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LEMM

Sanaa Sayaghe élue présidente du LEMM Abderrahim DERRAJI - 12 juillet 2024 11:59
Sanaa Sayaghe élue présidente du LEMM

L'Assemblée Générale Ordinaire (AGO) annuelle de l’association professionnelle LEMM (Les Entreprises du Médicament au Maroc) s'est tenue le jeudi 27 juin 2024 à Casablanca.

Le nouveau bureau exécutif élu est composé à la fois de nouveaux membres et d'anciens membres reconduits.

Sanaa Sayagh, représentante du Laboratoire Roche, a été élue présidente du LEMM.

Les autres membres du bureau exécutif nouvellement élu sont:

Vice-Présidents : AstraZeneca, représenté par Amine SEKHRI, Bayer, représenté par Anas ZIATI et Merck Sharp & Dohme (MSD)  représenté par El Mehdi Rakhi

Secrétaire Général : Sanofi, représenté par Adrien Delamare-Deboutville

Trésorier : Janssen, représenté par Mehdi Seqat

Fadela BENJELLOUN a été reconduite en tant que Directrice exécutive du LEMM.

Selons le communiqué du LEMM, ses membres représentent environ 60% du chiffre d'affaires du secteur pharmaceutique au Maroc. Ils fabriquent localement 78% des produits pharmaceutiques qu'ils commercialisent et les laboratoires membres du LEMM exportent également des médicaments et des produits de santé marocains vers l'Europe, l'Asie et l'Afrique.

L'AGO a également été l'occasion de discuter des défis auxquels le secteur pharmaceutique marocain est confronté, tels que la concurrence des génériques et la pression sur les prix.Les membres de LEMM ont réaffirmé leur engagement à travailler avec les autorités marocaines pour relever ces défis et faire du Maroc un leader régional dans le domaine de la santé.

 

«Je suis honorée et fière de la confiance témoignée par les membres de l’association à mon égard. Tous ensemble, nous continuerons à soutenir les grands projets structurants pour l’intérêt du pays et du patient/citoyen en renforçant notre engagement envers le développement sain et durable du secteur de la santé au Maroc. Le nouveau Bureau s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur, que nous remercions vivement pour toutes les réalisations enregistrées, pour promouvoir une médecine moderne accessible équitablement à tous, » affirme Sanaa Sayagh, la présidente nouvellement élue.

 

 

 

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Nitazènes

France : La prolifération des opioïdes de synthèse Inquiète les autorités sanitaires Abderrahim DERRAJI - 09 juillet 2024 12:22
France : La prolifération des opioïdes de synthèse Inquiète les autorités sanitaires

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) lance une nouvelle alerte concernant la propagation rapide des opioïdes de synthèse, particulièrement les nitazènes, qui sont désormais inscrites sur la liste des stupéfiants. Ces opioïdes constituent un défi croissant pour la santé publique.

 

Les opioïdes de synthèse se répandent à une vitesse alarmante, échappant souvent aux contrôles habituels. Leur présence accrue sur le marché illégal a conduit à une augmentation des cas de dépendance et d'overdose. Les autorités de santé soulignent que cette nouvelle classe d'opioïdes est encore plus nocive que les précédentes.

 

Face à cette menace, les autorités ont pris des mesures drastiques en inscrivant ces nouvelles substances sur la liste des stupéfiants. Cette classification vise à renforcer la surveillance et à intensifier les contrôles, tant au niveau des points de vente que des circuits de distribution.

 

Les nouveaux opioïdes de synthèse présentent des risques élevés de dépendance et de surdosage, avec des conséquences potentiellement fatales. Les experts en santé publique s'inquiètent de l'impact de cette propagation sur la société, notamment en ce qui concerne la surcharge des services d'urgence et les coûts de traitement pour les personnes affectées.

 

Les autorités sanitaires appellent à une vigilance accrue de la part des professionnels de santé et du grand public. Les médecins et les pharmaciens doivent être particulièrement attentifs aux prescriptions d'opioïdes et sensibiliser leurs patients aux dangers de ces substances.

 

La montée en puissance de ces opioïdes de synthèse nécessite une réponse rapide et coordonnée pour protéger la santé publique. Les autorités sanitaires ne peuvent faire l’économie d’une surveillance accrue et de mettre en œuvre les mesures appropriées pour faire face à cette menace grandissante.

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CYPROHEPTADINE

Pas d’ordonnance, pas de cyproheptadine ! Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:39
Pas d’ordonnance, pas de cyproheptadine !

Dans un point d’information(1) du 26 juin 2024, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM – France) a annoncé qu’à compter du 10 juillet 2024, la délivrance des médicaments à base de cyproheptadine nécessitera une ordonnance. Cette décision est justifiée par le détournement de cette molécule, utilisée pour la prise de poids à des fins esthétiques.

 

La cyproheptadine, commercialisée sous le nom de «Periactine 4 mg», est un antihistaminique de première génération mis sur le marché français depuis les années 1960 par le laboratoire Teofarma. Elle est indiquée pour les adultes et pour les enfants de plus de 6 ans dans le traitement des symptômes allergiques tels que la rhinite, la conjonctivite ou encore l’urticaire.

 

Jusqu’en 1994, cet antihistaminique était également utilisé en France pour stimuler l’appétit chez les patients souffrant d’une diminution de l’appétit accompagnée d’une perte de poids. Cette indication a été retirée en raison d’une évaluation insuffisante de la balance bénéfices/risques.

 

Avant toute utilisation de la cyproheptadine, il est crucial d’évaluer la balance bénéfices/risques en tenant compte de l’existence d’autres alternatives thérapeutiques et des effets indésirables potentiels, tels que la somnolence, la baisse de la vigilance, la rétention d'urine, la constipation, les palpitations cardiaques ou la mydriase.

 

En classant la cyproheptadine en Liste I, l’ANSM a pris en compte la recommandation(2) de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT), qui avait demandé l’année dernière la réévaluation de la balance bénéfices/risques de cette molécule en vue de retirer son autorisation de mise sur le marché ou, au minimum, de l’inscrire sur une liste de médicaments à prescription obligatoire. Cette décision vise à mettre fin au mésusage promu par certaines influenceuses vantant les mérites d’une silhouette en sablier sans se soucier des risques associés.

 

Au Maroc, une circulaire du ministère de la Santé en 2004 avait rappelé aux professionnels de santé que l’indication de la cyproheptadine devait être limitée aux seuls cas d’allergie. Cependant, cette mesure n’a pas eu l’effet escompté. La Periactine® et ses génériques continuent à être largement utilisés comme orexigènes. Comme indiqué dans le numéro 685 de «Pharmanews», 13,8 millions de boîtes de cyproheptadine, seule ou associée, ont été vendues en 2022, représentant un chiffre d’affaires d’environ 248,5 millions de dirhams. Ce chiffre ne prend pas en considération les compléments alimentaires utilisés à des fins similaires.

 

Huit médicaments à base de cyproheptadine et dix-neuf présentations(3) sont commercialisés au Maroc. Le mésusage de cette molécule remonte à bien avant l’apparition des réseaux sociaux. On espère que la balance bénéfices/risques sera réévaluée par de véritables experts pour prendre la décision la plus appropriée et éviter les abus actuels de la cyproheptadine.

 

Sources :

(1) Point d’information de l’ANSM : Lien

(2) Communiqué de la SFPT : Lien

(3) Spécialité à base de cyproheptadine commercialisé au Maroc : Lien

 

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Montélukast

Les effets neuropsychiatriques du montélukast inquiètent Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:33
Les effets neuropsychiatriques du montélukast inquiètent

L’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé du Royaume-Uni (MHRA) a annoncé un réexamen des risques neuropsychiatriques associés à l’utilisation du montélukast, un médicament contre l’asthme, après avoir identifié de nouvelles préoccupations. Cette réévaluation porte sur de nouvelles données concernant ces risques, la méconnaissance des effets secondaires par les patients, les aidants et les cliniciens, ainsi que la nécessité éventuelle de mesures réglementaires supplémentaires.
 

Le montélukast, vendu sous le nom de Singulair®, avait déjà fait l’objet d’une alerte de pharmacovigilance en 2019. La MHRA avait alors averti les prescripteurs d’être attentifs aux réactions neuropsychiatriques et de bien peser les bénéfices et les risques de poursuivre le traitement en cas de survenue de ces réactions. Cette alerte faisait suite à un examen de l’Agence européenne des médicaments, qui avait noté des cas de reconnaissance tardive de ces réactions comme des effets indésirables possibles du médicament.
 

En 2020, l'ANSM a également rappelé aux professionnels de santé ce risque. Une étude de l'Université d'Oxford en 2022 a montré une augmentation de 11% du risque de diagnostics neuropsychiatriques incidents sous montélukast, avec des symptômes disparaissant parfois à l'arrêt du traitement, mais réapparaissant à la reprise du médicament.
 

Les familles de patients se sont plaintes de ne pas avoir été correctement informées des risques, certains enfants ayant subi des effets secondaires graves tels que des terreurs nocturnes, des dépressions, et dans de rares cas, des hallucinations ou un comportement suicidaire.

 Aux États-Unis, la FDA a exigé depuis 2020 un avertissement de sécurité sous forme d’un encadré noir sur les effets graves sur la santé mentale, y compris les pensées et actes suicidaires.

Un groupe d’action au Royaume-Uni, représentant près de 3.500 familles, a fait campagne pour des avertissements plus visibles et un soutien aux personnes affectées. Ce groupe inclut des parents dont le fils s’est suicidé à 14 ans alors qu’il prenait ce médicament, et qui demandent la réouverture de l’enquête. D’autres parents ont rapporté des comportements dangereux et autodestructeurs chez les personnes sous montélukast.

 

Alison Cave, responsable en chef de la sécurité à la MHRA, a souligné l’importance de l’écoute des patients et de leurs expériences dans les évaluations et décisions de l’agence. Elle a encouragé les signalements de réactions indésirables via le Programme de carte jaune, qui a reçu un nombre record de 143 rapports d’affections psychiatriques associées au médicament en 2023. Depuis 1998, le programme a recensé 3.274 rapports de réactions indésirables, dont 1.876 graves, avec 25 décès.
 

 

Anna Murphy, pharmacienne consultante en santé respiratoire, a conseillé d’administrer le montélukast en essai de 4 à 6 semaines et de ne le poursuivre que si les bénéfices l’emportent sur les risques. Elle a noté que certains phénotypes d’asthme semblaient particulièrement sensibles au médicament. L’alerte de 2019 recommandait également de surveiller les nouveaux symptômes neuropsychiatriques comme les troubles de l’élocution et les symptômes obsessionnels compulsifs. Une demande de liberté d’information en 2022 a révélé que le montélukast était la deuxième cause médicamenteuse la plus fréquemment signalée de troubles obsessionnels-compulsifs.

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FACULTÉ DE MEDECINE ET DE PHARMACIE

Les étudiants en médecine boycottent massivement les examens Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:31
Les étudiants en médecine boycottent massivement les examens

La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et en pharmacie (CNEMEP) a récemment annoncé un taux d’absentéisme record lors des examens du second semestre de l’année universitaire en cours. Selon cette commission, 94% des étudiants en médecine ont boycotté les épreuves qui ont démarré le mercredi 26 juin, en réponse à un appel au boycott lancé par la CNEMEP.
 

Un sondage effectué à l’échelle nationale par cette commission avait révélé que plus de 90% des étudiants soutenaient l’initiative de boycotter les examens. Cet appel faisait suite aux résultats des assemblées générales et du vote national, où une large majorité d’étudiants avaient exprimé leur volonté de poursuivre le boycott. Cette décision collective visait à protester contre les décisions jugées arbitraires du gouvernement, qui n’avaient pas été annulées, et contre les tentatives de chantage envers les étudiants.
 

Dans un communiqué, la CNEMEP a précisé que la récente proposition du gouvernement ne répondait pas aux attentes des étudiants. La commission a dénoncé le maintien injustifié des dates d’examen décidées unilatéralement, malgré l’absence de conditions pédagogiques adéquates pour la tenue des épreuves. Elle a également salué l’engagement des étudiants et leur «esprit militant», qualifiant la première journée du boycott de succès.
 

Ce mouvement de boycott massif a été observé dans toutes les facultés de médecine et de pharmacie publiques du Maroc. Cette session d’examen était la quatrième programmée cette année universitaire, et toutes ont été boycottées par les étudiants. En signe de leur engagement, de nombreux étudiants grévistes se sont rendus dans les centres de transfusion sanguine à travers le pays pour donner leur sang. Ils ont également participé à des campagnes de nettoyage des plages et des jardins publics, montrant ainsi leur volonté de contribuer positivement à la société malgré le boycott.
 

La commission a également exprimé sa gratitude envers les familles des étudiants pour leur soutien moral et matériel. Les parents ont joué un rôle crucial dans la mobilisation, en soutenant les actions de leurs enfants et en participant activement aux initiatives de protestation.

En parallèle, les étudiants ont lancé un appel au gouvernement pour qu’il cesse les pratiques restrictives et assume sa responsabilité politique dans la gestion de la crise. Ils ont averti que la persistance du gouvernement dans son obstination pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’année universitaire en cours. La CNEMEP a exhorté le gouvernement à répondre positivement aux demandes des étudiants et à résoudre rapidement la crise par un dialogue sérieux et responsable, afin d’éviter le scénario redouté d’une année blanche.
 

De son côté, le gouvernement a rejeté la responsabilité de la situation sur les étudiants. Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rappelé aux étudiants leur responsabilité envers la société. Lors d’une intervention au «Café Citoyen», M. Akhannouch a souligné que la réforme de l’enseignement avançait et a rappelé la «responsabilité citoyenne des étudiants en médecine». Il a insisté sur le fait que le pays avait besoin de futurs médecins, soulignant que ces étudiants seraient demain les médecins de la nation.

 

En conclusion, le boycott des examens par les étudiants en médecine au Maroc, soutenu par une majorité écrasante, reflète une crise profonde entre les étudiants et le gouvernement. La situation exige une réponse rapide et appropriée pour éviter de compromettre l’année universitaire et l’avenir de milliers d’étudiants. Le dialogue reste la voie privilégiée pour trouver une solution durable à cette impasse.

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Autres articles

L'UE autorise le premier vaccin contre le chikungunya

La Commission européenne a approuvé, vendredi dernier, le premier vaccin contre le chikungunya, une maladie virale transmise principalement par le moustique tigre, dont la propagation pourrait être amplifiée par le dérèglement climatique.   L'Agence européenne des médicaments (EMA) avait déjà donné son aval fin mai, suite à un avertissement du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ce dernier avait signalé la présence dans plusieurs pays de l’Union européenne (UE) de moustiques capables de transmettre le chikungunya, ainsi que d'autres maladies telles que le virus Zika, la dengue et la fièvre jaune.   Développé par le laboratoire Valneva Autriche, le vaccin, nommé Ixchiq, est administré en une seule dose. Ce vaccin, réservé aux adultes de plus de 18 ans, entraîne la production d'anticorps neutralisants 28 jours après son administration, offrant une protection de six mois.   «Bien que le chikungunya ne soit pas endémique dans l'UE, les effets du changement climatique ont entraîné une présence accrue des moustiques transmettant des maladies graves en Europe», a déclaré la Commission dans un communiqué. Tous les États membres de l'UE ont approuvé ce nouveau vaccin après l'évaluation de l'EMA. En parallèle, la Commission européenne a annoncé un financement de 500.000 euros pour un projet de stérilisation d'une espèce spécifique de moustiques à Chypre, seul pays de l'UE où cette espèce est présente. Le chikungunya se propage principalement dans les régions tropicales et subtropicales. Les symptômes de l'infection sont similaires à ceux de la dengue et du virus Zika, provoquant une forte fièvre et des douleurs articulaires souvent invalidantes. Le nom «chikungunya» signifie «maladie de l'homme courbé» en kimakonde, une langue parlée en Tanzanie et au Mozambique, en référence aux douleurs articulaires sévères ressenties par les patients. Actuellement, il n'existe pas de traitement spécifique contre le chikungunya, rendant la prévention par la vaccination essentielle. Le développement et la mise sur le marché d'Ixchiq représentent une avancée majeure dans la lutte contre cette maladie.   La Commission européenne espère que ce vaccin contribuera à réduire l'impact du chikungunya en Europe, particulièrement dans un contexte de changement climatique qui favorise la propagation des moustiques vecteurs de maladies. Le projet de stérilisation des moustiques à Chypre vise également à réduire les populations de moustiques et à prévenir la transmission de maladies graves. La coopération entre les agences de santé, les gouvernements et les laboratoires pharmaceutiques est cruciale pour le développement et la mise en œuvre de solutions efficaces. La Commission européenne continuera de soutenir des initiatives similaires pour protéger la santé publique en Europe face aux menaces posées par les maladies transmises par les moustiques. En conclusion, l'autorisation du vaccin Ixchiq par la Commission européenne marque une étape importante dans la lutte contre le chikungunya. Les efforts conjoints des autorités sanitaires et des scientifiques permettront de mieux protéger la population européenne contre cette maladie émergente.

Abderrahim DERRAJI - 01 juillet 2024 23:26
Le Groupe Laprophan Acquiert Botanic Pharma

Le Groupe Laprophan a annoncé l'acquisition de Botanic Pharma, une entreprise spécialisée dans les compléments alimentaires naturels. Cette acquisition marque une nouvelle étape significative dans la stratégie de croissance de Laprophan. En intégrant Botanic Pharma, le Groupe Laprophan renforce sa position dans le secteur de la santé. Cette expansion permet également au Groupe d'élargir son portefeuille de produits sur les marchés européens et africains, augmentant ainsi sa capacité à exporter des produits de santé innovants et de haute qualité. L'acquisition de Botanic Pharma soutient également l'ambition de Laprophan de devenir un acteur majeur dans le domaine des compléments alimentaires, un secteur en pleine expansion mondiale. Le Groupe est déterminé à capitaliser sur cette croissance pour offrir de nouvelles solutions de santé naturelles et efficaces. Par ailleurs, Botanic Pharma a obtenu toutes les certifications nécessaires pour le développement de produits à base de cannabis au Maroc. Cette acquisition permet à Botanic Pharma d'accueillir les efforts de recherche et développement ainsi que les lignes de produits de Laprophan pour les compléments alimentaires à base de cannabis, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques. Reda Bennis, Vice-Président du Groupe Laprophan, a exprimé sa satisfaction quant à cette acquisition : «Nous sommes ravis à l'idée d'accueillir Botanic Pharma au sein du Groupe Laprophan. Cette acquisition renforce notre capacité à innover et à fournir des solutions de santé de pointe. Elle s'inscrit parfaitement dans notre mission d'améliorer la qualité de vie à travers des compléments alimentaires naturels de haute qualité.» Amine Tahiri Hassani, Pharmacien Fondateur de Botanic Pharma, a ajouté : «Rejoindre le Groupe Laprophan, pionnier de la R&D au Maroc, nous offre une formidable opportunité d'accélérer notre développement et d'innover encore davantage. Ensemble, nous allons créer une valeur ajoutée significative pour nos patients et nos partenaires. » Cette acquisition stratégique permet à Laprophan de renforcer sa position sur les marchés clés et d'accroître son potentiel d'innovation. Le Groupe envisage de tirer parti de l'expertise de Botanic Pharma en matière de compléments alimentaires naturels pour diversifier et enrichir son offre de produits. De plus, les efforts combinés des deux entreprises dans le domaine des produits à base de cannabis pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques, répondant ainsi à une demande croissante pour des solutions de santé naturelles et efficaces. L'acquisition de Botanic Pharma par le Groupe Laprophan représente une avancée significative dans la stratégie de croissance du Groupe. En renforçant sa présence sur les marchés européens et africains et en élargissant son portefeuille de produits, Laprophan se positionne comme un leader dans le secteur des compléments alimentaires naturels. Cette opération témoigne de l'engagement du Groupe à améliorer la qualité de vie de ses consommateurs grâce à des produits de santé innovants et de haute qualité.

Abderrahim DERRAJI - 26 juin 2024 10:46
Bronchiolite à VRS : la HAS recommande de vacciner les femmes enceintes

La Haute Autorité de Santé (HAS-France) a récemment émis de nouvelles recommandations concernant la vaccination des femmes enceintes contre les infections à virus respiratoire syncytial (VRS), en utilisant le vaccin Abrysvo®, qui a reçu une autorisation de mise sur le marché européenne en août dernier. L'objectif principal de cette vaccination est d'assurer une immunisation passive des nourrissons, de la naissance jusqu'à l'âge de six mois, en administrant le vaccin à la mère au huitième mois de grossesse. Selon les estimations de l'étude MATISSE, la vaccination avec Abrysvo® permettrait :   - Une réduction significative des infections respiratoires sévères liées au VRS : 81,8 % à 3 mois et 69,4 % à 6 mois. - Une réduction des hospitalisations : 67,7 % à 3 mois et 56,8 % à 6 mois.   En ce qui concerne la tolérance du vaccin, aucune augmentation d'événements indésirables graves n'a été rapportée ni chez la mère, ni chez le nouveau-né. Cependant, la HAS insiste sur l'importance de renforcer la pharmacovigilance, notamment pour évaluer un éventuel risque de naissances prématurées, bien que ce risque n'ait pas été significatif pour ce vaccin. Par précaution, la HAS recommande d'administrer ce vaccin au huitième mois de grossesse, entre les 32e et 36e semaines d'aménorrhée.   La dernière saison hivernale a vu l'introduction de Beyfortus®, un anticorps monoclonal anti-VRS administré aux nouveau-nés et nourrissons exposés pour la première fois à ce virus. Synagis® peut également être indiqué dans certains cas. Dès septembre, les parents pourraient devoir choisir entre Abrysvo® et Beyfortus® pour protéger leur nourrisson contre les infections à VRS. La HAS met à disposition un tableau récapitulatif des avantages et inconvénients de ces deux stratégies pour aider les professionnels de santé à informer les parents.   La HAS recommande de privilégier Beyfortus® dans trois situations :   - Lorsque la vaccination ne sera probablement pas efficace, par exemple en cas de risque de naissance prématurée ou en cas d'intervalle de moins de 14 jours entre la vaccination et la naissance prévue. - En cas de nouvelle grossesse chez une mère précédemment vaccinée, car il n'existe pas de données sur la sécurité et l'efficacité d'une dose additionnelle d'Abrysvo®. - Chez les femmes immunodéprimées, en l'absence de données sur l'efficacité et l'immunogénicité du vaccin dans cette population. L'épidémie de bronchiolite à VRS étant saisonnière (généralement de mi-novembre à fin janvier en France hexagonale), et sachant que le vaccin Abrysvo® offre une protection pendant les six premiers mois après l'accouchement, la HAS recommande de coordonner la campagne de vaccination des mères et celle de l'immunisation des nouveau-nés et nourrissons de septembre à janvier. La HAS préconise également de rendre les deux traitements accessibles dans les maternités pour optimiser l'acceptation par les professionnels de santé et les parents. En conclusion, la HAS insiste sur l'importance de cette vaccination pour protéger les nourrissons contre les infections à VRS, tout en assurant une surveillance continue pour garantir la sécurité des mères et des enfants. La collaboration entre les professionnels de santé et les parents est essentielle pour une mise en œuvre efficace de ces recommandations.

Abderrahim DERRAJI - 26 juin 2024 10:26
Élections ordinales : Du quadriennat au décennat !

Comme nous l’avons rappelé dans de nombreux éditoriaux de «PharmaNews», le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Aït Taleb, avait adressé, le 29 mars 2021, une correspondance au président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens ainsi qu'aux présidents des deux Conseils régionaux des pharmaciens d’officine, leur demandant de se conformer à la loi et d’organiser les élections avant fin juin 2021. Trois ans après cette date, rien n’a changé : les Conseils n’ont toujours pas organisé d’élections et, à part quelques indignations sur les réseaux sociaux, c’est le calme plat !   Sans instances ordinales, la profession pharmaceutique ne peut accompagner la refonte ambitieuse du système de santé entreprise au Royaume, sachant que les représentants légitimes des pharmaciens doivent normalement être consultés et donner leur avis sur toutes les décisions qui concernent la profession.   Malheureusement, les pharmaciens continuent à encaisser les coups en silence, ce qui ne semble guère déranger les membres des bureaux des Conseils régionaux des pharmaciens d’officine dont les mandats sont échus depuis le 30 août 2019. Quant aux affaires courantes comme les autorisations, elles continuent à être traitées dans les temps comme si de rien n’était !   Tous les prétextes ont été bons pour retarder l’organisation des élections. Au début, la Covid-19 et le confinement avaient servi d’alibi pour reporter les élections ordinales et depuis quelques années, on invoque la Loi 98-18 dont le déploiement nécessite un temps incompressible. Autrement dit, on n’est toujours pas sorti de l’auberge ! On se demande jusqu’à quand la profession restera sans Conseils. La dérégulation a atteint son paroxysme. Les pharmaciens sont quasiment livrés à eux-mêmes.   Selon l’article 2 du Dahir de 1976, le Conseil est censé veiller au respect, par tous ses membres, des lois et règlements qui régissent la profession, ainsi que des devoirs professionnels et des règles édictées par le Code de déontologie. Il est aussi chargé de sauvegarder les traditions d'honneur et de probité de la profession et de formuler son avis sur les projets de lois et règlements relatifs à la pharmacie et à la profession pharmaceutique, etc. Mais apparemment, la loi s’efface quand les intérêts font surface !

Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 12:02
Les rivières de plus en plus polluées par les médicaments

La présence de médicaments tels que les contraceptifs, les antidépresseurs, les antibiotiques et bien d'autres dans les rivières a des conséquences graves et alarmantes sur les écosystèmes. Des études ont montré que de nombreux poissons subissent des transformations biologiques préoccupantes, comme une féminisation des organes reproducteurs et une diminution des réactions de fuite face aux prédateurs, dues à l'exposition à ces substances chimiques dans l'eau. Face à ce constat, une équipe internationale de chercheurs souligne l'urgence de développer des solutions alternatives plus écologiques pour prévenir ces effets néfastes.   Les concentrations de médicaments retrouvées dans les rivières sont à un niveau préoccupant. Une étude menée en 2021 a révélé que 43% des échantillons d'eau prélevés dans plus de 1.000 rivières à travers le monde contenaient au moins un médicament à des concentrations nocives pour l'environnement. Parmi les médicaments les plus fréquemment détectés, on retrouve la carbamazépine, la metformine et la caféine.   L'absence de traitement adéquat des eaux usées constitue un problème majeur. En effet, les stations d'épuration ne sont souvent pas équipées pour éliminer efficacement les médicaments, et une grande partie des eaux usées produites dans le monde est rejetée dans l'environnement sans traitement préalable. Pour remédier à cette situation, le Parlement européen a récemment adopté une législation contraignant les industries pharmaceutiques et cosmétiques à financer la modernisation des stations d'épuration afin qu'elles puissent éliminer efficacement les micropolluants.   Michael Bertram, de l'Université suédoise des sciences agricoles, préconise une transformation de l'industrie pharmaceutique vers la chimie verte. Il suggère le développement de médicaments qui se dégradent rapidement dans l'environnement, minimisant ainsi leur impact néfaste. Cette approche s'inspire du succès des produits «sans OGM» ou «sans pesticides» déjà disponibles sur le marché.   Valérie Langlois, de l'Institut national de la recherche scientifique, souligne que la situation s'aggrave et que des solutions comme la chimie verte prennent du temps à se mettre en place. Elle propose également de réduire la prescription de médicaments en s'attaquant aux causes profondes de certaines conditions, comme l'anxiété, afin de diminuer le recours aux médicaments.   Il est important de noter que la pollution des rivières ne se limite pas aux médicaments. Les microplastiques, les PFAS (substances perfluoroalkylées) et les pesticides font également partie des polluants courants, aggravant encore la situation. Une approche globale et simultanée est nécessaire pour faire face à cette crise environnementale complexe.

Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 12:00
L’EMA mène une enquête sur Nolotil®

L’Agence européenne du médicament (EMA) a récemment lancé une enquête sur les effets du Nolotil®, un analgésique très populaire en Espagne, mais interdit en France. Le Nolotil®, qui contient du métamizole, est utilisé pour traiter la fièvre et soulager les maux de tête. En 2022, 27,8 millions d’unités de Nolotil ont été vendues en Espagne, surpassant largement les ventes de paracétamol.   Le métamizole, également connu sous le nom de dipyrone, est utilisé en Europe depuis les années 1920, mais il présente des effets secondaires potentiellement graves. L’effet secondaire le plus préoccupant est l’agranulocytose, une chute soudaine des globules blancs, augmentant le risque d’infections graves.   L’alerte a été déclenchée par la Finlande, où l’unique société pharmaceutique distribuant du métamizole a demandé le retrait de son autorisation de mise sur le marché (AMM) pour des raisons de sécurité. Cette enquête de l’EMA vise à déterminer si le Nolotil® devrait être autorisé ou interdit dans l’ensemble des pays européens. Actuellement, le Nolotil® est interdit aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande et en France. Cependant, il reste autorisé dans plusieurs pays de l’Union européenne (UE) pour le traitement de la douleur post-opératoire, des blessures ou de la fièvre liée au cancer. En Belgique et au Royaume-Uni, les autorités sanitaires déconseillent aux voyageurs se rendant en Espagne de consommer du Nolotil®. Cette situation met en évidence les divergences de régulation des médicaments au sein de l’UE et les préoccupations croissantes concernant la sécurité des patients face à des médicaments largement utilisés, mais potentiellement dangereux. La Commission européenne, à travers les résultats de cette enquête, devra décider de l’avenir du Nolotil® sur le marché européen. L'issue de cette enquête pourrait également influencer la politique de santé publique et la gestion des médicaments au sein de l'Union européenne.

Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 11:58
Un test sanguin pour diagnostiquer le trouble bipolaire

Des chercheurs viennent de mettre au point un test sanguin permettant d’identifier les biomarqueurs associés au trouble bipolaire, réduisant ainsi les erreurs de diagnostic.   Le trouble bipolaire touche entre 650.000 et 1,6 million de personnes en France, avec un retard moyen de diagnostic de 8 à 10 ans. Ce retard est préjudiciable pour les personnes atteintes de trouble bipolaire, contribuant au nombre de suicides chez celles qui n’ont pas bénéficié à temps des traitements appropriés. Ce retard explique également les hospitalisations fréquentes et les comorbidités. Environ 40% des patients bipolaires sont initialement diagnostiqués à tort comme dépressifs en raison du chevauchement des symptômes et du manque d'outils diagnostiques objectifs. Selon une étude publiée dans «JAMA Psychiatry», les patients consultent souvent en période de dépression, entraînant des erreurs de diagnostic. Le Dr Jakub Tomasik de l’Université de Cambridge souligne l’importance d’incorporer des tests basés sur les biomarqueurs pour différencier le trouble dépressif caractérisé du trouble bipolaire. Ces deux pathologies nécessitent des traitements différents. Pour obtenir un diagnostic précis, une évaluation psychiatrique complète est essentielle, mais cette évaluation est particulièrement chronophage. Les chercheurs de Cambridge ont identifié chez les sujets souffrant de trouble bipolaire une signature de biomarqueurs métabolomiques distincte de celle observée en cas de trouble dépressif caractérisé. L’analyse diagnostique, conduite entre février 2022 et juillet 2023, a utilisé les échantillons et les données de l’essai Delta, mené au Royaume-Uni entre 2018 et 2020, afin d’identifier le trouble bipolaire chez des patients diagnostiqués comme dépressifs au cours des cinq dernières années. Les participants ont été recrutés en ligne et soumis à une évaluation psychiatrique et un test sanguin. Les échantillons ont été analysés par spectrométrie de masse. Sur 241 patients étudiés (moyenne d’âge : 28,1 ans, 70,5% de femmes), 27,8% ont été diagnostiqués comme bipolaires. La combinaison des données sur les biomarqueurs et des informations rapportées par les patients a amélioré significativement les performances diagnostiques des modèles basés sur des données démographiques et des scores de questionnaires. Les chercheurs suggèrent que le test sanguin pourrait diagnostiquer jusqu’à 30% des patients bipolaires, mais qu’il est plus efficace lorsqu’il est associé à une évaluation numérique de la santé mentale. Le Dr Tomasik note que certains patients préfèrent le test des biomarqueurs qu’ils jugent plus objectif. Sabine Bahn, professeure à l'Université de Cambridge, ajoute que la combinaison des deux approches donne un meilleur résultat. En plus d’avoir fourni une preuve de concept pour le développement d’un test de biomarqueurs accessible, les résultats ont également mis en évidence l’implication potentielle des céramides dans les mécanismes physiopathologiques des troubles de l’humeur. Le Dr Tomasik estime que diagnostiquer le trouble bipolaire via un simple test sanguin pourrait garantir un traitement approprié dès la première visite et réduire la pression sur les professionnels de santé. Un tel test ouvrirait la voie à un diagnostic plus précoce, éviterait des décès et permettrait au NHS d’économiser temps et ressources sur des traitements inappropriés pour les patients bipolaires mal diagnostiqués. Source : Univadis

Abderrahim DERRAJI - 22 juin 2024 11:56
Diabète de type 2 : la HAS privilégiant les thérapies non médicamenteuses

Les récentes avancées dans la gestion du diabète de type 2, particulièrement les approches non médicamenteuses telles que l'activité physique, la nutrition et la lutte contre la sédentarité, ont démontré leur efficacité. En réponse, la Haute Autorité de Santé (HAS - France) a émis de nouvelles recommandations. Celles-ci concernent tant la population générale que des groupes spécifiques (personnes de plus de 75 ans, obèses, souffrant d'insuffisance cardiaque, de maladies cardiovasculaires, de maladies rénales chroniques, ou les femmes enceintes ou souhaitant le devenir).   La HAS place désormais les thérapies non médicamenteuses comme traitement de première intention, dès le diagnostic. Ces mesures qui doivent être maintenues à long terme, incluent :   Un programme nutritionnel pour améliorer l'équilibre glycémique. Une activité physique adaptée au niveau et aux capacités du patient, bénéfique pour la sensibilité à l'insuline et la réduction des risques de progression du diabète et des complications cardiovasculaires. Cette approche est considérée comme une véritable thérapie, assortie de recommandations spécifiques. Ces modifications de mode de vie font partie intégrante de l'éducation thérapeutique du patient (ETP), qui doit prendre en compte le mode de vie et la situation socio-économique du patient. Si ces modifications ne suffisent pas, une prise en charge médicamenteuse est alors proposée, en tenant compte des comorbidités, des facteurs de risques et des préférences du patient.   La prescription de certains traitements antidiabétiques ayant prouvé des effets protecteurs cardiovasculaires et rénaux doit également prendre en compte ces effets, en plus de la recherche de l'équilibre glycémique.   La HAS insiste sur une prise en charge globale et individualisée, adaptée au profil, aux besoins et aux préférences du patient, combinant thérapies non médicamenteuses et médicamenteuses. Étant donné la nature chronique et évolutive du diabète de type 2, la prise en charge doit être régulièrement réévaluée pour répondre aux besoins changeants des patients et améliorer leur qualité de vie.   Pour aider les professionnels de santé, la HAS publie une synthèse illustrée de la stratégie thérapeutique, incluant un outil pour aider au choix des traitements médicamenteux. L'actualisation du parcours de soins pour les patients atteints de diabète de type 2 est prévue pour la fin de l'année.

Abderrahim DERRAJI - 21 juin 2024 11:30
Refonte du système de santé marocain : Un chantier titanesque !

Le Maroc s’engage dans une ambitieuse refonte de son système national de santé, visant à garantir un accès universel à des soins de qualité. Cette transformation majeure s’inscrit dans un contexte marqué par des contraintes et des défis importants, mais également par des efforts considérables déployés par les acteurs du système, notamment les caisses d’assurance maladie et les différents départements du ministère de la Santé et de la protection sociale.   Pour mieux cerner les enjeux de cette réforme, la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) et le Club Santé France-Maroc ont organisé, le 12 juin 2024 à Casablanca, une réunion d’information sur le thème «Généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) au Maroc : avancement et impact».   La réunion a débuté par une allocution de Taha Aït Hanine, directeur des Affaires publiques et de l’accès – Sanofi Maroc. Ensuite, Tarik Bensalmem, chef de service de la planification à la Direction de la planification et des ressources financières (DPRF) du ministère de la Santé et de la protection sociale, a rappelé l’importance de la Loi-cadre n° 06-22 promulguée en décembre 2022. Cette loi constitue le socle de cette réforme profonde, introduisant des mesures ambitieuses pour renforcer un système de santé plus robuste, résilient et capable d’accompagner les grands chantiers dans lesquels s’est engagé le Royaume.   La réforme s’articule autour de plusieurs axes stratégiques : L’adoption d’une bonne gouvernance, la revalorisation des ressources humaines, la mise à niveau de l’offre de soins, et la digitalisation du système de santé.   De gauche à droite :  Sofia Sabiri, Amine Mansouri, Selma Oufqir,  Tarik Bensalmem, Ahmed El Bahri et  Taha Aït Hanine,   Malgré les progrès notables, le système de santé marocain fait face à de nombreux défis. Selma Oufqir, directrice générale AMO et Prestations à la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), a souligné que l'augmentation de la demande de soins, due à la généralisation de la couverture médicale, met à rude épreuve les caisses d’assurance maladie. D’autres défis incluent l’équité d’accès aux soins, la répartition des ressources humaines sur le territoire, la maîtrise des coûts des médicaments et la nécessité de renforcer la prévention et la promotion de la santé. Pour relever ces défis, les Caisses d’assurance maladie ont multiplié les initiatives pour améliorer leurs services. Elles déploient des efforts considérables pour traiter les dossiers des patients dans des délais raisonnables, mettre en place des mécanismes pour rationaliser les dépenses de santé, optimiser la gestion des prestations et améliorer la qualité des services offerts aux assurés. La digitalisation des processus, la dématérialisation des dossiers et la mise en place de systèmes d’information performants sont devenues des priorités impératives. La réforme du système de santé au Maroc est un processus en cours qui nécessite un engagement continu et la mobilisation de tous les acteurs. Malgré les contraintes, des avancées prometteuses sont enregistrées, notamment en matière d’extension de la couverture médicale et d’amélioration de l’accès aux soins.   La digitalisation croissante et la mise en place de mécanismes de gouvernance plus efficients contribueront à relever les défis et à concrétiser les objectifs de la refonte du système de santé. L’implication des citoyens et la promotion de comportements sains restent également des éléments clés pour garantir un système de santé durable et performant au Maroc.   Les chiffres présentés par Sofia Sabiri et Amine Mansouri, respectivement directrice commerciale Maroc et directeur Consulting & Technologie Afrique chez IQVIA Maroc, indiquent que le Royaume représente le cinquième marché de médicaments dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), avec une prévision de croissance 1% par an entre 2022 et 2027. Le marché pharmaceutique privé au Maroc, évalué à 14 milliards de dirhams, est réparti équitablement entre les princeps et les génériques.   Ahmed El Bahri, expert en santé, a comparé le cas marocain à celui de la France, qui alloue un budget colossal à la santé devenu au fil du temps de moins en moins soutenable. Pour assurer la pérennité du système de santé, il recommande la mise en place de mécanismes de gestion optimisés grâce à une exploitation efficiente des données et de l’intelligence artificielle.   En conclusion et comme l’ont indiqué les différents panÉlistes lors de la réunion d’information du 12 juin, la réforme du système de santé au Maroc est un chantier ambitieux et nécessaire pour garantir un accès universel à des soins de qualité. Malgré les contraintes et les défis, les efforts déployés par les autorités et les acteurs du système, notamment les Caisses d’assurance maladie, permettent d’envisager des perspectives d’amélioration prometteuses pour l’avenir.  

Abderrahim DERRAJI - 14 juin 2024 16:44
Royaume-Uni : scandale du sang contaminé

Le Royaume-Uni est secoué par un scandale de sang contaminé, plus de trente ans après la France. Des dizaines de milliers de personnes ont contracté le VIH et l’hépatite C par transfusion sanguine. Le Premier ministre, Rishi Sunak, a présenté des excuses à la Chambre des communes pour les erreurs des gouvernements passés, qualifiant l’incident de «terrible injustice» et de «jour de honte» pour le pays. Un rapport de plus de 2.500 pages, basé sur une enquête publique de six ans, révèle l'ampleur de ce scandale.   Près de 30.000 Britanniques ont été contaminés par le VIH et l’hépatite C dans les années 1970 et 1980, dont environ 3.000 sont décédés. Les hémophiles, traités avec du facteur VIII fabriqué à partir de dons de sang, ont été particulièrement touchés. Beaucoup de ces dons provenaient des États-Unis, où le sang était collecté auprès de populations à risque comme les prisonniers et les toxicomanes, et les contrôles au Royaume-Uni étaient insuffisants.   Malgré les alertes dès 1984 sur les risques de transmission du VIH par transfusion sanguine, les autorités sanitaires ont continué à utiliser des lots de sang contaminé sans en informer les patients. Les gouvernements successifs ont tenté de dissimuler le scandale, allant jusqu’à détruire des documents compromettants. Selon le juge Brian Langstaff, qui a dirigé l’enquête, cette catastrophe n’était pas un accident, mais le résultat de négligences répétées des autorités.   L’aspect le plus choquant du rapport concerne les expérimentations sur des enfants hémophiles dans les années 1980, où des médecins ont administré du facteur VIII potentiellement contaminé sans le consentement des parents. Luke O’Shea-Philipps, contaminé par le VIH à l’âge de 3 ans, a témoigné qu’il a été traité comme un cobaye. Sur les 122 enfants hémophiles de l’école pour enfants handicapés d’Alton, 75 sont morts du Sida.   Le gouvernement britannique a déjà versé une compensation provisoire de 100.000 livres sterling (117.000 euros) à environ 4.000 survivants en 2022, mais les associations de victimes demandent des milliards de livres de dédommagement. Rishi Sunak a promis un programme d’indemnisation complète, affirmant que le gouvernement paierait le coût nécessaire pour cela.   Ce scandale rappelle celui du sang contaminé en France dans les années 1980 et 1990, où les autorités sanitaires avaient également minimisé les risques infectieux, conduisant à la contamination de milliers de patients, dont de nombreux hémophiles. En France, ce scandale a entraîné une série de procès et des réformes judiciaires, y compris la création de la Cour de justice de la République.

Abderrahim DERRAJI - 14 juin 2024 16:43