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L’Afrique entre initiatives prometteuses et immenses défis sanitaires

PUBLICATION : DROIT DE SUBSTITUTION
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Un outil d’efficience, de justice et de souveraineté…

Circulaire 105
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Relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé

Note d'application de la Circulaire 105 du 3 octobre 2025
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Circulaire relative au respect du circuit légal des médicaments et des produits de santé.

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COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES

Compléments alimentaires : Primum non nocere COMPLÉMENTS ALIMENTAIRE - 05 juin 2026 19:45
Compléments alimentaires : Primum non nocere

Les compléments alimentaires occupent aujourd’hui une place importante dans les habitudes de consommation. Présentés comme des produits naturels, de bien-être ou de prévention, ils bénéficient souvent d’une image rassurante auprès du grand public. Pourtant, leur statut réglementaire et les risques potentiels liés à leur utilisation méritent d’être mieux compris.

Selon la directive européenne 2002/46/CE, souvent considérée comme une référence internationale, un complément alimentaire est une denrée destinée à compléter le régime alimentaire normal et constituant une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique. Son rôle est donc de soutenir ou de maintenir les fonctions normales de l’organisme, et non de traiter une maladie.

Cette distinction est essentielle. Un complément alimentaire ne peut normalement pas revendiquer la guérison d’une pathologie, le traitement d’une affection ou la correction d’un trouble médical. Les allégations thérapeutiques relèvent exclusivement du domaine du médicament. En revanche, certaines allégations physiologiques ou nutritionnelles sont autorisées, telles que la contribution au fonctionnement normal du système immunitaire, le maintien d’une ossature normale ou encore la réduction de la fatigue.

La frontière peut toutefois devenir floue lorsque certains produits sont commercialisés avec des promesses qui laissent entendre des bénéfices thérapeutiques. Or, dès lors qu’une substance prévient, traite ou soulage une maladie, ou encore modifie une fonction physiologique par un mécanisme pharmacologique, immunologique ou métabolique, elle se rapproche de la définition même du médicament.

L’histoire récente nous rappelle que les compléments alimentaires ne sont pas dénués de risques. Plusieurs crises sanitaires majeures en témoignent. Au début des années 1990, l’acide aristolochique, introduit par erreur dans des préparations amaigrissantes en Belgique, a provoqué de nombreuses insuffisances rénales graves ainsi que des cancers des voies urinaires. Plus d’une centaine de personnes ont été touchées et plusieurs dizaines ont dû être dialysées ou greffées. Cette catastrophe a conduit à l’interdiction mondiale de cette substance dans les compléments alimentaires.

Aux États-Unis, les produits contenant de l’éphédra, largement utilisés pour la perte de poids et l’amélioration des performances sportives, ont été associés à des hypertensions sévères, des accidents vasculaires cérébraux, des infarctus du myocarde et plusieurs décès. Après des milliers de signalements d’effets indésirables, leur commercialisation a été interdite par la FDA en 2004.

D’autres affaires ont suivi. L’OxyELITE Pro, destiné à la perte de poids et au bodybuilding, a été impliqué dans une épidémie d’atteintes hépatiques sévères ayant conduit à des transplantations et à un décès. Les compléments contenant du DMAA ont également été associés à des troubles cardiovasculaires graves et à plusieurs décès chez des sportifs et des militaires.

Plus récemment, le Japon a été confronté à l’une des plus importantes crises sanitaires liées aux compléments alimentaires. En 2024, plusieurs produits destinés à réduire le cholestérol ont été rappelés après l’apparition de nombreux cas d’atteintes rénales graves. Les investigations ont révélé une contamination fongique à l’origine de la présence d’acide pubérulique, une substance toxique responsable de lésions rénales parfois irréversibles. Cette affaire a conduit à des rappels massifs, à la démission de dirigeants de l’entreprise concernée et à un renforcement de la surveillance réglementaire.

Ces événements rappellent qu’un produit vendu comme complément alimentaire n’est pas nécessairement exempt de danger. Même lorsque des essais cliniques comparables à ceux exigés pour les médicaments ne sont pas requis, l’innocuité, la qualité de fabrication, la traçabilité et les procédures de rappel doivent être garanties. La dispensation de nombreux compléments alimentaires nécessite également un accompagnement professionnel afin d’éviter les interactions, les contre-indications et les usages inappropriés.

 

Dans ce contexte, la volonté des autorités marocaines de renforcer l’encadrement des compléments alimentaires apparaît pleinement justifiée. La future réglementation et l’implication de l’Agence marocaine du médicament, qui est également l’Agence produits de santé, devraient contribuer à mieux sécuriser ces produits. Quant au pharmacien, son expertise demeure un élément clef pour garantir un usage sûr, efficace et responsable de ces substances qui occupent une place croissante dans le parcours de santé des patients.

 

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CRPOS - RÉSEAUX SOCIAUX

Réseaux sociaux et pharmacie : Le Conseil de l’Ordre rappelle les règles du jeu Abderrahim Derraji - 05 juin 2026 19:40
Réseaux sociaux et pharmacie : Le Conseil de l’Ordre rappelle les règles du jeu

Face à la place grandissante qu’occupent les réseaux sociaux dans la vie professionnelle, le Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens d’Officine du Sud (CRPOS) a publié, le 2 juin 2026, une circulaire destinée à rappeler aux pharmaciens les règles juridiques et déontologiques qui encadrent leur communication numérique.

Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn ou encore YouTube sont aujourd’hui devenus des outils de communication largement utilisés par les professionnels de santé. Les pharmaciens n’échappent pas à cette tendance. Nombre d’entre eux partagent régulièrement des conseils de santé, des informations sur les médicaments ou des contenus relatifs à leur activité professionnelle. Une évolution qui présente de réelles opportunités en matière d’éducation sanitaire, mais qui comporte également certains risques.

Dans sa circulaire, le CRPOS rappelle que toute communication réalisée par un pharmacien doit demeurer conforme aux dispositions de la loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie ainsi qu’aux principes du Code de déontologie. Le pharmacien est tenu d’exercer sa profession avec dignité, probité, indépendance et responsabilité. Cette exigence s’applique également à ses prises de parole sur les réseaux sociaux.

Le Conseil souligne avoir constaté, ces derniers mois, la diffusion de contenus susceptibles de compromettre la sécurité des patients ou de porter atteinte à l’image de la profession. Sont notamment visés les conseils thérapeutiques insuffisamment fondés sur des données scientifiques, les informations inexactes ou trompeuses concernant les médicaments et les produits de santé, ainsi que certaines pratiques pouvant être assimilées à de la publicité illicite.

La question de la publicité occupe d’ailleurs une place centrale dans cette circulaire. Le Conseil rappelle que toute publicité en faveur des médicaments et des produits de santé est strictement réglementée. Plus encore, la notion de publicité ne se limite pas aux messages commerciaux classiques. Une publication présentée sous la forme d’un témoignage, d’un conseil, d’une démonstration ou même d’un contenu éducatif peut être considérée comme une publicité dès lors qu’elle vise, directement ou indirectement, à promouvoir un médicament ou un produit de santé.

Le document met également en garde contre les activités de promotion ou de vente en ligne de médicaments. La législation marocaine interdit en effet l’offre et la vente de médicaments au public en dehors de l’officine. Les pharmaciens sont donc appelés à faire preuve d’une vigilance particulière dans leurs communications numériques.

Autre point important, la responsabilité du pharmacien ne se limite pas à ses propres publications. Les contenus diffusés par ses collaborateurs ou par toute personne agissant sous son autorité sont également susceptibles d’engager sa responsabilité professionnelle, disciplinaire et, le cas échéant, judiciaire.

Pour autant, le Conseil ne remet pas en cause l’utilisation des réseaux sociaux par les pharmaciens. Il rappelle au contraire que certaines formes de communication sont parfaitement compatibles avec la réglementation. C’est notamment le cas des actions d’éducation sanitaire, de prévention, de promotion du bon usage du médicament ou encore de la valorisation du rôle du pharmacien dans le parcours de soins, à condition que ces communications demeurent objectives, scientifiquement fondées et dénuées de toute intention promotionnelle.

À travers cette circulaire, le CRPOS cherche avant tout à sensibiliser les pharmaciens aux enjeux d’une communication responsable à l’ère numérique.

L’objectif est double : préserver la sécurité des patients et maintenir la confiance du public envers une profession dont la crédibilité repose sur la compétence, l’éthique et l’indépendance.

Le message est clair. Les réseaux sociaux constituent aujourd’hui un formidable outil d’information et d’éducation sanitaire, mais leur utilisation doit s’inscrire dans le strict respect de la réglementation et des valeurs fondamentales de la profession pharmaceutique.

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Cadmium

Cadmium : la France serre la vis face à un risque sanitaire majeur Abderrahim Derraji - 05 juin 2026 19:36
Cadmium : la France serre la vis face à un risque sanitaire majeur

L’Assemblée nationale française a adopté en première lecture une proposition de loi écologiste visant à réduire l’exposition de la population au cadmium, un métal lourd toxique présent notamment dans les engrais phosphatés. Le texte a été approuvé par 144 voix contre 22, malgré l’opposition du gouvernement. Il prévoit un abaissement plus rapide des teneurs autorisées en cadmium dans les engrais afin de limiter son accumulation dans les sols agricoles et, par conséquent, dans les aliments consommés par la population.

Le cadmium constitue un enjeu majeur de santé publique. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l’alimentation représente la principale source d’exposition, notamment à travers des produits de consommation courante comme le blé, le riz et d’autres céréales. Une exposition prolongée est associée à de nombreux risques sanitaires. Le cadmium est reconnu comme cancérogène, toxique pour la reproduction, responsable d’atteintes rénales et de fragilité osseuse. En 2025, près de la moitié de la population française présentait des niveaux d’exposition supérieurs aux valeurs sanitaires de référence.

L’Anses recommande depuis plusieurs années de limiter la teneur en cadmium des engrais phosphatés à 20 mg/kg. À titre de comparaison, la réglementation européenne fixe actuellement une limite de 60 mg/kg, tandis que la France bénéficie encore d’une dérogation autorisant jusqu’à 90 mg/kg.

Le gouvernement soutient l’objectif de réduction de l’exposition mais défend une approche plus progressive. Il propose de ramener la limite à 60 mg/kg en 2027, puis à 40 mg/kg en 2030 et enfin à 20 mg/kg en 2038. Les auteurs de la proposition de loi jugent ce calendrier trop lent au regard de l’urgence sanitaire. Leur texte prévoit une réduction à 40 mg/kg dès 2027 puis à 20 mg/kg à partir de 2030.

Soutenue par l’ensemble des groupes de gauche ainsi que par les députés du centre, cette initiative devra encore être examinée par le Sénat. Elle illustre la volonté croissante des pouvoirs publics de renforcer la prévention des expositions environnementales susceptibles d’avoir des conséquences importantes sur la santé de la population.

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Ordre

France: Faut-il supprimer les Ordres des médecins, pharmaciens et dentistes ? Abderrahim Derraji - 05 juin 2026 19:32
France: Faut-il supprimer les Ordres des médecins, pharmaciens et dentistes ?

L’Inspection générale des finances (IGF) a provoqué une onde de choc dans le secteur de la santé en proposant une réforme profonde, voire la suppression, des Ordres des médecins, des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes. Cette recommandation fait suite à trois rapports particulièrement sévères mettant en lumière de nombreux dysfonctionnements dans la gouvernance, la gestion et l’exercice des missions disciplinaires de ces institutions.

Dans une note de synthèse publiée le 1er juin, l’IGF préconise à court terme une ouverture de la gouvernance à des acteurs extérieurs aux professions concernées, notamment des représentants des patients, un meilleur encadrement de la gestion financière et un contrôle renforcé par l’administration. Mais elle va plus loin en proposant deux scénarios de transformation. Le premier consiste à supprimer les trois Ordres et à transférer leurs missions de régulation à la Direction générale de l’offre de soins et aux Agences régionales de santé, tandis que les compétences disciplinaires seraient confiées aux juridictions administratives. Le second envisage la fusion de tous les Ordres de santé en une structure unique dotée de règles de gestion plus strictes.

Selon l’IGF, les défaillances observées ne sont pas ponctuelles mais traduisent les limites du modèle ordinal actuel. Les conséquences seraient particulièrement préoccupantes en matière de protection des patients. Chez les médecins, certains signalements portant sur des faits graves, notamment des violences sexuelles, n’auraient donné lieu à aucune suite disciplinaire. Le rapport cite notamment le cas du chirurgien Joël Le Scouarnec, condamné en 2025 pour de multiples viols et agressions sexuelles, mais qui avait pourtant été réinscrit au tableau de l’Ordre après une première condamnation liée à la détention d’images pédopornographiques.

L’Ordre des pharmaciens est également critiqué pour son absence de réaction dans l’affaire Urgo, impliquant des milliers de professionnels ayant bénéficié d’avantages indus. L’IGF souligne aussi l’incapacité de son système informatique à identifier les pharmaciens suspendus. Du côté des chirurgiens-dentistes, des praticiens suspendus auraient continué à exercer sans contrôle effectif.

Les rapports dénoncent également une gestion financière contestable. Parmi les exemples cités figurent l’achat d’une villa avec piscine par un conseil départemental de l’Ordre des médecins ou encore l’acquisition par l’Ordre des chirurgiens-dentistes d’un appartement de luxe de 405 m² pour 6,7 millions d’euros.

 

Ces constats alimentent un débat de fond sur la légitimité, l’efficacité et l’avenir des Ordres professionnels, dont le rôle historique dans l’autorégulation des professions de santé est aujourd’hui ouvertement remis en question.

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IA

Diagnostic médical peut-on faire confiance à l’IA ? Abderrahim Derraji - 31 mai 2026 08:01
Diagnostic médical peut-on faire confiance à l’IA ?

Aujourd’hui, au moindre symptôme, une grande partie des patients se tourne spontanément vers son smartphone avant même de solliciter un professionnel de santé. Douleurs abdominales, fatigue inhabituelle, céphalées ou simple toux deviennent ainsi des requêtes adressées à des outils d’intelligence artificielle (IA) générative comme ChatGPT ou d’autres plateformes conversationnelles. Pour beaucoup, les réponses fournies sont perçues comme fiables, objectives et parfois même suffisantes pour orienter une décision médicale. Cette évolution rapide des comportements devrait interpeller les professionnels de santé sur la place réelle que pourrait occuper l’IA dans le parcours de soins.

C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs britanniques [1] a conduit une étude randomisée et contrôlée destinée à évaluer la capacité de l’intelligence artificielle à aider les patients à adopter la conduite la plus adaptée face à une situation clinique donnée. L’étude a porté sur 1 298 participants âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population britannique. Les chercheurs leur ont soumis plusieurs scénarios cliniques inspirés de motifs de consultation fréquents en médecine générale et en urgence. Pour chaque situation, les participants devaient identifier la pathologie la plus probable puis choisir le niveau de recours aux soins le plus approprié, allant de l’automédication à l’appel d’une ambulance.

Les participants ont été répartis en quatre groupes. Trois groupes avaient accès à des systèmes d’intelligence artificielle différents, notamment GPT 4o, Llama 3 et Command R+, qu’ils pouvaient consulter librement autant de fois qu’ils le souhaitaient. Le quatrième groupe constituait le groupe contrôle et répondait comment il le fait d’habitudes, y compris en s’aidant d’internet.

Les résultats obtenus sont particulièrement instructifs. Les systèmes d’intelligence artificielle se sont révélés très performants lorsque les scénarios médicaux complets leur étaient présentés par les chercheurs. En théorie, les réponses diagnostiques et les orientations proposées étaient souvent pertinentes. En pratique toutefois, les participants ont rencontré des difficultés importantes dans leur interaction avec ces outils. Les informations transmises à l’IA étaient fréquemment incomplètes ou imprécises, ce qui altérait considérablement la qualité des réponses obtenues. Plus préoccupant encore, de légères variations dans la formulation des symptômes pouvaient conduire l’algorithme vers des conclusions erronées.

L’étude montre également que les participants utilisant l’intelligence artificielle étaient moins performants pour apprécier le degré d’urgence d’une situation clinique que ceux du groupe contrôle. Au final, les réponses fournies avec l’aide de l’IA ne se sont pas révélées globalement plus pertinentes que celles obtenues sans assistance technologique. Ces résultats rappellent une réalité fondamentale de la médecine. Une consultation ne se résume pas à une succession de symptômes ou à une analyse théorique de données. Elle repose avant tout sur l’écoute, l’observation, l’expérience clinique et la capacité du praticien à interpréter ce que le patient exprime parfois difficilement. L’intelligence artificielle excelle dans le traitement algorithmique de l’information, mais elle demeure encore limitée face à la complexité de la relation humaine et du raisonnement clinique contextualisé.

L’avenir de l’intelligence artificielle en santé semble donc moins dépendre de ses performances techniques que de sa capacité à s’intégrer de manière pertinente dans la pratique médicale réelle. L’IA ne doit pas remplacer les professionnels de santé, mais les assister afin d’optimiser leurs pratiques.

[1] Univadis

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Autres articles

Le montélukast à la rescousse de l’immunothérapie

Des chercheurs de la Northwestern Medicine à Chicago ont mis en évidence une piste thérapeutique prometteuse pour le traitement de plusieurs cancers agressifs en s’appuyant sur un médicament déjà largement utilisé contre l’asthme et les allergies. Il s’agit du montélukast, un antiasthmatique appartenant à la famille des antileucotriènes, qui agit en bloquant le récepteur CysLTR1, une molécule impliquée dans les phénomènes inflammatoires. Les travaux menés par ces chercheurs ont révélé que de nombreuses tumeurs exploitent ce récepteur afin d’échapper aux défenses immunitaires de l’organisme. En activant CysLTR1, les cellules cancéreuses favorisent la production de neutrophiles particuliers capables de freiner l’action du système immunitaire. Ce mécanisme crée un environnement favorable au développement tumoral et réduit l’efficacité des traitements anticancéreux, notamment de l’immunothérapie. Les chercheurs ont étudié plusieurs modèles expérimentaux de cancers particulièrement agressifs, notamment le cancer du sein triple négatif, le mélanome, les cancers de l’ovaire, du côlon et de la prostate. Dans ces modèles, ils ont soit supprimé génétiquement le gène responsable de l’expression de CysLTR1, soit utilisé des médicaments capables de bloquer ce récepteur, dont le montélukast. Les résultats ont montré un ralentissement significatif de la croissance des tumeurs, une amélioration de la survie des animaux et une meilleure réponse aux traitements d’immunothérapie. L’équipe a également analysé des cellules immunitaires humaines. Là encore, le blocage de CysLTR1 a empêché la formation de neutrophiles immunosuppresseurs, confirmant le rôle central de cette voie dans la capacité des cancers à neutraliser les défenses naturelles de l’organisme. Afin de valider leurs observations, les chercheurs ont examiné des échantillons de tumeurs humaines ainsi que plusieurs bases de données publiques consacrées au cancer. Ils ont constaté que les patients présentant une forte activité du récepteur CysLTR1 avaient généralement un pronostic moins favorable, une survie plus courte et une réponse plus limitée aux immunothérapies, quel que soit le type de cancer étudié. Cette découverte présente un intérêt particulier car le montélukast est déjà autorisé et largement utilisé depuis de nombreuses années. Son profil de sécurité est bien connu, ce qui pourrait accélérer son évaluation dans le cadre d’essais cliniques en oncologie. Les chercheurs estiment ainsi qu’il pourrait rapidement être testé chez des patients atteints de cancers agressifs afin d’améliorer l’efficacité de l’immunothérapie. Cette approche pourrait être particulièrement intéressante pour des cancers difficiles à traiter, comme le cancer du sein triple négatif, où les besoins thérapeutiques demeurent importants.

Abderrahim Derraji - 31 mai 2026 07:54
Insuffisance cardiaque : les digitaliques pourraient être réhabilités

Présentée lors du congrès 2026 de la Heart Failure Association (HFA) et publiée simultanément dans le JAMA, une méta-analyse regroupant les trois principaux essais cliniques consacrés aux digitaliques dans l’insuffisance cardiaque ravive l’intérêt pour cette classe thérapeutique longtemps considérée comme marginale. L’analyse a inclus les études DIG (1997), DIGIT-HF (2025) et DECISION (2026), soit un total de 9 013 patients présentant une fraction d’éjection ventriculaire gauche inférieure ou égale à 50 %. Son objectif était de déterminer si les digitaliques conservent un intérêt clinique. Les résultats montrent une réduction significative de 15 % du risque combiné de décès cardiovasculaire ou de première aggravation de l’insuffisance cardiaque. Ce bénéfice est principalement attribuable à une diminution de 25 % des épisodes d’aggravation nécessitant une prise en charge médicale ou une hospitalisation. En revanche, aucun effet significatif n’a été observé sur la mortalité cardiovasculaire ou sur la mortalité globale. L’étude DECISION occupe une place particulière dans cette analyse. Elle est la première à avoir évalué la digoxine à faible dose, avec un contrôle rigoureux des concentrations sanguines, dans une population âgée et largement traitée selon les standards thérapeutiques actuels. Bien que les résultats de cette étude n’aient pas atteint à eux seuls le seuil de significativité statistique, ils se sont révélés cohérents avec ceux des essais précédents. L’un des enseignements majeurs de cette méta-analyse réside dans l’absence d’hétérogénéité entre les études. Les effets observés sont similaires qu’il s’agisse de digoxine ou de digitoxine et demeurent présents chez les patients bénéficiant déjà d’une prise en charge optimale incluant bêtabloquants, inhibiteurs du système rénine-angiotensine, antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes et inhibiteurs du SGLT2. Ces données renforcent l’hypothèse d’un effet de classe des digitaliques sur la réduction des décompensations d’insuffisance cardiaque. Elles pourraient conduire à une réévaluation de leur place dans les prochaines recommandations de la Société Européenne de Cardiologie. Si leur impact sur la survie reste absent, leur capacité à réduire les aggravations de la maladie apparaît désormais solidement établie, y compris dans le contexte thérapeutique contemporain.

Abderrahim Derraji - 31 mai 2026 07:50
Apnée du sommeil : vers une alternative médicamenteuse au masque respiratoire

L’apnée obstructive du sommeil toucherait près d’un milliard de personnes à travers le monde, dont une grande partie n’est pas diagnostiquée. Cette maladie se caractérise par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, entraînant fatigue, somnolence diurne et augmentation du risque cardiovasculaire. Jusqu’à présent, le traitement de référence repose sur la pression positive continue (PPC), un dispositif qui maintient les voies respiratoires ouvertes grâce à un masque. Toutefois, de nombreux patients supportent difficilement cet équipement ou refusent de l’utiliser. Une étude de phase 3 publiée en mai 2026 dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine a évalué un traitement oral expérimental baptisé AD109. L’essai baptisé SynAIRgy mené dans 69 centres aux États-Unis et au Canada, a inclus 646 adultes souffrant d’apnée obstructive du sommeil légère à sévère et ayant échoué au traitement par PPC ou refusé son utilisation. AD109 associe deux molécules, l’aroxybutynine et l’atomoxétine. Contrairement au masque respiratoire qui agit mécaniquement, ce traitement cible directement le mécanisme neuromusculaire responsable de l’obstruction des voies aériennes supérieures. Il stimule les muscles de la gorge afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil et de prévenir leur affaissement, sans perturber l’architecture normale du sommeil. Après 26 semaines de traitement, les résultats montrent une diminution de 44,1 % des événements d’apnée chez les patients traités, contre 17,6 % dans le groupe placebo. Plus remarquable encore, près de 18 % des participants ont atteint une rémission complète, avec un indice d’apnée-hypopnée inférieur à cinq événements par heure. Les chercheurs ont également observé une amélioration de l’oxygénation nocturne et une réduction significative de la fatigue diurne, contribuant ainsi à une meilleure qualité de vie. Comme tout traitement, AD109 n’est pas dénué d’effets indésirables. Les plus fréquents sont la sécheresse buccale, l’insomnie et les nausées. Environ 21 % des patients ont interrompu le traitement pour cette raison. Malgré cela, les spécialistes considèrent ces résultats encourageants compte tenu des difficultés d’observance associées au traitement par PPC. Grâce à ces données prometteuses, AD109 bénéficie désormais d’une procédure d’évaluation accélérée. Une autorisation de mise sur le marché est attendue au premier trimestre 2027, ouvrant la voie à une alternative thérapeutique simple et prometteuse pour les patients souffrant d’apnée du sommeil.

Abderrahim Derraji - 31 mai 2026 07:43
Tayibat ou les dangers d’un régime «totalitaire» !

Sur TikTok, les tendances alimentaires se succèdent à une vitesse vertigineuse. Chaque semaine semble apporter son nouveau miracle nutritionnel, sa méthode révolutionnaire ou son gourou autoproclamé de la santé parfaite. Depuis plusieurs mois, un nom revient avec insistance dans les vidéos relayées massivement au Maroc et dans le monde arabe : celui du « régime Tayibat », attribué au médecin égyptien Diaa Al Awadi, décédé en avril 2026 à Dubaï. Le succès fulgurant de ce régime n’a rien d’étonnant. Il promet ce que beaucoup recherchent aujourd’hui : une solution simple à des problèmes complexes. Fatigue chronique, troubles digestifs, surpoids, inflammation, diabète ou encore dépendance médicamenteuse, tout semble pouvoir être amélioré grâce à une alimentation dite « pure ». Dans un monde saturé d’informations contradictoires, ce discours rassure parce qu’il divise le monde en deux catégories faciles à cerner : les bons aliments et les mauvais, les aliments « purs » et les aliments « toxiques ». Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cache une vision profondément réductrice de la nutrition. Certes, certaines recommandations du régime Tayibat peuvent sembler raisonnables. Réduire les produits ultra-transformés, limiter les excès de sucre industriel, éviter le grignotage compulsif ou privilégier des aliments simples et rassasiants sont des conseils que de nombreux professionnels de santé peuvent partager. Beaucoup de personnes se sentent d’ailleurs mieux lorsqu’elles abandonnent une alimentation industrielle excessive. Cela ne relève pas du miracle, mais simplement d’un retour à une alimentation plus sobre. Le problème commence lorsque ce régime bascule dans l’idéologie alimentaire. Bannir totalement des catégories entières d’aliments, notamment les légumes verts et les légumineuses, va à l’encontre d’un immense corpus scientifique accumulé depuis des décennies. Ces aliments jouent un rôle essentiel dans l’équilibre du microbiote intestinal, la prévention cardiovasculaire et la réduction du risque de diabète ou de certains cancers. Les supprimer durablement expose à des carences nutritionnelles et à un appauvrissement de la diversité alimentaire. Autre sujet d’inquiétude : la place excessive accordée à la viande rouge et aux graisses animales. Une consommation modérée peut parfaitement s’intégrer dans une alimentation équilibrée, mais transformer ces produits en piliers centraux du régime alimentaire augmente les risques cardiovasculaires et inflammatoires à long terme. Cependant, ce qui alarme le plus les professionnels de santé reste le discours anti-médicaments qui accompagne souvent ce type de mouvance. Présenter tous les médicaments comme des poisons est non seulement faux, mais potentiellement dramatique pour des millions de patients chroniques. Bien sûr, aucun traitement n’est totalement dénué d’effets secondaires et certaines prescriptions méritent parfois d’être réévaluées. Mais faut-il pour autant oublier que l’insuline sauve quotidiennement des millions de diabétiques, que les antibiotiques ont révolutionné la médecine moderne ou que les antihypertenseurs préviennent des accidents vasculaires potentiellement mortels ? Le danger des régimes totalitaires réside précisément dans cette logique du tout ou rien. Ils séduisent parce qu’ils offrent des réponses radicales à des réalités complexes. Or, la nutrition humaine n’est ni une religion ni un tribunal moral. Aucun aliment n’est universellement toxique et aucun modèle alimentaire ne convient à tous de manière identique. Les besoins diffèrent selon l’âge, l’état de santé, la génétique, l’activité physique ou encore la tolérance digestive. La véritable sagesse alimentaire est souvent beaucoup moins spectaculaire que les vidéos virales des réseaux sociaux. Elle repose sur la diversité, la modération, une cuisine simple, une activité physique régulière et surtout une alimentation adaptée à chaque individu. En matière de santé, les solutions miracles finissent rarement par tenir leurs promesses.

Abderrahim Derraji - 24 mai 2026 22:03
Une simple lumière LED ouvre la voie à des médicaments plus écologiques

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont découvert par hasard une nouvelle méthode chimique susceptible de rendre le développement des médicaments plus écologiques, plus rapide et moins coûteux. Alors qu’ils travaillaient sur un système photocatalytique classique, les scientifiques ont observé qu’une réaction chimique continuait à fonctionner même après le retrait d’un catalyseur pourtant considéré comme indispensable. Intrigués par ce résultat inattendu, ils ont approfondi leurs recherches et mis au point un nouveau mécanisme de transformation chimique utilisant simplement la lumière. Publiée dans la revue « Nature », cette découverte repose sur une réaction appelée alkylation anti-Friedel-Crafts. Contrairement aux méthodes traditionnelles qui nécessitent souvent des métaux lourds, des catalyseurs toxiques ou des milieux très acides, cette nouvelle approche fonctionne dans des conditions beaucoup plus douces. Une simple lumière LED bleue suffit à déclencher la réaction chimique à température ambiante. Le procédé utilise un complexe donneur-accepteur d’électrons qui, sous l’effet de la lumière, génère des radicaux capables de former de nouvelles liaisons carbone sans avoir recours à des  métaux de transition. Les chercheurs ont obtenu des rendements très élevés, atteignant jusqu’à 88 %, avec des réactifs facilement disponibles dans le commerce. La réaction s’interrompt immédiatement en l’absence de lumière, ce qui démontre le rôle central de l’activation lumineuse. Cette méthode présente plusieurs avantages majeurs pour l’industrie pharmaceutique. Habituellement, modifier légèrement une molécule nécessite de reconstruire une grande partie de sa structure, ce qui demande du temps, de l’énergie et génère des déchets chimiques importants. Grâce à cette technique, les scientifiques peuvent désormais ajouter directement certains groupements chimiques à des molécules déjà élaborées, simplifiant considérablement le processus de développement. Les chercheurs ont testé cette approche sur plusieurs composés pharmaceutiques connus, comme la névirapine, le boscalid ou la métyrapone, avec des rendements compris entre 77 et 88 %. La réaction a également été reproduite à plus grande échelle avec un rendement supérieur à 80 %, confirmant son potentiel industriel. Autre point remarquable : cette méthode réduit fortement l’impact environnemental de la chimie pharmaceutique. L’absence de métaux toxiques, la diminution des étapes de synthèse et la réduction des déchets chimiques permettent d’envisager une production de médicaments plus durable. Une collaboration avec AstraZeneca a d’ailleurs permis d’évaluer la compatibilité de cette technologie avec les exigences industrielles modernes.

Abderrahim Derraji - 24 mai 2026 21:54
Les analogues du GLP-1 pourraient réduire la consommation d’alcool ?

Les analogues du GLP-1, déjà utilisés contre le diabète et l’obésité, pourraient aussi représenter une nouvelle piste thérapeutique dans la prise en charge du trouble de l’usage de l’alcool (TUA). Un essai contrôlé randomisé en double aveugle, publié dans le journal médical « The Lancet », montre que le sémaglutide réduit significativement la consommation excessive d’alcool chez des patients obèses souffrant d’une dépendance à l’alcool. L’étude, menée au Danemark, a inclus 108 adultes obèses atteints de TUA, dont la majorité présentait une forme sévère. Les participants consommaient en moyenne plus de sept verres standards par jour. Pendant 26 semaines, ils ont reçu soit du sémaglutide par injection hebdomadaire, soit un placebo, en parallèle d’une thérapie cognitivo-comportementale. Les résultats sont encourageants. Les patients traités par sémaglutide ont réduit de 41 % leurs jours de consommation excessive d’alcool, contre 26 % dans le groupe placebo. Concrètement, ils ont connu environ 12 jours de consommation excessive en moins par mois, contre 8 jours dans le groupe placebo. Après six mois, ils ne présentaient plus que cinq jours de consommation excessive sur trente, contre neuf dans le groupe placebo. Le traitement a également diminué la quantité totale d’alcool consommée, augmenté le nombre de jours sans alcool et réduit le « craving », c’est-à-dire l’envie irrépressible de boire. Parallèlement, les patients sous sémaglutide ont perdu en moyenne 11 kilos, contre seulement 2 kilos dans le groupe placebo. Les chercheurs ont observé un lien entre la perte de poids et la diminution de la consommation d’alcool. Les mécanismes expliquant cet effet restent encore mal élucidés. Les scientifiques pensent toutefois que les analogues du GLP-1 pourraient agir sur les circuits cérébraux de la récompense impliqués dans l’addiction, réduisant ainsi l’attrait de l’alcool. Les effets secondaires rapportés étaient principalement digestifs — nausées, diarrhées, constipation ou douleurs abdominales — généralement modérés et transitoires. Malgré ces résultats prometteurs, les experts restent prudents. L’étude porte sur un nombre limité de patients et ne permet pas de savoir si les bénéfices persistent après l’arrêt du traitement. Pour le Pr Benjamin Rolland, psychiatre et addictologue (Service universitaire d’addictologie de Lyon, CH Le Vinatier, Bron), les médicaments ne doivent pas remplacer l’accompagnement psychologique et les changements de mode de vie. Selon lui, ces traitements pourraient surtout aider les patients à amorcer une dynamique de changement, en complément d’une prise en charge psychosociale adaptée. Les auteurs et éditorialistes évoquent ainsi un « optimisme prudent » : si de futures études confirment ces résultats à grande échelle, les implications pour la santé publique pourraient être majeures.

Abderrahim Derraji - 24 mai 2026 21:49
Officine Plus 2026 : une édition qui a tenu ses promesses

La ville de Casablanca a abrité samedi dernier la 16e édition d’Officine Plus, un rendez-vous qui a réuni un grand nombre de pharmaciens d’officine, d’experts et d’exposants. Cette édition a été organisée autour de deux ateliers parallèles et d’un plateau TV animé par Pharmacien Manager. Cet événement a offert une journée intensive de formation, d’échanges et de réflexion sur les défis actuels et futurs de la pharmacie d’officine. La matinée de samedi a débuté par des workshops très attendus par les pharmaciens. Le premier atelier a mis l’accent sur les principales pathologies psychiatriques rencontrées à l’officine, avec l’intervention remarquée du Pr Mohamed Hachem Tyal. Cet atelier s’inscrit dans une dynamique visant à rapprocher les pharmaciens des psychiatres et à renforcer leurs collaborations, afin d’asseoir les bases de l’interprofessionnalité, qui constitue la clé de voûte de l’amélioration de la prise en charge des patients vivant avec une pathologie psychiatrique. La présentation du Pr Tyal s’inscrit pleinement dans l’évolution de la profession pharmaceutique. Plus que jamais, le pharmacien doit passer d’un modèle historique centré sur le produit à un modèle où il devient un acteur de l’efficience du système de santé, avec un renforcement de son rôle dans l’observance et la prévention. L’officinal joue un rôle important dans la prise en charge de malades souvent vulnérables et stigmatisés. Et comme le dit souvent le Pr Tyal : « Deux minutes d’humanité et d’empathie peuvent modifier profondément la trajectoire d’une vie. » La prestation de cet expert changera sans nul doute le regard des pharmaciens ayant assisté à cette conférence, leur regard devant désormais se poser d’abord sur le patient avant l’ordonnance. En parallèle, l’atelier 2 a abordé le merchandising, la gestion des catégories et les leviers d’une pharmacie plus attractive et plus rentable, animé par Mariame Zahir. Les sessions suivantes ont porté sur la stratégie commerciale et le pilotage performant de l’officine. Cette thématique, animée par Omar et Taoufiq Sefiani, est venue rappeler l’importance d’une gestion rigoureuse de la pharmacie et l’apport d’indicateurs de performance pouvant être intégrés dans les logiciels de gestion d’officine (LGO), les rendant ainsi facilement accessibles sans recourir à d’autres logiciels supplémentaires que les pharmaciens ne maîtrisent pas forcément. D’autres ateliers ont été suivis avec beaucoup d’intérêt par les pharmaciens, comme le dépistage précoce du cancer du sein, la nutrition et les nouveaux enjeux de santé, ainsi que les bienfaits des actifs naturels. L’après-midi s’est poursuivie autour de thématiques telles que le stress et la fatigue, l’hypomagnésémie, la maladie rénale chronique et la transformation de l’officine. Le plateau TV a offert des débats très intéressants sur « Le pharmacien à l’ère du digital », « La pharmacie en transformation » et « La pharmacie d’officine : rôle dans la prévention et la détection des maladies à forte prévalence au Maroc ». De nombreux experts de renom ont partagé leur expertise tout au long de la journée. Ce programme dense a parfaitement reflété la volonté d’accompagner les pharmaciens dans leur rôle en pleine évolution : non seulement dispensateurs de médicaments, mais aussi acteurs de santé publique, éducateurs et entrepreneurs. Entre actualisation des connaissances scientifiques, optimisation de la performance économique et adaptation au numérique, Officine Plus 2026 constituera sans nul doute une véritable source d’inspiration et de solutions concrètes pour faire évoluer l’officine marocaine et la rendre plus performante.  

Abderrahim Derraji - 24 mai 2026 21:45
Virus Bundibugyo : Une menace sanitaire sérieuse nécessitant une réponse internationale coordonnée

Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré, conformément au Règlement sanitaire international (2005), que l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) en Ouganda et en République démocratique du Congo, tout en précisant qu’elle ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique. Cette décision repose sur une évaluation scientifique approfondie des risques sanitaires, du potentiel de propagation internationale et des impacts sur les échanges et les déplacements. L’OMS salue la transparence et l’engagement des autorités des deux pays concernés dans la gestion de la crise. Leur collaboration a permis une évaluation rapide des risques et une meilleure préparation de la communauté internationale. La décision s’appuie sur des données épidémiologiques fournies par les deux États, ainsi que sur les preuves scientifiques disponibles concernant la dynamique de l’épidémie. L’événement est jugé «extraordinaire» en raison de plusieurs éléments. Au 16 mai 2026, huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et environ 80 décès suspects ont été signalés dans la province de l’Ituri, en RDC, répartis dans plusieurs zones sanitaires dont Bunia, Rwampara et Mongbwalu. Par ailleurs, deux cas confirmés, dont un décès, ont été détectés à Kampala en Ouganda chez des personnes en provenance de la RDC, suggérant une transmission transfrontalière. Un autre cas suspect initialement signalé à Kinshasa a été testé négatif et exclu. Des groupes inhabituels de décès communautaires, associés à des symptômes compatibles avec la Maladie à virus Bundibugyo, ont été observés dans plusieurs zones, ainsi que plusieurs décès de professionnels de santé, ce qui soulève des inquiétudes importantes sur la transmission nosocomiale et les failles dans les mesures de prévention des infections. Le taux élevé de positivité des tests initiaux et la multiplication des cas suspects suggèrent que l’épidémie est probablement sous-estimée et plus étendue que ce qui est actuellement rapporté. Le contexte sécuritaire et humanitaire en Ituri et dans l’est de la RDC aggrave la situation : mobilité élevée des populations, insécurité persistante, densité de structures de soins informelles et similitudes avec des flambées précédentes d’Ebola dans la région. L’absence de traitement ou de vaccin homologué spécifique contre la souche Bundibugyo renforce également la gravité de l’événement. L’OMS estime également qu’il existe un risque élevé de propagation internationale. Les cas détectés à Kampala constituent une preuve directe de diffusion transfrontalière. Les échanges fréquents entre la RDC et les pays voisins, notamment pour des raisons commerciales et familiales, augmentent fortement ce risque. L’incertitude sur l’ampleur réelle de la transmission renforce encore cette inquiétude. Face à cette situation, l’OMS souligne la nécessité d’une coordination internationale renforcée. Un Comité d’urgence doit être convoqué afin de formuler des recommandations temporaires aux États membres. L’objectif est de mieux comprendre l’ampleur de la flambée, de renforcer la surveillance, d’améliorer la prévention et d’assurer une réponse coordonnée. Les recommandations pour les pays touchés comportent la mise en place de centres d’opérations d’urgence nationaux, le renforcement de la surveillance épidémiologique, la recherche des cas contacts, les capacités de diagnostic et la lutte contre les infections dans les établissements de santé. Une attention particulière est accordée à la protection du personnel soignant, à la formation, ainsi qu’à la disponibilité des équipements de protection. La communication avec les communautés est jugée essentielle : les autorités doivent mobiliser les leaders locaux, religieux et traditionnels pour améliorer la détection des cas et lutter contre les rumeurs et pratiques à risque. La participation communautaire est présentée comme un élément central de la riposte. L’OMS recommande également le renforcement des capacités de laboratoire, la création de centres de traitement spécialisés et la mise en place de systèmes de surveillance communautaire. Des essais cliniques pour des traitements et vaccins expérimentaux sont encouragés afin d’accélérer la recherche de solutions médicales. Concernant les voyages et les frontières, des mesures de contrôle sont préconisées, notamment le suivi des cas et contacts, la restriction des déplacements des personnes infectées ou exposées, ainsi que le dépistage aux points d’entrée dans les zones à risque. Les rassemblements de masse doivent être reportés si nécessaire. L’OMS insiste sur la nécessité d’inhumations sécurisées et dignes, afin de limiter la transmission lors des funérailles. Elle recommande aussi d’assurer des chaînes d’approvisionnement en matériel médical et en équipements de protection. Pour les pays voisins, une préparation renforcée est exigée, incluant surveillance active, formation des équipes d’intervention rapide et accès à des laboratoires spécialisés. Tout nouveau cas doit être considéré comme une urgence sanitaire nécessitant une réponse immédiate. Enfin, pour les autres États membres, l’OMS déconseille la fermeture des frontières et les restrictions générales de voyage, jugées inefficaces et contre-productives. Elle recommande plutôt une information claire des voyageurs et du public, ainsi qu’une coopération avec les secteurs du transport. En conclusion, l’OMS considère que cette flambée de maladie à virus Bundibugyo constitue une menace sanitaire sérieuse nécessitant une réponse internationale coordonnée, rapide et proportionnée, tout en évitant les mesures de restriction non fondées scientifiquement.  

Abderrahim Derraji - 20 mai 2026 17:25
Le Maroc face au défi de la recherche clinique

Pendant longtemps, la recherche clinique a été perçue comme un domaine réservé aux grandes puissances scientifiques. Les essais thérapeutiques, les innovations médicales et les nouveaux médicaments continuent d’être mis au point loin du continent africain, comme si l’Afrique devait se contenter d’être un simple marché de consommation plutôt qu’un espace de production du savoir médical. Pourtant, de nombreux pays pourraient inverser cette tendance. Car l’Afrique dispose aujourd’hui de tous les ingrédients pour devenir un acteur majeur de la recherche clinique mondiale : une population jeune, une diversité génétique exceptionnelle, des besoins sanitaires immenses et des professionnels de santé de plus en plus qualifiés. Ces atouts constituent les éléments nécessaires pour stimuler la recherche clinique dans de nombreux pays du continent. La pandémie de Covid-19 a constitué un bon exemple de ce potentiel. En effet, plusieurs pays africains ont démontré leur capacité à conduire des essais cliniques selon les standards internationaux les plus exigeants. Le Maroc, l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Kenya, l’Égypte ou encore le Sénégal ont montré qu’il existait sur le continent des investigateurs compétents, des centres hospitaliers performants et des équipes capables de collaborer avec les plus grands acteurs mondiaux de la santé. Mais malgré cette montée en puissance, les freins restent nombreux. Le déficit d’infrastructures demeure une réalité dans plusieurs pays où les laboratoires certifiés, les plateformes numériques et les équipements spécialisés restent insuffisants. À cela s’ajoute le manque de financements durables dans des systèmes de santé déjà confrontés à d’importantes tensions budgétaires. La recherche clinique coûte cher et ses retombées ne sont pas toujours immédiates, ce qui pousse certains décideurs à ne pas la considérer comme une priorité. Les lourdeurs réglementaires constituent également un obstacle majeur. Des procédures longues, parfois fragmentées, ralentissent l’arrivée des projets internationaux et réduisent l’attractivité du continent. Le manque de ressources humaines spécialisées complique aussi la situation. Former des biostatisticiens, des data scientists, des experts en pharmacovigilance ou des attachés de recherche clinique nécessite des investissements académiques importants et une véritable vision à long terme. À ces défis techniques s’ajoute un enjeu plus sensible : celui de la confiance. Dans certaines populations, la méfiance envers les essais cliniques persiste encore, nourrie par des blessures historiques et par une information souvent insuffisante. Pourtant, l’enjeu dépasse largement le simple cadre scientifique. Développer la recherche clinique en Afrique signifie permettre aux patients d’accéder plus rapidement aux traitements innovants, réduire les dépenses de santé, renforcer la souveraineté sanitaire des États et créer des emplois hautement qualifiés. Il s’agit aussi de produire des données locales adaptées aux réalités de chaque pays, au lieu de dépendre exclusivement d’études réalisées ailleurs sur des populations différentes. C’est dans cette dynamique que la FMIIP, en partenariat avec Eshmoun Clinical Research, a organisé, le 15 mai 2026 à Casablanca, un symposium ayant pour thème : « La recherche clinique au service d’un accès rapide aux médicaments innovants, génériques et biosimilaires ». À cette occasion, Yasmine Lahlou Filali a rappelé que la recherche clinique constitue désormais un levier incontournable dans la transformation du système de santé marocain et dans l’ambition du Royaume de devenir une plateforme régionale d’innovation. Les interventions de Omar Seghrouchni et d’Abdelkrim Meziane Belfkih ont également mis en avant l’importance d’un cadre réglementaire solide, de la protection des données personnelles et de la confiance des patients. Les échanges qui ont eu lieu pendant et après les deux panels programmés ont permis d’identifier aussi bien les dysfonctionnements que les mécanismes à mettre en place pour développer la recherche clinique au Royaume. Certes, le Maroc affiche aujourd’hui de grandes ambitions. Encore faut-il que les discours se traduisent par des mesures concrètes, des investissements durables et une stratégie cohérente capable de transformer le Royaume en véritable hub africain de la recherche clinique. Car, dans le domaine de l’innovation médicale, les nations qui hésitent finissent toujours par dépendre de celles qui osent. (1) Présidente de la FMIIP (2) Président de la CNDP (3) Secrétaire général du ministère de la Santé et de la Protection sociale  

Abderrahim Derraji - 18 mai 2026 18:28
La France interdit le CBD alimentaire

Depuis le 15 mai, la France interdit la vente libre des produits alimentaires contenant du CBD. Cette décision de la Direction générale de l’alimentation marque un tournant important pour une filière en plein essor. Sont désormais concernés les bonbons, huiles, biscuits, tisanes et autres produits destinés à la consommation alimentaire. En revanche, le CBD à fumer ainsi que les liquides pour cigarettes électroniques restent autorisés. Cette mesure découle de l’application du règlement européen « Novel Food », en vigueur depuis 1997. Ce texte impose qu’un aliment non traditionnellement consommé dans l’Union européenne obtienne une autorisation spécifique avant sa commercialisation. Or, les produits alimentaires au CBD n’ont toujours pas reçu cette validation officielle au niveau européen. Jusqu’ici, les autorités françaises faisaient preuve d’une certaine tolérance, mais celle-ci a pris fin. La décision provoque une vive inquiétude chez les professionnels du secteur. L’Union des professionnels du CBD estime qu’elle menace directement plus de 2 000 boutiques spécialisées en France. Selon ses représentants, le CBD alimentaire représente près de 40 % du chiffre d’affaires de nombreux commerces. Ils dénoncent une mesure incohérente puisque le CBD reste autorisé sous d’autres formes. La Confédération paysanne partage cette inquiétude et parle d’un danger pour toute la filière du chanvre. Le syndicat redoute des conséquences économiques importantes pour les petits producteurs, les exploitations agricoles diversifiées et les circuits courts récemment développés autour du CBD. Selon cette organisation, les procédures européennes sont longues et coûteuses, ce qui favorise surtout les grands groupes capables de financer les demandes d’autorisation. Les acteurs du secteur dénoncent également une interprétation trop stricte de la réglementation européenne par la France. Certains envisagent déjà des recours pour contester cette décision, qui pourrait fragiliser durablement une activité en pleine croissance.

Abderrahim Derraji - 18 mai 2026 18:21