise en danger intentionnelle de la santé des patients, parce que la plupart d’entre eux ne contiennent aucun principe actif ou une quantité inférieure à celle qui est indiquée, sans parler d’éventuelles substances non déclarées», a indiqué Swissmedic. Swissmedic et l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) avaient intercepté en 2021 quelque 9.421 importations illégales de médicaments. 70% de ces traitements concerne l’impuissance.

ABDERRAHIM DERRAJI - 31 juillet 2022 12:29
Remise des diplômes aux lauréats de la deuxième promotion du Master en radiopharmacie

Le Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) a organisé, jeudi dernier au Centre d’études nucléaires de la Maâmora, la cérémonie de remise des diplômes aux lauréats de sa deuxième promotion du Master en radiopharmacie.

ABDERRAHIM DERRAJI - 31 juillet 2022 12:27
Journée mondiale contre l’Hépatite Virale : 125.000 personnes atteintes d’hépatite C chronique au Maroc

La Journée mondiale contre l’hépatite sera célébrée le 28 juillet à travers le monde afin de faire connaître l’hépatite virale, une pathologie qui engendre une inflammation du foie à l’origine de maladies hépatiques graves et du cancer du foie. Chaque année, 1.100.000 décès sont causés par l’hépatite B et C à travers le monde. À l’instar des autres nations, le Maroc célébrera cette Journée qui sera placée sous le slogan «Pour un Maroc sans Hépatite C». Dans un communiqué du 27 juillet, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a indiqué qu’une campagne de dépistage de l’hépatite virale C (HVC) sera organisée au Royaume entre le 28 juillet et le 28 décembre. Par cette campagne, le Maroc ambitionne de réaliser 150.000 tests de dépistage rapide de l’HVC au niveau des centres de santé. Les cas diagnostiqués seront pris en charge au niveau des centres hospitaliers régionaux et provinciaux. Par ailleurs, la célébration de la Journée mondiale contre l’HVC s’accompagnera du lancement du Plan stratégique national de lutte contre les hépatites virales 2022-2026. Ce plan vise à réduire les nouvelles infections et la mortalité liées à l’HVC de 50%, d’ici 2026. Pour rappel, l’Enquête nationale de séroprévalence des hépatites virales au Maroc a révélé une prévalence de l’HVC de 0,5% dans la population générale. 125.000 personnes sont atteintes d’HVC chronique. Cette prévalence est plus élevée chez les groupes à risque. Par ces initiatives, la Royaume augmentera ses chances d’atteindre son objectif «Maroc sans hépatite C d’ici 2030».  

ABDERRAHIM DERRAJI - 27 juillet 2022 14:28
L’EMA autorise l’utilisation du vaccin antivariolique de Bavarian Nordic dans l'indication "variole du singe"

La Commission européenne vient de donner son feu vert pour que le vaccin antivariolique du laboratoire danois Bavarian Nordic Imvanex® soit également utilisé pour prévenir la variole du singe. Cette décision, qui vient d’être prise par l’Agence européenne, contribuera à endiguer l’épidémie qui a atteint un état d’alerte maximale, selon l’Organisation mondiale de la santé. Ce vaccin était autorisé, jusqu’à présent, uniquement dans l’indication de la variole humaine. Il était cependant utilisé hors AMM contre la variole du singe.  

ABDERRAHIM DERRAJI - 25 juillet 2022 14:00
L’intérêt de Nestlé pour le médicament se confirme.

Le géant suisse de l'agroalimentaire Nestlé vient de conclure un accord avec Enterome, une biotech française spécialisée dans le microbiote. Cet accord de licence porte sur le développement et la commercialisation potentielle du EB1010, un traitement ciblant l'inflammation produite par les allergies alimentaires et les maladies inflammatoires de l'intestin. Ce traitement, qui sera administré par voie orale, est une immunothérapie qui cible l'inflammation produite par les allergies alimentaires et les maladies inflammatoires de l'intestin. Enterome prévoit de démarrer ses essais cliniques sur l'homme en 2023. La biotech française et Nestlé Health Science vont par ailleurs collaborer pour mettre au point d’autres immunothérapies qui seront indiquées dans la prise en charge des allergies alimentaires, notamment le programme AllerMimics qui va cibler en particulier les allergènes d'arachide. Le géant helvétique va débourser à Enterome une somme initiale de 40 millions d'euros. Ce versement devrait être suivi par d’autres paiements d'étapes qui seront conditionnés par les résultats des essais cliniques.

Abderrahim Derraji - 21 juillet 2022 19:02
Siège de l’Agence Africaine du médicament : le Rwanda arrive en tête des pays candidats

Lors de la 41e session du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) qui a eu lieu les 14 et 15 juillet à Lusaka, les dirigeants africains ont choisi le Rwanda pour abriter le siège de l'Agence africaine du médicament. Le dossier du Rwanda est arrivé en tête des pays ayant présenté leur candidature et qui sont l’Algérie, l’Egypte, le Maroc, l’Ouganda, la Tunisie et le Zimbabwe. Initiée par les dirigeants africains lors du 32ème Sommet de l’Union africaine tenu le 11 février 2019 à Addis-Abeba, l’Agence Africaine du médicament aura comme objectif d’améliorer les capacités des États membres et des Communauté économiques régionales à règlementer les produits médicaux en vue d’améliorer l’accès à des produits médicaux efficace et de faciliter l’harmonisation de la réglementation des médicaments afin d’atteindre des normes internationalement acceptables, fournir un environnement réglementaire favorable à la recherche et le développement pharmaceutique, la production locale et le commerce à travers les pays africains et de renforcer la coordination entre les pays africains pour une protection de la santé publique contre les risques liés à l’utilisation des médicaments de qualité inférieure. L’idée de son lancement remonte à 2007 avec l’adoption du Plan de fabrication des produits pharmaceutiques pour l’Afrique par le conseil exécutif de l’UA. Pour rappel, la cérémonie de dépôt des instruments de ratification du traité portant création de l'Agence Africaine du Médicament a été organisée au mois d’avril dernier par le Bureau du Conseiller Juridique avec la participation de Minata Samate, Commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et au développement social de l'Union africaine et M. Mohamed Arrouchi, l'ambassadeur Représentant permanent du Royaume auprès de l'Union africaine et de la CEA-ONU.

Abderrahim DERRAJI - 18 juillet 2022 16:55