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CONSEIL DE L'ORDRE

Élections ordinales : Du quadriennat au décennat ! Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 12:02
Élections ordinales : Du quadriennat au décennat !

Comme nous l’avons rappelé dans de nombreux éditoriaux de «PharmaNews», le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Aït Taleb, avait adressé, le 29 mars 2021, une correspondance au président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens ainsi qu'aux présidents des deux Conseils régionaux des pharmaciens d’officine, leur demandant de se conformer à la loi et d’organiser les élections avant fin juin 2021. Trois ans après cette date, rien n’a changé : les Conseils n’ont toujours pas organisé d’élections et, à part quelques indignations sur les réseaux sociaux, c’est le calme plat !
 

Sans instances ordinales, la profession pharmaceutique ne peut accompagner la refonte ambitieuse du système de santé entreprise au Royaume, sachant que les représentants légitimes des pharmaciens doivent normalement être consultés et donner leur avis sur toutes les décisions qui concernent la profession.
 

Malheureusement, les pharmaciens continuent à encaisser les coups en silence, ce qui ne semble guère déranger les membres des bureaux des Conseils régionaux des pharmaciens d’officine dont les mandats sont échus depuis le 30 août 2019. Quant aux affaires courantes comme les autorisations, elles continuent à être traitées dans les temps comme si de rien n’était !
 

Tous les prétextes ont été bons pour retarder l’organisation des élections. Au début, la Covid-19 et le confinement avaient servi d’alibi pour reporter les élections ordinales et depuis quelques années, on invoque la Loi 98-18 dont le déploiement nécessite un temps incompressible. Autrement dit, on n’est toujours pas sorti de l’auberge ! On se demande jusqu’à quand la profession restera sans Conseils. La dérégulation a atteint son paroxysme. Les pharmaciens sont quasiment livrés à eux-mêmes.
 

Selon l’article 2 du Dahir de 1976, le Conseil est censé veiller au respect, par tous ses membres, des lois et règlements qui régissent la profession, ainsi que des devoirs professionnels et des règles édictées par le Code de déontologie. Il est aussi chargé de sauvegarder les traditions d'honneur et de probité de la profession et de formuler son avis sur les projets de lois et règlements relatifs à la pharmacie et à la profession pharmaceutique, etc. Mais apparemment, la loi s’efface quand les intérêts font surface !

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POLLUTION

Les rivières de plus en plus polluées par les médicaments Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 12:00
Les rivières de plus en plus polluées par les médicaments

La présence de médicaments tels que les contraceptifs, les antidépresseurs, les antibiotiques et bien d'autres dans les rivières a des conséquences graves et alarmantes sur les écosystèmes. Des études ont montré que de nombreux poissons subissent des transformations biologiques préoccupantes, comme une féminisation des organes reproducteurs et une diminution des réactions de fuite face aux prédateurs, dues à l'exposition à ces substances chimiques dans l'eau. Face à ce constat, une équipe internationale de chercheurs souligne l'urgence de développer des solutions alternatives plus écologiques pour prévenir ces effets néfastes.
 

Les concentrations de médicaments retrouvées dans les rivières sont à un niveau préoccupant. Une étude menée en 2021 a révélé que 43% des échantillons d'eau prélevés dans plus de 1.000 rivières à travers le monde contenaient au moins un médicament à des concentrations nocives pour l'environnement. Parmi les médicaments les plus fréquemment détectés, on retrouve la carbamazépine, la metformine et la caféine.
 

L'absence de traitement adéquat des eaux usées constitue un problème majeur. En effet, les stations d'épuration ne sont souvent pas équipées pour éliminer efficacement les médicaments, et une grande partie des eaux usées produites dans le monde est rejetée dans l'environnement sans traitement préalable. Pour remédier à cette situation, le Parlement européen a récemment adopté une législation contraignant les industries pharmaceutiques et cosmétiques à financer la modernisation des stations d'épuration afin qu'elles puissent éliminer efficacement les micropolluants.
 

Michael Bertram, de l'Université suédoise des sciences agricoles, préconise une transformation de l'industrie pharmaceutique vers la chimie verte. Il suggère le développement de médicaments qui se dégradent rapidement dans l'environnement, minimisant ainsi leur impact néfaste. Cette approche s'inspire du succès des produits «sans OGM» ou «sans pesticides» déjà disponibles sur le marché.
 

Valérie Langlois, de l'Institut national de la recherche scientifique, souligne que la situation s'aggrave et que des solutions comme la chimie verte prennent du temps à se mettre en place. Elle propose également de réduire la prescription de médicaments en s'attaquant aux causes profondes de certaines conditions, comme l'anxiété, afin de diminuer le recours aux médicaments.
 

Il est important de noter que la pollution des rivières ne se limite pas aux médicaments. Les microplastiques, les PFAS (substances perfluoroalkylées) et les pesticides font également partie des polluants courants, aggravant encore la situation. Une approche globale et simultanée est nécessaire pour faire face à cette crise environnementale complexe.

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NOLOTIL

L’EMA mène une enquête sur Nolotil® Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 11:58
L’EMA mène une enquête sur Nolotil®

L’Agence européenne du médicament (EMA) a récemment lancé une enquête sur les effets du Nolotil®, un analgésique très populaire en Espagne, mais interdit en France. Le Nolotil®, qui contient du métamizole, est utilisé pour traiter la fièvre et soulager les maux de tête. En 2022, 27,8 millions d’unités de Nolotil ont été vendues en Espagne, surpassant largement les ventes de paracétamol.
 

Le métamizole, également connu sous le nom de dipyrone, est utilisé en Europe depuis les années 1920, mais il présente des effets secondaires potentiellement graves. L’effet secondaire le plus préoccupant est l’agranulocytose, une chute soudaine des globules blancs, augmentant le risque d’infections graves.
 

L’alerte a été déclenchée par la Finlande, où l’unique société pharmaceutique distribuant du métamizole a demandé le retrait de son autorisation de mise sur le marché (AMM) pour des raisons de sécurité.

Cette enquête de l’EMA vise à déterminer si le Nolotil® devrait être autorisé ou interdit dans l’ensemble des pays européens.


Actuellement, le Nolotil® est interdit aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande et en France. Cependant, il reste autorisé dans plusieurs pays de l’Union européenne (UE) pour le traitement de la douleur post-opératoire, des blessures ou de la fièvre liée au cancer.


En Belgique et au Royaume-Uni, les autorités sanitaires déconseillent aux voyageurs se rendant en Espagne de consommer du Nolotil®. Cette situation met en évidence les divergences de régulation des médicaments au sein de l’UE et les préoccupations croissantes concernant la sécurité des patients face à des médicaments largement utilisés, mais potentiellement dangereux.


La Commission européenne, à travers les résultats de cette enquête, devra décider de l’avenir du Nolotil® sur le marché européen. L'issue de cette enquête pourrait également influencer la politique de santé publique et la gestion des médicaments au sein de l'Union européenne.

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TROUBLE BIPOLAIRE

Un test sanguin pour diagnostiquer le trouble bipolaire Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 11:56
Un test sanguin pour diagnostiquer le trouble bipolaire

Des chercheurs viennent de mettre au point un test sanguin permettant d’identifier les biomarqueurs associés au trouble bipolaire, réduisant ainsi les erreurs de diagnostic.
 

Le trouble bipolaire touche entre 650.000 et 1,6 million de personnes en France, avec un retard moyen de diagnostic de 8 à 10 ans. Ce retard est préjudiciable pour les personnes atteintes de trouble bipolaire, contribuant au nombre de suicides chez celles qui n’ont pas bénéficié à temps des traitements appropriés. Ce retard explique également les hospitalisations fréquentes et les comorbidités. Environ 40% des patients bipolaires sont initialement diagnostiqués à tort comme dépressifs en raison du chevauchement des symptômes et du manque d'outils diagnostiques objectifs.

Selon une étude publiée dans «JAMA Psychiatry», les patients consultent souvent en période de dépression, entraînant des erreurs de diagnostic. Le Dr Jakub Tomasik de l’Université de Cambridge souligne l’importance d’incorporer des tests basés sur les biomarqueurs pour différencier le trouble dépressif caractérisé du trouble bipolaire. Ces deux pathologies nécessitent des traitements différents.


Pour obtenir un diagnostic précis, une évaluation psychiatrique complète est essentielle, mais cette évaluation est particulièrement chronophage. Les chercheurs de Cambridge ont identifié chez les sujets souffrant de trouble bipolaire une signature de biomarqueurs métabolomiques distincte de celle observée en cas de trouble dépressif caractérisé.


L’analyse diagnostique, conduite entre février 2022 et juillet 2023, a utilisé les échantillons et les données de l’essai Delta, mené au Royaume-Uni entre 2018 et 2020, afin d’identifier le trouble bipolaire chez des patients diagnostiqués comme dépressifs au cours des cinq dernières années. Les participants ont été recrutés en ligne et soumis à une évaluation psychiatrique et un test sanguin. Les échantillons ont été analysés par spectrométrie de masse. Sur 241 patients étudiés (moyenne d’âge : 28,1 ans, 70,5% de femmes), 27,8% ont été diagnostiqués comme bipolaires. La combinaison des données sur les biomarqueurs et des informations rapportées par les patients a amélioré significativement les performances diagnostiques des modèles basés sur des données démographiques et des scores de questionnaires.

Les chercheurs suggèrent que le test sanguin pourrait diagnostiquer jusqu’à 30% des patients bipolaires, mais qu’il est plus efficace lorsqu’il est associé à une évaluation numérique de la santé mentale. Le Dr Tomasik note que certains patients préfèrent le test des biomarqueurs qu’ils jugent plus objectif. Sabine Bahn, professeure à l'Université de Cambridge, ajoute que la combinaison des deux approches donne un meilleur résultat.


En plus d’avoir fourni une preuve de concept pour le développement d’un test de biomarqueurs accessible, les résultats ont également mis en évidence l’implication potentielle des céramides dans les mécanismes physiopathologiques des troubles de l’humeur.

Le Dr Tomasik estime que diagnostiquer le trouble bipolaire via un simple test sanguin pourrait garantir un traitement approprié dès la première visite et réduire la pression sur les professionnels de santé.

Un tel test ouvrirait la voie à un diagnostic plus précoce, éviterait des décès et permettrait au NHS d’économiser temps et ressources sur des traitements inappropriés pour les patients bipolaires mal diagnostiqués.

Source : Univadis

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DIABÈTE TYPE II

Diabète de type 2 : la HAS privilégiant les thérapies non médicamenteuses Abderrahim DERRAJI - 21 juin 2024 11:30
Diabète de type 2 : la HAS privilégiant les thérapies non médicamenteuses

Les récentes avancées dans la gestion du diabète de type 2, particulièrement les approches non médicamenteuses telles que l'activité physique, la nutrition et la lutte contre la sédentarité, ont démontré leur efficacité. En réponse, la Haute Autorité de Santé (HAS - France) a émis de nouvelles recommandations. Celles-ci concernent tant la population générale que des groupes spécifiques (personnes de plus de 75 ans, obèses, souffrant d'insuffisance cardiaque, de maladies cardiovasculaires, de maladies rénales chroniques, ou les femmes enceintes ou souhaitant le devenir).

 

La HAS place désormais les thérapies non médicamenteuses comme traitement de première intention, dès le diagnostic. Ces mesures qui doivent être maintenues à long terme, incluent :

 

Un programme nutritionnel pour améliorer l'équilibre glycémique.

Une activité physique adaptée au niveau et aux capacités du patient, bénéfique pour la sensibilité à l'insuline et la réduction des risques de progression du diabète et des complications cardiovasculaires. Cette approche est considérée comme une véritable thérapie, assortie de recommandations spécifiques.

Ces modifications de mode de vie font partie intégrante de l'éducation thérapeutique du patient (ETP), qui doit prendre en compte le mode de vie et la situation socio-économique du patient. Si ces modifications ne suffisent pas, une prise en charge médicamenteuse est alors proposée, en tenant compte des comorbidités, des facteurs de risques et des préférences du patient.

 

La prescription de certains traitements antidiabétiques ayant prouvé des effets protecteurs cardiovasculaires et rénaux doit également prendre en compte ces effets, en plus de la recherche de l'équilibre glycémique.

 

La HAS insiste sur une prise en charge globale et individualisée, adaptée au profil, aux besoins et aux préférences du patient, combinant thérapies non médicamenteuses et médicamenteuses. Étant donné la nature chronique et évolutive du diabète de type 2, la prise en charge doit être régulièrement réévaluée pour répondre aux besoins changeants des patients et améliorer leur qualité de vie.

 

Pour aider les professionnels de santé, la HAS publie une synthèse illustrée de la stratégie thérapeutique, incluant un outil pour aider au choix des traitements médicamenteux. L'actualisation du parcours de soins pour les patients atteints de diabète de type 2 est prévue pour la fin de l'année.

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Autres articles

Refonte du système de santé marocain : Un chantier titanesque !

Le Maroc s’engage dans une ambitieuse refonte de son système national de santé, visant à garantir un accès universel à des soins de qualité. Cette transformation majeure s’inscrit dans un contexte marqué par des contraintes et des défis importants, mais également par des efforts considérables déployés par les acteurs du système, notamment les caisses d’assurance maladie et les différents départements du ministère de la Santé et de la protection sociale.   Pour mieux cerner les enjeux de cette réforme, la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) et le Club Santé France-Maroc ont organisé, le 12 juin 2024 à Casablanca, une réunion d’information sur le thème «Généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) au Maroc : avancement et impact».   La réunion a débuté par une allocution de Taha Aït Hanine, directeur des Affaires publiques et de l’accès – Sanofi Maroc. Ensuite, Tarik Bensalmem, chef de service de la planification à la Direction de la planification et des ressources financières (DPRF) du ministère de la Santé et de la protection sociale, a rappelé l’importance de la Loi-cadre n° 06-22 promulguée en décembre 2022. Cette loi constitue le socle de cette réforme profonde, introduisant des mesures ambitieuses pour renforcer un système de santé plus robuste, résilient et capable d’accompagner les grands chantiers dans lesquels s’est engagé le Royaume.   La réforme s’articule autour de plusieurs axes stratégiques : L’adoption d’une bonne gouvernance, la revalorisation des ressources humaines, la mise à niveau de l’offre de soins, et la digitalisation du système de santé.   De gauche à droite :  Sofia Sabiri, Amine Mansouri, Selma Oufqir,  Tarik Bensalmem, Ahmed El Bahri et  Taha Aït Hanine,   Malgré les progrès notables, le système de santé marocain fait face à de nombreux défis. Selma Oufqir, directrice générale AMO et Prestations à la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), a souligné que l'augmentation de la demande de soins, due à la généralisation de la couverture médicale, met à rude épreuve les caisses d’assurance maladie. D’autres défis incluent l’équité d’accès aux soins, la répartition des ressources humaines sur le territoire, la maîtrise des coûts des médicaments et la nécessité de renforcer la prévention et la promotion de la santé. Pour relever ces défis, les Caisses d’assurance maladie ont multiplié les initiatives pour améliorer leurs services. Elles déploient des efforts considérables pour traiter les dossiers des patients dans des délais raisonnables, mettre en place des mécanismes pour rationaliser les dépenses de santé, optimiser la gestion des prestations et améliorer la qualité des services offerts aux assurés. La digitalisation des processus, la dématérialisation des dossiers et la mise en place de systèmes d’information performants sont devenues des priorités impératives. La réforme du système de santé au Maroc est un processus en cours qui nécessite un engagement continu et la mobilisation de tous les acteurs. Malgré les contraintes, des avancées prometteuses sont enregistrées, notamment en matière d’extension de la couverture médicale et d’amélioration de l’accès aux soins.   La digitalisation croissante et la mise en place de mécanismes de gouvernance plus efficients contribueront à relever les défis et à concrétiser les objectifs de la refonte du système de santé. L’implication des citoyens et la promotion de comportements sains restent également des éléments clés pour garantir un système de santé durable et performant au Maroc.   Les chiffres présentés par Sofia Sabiri et Amine Mansouri, respectivement directrice commerciale Maroc et directeur Consulting & Technologie Afrique chez IQVIA Maroc, indiquent que le Royaume représente le cinquième marché de médicaments dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), avec une prévision de croissance 1% par an entre 2022 et 2027. Le marché pharmaceutique privé au Maroc, évalué à 14 milliards de dirhams, est réparti équitablement entre les princeps et les génériques.   Ahmed El Bahri, expert en santé, a comparé le cas marocain à celui de la France, qui alloue un budget colossal à la santé devenu au fil du temps de moins en moins soutenable. Pour assurer la pérennité du système de santé, il recommande la mise en place de mécanismes de gestion optimisés grâce à une exploitation efficiente des données et de l’intelligence artificielle.   En conclusion et comme l’ont indiqué les différents panÉlistes lors de la réunion d’information du 12 juin, la réforme du système de santé au Maroc est un chantier ambitieux et nécessaire pour garantir un accès universel à des soins de qualité. Malgré les contraintes et les défis, les efforts déployés par les autorités et les acteurs du système, notamment les Caisses d’assurance maladie, permettent d’envisager des perspectives d’amélioration prometteuses pour l’avenir.  

Abderrahim DERRAJI - 14 juin 2024 16:44
Royaume-Uni : scandale du sang contaminé

Le Royaume-Uni est secoué par un scandale de sang contaminé, plus de trente ans après la France. Des dizaines de milliers de personnes ont contracté le VIH et l’hépatite C par transfusion sanguine. Le Premier ministre, Rishi Sunak, a présenté des excuses à la Chambre des communes pour les erreurs des gouvernements passés, qualifiant l’incident de «terrible injustice» et de «jour de honte» pour le pays. Un rapport de plus de 2.500 pages, basé sur une enquête publique de six ans, révèle l'ampleur de ce scandale.   Près de 30.000 Britanniques ont été contaminés par le VIH et l’hépatite C dans les années 1970 et 1980, dont environ 3.000 sont décédés. Les hémophiles, traités avec du facteur VIII fabriqué à partir de dons de sang, ont été particulièrement touchés. Beaucoup de ces dons provenaient des États-Unis, où le sang était collecté auprès de populations à risque comme les prisonniers et les toxicomanes, et les contrôles au Royaume-Uni étaient insuffisants.   Malgré les alertes dès 1984 sur les risques de transmission du VIH par transfusion sanguine, les autorités sanitaires ont continué à utiliser des lots de sang contaminé sans en informer les patients. Les gouvernements successifs ont tenté de dissimuler le scandale, allant jusqu’à détruire des documents compromettants. Selon le juge Brian Langstaff, qui a dirigé l’enquête, cette catastrophe n’était pas un accident, mais le résultat de négligences répétées des autorités.   L’aspect le plus choquant du rapport concerne les expérimentations sur des enfants hémophiles dans les années 1980, où des médecins ont administré du facteur VIII potentiellement contaminé sans le consentement des parents. Luke O’Shea-Philipps, contaminé par le VIH à l’âge de 3 ans, a témoigné qu’il a été traité comme un cobaye. Sur les 122 enfants hémophiles de l’école pour enfants handicapés d’Alton, 75 sont morts du Sida.   Le gouvernement britannique a déjà versé une compensation provisoire de 100.000 livres sterling (117.000 euros) à environ 4.000 survivants en 2022, mais les associations de victimes demandent des milliards de livres de dédommagement. Rishi Sunak a promis un programme d’indemnisation complète, affirmant que le gouvernement paierait le coût nécessaire pour cela.   Ce scandale rappelle celui du sang contaminé en France dans les années 1980 et 1990, où les autorités sanitaires avaient également minimisé les risques infectieux, conduisant à la contamination de milliers de patients, dont de nombreux hémophiles. En France, ce scandale a entraîné une série de procès et des réformes judiciaires, y compris la création de la Cour de justice de la République.

Abderrahim DERRAJI - 14 juin 2024 16:43
France : Un trafic de Fentanyl démantelé en Bretagne

Un réseau de trafic de Fentanyl a été démantelé avec la mise en garde à vue de 15 personnes principalement à Rennes, mais aussi dans les Côtes-d'Armor et le Morbihan. Le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc, a indiqué que deux personnes ont été libérées, car elles avaient subi une usurpation d’identité. Les autres sont soit des clients du réseau, soit encore sous investigation. Trois personnes doivent être déférées au Parquet de Rennes le 13 juin 2024. L'affaire a été révélée par «Le Parisien» et a impliqué la communauté géorgienne. Quelque 709 ordonnances falsifiées ou volées ont été utilisées pour obtenir du Fentanyl dans les pharmacies. Ces ordonnances ont permis la délivrance de 2.300 boîtes de Fentanyl dans les officines de 17 départements du Grand Ouest. En France, l'usage du Fentanyl est strictement contrôlé par les autorités. Philippe Astruc souligne que, contrairement aux États-Unis où le Fentanyl consommé est souvent une drogue de synthèse importée par les cartels mexicains ou de Chine, en France, ce sont des médicaments prescrits sur ordonnance qui sont détournés. Ce trafic révèle la gravité de la situation en matière de détournement de médicaments en France, notamment d'opioïdes puissants comme le Fentanyl. Les autorités continuent de lutter contre ces réseaux illicites pour protéger la santé publique et empêcher la propagation de drogues dangereuses. Le démantèlement de ce réseau en Bretagne marque une étape importante dans cette lutte, bien que le problème reste complexe et nécessite une vigilance continue de la part des autorités.

Abderrahim DERRAJI - 14 juin 2024 16:41
AbbVie s’offre un médicament contre les troubles immunitaires

AbbVie a conclu un accord de licence avec la société chinoise FutureGen Biopharmaceutical pour développer et commercialiser un traitement expérimental pour les maladies inflammatoires de l'intestin (IBD). Cet accord est stratégique pour AbbVie, car il cherche à compenser les pertes de chiffre d’affaires engendré par la mise sur le marché américain des biosimilaires d’Humira, son médicament phare contre l'arthrite. En mars, AbbVie a également acquis Landos Biopharma pour 212 millions de dollars pour accéder à son médicament expérimental pour la colite ulcéreuse. Le candidat-médicament de FutureGen, le FG-M701, est une thérapie de nouvelle génération à base d'anticorps monoclonaux, potentiellement plus efficace avec des doses moins fréquentes que les thérapies actuelles destinées au traitement des MICI.   FutureGen recevra un paiement initial de 150 millions de dollars et jusqu'à 1,56 milliard de dollars supplémentaires en cas d'atteinte de certaines étapes. Elle pourra également percevoir des redevances sur les ventes nettes du médicament. Le FG-M701 est en phase de développement préclinique et appartient à une nouvelle classe de médicaments appelés anticorps anti-TL1A, qui intéressent les grandes firmes pharmaceutiques comme Merck et Roche. Les maladies inflammatoires de l'intestin, comprenant la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, affectent environ 3,1 millions d'adultes aux États-Unis.

Abderrahim DERRAJI - 14 juin 2024 16:37
Le tapentadol inquiète l'UCI

L'Union cycliste internationale (UCI) s'inquiète de l'utilisation croissante du tapentadol, un analgésique considéré comme «dix fois plus puissant» que le tramadol, récemment banni par l'Agence mondiale antidopage (AMA). Depuis le 1er janvier, l'AMA interdit le tramadol, déjà banni par l'UCI depuis mars 2019. Le tapentadol, arrivé sur le marché européen en 2011, est utilisé pour traiter certaines douleurs sévères. L'UCI a réussi à faire inclure ce médicament dans le «programme de surveillance» de l'AMA pour fin 2023, espérant qu'il soit surveillé comme l'était le tramadol auparavant. L'UCI craint que le tapentadol ne remplace le tramadol chez les athlètes, soulignant ses effets secondaires dangereux, similaires à ceux du tramadol, comme la somnolence et les vertiges, qui posent des risques pour la sécurité des coureurs. Nairo Quintana, par exemple, avait été disqualifié du Tour de France 2022 pour usage de tramadol, mais sans suspension immédiate, une situation qui change avec la nouvelle interdiction de l'AMA. Le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), regroupant plusieurs équipes et coureurs, appelle à une interdiction rapide du tapentadol, soulignant ses dangers et son potentiel à améliorer illégalement les performances en repoussant les seuils de fatigue. La MPCC avait déjà milité pour l'interdiction du tramadol. La discussion autour du tapentadol intervient alors que de nombreuses courses de cyclisme sont marquées par des records de vitesse et des chutes collectives, ce qui soulève des questions sur l'usage de substances améliorant les performances dans le sport. L'UCI a exprimé ses préoccupations lors d'une réunion en mai avec les acteurs du cyclisme, soulignant la nécessité de surveiller et potentiellement interdire ce nouveau médicament pour protéger l'intégrité du sport et la sécurité des athlètes.

Abderrahim DERRAJI - 14 juin 2024 16:35
Suspension des médicaments à base d'hydroxyprogestérone en Europe

L'EMA a recommandé la suspension des médicaments à base d'hydroxyprogestérone (17-OHPC) dans l'Union européenne. Ces médicaments, utilisés pour prévenir les fausses couches, les accouchements prématurés et pour traiter divers troubles gynécologiques et de fertilité, présentent un risque possible de cancer chez les personnes exposées au 17-OHPC in utero. Sachant que l’efficacité par rapport à un placebo pour prévenir les naissances prématurées et leurs complications n’a pas été prouvée et que leur rapport bénéfices/risques est défavorable pour l'ensemble des indications. Pour toutes ces raisons, l’EMA recommande la suspension des médicaments à base d'hydroxyprogestérone (17-OHPC).   Cependant, cette décision qui vise à protéger la santé des patients ne concerne pas la progestérone, qui a un mode d’action différent.   Par ailleurs, d'autres options thérapeutiques sont disponibles pour les indications concernées. En France, le seul médicament à base de 17-OHPC, Progestérone Retard Pharlon, a déjà été retiré du marché en avril 2023.

Abderrahim DERRAJI - 13 juin 2024 10:24
Refonte du système de santé : Un peu d’espoir et beaucoup d’attentes

Le Maroc se trouve à un tournant décisif dans son parcours vers un système de santé performant et accessible à tous. La récente intégration de quatre instances sanitaires à la liste des établissements publics stratégiques, actée lors du Conseil des ministres du 1er juin 2024, marque le début d'une réforme ambitieuse visant à améliorer la gouvernance, l'efficacité et l'équité du système de santé.   Si les efforts déployés par le Royaume pour améliorer l'accès aux soins sont louables, comme l'ont souligné les intervenants lors de la conférence-débat organisée par la Chambre de commerce britannique au Maroc le 4 juin 2024, des défis majeurs persistent et nécessitent une volonté politique et une mobilisation de tous les intervenants.   Le système de santé marocain est confronté à des dysfonctionnements qui impactent directement la qualité des soins et l'accès des citoyens. Un reste à charge trop élevé pour les patients, une offre de soins réduite dans les zones éloignées et un déficit en ressources humaines qualifiées figurent parmi les principaux obstacles à surmonter.   Pour atteindre les objectifs fixés en matière de santé, le Maroc doit placer la gouvernance au cœur de la réforme. Une gouvernance efficace permettra de garantir une utilisation optimale des ressources, une meilleure coordination entre les différents acteurs du système de santé et une prise de décision éclairée.   L'optimisation de la gestion est également indispensable pour garantir une utilisation efficiente des ressources allouées à la santé. Cela implique une meilleure planification des investissements, une gestion rigoureuse et une lutte contre toute forme de gaspillage. La réussite de la refonte du système de santé reste cependant tributaire d'une allocation budgétaire adéquate. Les budgets alloués à la santé doivent être en phase avec les objectifs ambitieux fixés par le Maroc et permettre de financer les investissements nécessaires pour doter le Royaume des infrastructures et des équipements et pour garantir la formation du personnel.   La mise en place d'un système d'information performant est essentielle pour améliorer la coordination des soins, le suivi des patients et la gestion des données de santé. Un tel système permettra une prise en charge plus efficace des patients et une maîtrise des dépenses.   Par ailleurs, le Maroc ne peut faire l’économie d’investir dans la recherche et la formation pour garantir la qualité des soins et l'adaptation du système de santé aux besoins évolutifs de la population. La recherche et l’innovation permettront de développer de nouvelles thérapies et de nouvelles approches de la prévention des maladies, tandis que la formation permettra de maintenir un personnel médical et paramédical compétent et à jour des dernières avancées scientifiques.   Lors de la conférence-débat organisée par la Chambre de commerce britannique au Maroc le 4 juin 2024, la représentante de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Maroc a souligné l'importance d'une gestion prudente de la période de transition précédant le déploiement de la réforme. Une mauvaise gestion de cette phase pourrait compromettre les programmes en cours, tels que la vaccination, et fragiliser les acquis du système de santé.   Pour conclure, la réforme de la santé au Maroc est un défi majeur et nécessaire pour garantir un système de santé performant, accessible et équitable pour tous les citoyens. En renforçant la gouvernance, en optimisant la gestion, en investissant dans les ressources humaines et technologiques, et en veillant à une transition prudente, le Maroc peut relever ce challenge et atteindre ses objectifs en matière de santé. Il ne faut cependant pas perdre de vue que la santé a un coût, et qu'un budget conséquent est indispensable pour garantir un accès aux soins de qualité pour tous.

Abderrahim DERRAJI - 10 juin 2024 11:09
Synapse Labs : la Commission européenne suspend les AMM de certains médicaments

La Commission européenne a décidé de suspendre les autorisations de mise sur le marché (AMM) de certains médicaments dont les études de bioéquivalence ont été réalisées par l’entreprise indienne Synapse Labs. Il n’y a cependant pas de risque identifié pour les patients utilisant ces médicaments. Cette décision fait suite à une inspection européenne chez Synapse Labs, en Inde. Cette inspection a révélé que leurs études de bioéquivalence ne respectaient pas les exigences européennes. La Commission européenne a, toutefois, décidé de permettre, pour assurer la continuité des soins, de reporter de 24 mois la suspension des AMM des médicaments jugés critiques, notamment en raison de l'absence d'alternatives disponibles en quantités suffisantes. En France, 72 médicaments sont concernés par cette décision. La décision prise par la Commission européenne deviendra effective un mois après sa publication. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s’est engagée à collaborer avec les différents laboratoires pharmaceutiques afin d’évaluer les actions mises en place pour répondre aux besoins des patients. Certains laboratoires ont déjà soumis de nouvelles études de bioéquivalence, qui sont en cours d’évaluation par l’ANSM. Si la suspension des AMM de certains médicaments ou le report de leur application devait se confirmer, la liste des médicaments concernés sera publiée sur le site de l’ANSM.

Abderrahim DERRAJI - 10 juin 2024 11:08
Selon l'OMS, la mort du premier cas humain de grippe aviaire H5N2 n'est pas due au virus

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la mort du premier cas humain de grippe aviaire H5N2 n'est pas directement attribuable au virus, mais à des causes «multifactorielles». Cet homme de 59 ans, décédé le 24 avril dernier à Mexico, souffrait de plusieurs maladies chroniques : une maladie rénale, un diabète de type 2 et une hypertension artérielle systémique. Il était alité depuis trois semaines avant l'apparition des symptômes aigus le 17 avril. Hospitalisé le 24 avril, il est décédé le même jour.   Les analyses ont révélé la présence du virus H5N2, mais l'OMS attribue sa mort à une combinaison de facteurs. Aucune autre infection n'a cependant été détectée parmi son entourage.   Cette infection fait l'objet d'une enquête pour déterminer si elle provient d'un contact humain ou animal, notamment après la découverte de cas de H5N2 chez des volailles au Mexique. L'OMS estime que le risque pour la population est faible.   En parallèle, l'OMS a signalé un premier cas humain de H5N1 en Australie, chez une fille de deux ans et demi, actuellement en soins intensifs, mais hors de danger. Cette souche, différente du H5N2, est liée à une épidémie chez les vaches aux États-Unis. L'OMS appelle à renforcer la surveillance mondiale du H5N1 même si elle estime que le risque de transmission à l'homme reste négligeable.

Abderrahim DERRAJI - 10 juin 2024 11:06
Ventoline s’ajoute à la liste des médicaments en rupture

Les pharmaciens français signalent des difficultés croissantes pour s’approvisionner en Ventoline, sachant que cette spécialité pharmaceutique à base de salbutamol connaît une forte demande en raison des allergies au pollen qui sévissent actuellement dans l’Hexagone.   Depuis plusieurs mois, la pénurie de médicaments en France s’aggrave, touchant des produits essentiels comme l’amoxicilline, les traitements pour les troubles de l’attention, les antidiabétiques, et maintenant la Ventoline, essentielle pour soulager les bronches des personnes asthmatiques. Ce problème survient alors que la France métropolitaine connaît un risque élevé d’allergies au pollen, exacerbant les crises d’asthme chez environ 4 millions de Français. Fabrice Camaioni, pharmacien et vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), souligne que la Ventoline est désormais régulièrement en rupture, sans explication claire.   L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) confirme les difficultés d’approvisionnement, mais n’évoque pas une pénurie complète. Il existe encore des stocks de Ventoline en France, mais en quantité insuffisante pour répondre à la demande normale. La tension sur l'approvisionnement peut s'expliquer par des prix jugés trop bas pour être attractifs pour les laboratoires, et une demande en hausse.   Le laboratoire GSK indique qu'il n'y a pas de rupture majeure et annonce un renforcement de la production par le biais de son site de production espagnol, qui va permettre d’augmenter les volumes disponibles dans les semaines à venir. Cette situation a poussé les pharmaciens à manifester leur frustration. Le 30 mai, plus de 18.000 pharmacies en France avaient fermé leurs portes en signe de protestation contre les pénuries persistantes, les fermetures d’officines, et une rémunération jugée insuffisante.   Laurence Reignier, pharmacienne dans les Bouches-du-Rhône, exprime son épuisement face à la lutte quotidienne pour obtenir des médicaments pour ses patients, se sentant parfois comme une «marchande de tapis». En résumé, la pénurie de Ventoline, en pleine saison d’allergies, met en lumière les problèmes structurels du système d’approvisionnement des médicaments en France, exacerbés par des prix peu attractifs pour les laboratoires et une demande accrue. Les mesures annoncées, telles que l'augmentation de la production, visent à atténuer cette crise.

Abderrahim DERRAJI - 10 juin 2024 11:04