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EXERCICE ILLÉGAL DE LA PHARMACIE

Marrakech : La Confédération des Syndicats des Pharmaciens et le Ministère de la Santé mettent fin à l’exercice illégal de la pharmacie pratiqué par une association de diabétiques Abderrahim DERRAJI - 17 juillet 2024 17:15
Marrakech : La Confédération des Syndicats des Pharmaciens et le Ministère de la Santé mettent fin à l’exercice illégal de la pharmacie pratiqué par une association de diabétiques

Une fois de plus, la vigilance de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) a permis de mettre à nu les dérives de certaines associations de malades qui font fi des textes de loi régissant le stockage et la délivrance des médicaments et autres produits de santé. Cette fois-ci, il s’agit d’une association de malades opérant dans la ville de Marrakech.
 

«Grâce aux efforts conjoints de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, du Syndicat des pharmaciens unis de Marrakech (SPUM) et du ministère de la Santé et de la Protection sociale, sous la supervision du Procureur Général du Roi près le Tribunal de Première instance de Marrakech, la police judiciaire, accompagnée des pharmaciens inspecteurs, a réussi ce mardi 16 juillet 2024, à faire une descente au siège de l'Association des diabétiques de Marrakech et à saisir d'importantes quantités de médicaments et de produits de santé», a déclaré la CSPM dans un communiqué du 17 juillet 2024.

 

Selon le même communiqué, la liste des articles saisis comprenait des dispositifs médicaux stériles et non stériles, des réactifs utilisés pour le diagnostic, ainsi que des quantités importantes de médicaments thermolabiles nécessitant une conservation entre 2 et 8°C, comme l'insuline. Une partie de ces médicaments provenait de l'étranger et ne disposant pas d'une Autorisation de mise sur le marché du ministère de la Santé et de la Protection sociale. De plus, une grande partie de ces médicaments sont périmés.

 

La CSPM indique également dans sa déclaration que l'association en question a exercé illégalement, durant de nombreuses années, la profession de pharmacien, ignorant les lois régissant ce domaine, notamment la loi 17-04 relative au Code des médicaments et de la pharmacie. Ladite association stockait et commercialisait des médicaments et des produits de santé et commettait de nombreuses infractions, notamment le remplissage illégal de dossiers de remboursement de maladie en utilisant le cachet des pharmacies, trompant ainsi les caisses d'assurance, en particulier la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

 

Cette opération fait suite à une plainte déposée par la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc et le Syndicat des pharmaciens unis de Marrakech (SPUM) auprès du ministre de la Santé et de la Protection sociale. Elle s'inscrit dans le cadre de la vigilance continue de la Confédération afin de traquer tous les dépassements pouvant nuire aux pharmaciens, à la profession pharmaceutique et aux malades.

 

Dans sa déclaration, la CSPM remercie le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Khalid Ait Taleb, pour sa fructueuse coopération, ainsi que les inspecteurs de la Direction des médicaments et de la pharmacie pour leurs efforts. La CSPM a conclu sa déclaration en exhortant tous les intervenants à conjuguer leurs efforts pour garantir le respect du circuit de distribution des médicaments et des produits de santé. Dans le cas contraire, ces dépassements pourraient nuire gravement aux usagers des produits de santé.

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Vaccination

Les niveaux de vaccination infantile dans le monde deviennent inquiétants Abderrahim DERRAJI - 16 juillet 2024 19:21
Les niveaux de vaccination infantile dans le monde deviennent inquiétants

Selon des données de l'OMS et de l'UNICEF, la couverture vaccinale infantile mondiale en 2023 a stagné, privant 2,7 millions d'enfants supplémentaires de vaccins essentiels par rapport à 2019. Le pourcentage d'enfants ayant reçu trois doses de vaccin DTC (Diphtérie, tétanos, coqueluche) est resté à 84%, tandis que le nombre d'enfants n'ayant reçu aucune dose a augmenté à 14,5 millions. Plus de la moitié des enfants non vaccinés vivent dans des pays en situation de fragilité, de conflit ou de vulnérabilité. Environ 6,5 millions d'enfants n'ont pas reçu la troisième dose du vaccin DTC.
 

Les taux de vaccination contre la rougeole sont également préoccupants, avec 35 millions d'enfants non ou partiellement protégés. En 2023, seuls 83% des enfants ont reçu la première dose de vaccin contre la rougeole, et 74% ont reçu la deuxième dose, bien en dessous des 95% nécessaires pour prévenir les épidémies. Au cours des cinq dernières années, 103 pays ont été touchés par des épidémies de rougeole en raison de faibles taux de vaccination.
 

Cependant, des progrès ont été réalisés dans la couverture du vaccin anti-HPV, avec une augmentation de 20% à 27% des adolescentes ayant reçu au moins une dose en 2023. Cette hausse est due à l'introduction du vaccin dans les pays soutenus par Gavi, comme le Bangladesh, l'Indonésie et le Nigéria. Malgré cela, la couverture vaccinale anti-HPV reste bien en deçà de l'objectif de 90% nécessaire pour éliminer le cancer du col de l'utérus. Un sondage UNICEF a révélé que 75% des jeunes ignorent l'existence du HPV, soulignant la nécessité d'améliorer l'accès au vaccin et à la sensibilisation.
 

Pour atteindre les objectifs de couverture vaccinale de 90% et réduire à moins de 6,5 millions d'enfants «zéro dose» d'ici 2030, le Conseil de partenariat du Programme pour la vaccination exhorte les pays à investir dans l'innovation et à intensifier la collaboration. Il recommande également de renforcer le leadership national pour améliorer la vaccination de routine, soutenir les programmes de soins de santé primaires intégrés avec un soutien politique fort, le leadership communautaire et un financement durable.

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SYNAPSE LABS - BIOÉQUIVALENCE

L’ANSM procède à des suspensions d'AMM de certains médicaments dont les études de bioéquivalence ont été réalisées par la société indienne Synapse Labs. Abderrahim DERRAJI - 14 juillet 2024 09:52
L’ANSM procède à des suspensions d'AMM de certains médicaments dont les études de bioéquivalence ont été réalisées par la société indienne Synapse Labs.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM - France) prend des mesures concernant certains médicaments dont les études de bioéquivalence ont été réalisées par la société indienne Synapse Labs.

En application des dispositions du Code de la santé publique et conformément à la décision de la Commission européenne du 24 mai 2024, l'ANSM suspend les AMM de 7 médicaments en France à compter du 3 juillet 2024. Sept médicaments sont concernés par cette mesure  : Olanzapine Arrow 5 mg comprimé, Olanzapine Arrow 7.5 mg comprimé, Olanzapine Arrow 10 mg comprimé, Nevirapine Arrow LP 400 mg, comprimé à libération prolongée, Metformine Almus 500 mg, comprimé pelliculé et Tramadol Almus 50 mg, gélule.

L’ANSM procède à un rappel des lots présents dans les pharmacies à compter du 3 juillet 2024.

Cependant, l'ANSM indique n'y  qu’il n’ y a pas de risque identifié de ruptures de stock et que plusieurs médicaments comparables peuvent être utilisés comme alternative.

Compte tenu de leur importance pour la continuité des soins des patients et l’absence d’alternatives thérapeutiques , l'ANSM accorde un report de suspension d'AMM de 24 mois pour 41  autres médicaments en attendant de nouvelles études de bioéquivalence   (lien).
 

Par ailleurs, l'évaluation des nouvelles études de bioéquivalence a permis à l'ANSM de ne pas suspendre les AMM de 22 autres médicaments (Lien). 

Source : ANSM

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Agence marocaine du médicament et des produits de santé

Approbation d'un projet de décret portant création de l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé Abderrahim DERRAJI - 14 juillet 2024 09:11
Approbation d'un projet de décret portant création de l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé

Le Conseil de gouvernement a approuvé, jeudi dernier à Rabat, le projet de décret n° 2.23.1055 portant application des dispositions de la loi n° 10.22 relative à la création de l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé.
 

Le ministre chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustafa Baitas, a déclaré lors d'un point de presse tenu à l'issue du Conseil de gouvernement que ce projet de décret présenté par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Khalid Ait Taleb, vise à confier la tutelle de l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé à l'autorité gouvernementale chargée de la santé.
 

Ce projet de décret, s'inscrit également dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Directives Royales visant la refonte du système national de santé et la concrétisation des dispositions de la loi n° 10.22 précitée, a ajouté le ministre.

Le projet de décret définit les missions de l'Agence, notamment la réglementation, l'autorisation de mise sur le marché, le contrôle de la qualité, la surveillance des effets indésirables et la communication sur les risques liés aux médicaments et aux produits de santé.
 

L'Agence sera également chargée de la promotion de la recherche et du développement dans le domaine du médicament et des produits de santé.
 

La création de l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé est une étape importante dans la mise en place d'un système national de santé performant et répondant aux besoins des citoyens marocains.
 

Elle permettra de renforcer la sécurité et la qualité des médicaments et des produits de santé sur le marché marocain.

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LEMM

Sanaa Sayaghe élue présidente du LEMM Abderrahim DERRAJI - 12 juillet 2024 11:59
Sanaa Sayaghe élue présidente du LEMM

L'Assemblée Générale Ordinaire (AGO) annuelle de l’association professionnelle LEMM (Les Entreprises du Médicament au Maroc) s'est tenue le jeudi 27 juin 2024 à Casablanca.

Le nouveau bureau exécutif élu est composé à la fois de nouveaux membres et d'anciens membres reconduits.

Sanaa Sayagh, représentante du Laboratoire Roche, a été élue présidente du LEMM.

Les autres membres du bureau exécutif nouvellement élu sont:

Vice-Présidents : AstraZeneca, représenté par Amine SEKHRI, Bayer, représenté par Anas ZIATI et Merck Sharp & Dohme (MSD)  représenté par El Mehdi Rakhi

Secrétaire Général : Sanofi, représenté par Adrien Delamare-Deboutville

Trésorier : Janssen, représenté par Mehdi Seqat

Fadela BENJELLOUN a été reconduite en tant que Directrice exécutive du LEMM.

Selons le communiqué du LEMM, ses membres représentent environ 60% du chiffre d'affaires du secteur pharmaceutique au Maroc. Ils fabriquent localement 78% des produits pharmaceutiques qu'ils commercialisent et les laboratoires membres du LEMM exportent également des médicaments et des produits de santé marocains vers l'Europe, l'Asie et l'Afrique.

L'AGO a également été l'occasion de discuter des défis auxquels le secteur pharmaceutique marocain est confronté, tels que la concurrence des génériques et la pression sur les prix.Les membres de LEMM ont réaffirmé leur engagement à travailler avec les autorités marocaines pour relever ces défis et faire du Maroc un leader régional dans le domaine de la santé.

 

«Je suis honorée et fière de la confiance témoignée par les membres de l’association à mon égard. Tous ensemble, nous continuerons à soutenir les grands projets structurants pour l’intérêt du pays et du patient/citoyen en renforçant notre engagement envers le développement sain et durable du secteur de la santé au Maroc. Le nouveau Bureau s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur, que nous remercions vivement pour toutes les réalisations enregistrées, pour promouvoir une médecine moderne accessible équitablement à tous, » affirme Sanaa Sayagh, la présidente nouvellement élue.

 

 

 

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Autres articles

France : La prolifération des opioïdes de synthèse Inquiète les autorités sanitaires

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) lance une nouvelle alerte concernant la propagation rapide des opioïdes de synthèse, particulièrement les nitazènes, qui sont désormais inscrites sur la liste des stupéfiants. Ces opioïdes constituent un défi croissant pour la santé publique.   Les opioïdes de synthèse se répandent à une vitesse alarmante, échappant souvent aux contrôles habituels. Leur présence accrue sur le marché illégal a conduit à une augmentation des cas de dépendance et d'overdose. Les autorités de santé soulignent que cette nouvelle classe d'opioïdes est encore plus nocive que les précédentes.   Face à cette menace, les autorités ont pris des mesures drastiques en inscrivant ces nouvelles substances sur la liste des stupéfiants. Cette classification vise à renforcer la surveillance et à intensifier les contrôles, tant au niveau des points de vente que des circuits de distribution.   Les nouveaux opioïdes de synthèse présentent des risques élevés de dépendance et de surdosage, avec des conséquences potentiellement fatales. Les experts en santé publique s'inquiètent de l'impact de cette propagation sur la société, notamment en ce qui concerne la surcharge des services d'urgence et les coûts de traitement pour les personnes affectées.   Les autorités sanitaires appellent à une vigilance accrue de la part des professionnels de santé et du grand public. Les médecins et les pharmaciens doivent être particulièrement attentifs aux prescriptions d'opioïdes et sensibiliser leurs patients aux dangers de ces substances.   La montée en puissance de ces opioïdes de synthèse nécessite une réponse rapide et coordonnée pour protéger la santé publique. Les autorités sanitaires ne peuvent faire l’économie d’une surveillance accrue et de mettre en œuvre les mesures appropriées pour faire face à cette menace grandissante.

Abderrahim DERRAJI - 09 juillet 2024 12:22
Pas d’ordonnance, pas de cyproheptadine !

Dans un point d’information(1) du 26 juin 2024, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM – France) a annoncé qu’à compter du 10 juillet 2024, la délivrance des médicaments à base de cyproheptadine nécessitera une ordonnance. Cette décision est justifiée par le détournement de cette molécule, utilisée pour la prise de poids à des fins esthétiques.   La cyproheptadine, commercialisée sous le nom de «Periactine 4 mg», est un antihistaminique de première génération mis sur le marché français depuis les années 1960 par le laboratoire Teofarma. Elle est indiquée pour les adultes et pour les enfants de plus de 6 ans dans le traitement des symptômes allergiques tels que la rhinite, la conjonctivite ou encore l’urticaire.   Jusqu’en 1994, cet antihistaminique était également utilisé en France pour stimuler l’appétit chez les patients souffrant d’une diminution de l’appétit accompagnée d’une perte de poids. Cette indication a été retirée en raison d’une évaluation insuffisante de la balance bénéfices/risques.   Avant toute utilisation de la cyproheptadine, il est crucial d’évaluer la balance bénéfices/risques en tenant compte de l’existence d’autres alternatives thérapeutiques et des effets indésirables potentiels, tels que la somnolence, la baisse de la vigilance, la rétention d'urine, la constipation, les palpitations cardiaques ou la mydriase.   En classant la cyproheptadine en Liste I, l’ANSM a pris en compte la recommandation(2) de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT), qui avait demandé l’année dernière la réévaluation de la balance bénéfices/risques de cette molécule en vue de retirer son autorisation de mise sur le marché ou, au minimum, de l’inscrire sur une liste de médicaments à prescription obligatoire. Cette décision vise à mettre fin au mésusage promu par certaines influenceuses vantant les mérites d’une silhouette en sablier sans se soucier des risques associés.   Au Maroc, une circulaire du ministère de la Santé en 2004 avait rappelé aux professionnels de santé que l’indication de la cyproheptadine devait être limitée aux seuls cas d’allergie. Cependant, cette mesure n’a pas eu l’effet escompté. La Periactine® et ses génériques continuent à être largement utilisés comme orexigènes. Comme indiqué dans le numéro 685 de «Pharmanews», 13,8 millions de boîtes de cyproheptadine, seule ou associée, ont été vendues en 2022, représentant un chiffre d’affaires d’environ 248,5 millions de dirhams. Ce chiffre ne prend pas en considération les compléments alimentaires utilisés à des fins similaires.   Huit médicaments à base de cyproheptadine et dix-neuf présentations(3) sont commercialisés au Maroc. Le mésusage de cette molécule remonte à bien avant l’apparition des réseaux sociaux. On espère que la balance bénéfices/risques sera réévaluée par de véritables experts pour prendre la décision la plus appropriée et éviter les abus actuels de la cyproheptadine.   Sources : (1) Point d’information de l’ANSM : Lien (2) Communiqué de la SFPT : Lien (3) Spécialité à base de cyproheptadine commercialisé au Maroc : Lien  

Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:39
Les effets neuropsychiatriques du montélukast inquiètent

L’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé du Royaume-Uni (MHRA) a annoncé un réexamen des risques neuropsychiatriques associés à l’utilisation du montélukast, un médicament contre l’asthme, après avoir identifié de nouvelles préoccupations. Cette réévaluation porte sur de nouvelles données concernant ces risques, la méconnaissance des effets secondaires par les patients, les aidants et les cliniciens, ainsi que la nécessité éventuelle de mesures réglementaires supplémentaires.   Le montélukast, vendu sous le nom de Singulair®, avait déjà fait l’objet d’une alerte de pharmacovigilance en 2019. La MHRA avait alors averti les prescripteurs d’être attentifs aux réactions neuropsychiatriques et de bien peser les bénéfices et les risques de poursuivre le traitement en cas de survenue de ces réactions. Cette alerte faisait suite à un examen de l’Agence européenne des médicaments, qui avait noté des cas de reconnaissance tardive de ces réactions comme des effets indésirables possibles du médicament.   En 2020, l'ANSM a également rappelé aux professionnels de santé ce risque. Une étude de l'Université d'Oxford en 2022 a montré une augmentation de 11% du risque de diagnostics neuropsychiatriques incidents sous montélukast, avec des symptômes disparaissant parfois à l'arrêt du traitement, mais réapparaissant à la reprise du médicament.   Les familles de patients se sont plaintes de ne pas avoir été correctement informées des risques, certains enfants ayant subi des effets secondaires graves tels que des terreurs nocturnes, des dépressions, et dans de rares cas, des hallucinations ou un comportement suicidaire.  Aux États-Unis, la FDA a exigé depuis 2020 un avertissement de sécurité sous forme d’un encadré noir sur les effets graves sur la santé mentale, y compris les pensées et actes suicidaires. Un groupe d’action au Royaume-Uni, représentant près de 3.500 familles, a fait campagne pour des avertissements plus visibles et un soutien aux personnes affectées. Ce groupe inclut des parents dont le fils s’est suicidé à 14 ans alors qu’il prenait ce médicament, et qui demandent la réouverture de l’enquête. D’autres parents ont rapporté des comportements dangereux et autodestructeurs chez les personnes sous montélukast.   Alison Cave, responsable en chef de la sécurité à la MHRA, a souligné l’importance de l’écoute des patients et de leurs expériences dans les évaluations et décisions de l’agence. Elle a encouragé les signalements de réactions indésirables via le Programme de carte jaune, qui a reçu un nombre record de 143 rapports d’affections psychiatriques associées au médicament en 2023. Depuis 1998, le programme a recensé 3.274 rapports de réactions indésirables, dont 1.876 graves, avec 25 décès.     Anna Murphy, pharmacienne consultante en santé respiratoire, a conseillé d’administrer le montélukast en essai de 4 à 6 semaines et de ne le poursuivre que si les bénéfices l’emportent sur les risques. Elle a noté que certains phénotypes d’asthme semblaient particulièrement sensibles au médicament. L’alerte de 2019 recommandait également de surveiller les nouveaux symptômes neuropsychiatriques comme les troubles de l’élocution et les symptômes obsessionnels compulsifs. Une demande de liberté d’information en 2022 a révélé que le montélukast était la deuxième cause médicamenteuse la plus fréquemment signalée de troubles obsessionnels-compulsifs.

Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:33
Les étudiants en médecine boycottent massivement les examens

La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et en pharmacie (CNEMEP) a récemment annoncé un taux d’absentéisme record lors des examens du second semestre de l’année universitaire en cours. Selon cette commission, 94% des étudiants en médecine ont boycotté les épreuves qui ont démarré le mercredi 26 juin, en réponse à un appel au boycott lancé par la CNEMEP.   Un sondage effectué à l’échelle nationale par cette commission avait révélé que plus de 90% des étudiants soutenaient l’initiative de boycotter les examens. Cet appel faisait suite aux résultats des assemblées générales et du vote national, où une large majorité d’étudiants avaient exprimé leur volonté de poursuivre le boycott. Cette décision collective visait à protester contre les décisions jugées arbitraires du gouvernement, qui n’avaient pas été annulées, et contre les tentatives de chantage envers les étudiants.   Dans un communiqué, la CNEMEP a précisé que la récente proposition du gouvernement ne répondait pas aux attentes des étudiants. La commission a dénoncé le maintien injustifié des dates d’examen décidées unilatéralement, malgré l’absence de conditions pédagogiques adéquates pour la tenue des épreuves. Elle a également salué l’engagement des étudiants et leur «esprit militant», qualifiant la première journée du boycott de succès.   Ce mouvement de boycott massif a été observé dans toutes les facultés de médecine et de pharmacie publiques du Maroc. Cette session d’examen était la quatrième programmée cette année universitaire, et toutes ont été boycottées par les étudiants. En signe de leur engagement, de nombreux étudiants grévistes se sont rendus dans les centres de transfusion sanguine à travers le pays pour donner leur sang. Ils ont également participé à des campagnes de nettoyage des plages et des jardins publics, montrant ainsi leur volonté de contribuer positivement à la société malgré le boycott.   La commission a également exprimé sa gratitude envers les familles des étudiants pour leur soutien moral et matériel. Les parents ont joué un rôle crucial dans la mobilisation, en soutenant les actions de leurs enfants et en participant activement aux initiatives de protestation. En parallèle, les étudiants ont lancé un appel au gouvernement pour qu’il cesse les pratiques restrictives et assume sa responsabilité politique dans la gestion de la crise. Ils ont averti que la persistance du gouvernement dans son obstination pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’année universitaire en cours. La CNEMEP a exhorté le gouvernement à répondre positivement aux demandes des étudiants et à résoudre rapidement la crise par un dialogue sérieux et responsable, afin d’éviter le scénario redouté d’une année blanche.   De son côté, le gouvernement a rejeté la responsabilité de la situation sur les étudiants. Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rappelé aux étudiants leur responsabilité envers la société. Lors d’une intervention au «Café Citoyen», M. Akhannouch a souligné que la réforme de l’enseignement avançait et a rappelé la «responsabilité citoyenne des étudiants en médecine». Il a insisté sur le fait que le pays avait besoin de futurs médecins, soulignant que ces étudiants seraient demain les médecins de la nation.   En conclusion, le boycott des examens par les étudiants en médecine au Maroc, soutenu par une majorité écrasante, reflète une crise profonde entre les étudiants et le gouvernement. La situation exige une réponse rapide et appropriée pour éviter de compromettre l’année universitaire et l’avenir de milliers d’étudiants. Le dialogue reste la voie privilégiée pour trouver une solution durable à cette impasse.

Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:31
L'UE autorise le premier vaccin contre le chikungunya

La Commission européenne a approuvé, vendredi dernier, le premier vaccin contre le chikungunya, une maladie virale transmise principalement par le moustique tigre, dont la propagation pourrait être amplifiée par le dérèglement climatique.   L'Agence européenne des médicaments (EMA) avait déjà donné son aval fin mai, suite à un avertissement du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ce dernier avait signalé la présence dans plusieurs pays de l’Union européenne (UE) de moustiques capables de transmettre le chikungunya, ainsi que d'autres maladies telles que le virus Zika, la dengue et la fièvre jaune.   Développé par le laboratoire Valneva Autriche, le vaccin, nommé Ixchiq, est administré en une seule dose. Ce vaccin, réservé aux adultes de plus de 18 ans, entraîne la production d'anticorps neutralisants 28 jours après son administration, offrant une protection de six mois.   «Bien que le chikungunya ne soit pas endémique dans l'UE, les effets du changement climatique ont entraîné une présence accrue des moustiques transmettant des maladies graves en Europe», a déclaré la Commission dans un communiqué. Tous les États membres de l'UE ont approuvé ce nouveau vaccin après l'évaluation de l'EMA. En parallèle, la Commission européenne a annoncé un financement de 500.000 euros pour un projet de stérilisation d'une espèce spécifique de moustiques à Chypre, seul pays de l'UE où cette espèce est présente. Le chikungunya se propage principalement dans les régions tropicales et subtropicales. Les symptômes de l'infection sont similaires à ceux de la dengue et du virus Zika, provoquant une forte fièvre et des douleurs articulaires souvent invalidantes. Le nom «chikungunya» signifie «maladie de l'homme courbé» en kimakonde, une langue parlée en Tanzanie et au Mozambique, en référence aux douleurs articulaires sévères ressenties par les patients. Actuellement, il n'existe pas de traitement spécifique contre le chikungunya, rendant la prévention par la vaccination essentielle. Le développement et la mise sur le marché d'Ixchiq représentent une avancée majeure dans la lutte contre cette maladie.   La Commission européenne espère que ce vaccin contribuera à réduire l'impact du chikungunya en Europe, particulièrement dans un contexte de changement climatique qui favorise la propagation des moustiques vecteurs de maladies. Le projet de stérilisation des moustiques à Chypre vise également à réduire les populations de moustiques et à prévenir la transmission de maladies graves. La coopération entre les agences de santé, les gouvernements et les laboratoires pharmaceutiques est cruciale pour le développement et la mise en œuvre de solutions efficaces. La Commission européenne continuera de soutenir des initiatives similaires pour protéger la santé publique en Europe face aux menaces posées par les maladies transmises par les moustiques. En conclusion, l'autorisation du vaccin Ixchiq par la Commission européenne marque une étape importante dans la lutte contre le chikungunya. Les efforts conjoints des autorités sanitaires et des scientifiques permettront de mieux protéger la population européenne contre cette maladie émergente.

Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:26
Le Groupe Laprophan Acquiert Botanic Pharma

Le Groupe Laprophan a annoncé l'acquisition de Botanic Pharma, une entreprise spécialisée dans les compléments alimentaires naturels. Cette acquisition marque une nouvelle étape significative dans la stratégie de croissance de Laprophan. En intégrant Botanic Pharma, le Groupe Laprophan renforce sa position dans le secteur de la santé. Cette expansion permet également au Groupe d'élargir son portefeuille de produits sur les marchés européens et africains, augmentant ainsi sa capacité à exporter des produits de santé innovants et de haute qualité. L'acquisition de Botanic Pharma soutient également l'ambition de Laprophan de devenir un acteur majeur dans le domaine des compléments alimentaires, un secteur en pleine expansion mondiale. Le Groupe est déterminé à capitaliser sur cette croissance pour offrir de nouvelles solutions de santé naturelles et efficaces. Par ailleurs, Botanic Pharma a obtenu toutes les certifications nécessaires pour le développement de produits à base de cannabis au Maroc. Cette acquisition permet à Botanic Pharma d'accueillir les efforts de recherche et développement ainsi que les lignes de produits de Laprophan pour les compléments alimentaires à base de cannabis, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques. Reda Bennis, Vice-Président du Groupe Laprophan, a exprimé sa satisfaction quant à cette acquisition : «Nous sommes ravis à l'idée d'accueillir Botanic Pharma au sein du Groupe Laprophan. Cette acquisition renforce notre capacité à innover et à fournir des solutions de santé de pointe. Elle s'inscrit parfaitement dans notre mission d'améliorer la qualité de vie à travers des compléments alimentaires naturels de haute qualité.» Amine Tahiri Hassani, Pharmacien Fondateur de Botanic Pharma, a ajouté : «Rejoindre le Groupe Laprophan, pionnier de la R&D au Maroc, nous offre une formidable opportunité d'accélérer notre développement et d'innover encore davantage. Ensemble, nous allons créer une valeur ajoutée significative pour nos patients et nos partenaires. » Cette acquisition stratégique permet à Laprophan de renforcer sa position sur les marchés clés et d'accroître son potentiel d'innovation. Le Groupe envisage de tirer parti de l'expertise de Botanic Pharma en matière de compléments alimentaires naturels pour diversifier et enrichir son offre de produits. De plus, les efforts combinés des deux entreprises dans le domaine des produits à base de cannabis pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques, répondant ainsi à une demande croissante pour des solutions de santé naturelles et efficaces. L'acquisition de Botanic Pharma par le Groupe Laprophan représente une avancée significative dans la stratégie de croissance du Groupe. En renforçant sa présence sur les marchés européens et africains et en élargissant son portefeuille de produits, Laprophan se positionne comme un leader dans le secteur des compléments alimentaires naturels. Cette opération témoigne de l'engagement du Groupe à améliorer la qualité de vie de ses consommateurs grâce à des produits de santé innovants et de haute qualité.

Abderrahim DERRAJI - 26 juin 2024 10:46
Bronchiolite à VRS : la HAS recommande de vacciner les femmes enceintes

La Haute Autorité de Santé (HAS-France) a récemment émis de nouvelles recommandations concernant la vaccination des femmes enceintes contre les infections à virus respiratoire syncytial (VRS), en utilisant le vaccin Abrysvo®, qui a reçu une autorisation de mise sur le marché européenne en août dernier. L'objectif principal de cette vaccination est d'assurer une immunisation passive des nourrissons, de la naissance jusqu'à l'âge de six mois, en administrant le vaccin à la mère au huitième mois de grossesse. Selon les estimations de l'étude MATISSE, la vaccination avec Abrysvo® permettrait :   - Une réduction significative des infections respiratoires sévères liées au VRS : 81,8 % à 3 mois et 69,4 % à 6 mois. - Une réduction des hospitalisations : 67,7 % à 3 mois et 56,8 % à 6 mois.   En ce qui concerne la tolérance du vaccin, aucune augmentation d'événements indésirables graves n'a été rapportée ni chez la mère, ni chez le nouveau-né. Cependant, la HAS insiste sur l'importance de renforcer la pharmacovigilance, notamment pour évaluer un éventuel risque de naissances prématurées, bien que ce risque n'ait pas été significatif pour ce vaccin. Par précaution, la HAS recommande d'administrer ce vaccin au huitième mois de grossesse, entre les 32e et 36e semaines d'aménorrhée.   La dernière saison hivernale a vu l'introduction de Beyfortus®, un anticorps monoclonal anti-VRS administré aux nouveau-nés et nourrissons exposés pour la première fois à ce virus. Synagis® peut également être indiqué dans certains cas. Dès septembre, les parents pourraient devoir choisir entre Abrysvo® et Beyfortus® pour protéger leur nourrisson contre les infections à VRS. La HAS met à disposition un tableau récapitulatif des avantages et inconvénients de ces deux stratégies pour aider les professionnels de santé à informer les parents.   La HAS recommande de privilégier Beyfortus® dans trois situations :   - Lorsque la vaccination ne sera probablement pas efficace, par exemple en cas de risque de naissance prématurée ou en cas d'intervalle de moins de 14 jours entre la vaccination et la naissance prévue. - En cas de nouvelle grossesse chez une mère précédemment vaccinée, car il n'existe pas de données sur la sécurité et l'efficacité d'une dose additionnelle d'Abrysvo®. - Chez les femmes immunodéprimées, en l'absence de données sur l'efficacité et l'immunogénicité du vaccin dans cette population. L'épidémie de bronchiolite à VRS étant saisonnière (généralement de mi-novembre à fin janvier en France hexagonale), et sachant que le vaccin Abrysvo® offre une protection pendant les six premiers mois après l'accouchement, la HAS recommande de coordonner la campagne de vaccination des mères et celle de l'immunisation des nouveau-nés et nourrissons de septembre à janvier. La HAS préconise également de rendre les deux traitements accessibles dans les maternités pour optimiser l'acceptation par les professionnels de santé et les parents. En conclusion, la HAS insiste sur l'importance de cette vaccination pour protéger les nourrissons contre les infections à VRS, tout en assurant une surveillance continue pour garantir la sécurité des mères et des enfants. La collaboration entre les professionnels de santé et les parents est essentielle pour une mise en œuvre efficace de ces recommandations.

Abderrahim DERRAJI - 26 juin 2024 10:26
Élections ordinales : Du quadriennat au décennat !

Comme nous l’avons rappelé dans de nombreux éditoriaux de «PharmaNews», le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Aït Taleb, avait adressé, le 29 mars 2021, une correspondance au président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens ainsi qu'aux présidents des deux Conseils régionaux des pharmaciens d’officine, leur demandant de se conformer à la loi et d’organiser les élections avant fin juin 2021. Trois ans après cette date, rien n’a changé : les Conseils n’ont toujours pas organisé d’élections et, à part quelques indignations sur les réseaux sociaux, c’est le calme plat !   Sans instances ordinales, la profession pharmaceutique ne peut accompagner la refonte ambitieuse du système de santé entreprise au Royaume, sachant que les représentants légitimes des pharmaciens doivent normalement être consultés et donner leur avis sur toutes les décisions qui concernent la profession.   Malheureusement, les pharmaciens continuent à encaisser les coups en silence, ce qui ne semble guère déranger les membres des bureaux des Conseils régionaux des pharmaciens d’officine dont les mandats sont échus depuis le 30 août 2019. Quant aux affaires courantes comme les autorisations, elles continuent à être traitées dans les temps comme si de rien n’était !   Tous les prétextes ont été bons pour retarder l’organisation des élections. Au début, la Covid-19 et le confinement avaient servi d’alibi pour reporter les élections ordinales et depuis quelques années, on invoque la Loi 98-18 dont le déploiement nécessite un temps incompressible. Autrement dit, on n’est toujours pas sorti de l’auberge ! On se demande jusqu’à quand la profession restera sans Conseils. La dérégulation a atteint son paroxysme. Les pharmaciens sont quasiment livrés à eux-mêmes.   Selon l’article 2 du Dahir de 1976, le Conseil est censé veiller au respect, par tous ses membres, des lois et règlements qui régissent la profession, ainsi que des devoirs professionnels et des règles édictées par le Code de déontologie. Il est aussi chargé de sauvegarder les traditions d'honneur et de probité de la profession et de formuler son avis sur les projets de lois et règlements relatifs à la pharmacie et à la profession pharmaceutique, etc. Mais apparemment, la loi s’efface quand les intérêts font surface !

Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 12:02
Les rivières de plus en plus polluées par les médicaments

La présence de médicaments tels que les contraceptifs, les antidépresseurs, les antibiotiques et bien d'autres dans les rivières a des conséquences graves et alarmantes sur les écosystèmes. Des études ont montré que de nombreux poissons subissent des transformations biologiques préoccupantes, comme une féminisation des organes reproducteurs et une diminution des réactions de fuite face aux prédateurs, dues à l'exposition à ces substances chimiques dans l'eau. Face à ce constat, une équipe internationale de chercheurs souligne l'urgence de développer des solutions alternatives plus écologiques pour prévenir ces effets néfastes.   Les concentrations de médicaments retrouvées dans les rivières sont à un niveau préoccupant. Une étude menée en 2021 a révélé que 43% des échantillons d'eau prélevés dans plus de 1.000 rivières à travers le monde contenaient au moins un médicament à des concentrations nocives pour l'environnement. Parmi les médicaments les plus fréquemment détectés, on retrouve la carbamazépine, la metformine et la caféine.   L'absence de traitement adéquat des eaux usées constitue un problème majeur. En effet, les stations d'épuration ne sont souvent pas équipées pour éliminer efficacement les médicaments, et une grande partie des eaux usées produites dans le monde est rejetée dans l'environnement sans traitement préalable. Pour remédier à cette situation, le Parlement européen a récemment adopté une législation contraignant les industries pharmaceutiques et cosmétiques à financer la modernisation des stations d'épuration afin qu'elles puissent éliminer efficacement les micropolluants.   Michael Bertram, de l'Université suédoise des sciences agricoles, préconise une transformation de l'industrie pharmaceutique vers la chimie verte. Il suggère le développement de médicaments qui se dégradent rapidement dans l'environnement, minimisant ainsi leur impact néfaste. Cette approche s'inspire du succès des produits «sans OGM» ou «sans pesticides» déjà disponibles sur le marché.   Valérie Langlois, de l'Institut national de la recherche scientifique, souligne que la situation s'aggrave et que des solutions comme la chimie verte prennent du temps à se mettre en place. Elle propose également de réduire la prescription de médicaments en s'attaquant aux causes profondes de certaines conditions, comme l'anxiété, afin de diminuer le recours aux médicaments.   Il est important de noter que la pollution des rivières ne se limite pas aux médicaments. Les microplastiques, les PFAS (substances perfluoroalkylées) et les pesticides font également partie des polluants courants, aggravant encore la situation. Une approche globale et simultanée est nécessaire pour faire face à cette crise environnementale complexe.

Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 12:00
L’EMA mène une enquête sur Nolotil®

L’Agence européenne du médicament (EMA) a récemment lancé une enquête sur les effets du Nolotil®, un analgésique très populaire en Espagne, mais interdit en France. Le Nolotil®, qui contient du métamizole, est utilisé pour traiter la fièvre et soulager les maux de tête. En 2022, 27,8 millions d’unités de Nolotil ont été vendues en Espagne, surpassant largement les ventes de paracétamol.   Le métamizole, également connu sous le nom de dipyrone, est utilisé en Europe depuis les années 1920, mais il présente des effets secondaires potentiellement graves. L’effet secondaire le plus préoccupant est l’agranulocytose, une chute soudaine des globules blancs, augmentant le risque d’infections graves.   L’alerte a été déclenchée par la Finlande, où l’unique société pharmaceutique distribuant du métamizole a demandé le retrait de son autorisation de mise sur le marché (AMM) pour des raisons de sécurité. Cette enquête de l’EMA vise à déterminer si le Nolotil® devrait être autorisé ou interdit dans l’ensemble des pays européens. Actuellement, le Nolotil® est interdit aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande et en France. Cependant, il reste autorisé dans plusieurs pays de l’Union européenne (UE) pour le traitement de la douleur post-opératoire, des blessures ou de la fièvre liée au cancer. En Belgique et au Royaume-Uni, les autorités sanitaires déconseillent aux voyageurs se rendant en Espagne de consommer du Nolotil®. Cette situation met en évidence les divergences de régulation des médicaments au sein de l’UE et les préoccupations croissantes concernant la sécurité des patients face à des médicaments largement utilisés, mais potentiellement dangereux. La Commission européenne, à travers les résultats de cette enquête, devra décider de l’avenir du Nolotil® sur le marché européen. L'issue de cette enquête pourrait également influencer la politique de santé publique et la gestion des médicaments au sein de l'Union européenne.

Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 11:58