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Hantavirus
Le «MV Hondius», navire appartenant à Oceanwide Expeditions, a accosté le dimanche 10 mai au large de Tenerife après la détection d’un foyer d’hantavirus à bord. Parti le 1er avril d’Ushuaïa, le navire comptabilise, selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé, trois décès, cinq cas confirmés et trois cas suspects. Si le risque global pour la santé publique est actuellement jugé faible, cet épisode illustre parfaitement la nécessité d’une vigilance renforcée face aux zoonoses émergentes dans un contexte de mobilité internationale importante.
L’agent suspecté est le virus Andes, une souche d’hantavirus endémique dans certaines régions d’Argentine et du Chili. Sa particularité réside dans sa capacité, rare parmi les hantavirus, à permettre une transmission interhumaine limitée, principalement durant la phase prodromique, avant l’hospitalisation, lorsque les mesures barrières ne sont pas encore mises en place. Cette transmission survient surtout lors de contacts étroits et prolongés, notamment dans des espaces confinés ou dans le cadre de contacts intrafamiliaux.
Sur le plan clinique, les hantavirus restent des agents pathogènes à fort potentiel de gravité. Deux grands syndromes peuvent survenir. La fièvre hémorragique avec syndrome rénal, prédominante en Europe et en Asie, et le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, observé principalement dans les Amériques, dont la létalité peut atteindre 30 à 60 %. Le tableau clinique débute souvent par une phase non spécifique associant fièvre, myalgies et asthénie, avant une dégradation rapide pouvant conduire à une défaillance respiratoire ou hémodynamique.
Le diagnostic repose essentiellement sur la biologie spécialisée, notamment la sérologie par détection des IgM et IgG via ELISA ou immunofluorescence, ainsi que la détection de l’ARN viral par PCR sur des prélèvements précoces. L’absence de traitement antiviral spécifique et de vaccin impose une prise en charge symptomatique centrée sur le support hémodynamique et respiratoire, parfois en soins intensifs.
Selon les données du Centre national de référence des Hantavirus, plusieurs souches zoonotiques circulent en Europe, notamment Puumala, Seoul, Dobrava ou Saaremaa. Certaines, comme Dobrava, présentent des taux de létalité pouvant atteindre 10 %. Si la France rapporte en moyenne une centaine de cas hospitalisés par an, des pays comme l’Allemagne, la Suède ou la Finlande enregistrent des incidences nettement plus élevées.
Pour les professionnels de santé, plusieurs messages clés se dégagent. Il convient d’évoquer ce diagnostic devant un syndrome fébrile inexpliqué chez un patient revenant d’une zone endémique, d’intégrer rapidement la notion d’exposition environnementale ou de contact rapproché, de déclencher précocement les mesures d’isolement lorsqu’une souche transmissible est suspectée et d’assurer une surveillance rigoureuse des cas contacts pendant toute la période d’incubation, qui peut aller jusqu’à six semaines.
Cette croisière et le périple de ses passagers rappellent que les zoonoses émergentes demeurent un enjeu majeur de santé publique mondiale. Dans un contexte de changements climatiques, de perturbation des écosystèmes et d’intensification des déplacements internationaux, leur détection précoce, leur signalement rapide et la coordination internationale restent les piliers d’une réponse efficace.
Bepanthen - Bayer
Bayer Maroc a organisé le 6 mai un événement scientifique à l’occasion du lancement au Maroc de sa nouvelle gamme Bepanthen dédiée à la réparation et à l’hydratation cutanée. À travers cette initiative portée par sa division Consumer Health, le laboratoire a réuni plus de 230 professionnels de santé, parmi lesquels des dermatologues, médecins généralistes et pharmaciens, autour d’une problématique fréquente mais encore largement sous-estimée, la sécheresse cutanée.
Touchant près de 30 % de la population, la sécheresse cutanée représente aujourd’hui un véritable enjeu de santé et de qualité de vie. Bien au-delà d’un simple inconfort, elle peut entraîner des sensations d’irritation, de tiraillement, voire favoriser certaines complications dermatologiques chez les patients les plus fragiles. Les échanges scientifiques organisés lors de cet événement ont permis de rappeler l’importance d’une prise en charge adaptée, dans un contexte marqué par des facteurs aggravants tels que les variations climatiques, l’exposition à la climatisation ou encore les agressions environnementales quotidiennes.
Parmi les temps forts de cette rencontre figure l’intervention du Dr. Chehab, Professeur à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université Hassan II de Casablanca, chef du service de dermatologie au CHU Ibn Rochd et présidente de la Société marocaine de dermatologie. Les discussions ont notamment mis en lumière la nécessité d’adopter une approche préventive et éducative reposant sur des données scientifiques solides.
Avec cette nouvelle gamme, Bayer propose une réponse adaptée aux besoins des peaux normales, sèches, sensibles ou sujettes aux irritations. Les formulations reposent principalement sur le panthénol, ou provitamine B5, reconnu pour ses propriétés hydratantes, réparatrices et apaisantes. Ce principe actif contribue au renforcement de la barrière cutanée et à l’amélioration du confort de la peau.
Trois produits ont été introduits sur le marché marocain. La Bepanthen Crème Cica 50 g est destinée aux peaux sèches et irritées grâce à son action réparatrice. La Bepanthen Crème Hydratante Visage 50 g a été conçue comme un soin quotidien léger pour les peaux normales et sensibles. Enfin, la Bepanthen Lotion Corps 200 ml propose une solution hydratante adaptée à toute la famille.
Au-delà du lancement produit, cet événement a surtout permis de renforcer le dialogue entre Bayer et les professionnels de santé marocains qui occupent une place essentielle dans l’identification des besoins des patients, le conseil thérapeutique et l’éducation aux bonnes pratiques de soin.
À travers cette initiative, Bayer confirme son ambition de consolider sa présence dans le domaine de la dermo-cosmétique tout en développant une relation durable avec les professionnels de santé, fondée sur la science, la proximité et la confiance. Comme l’a souligné Dr. Yazan Alahmad, l’objectif est d’apporter aux professionnels marocains des solutions fondées sur la science afin de les accompagner dans la prise en charge quotidienne de la sécheresse cutanée.
Tégrétol - Trileptal
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ( ANSM-France) a récemment rappelé aux professionnels de santé que les formes buvables de Tégrétol et de Trileptal ne doivent pas être administrées aux nouveau-nés âgés de moins de 4 semaines, sauf en l’absence d’alternative thérapeutique et lorsque le bénéfice attendu du traitement dépasse clairement les risques encourus.
Les suspensions buvables Tégrétol 20 mg/ml et Trileptal 60 mg/ml sont principalement utilisées dans la prise en charge de l’épilepsie chez l’enfant et l’adulte. Elles peuvent également être prescrites dans certaines douleurs neuropathiques ou certains troubles de l’humeur. Toutefois, ces formulations contiennent du propylène glycol comme excipient, à une concentration de 25 mg/ml, substance pouvant entraîner des effets toxiques sévères chez les nouveau-nés.
Chez les bébés de moins de 4 semaines, les fonctions hépatiques et rénales sont encore immatures, limitant leur capacité à métaboliser et éliminer correctement le propylène glycol. L’ANSM rappelle que la dose maximale supportée par le nouveau-né est de 1 mg/kg/jour. En cas de dépassement, cette substance peut s’accumuler dans l’organisme et provoquer des complications graves.
Parmi les effets indésirables potentiels figurent notamment une acidose métabolique, une atteinte rénale pouvant aller jusqu’à une insuffisance rénale aiguë ou une nécrose tubulaire aiguë, ainsi que des troubles hépatiques. Le risque est encore plus important lorsque le nourrisson reçoit simultanément d’autres médicaments contenant du propylène glycol ou un autre alcool.
Dans les situations où l’utilisation de ces traitements est jugée indispensable, une surveillance clinique et biologique étroite doit être mise en place. Les prescripteurs doivent également vérifier attentivement l’absence d’exposition concomitante à d’autres produits contenant du propylène glycol.
À travers cette mise en garde, l’ANSM rappelle l’importance d’une vigilance particulière concernant les excipients chez le nouveau-né, une population particulièrement vulnérable aux effets toxiques médicamenteux.
Déconditionnement
La chambre disciplinaire du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a confirmé en appel l’interdiction d’exercer de deux pharmaciens, Antoine Prioux et Eliza Castagné, pour avoir pratiqué la dispensation à l’unité en dehors du cadre réglementaire en vigueur. La sanction prévoit une interdiction d’exercice de six mois, dont quatre avec sursis, applicable du 1er septembre au 31 octobre 2026.
L’affaire trouve son origine en 2019, dans un contexte de tensions d’approvisionnement sur les corticoïdes. Les deux titulaires avaient alors mis en place une dispensation adaptée à la durée réelle des prescriptions afin de limiter le gaspillage médicamenteux, les stocks inutilisés et les risques iatrogènes. Le dispositif a ensuite été élargi à plusieurs classes thérapeutiques sensibles, notamment les antibiotiques, benzodiazépines, opioïdes et antalgiques de palier 2.
Pour sécuriser cette pratique, les pharmaciens avaient instauré une organisation spécifique reposant sur la découpe des blisters, la conservation des unités restantes, la traçabilité des lots et des dates de péremption, ainsi que la remise des notices aux patients. Ils soulignent également que cette pratique n’avait aucun objectif économique, les boîtes n’étant facturées qu’une seule fois, entraînant même une perte de rémunération par rapport au modèle classique.
Toutefois, la juridiction disciplinaire a estimé que le dispositif présentait une faille majeure concernant la traçabilité. Selon la chambre de discipline, les délivrances ne pouvaient pas être correctement enregistrées dans le dossier pharmaceutique ni dans le dossier médical partagé, compromettant ainsi la sécurisation du circuit du médicament.
Cette décision intervient dans un contexte juridique paradoxal. La dispensation à l’unité a bien été introduite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, mais aucun décret d’application n’a encore défini les modalités concrètes de reconditionnement, de traçabilité ou de facturation. En attendant ce cadre réglementaire, cette affaire confirme qu’une pratique hors des cas actuellement autorisés reste exposée à des sanctions disciplinaires.
Parkinson - Médicaments dopaminergiques
Les médicaments dopaminergiques occupent une place essentielle dans la prise en charge de plusieurs pathologies, notamment la Maladie de Parkinson, le Syndrome des jambes sans repos et l’Hyperprolactinémie. Ces traitements agissent en compensant un déficit ou un dysfonctionnement de la dopamine, neurotransmetteur impliqué dans le contrôle des mouvements, mais également dans les mécanismes liés à l’humeur, aux émotions et au comportement.
Dans la maladie de Parkinson, ces médicaments permettent d’améliorer les symptômes moteurs tels que les tremblements ou la rigidité musculaire. Ils sont également utilisés pour réduire les sensations d’inconfort et les mouvements involontaires observés dans le syndrome des jambes sans repos, ou encore pour diminuer un excès de prolactine dans certaines hyperprolactinémies. Malgré leur efficacité clinique, ces traitements nécessitent une surveillance attentive en raison d’effets indésirables parfois graves et encore insuffisamment connus des patients et de leur entourage.
Parmi les complications les plus préoccupantes figurent les troubles du contrôle des impulsions. Ces effets peuvent apparaître même à faibles doses ou après plusieurs années de traitement. Ils se traduisent par des comportements compulsifs que les patients ont souvent du mal à identifier eux-mêmes. Plusieurs manifestations peuvent être observées, notamment une addiction aux jeux d’argent, des achats compulsifs, une consommation excessive de nourriture, une hypersexualité ou encore des comportements agressifs et violents. Ces troubles peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie familiale, sociale, professionnelle et financière des patients.
Face à ces risques, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de l’information et de l’implication de l’entourage. Les proches jouent un rôle central dans le repérage précoce des changements de comportement, souvent progressifs et banalisés par le patient lui-même. Les patients doivent être encouragés à signaler rapidement tout comportement inhabituel à leur médecin, pharmacien ou autre professionnel de santé, sans interrompre brutalement leur traitement ni modifier les doses prescrites.
Les professionnels de santé sont également appelés à renforcer leur vigilance. Ils doivent informer systématiquement les patients des risques liés aux traitements dopaminergiques et interroger régulièrement sur l’apparition de comportements inhabituels ou de signes évocateurs de troubles du contrôle des impulsions. Une adaptation de la prise en charge peut être nécessaire afin de limiter les conséquences de ces effets indésirables.
À travers la mise à jour de sa brochure d’information, les autorités sanitaires rappellent que la sécurité d’utilisation des médicaments dopaminergiques repose autant sur leur efficacité thérapeutique que sur une détection précoce et une prise en charge rapide de leurs effets comportementaux.
Autres articles
L’intervention récente du ministre de la Santé et de la protection sociale a contribué à apaiser un climat de tension qui s’était progressivement installé au sein de la profession pharmaceutique. En écartant clairement, à court terme, toute ouverture du capital des pharmacies à l’investissement privé, le gouvernement envoie un signal de stabilité à un secteur fragilisé par une politique pharmaceutique largement focalisée, depuis 2014, sur la baisse des prix des médicaments, sans en mesurer pleinement l’impact sur la viabilité des pharmacies d’officine et des autres composantes de la chaîne. Cette clarification était attendue. Elle ne saurait toutefois suffire sans une réflexion approfondie sur les leviers à mobiliser pour faire évoluer le modèle officinal, tout en préservant ses fondements que sont l’indépendance professionnelle et la proximité avec le patient. Au-delà de cet apaisement, le discours ministériel rappelle que les recommandations du Conseil de la concurrence relèvent d’une logique consultative et s’inscrivent dans une dynamique globale de réflexion sur l’efficience des marchés. Leur portée doit être analysée avec discernement et replacée dans un cadre institutionnel où la décision finale demeure politique et concertée. En affirmant que toute réforme passera par le dialogue avec les professionnels, les autorités sanitaires reconnaissent, de facto, le rôle central des pharmaciens dans l’équilibre du système de santé. Depuis cette prise de parole, les pharmaciens bénéficient d’un certain répit, qui ne doit cependant pas occulter la réalité économique de l’officine, toujours sous pression. Les marges et forfaits liés à la dispensation ne permettent plus d’absorber les baisses répétées des prix des médicaments, en l’absence de mécanismes de rémunération complémentaires. Dans ce contexte, le modèle historique, centré sur la seule délivrance du médicament et la gestion logistique, montre ses limites. Il devient impératif d’évoluer vers un modèle où le pharmacien s’impose comme un acteur de l’efficience du système de soins, contribuant activement à l’amélioration de l’observance, au renforcement de la prévention et à la relance de la couverture vaccinale, aujourd’hui en net recul. Les perspectives de développement de la pharmacie au Maroc reposent ainsi sur plusieurs piliers structurants. La diversification du modèle économique apparaît comme une priorité, impliquant l’intégration de nouvelles missions et de services à forte valeur ajoutée. Parallèlement, une mise à niveau globale de l’officine s’impose, visant à renforcer les compétences, à valoriser l’expertise pharmaceutique et à inscrire les pratiques dans une véritable démarche qualité. Dans cette dynamique, la digitalisation constitue un levier majeur, susceptible d’accompagner efficacement ces transformations. La question de la gouvernance demeure, enfin, déterminante. Aucune réforme d’envergure ne pourra aboutir sans une représentation professionnelle forte, légitime et pleinement opérationnelle. La profession a besoin d’un conseil capable de réguler efficacement, de défendre ses intérêts économiques, de promouvoir la formation continue et les bonnes pratiques, et d’être pleinement associé à l’élaboration des politiques de santé publique. Dans ce contexte, l’accélération du processus de régionalisation et l’organisation, dans les plus brefs délais, d’élections ordinales apparaissent comme des impératifs. Malgré les efforts consentis par certains membres des instances actuelles, la période de flottement institutionnel fragilise la profession et retarde l’engagement des réformes pourtant indispensables à son avenir.
Abderrahim Derraji - 26 avril 2026 12:14Une équipe internationale pilotée par University College London, avec la participation de INRAE, a mis en évidence une signature spécifique du microbiote intestinal associée à la maladie de Parkinson. Publiés dans Nature Medicine, ces travaux ouvrent des perspectives inédites en matière de dépistage précoce et de prévention. La maladie de Parkinson, dont la prévalence a doublé en 25 ans selon l’Organisation mondiale de la santé, reste aujourd’hui difficile à diagnostiquer précocement. Si le vieillissement constitue le principal facteur de risque, des prédispositions génétiques existent, notamment liées au gène GBA. Pourtant, seule une minorité des porteurs développe effectivement la maladie, ce qui souligne la complexité des mécanismes en jeu et la nécessité d’identifier de nouveaux marqueurs prédictifs. C’est dans ce contexte que les chercheurs ont étudié le microbiote intestinal de 464 individus au Royaume-Uni et en Italie, dont 271 patients atteints de la maladie de Parkinson. Leur approche repose sur une méthode d’analyse innovante qui ne se limite pas à l’étude des espèces bactériennes isolées, mais s’intéresse aux interactions entre les différentes communautés microbiennes. Cette lecture globale permet de mieux comprendre les déséquilibres du microbiote en lien avec la maladie. Les résultats sont particulièrement marquants. Les patients atteints de Parkinson présentent des altérations spécifiques de leur microbiote, caractérisées par des variations coordonnées de groupes de bactéries. Plus la maladie progresse, plus ces altérations sont importantes, atteignant des niveaux jusqu’à quinze fois supérieurs chez les patients aux stades avancés. Cette signature a été retrouvée de manière cohérente dans plusieurs cohortes internationales, notamment aux États-Unis, en Corée du Sud et en Turquie, confirmant son caractère robuste et universel. L’étude va encore plus loin en montrant que ces anomalies sont également détectables chez des individus à risque, avant même l’apparition des symptômes. Chez les personnes présentant une prédisposition génétique, des altérations similaires, mais moins marquées, ont été observées. Plus frappant encore, certains individus sans prédisposition génétique mais présentant des déséquilibres importants du microbiote montraient déjà des signes cliniques évocateurs, suggérant un risque accru de développer la maladie. Ces résultats renforcent l’hypothèse d’un rôle clé de l’axe intestin cerveau dans la physiopathologie de la maladie de Parkinson. Ils ouvrent surtout la voie à de nouvelles stratégies de dépistage basées sur l’analyse du microbiote intestinal, avec l’espoir d’identifier les individus à risque bien avant l’apparition des symptômes. Enfin, l’étude souligne l’impact potentiel du mode de vie. Les patients ayant une alimentation équilibrée présentaient des altérations moins sévères du microbiote et des symptômes plus modérés. Ces observations rejoignent celles d’autres travaux suggérant qu’un régime de type méditerranéen pourrait ralentir la progression de la maladie. À terme, cette découverte pourrait transformer la prise en charge de la maladie de Parkinson en introduisant une dimension préventive et personnalisée, où le microbiote deviendrait un biomarqueur clé et une cible thérapeutique à part entière.
Abderrahim Derraji - 26 avril 2026 12:08La sclérose en plaques est une maladie complexe dont l’origine repose sur l’interaction entre des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux modifiables. Parmi ces facteurs figurent le tabagisme, la carence en vitamine D, l’obésité à l’adolescence et surtout l’infection par le virus d’Epstein-Barr (EBV). Ces éléments rendent la prévention difficile mais alimente aussi l’espoir de stratégies ciblées capables de réduire le risque de survenue de la maladie. L’un des principaux défis réside dans l’identification des populations à risque. Les facteurs pris séparément confèrent un risque relativement faible, y compris les prédispositions génétiques. Les travaux récents suggèrent toutefois qu’une approche combinée, intégrant données démographiques, antécédents et scores génétiques, permettrait d’identifier les individus à risque. En regroupant plusieurs facteurs, le risque peut être significativement augmenté au sein de certaines sous-populations, rendant les études cliniques plus pertinentes et plus efficaces. Dans cette perspective, la prévention passe d’abord par la prise en charge des facteurs modifiables. Une supplémentation en vitamine D semble plus pertinente lorsqu’elle est instaurée précocement. Le sevrage tabagique demeure essentiel, même si les effets du vapotage restent incertains. La lutte contre l’obésité pourrait également jouer un rôle indirect bénéfique. Cependant, c’est le virus d’Epstein-Barr qui concentre aujourd’hui l’attention des chercheurs. Un consensus se dégage sur son implication dans le développement de la sclérose en plaques. Le virus infecte les lymphocytes B et y persiste durablement, favorisant une réponse immunitaire anormale par mimétisme moléculaire avec certaines protéines cérébrales. Bloquer cette infection ou en limiter les effets pourrait donc constituer une stratégie préventive majeure. Plusieurs pistes sont actuellement explorées. Des vaccins sont en cours de développement, certains déjà en phase avancée, même si des questions subsistent quant au moment optimal de vaccination et au schéma d’administration. D’autres approches visent à éliminer les réservoirs viraux ou à cibler des protéines clés du virus impliquées dans sa latence. Des stratégies combinées, associant immunothérapie et antiviraux, sont également à l’étude pour prévenir la réinfection des cellules immunitaires. Malgré ces avancées, des incertitudes persistent quant au moment le plus pertinent pour intervenir et au site principal d’action du virus dans l’organisme. Néanmoins, cibler EBV apparaît aujourd’hui comme une voie prometteuse pour transformer la prévention de la sclérose en plaques et, à terme, modifier profondément l’évolution de la maladie.
Abderrahim Derraji - 26 avril 2026 12:06Les autorités sanitaires américaines ont récemment reclassé un important rappel de médicaments utilisés dans le traitement de l’hypertension, mettant en lumière les exigences strictes qui encadrent la sécurité pharmaceutique. La FDA a en effet attribué une classification de niveau II à ce rappel, indiquant que les risques pour la santé sont jugés temporaires ou réversibles. À l’origine de cette décision, un rappel initié en mars pa Teva Pharmaceuticals USA portant sur plus de 300 000 boîtes de clonidine sous forme de patch transdermique. Ce médicament, administré via un dispositif adhésif appliqué sur la peau, permet une diffusion progressive de la substance active dans l’organisme afin de contrôler la pression artérielle. Le problème identifié concerne l’utilisation d’une matière première non approuvée, ne répondant pas pleinement aux exigences réglementaires en matière de sécurité. Au total, plus de 300 000 conditionnements, couvrant plusieurs dosages, ont été concernés par ce rappel. Bien que les évaluations toxicologiques réalisées par le laboratoire n’aient pas mis en évidence de risque sanitaire avéré, l’absence de données suffisantes sur les substances potentiellement libérées par ce composant a conduit à une mesure de précaution. Cette situation illustre le principe fondamental de vigilance qui prévaut dans l’industrie pharmaceutique, où l’absence de preuve de danger ne suffit pas à garantir la conformité. Les autorités insistent toutefois sur un point essentiel pour les patients. L’arrêt brutal d’un traitement antihypertenseur peut présenter un risque supérieur à celui lié au défaut identifié. Il est donc recommandé de consulter un professionnel de santé avant toute décision, afin d’évaluer individuellement la conduite à tenir. Ce rappel intervient dans un contexte plus large de surveillance des dispositifs et médicaments liés à la prise en charge de l’hypertension. Les autorités américaines avaient déjà alerté sur l’utilisation d’appareils de mesure non validés, susceptibles d’entraîner des erreurs diagnostiques aux conséquences potentiellement graves. Au-delà de cet épisode, cette décision rappelle l’importance d’un encadrement rigoureux tout au long de la chaîne du médicament, depuis la qualité des matières premières jusqu’à l’utilisation par les patients, afin de garantir une prise en charge sûre et efficace.
Abderrahim Derraji - 26 avril 2026 12:04La Commission européenne a accordé son feu vert à un nouveau vaccin combiné développé par Moderna, destiné à protéger simultanément contre la grippe et le COVID-19 chez les adultes âgés de 50 ans et plus. Cette autorisation marque une avancée importante dans la stratégie vaccinale, en simplifiant l’accès à deux immunisations essentielles pour une population particulièrement vulnérable aux complications respiratoires. Cette décision intervient après une recommandation favorable de l’Agence européenne des médicaments, qui s’est appuyée sur les résultats d’une étude clinique menée auprès de 8 000 participants. Les données ont montré que le vaccin, baptisé mCombriax, induit une réponse immunitaire supérieure, avec une production d’anticorps plus élevée que celle observée chez les personnes ayant reçu des injections séparées contre les deux virus. Jusqu’à présent, la vaccination contre la grippe et celle contre le COVID-19 nécessitaient des injections distinctes, chacune adaptée régulièrement aux souches virales en circulation. L’arrivée de ce vaccin combiné pourrait ainsi améliorer la couverture vaccinale en réduisant le nombre d’injections, tout en facilitant la logistique pour les systèmes de santé. Le vaccin sera progressivement mis à disposition dans les 27 États membres de l’Union européenne, ainsi qu’en Islande, au Liechtenstein et en Norvège. Moderna prévoit une disponibilité sur certains marchés dès la saison 2026-2027, période clé pour les campagnes de vaccination saisonnière. Sur le plan financier, l’annonce a été bien accueillie par les investisseurs, avec une hausse d’environ 2 % du titre de l’entreprise en début de séance. Toutefois, aux États-Unis, le laboratoire a temporairement suspendu sa demande d’autorisation afin d’attendre des données complémentaires issues d’un essai avancé sur son vaccin antigrippal. L’entreprise indique être en attente des orientations de la Food and Drug Administration pour relancer le processus d’approbation.
Abderrahim Derraji - 22 avril 2026 19:09Le 1er avril 2026 à Benslimane, Marbio a inauguré une nouvelle installation industrielle dédiée au développement pharmaceutique d’hormones contraceptives, avec le soutien financier de la Gates Foundation. Ce projet s’inscrit dans une ambition claire d’améliorer durablement l’accès aux solutions de santé reproductive, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où les besoins restent importants. D’une superficie d’environ 700 m², cette unité a été conçue selon des standards internationaux exigeants. Elle intègre des technologies avancées de confinement et de contrôle, assurant à la fois la sécurité des équipes, la protection de l’environnement et une maîtrise rigoureuse des procédés pharmaceutiques. Cette infrastructure moderne constitue un levier stratégique pour accompagner le développement d’une hormone contraceptive innovante, avec l’objectif d’élargir l’accès à des méthodes modernes et adaptées à la diversité des populations. Selon un communiqué de Marbio, au-delà de son impact sur l’offre thérapeutique, le projet contribue également au renforcement des capacités scientifiques et industrielles locales. Il favorise le développement des compétences, encourage le transfert de technologies et participe à l’émergence d’un écosystème pharmaceutique plus robuste au Maroc. D’après Marc Funk, directeur général de Marbio, cette réalisation illustre la capacité de l’entreprise à conjuguer innovation, excellence industrielle et engagement en santé publique. À travers cette initiative, Marbio consolide sa position d’acteur de référence, engagé aux côtés de partenaires internationaux pour faire progresser l’accès aux soins et répondre aux enjeux de santé globale.
Abderrahim Derraji - 22 avril 2026 18:00L’intelligence artificielle s’installe progressivement au cœur des pratiques médicales. Elle est en train de transformer en profondeur la manière de diagnostiquer, de traiter et de suivre les patients. Cependant, l’accueil de l’innovation peut être mitigé en raison de questions inédites pour les professionnels de santé. L’exemple récent d’un service lancé aux États-Unis permettant de renouveler certaines prescriptions via un chatbot illustre à la fois les promesses et les zones d’ombre de cette révolution. Derrière l’amélioration de l’accès aux soins se profile une interrogation essentielle qui ne cesse de gagner en importance : celle de la responsabilité en cas d’erreur. Les outils d’aide à la décision et les chatbots médicaux participent désormais à la prise en charge des malades et peuvent être associés à des événements indésirables. Dès lors, la question n’est pas seulement de savoir si une erreur s’est produite, mais de déterminer s’il y a eu négligence et surtout d’identifier qui en porte la responsabilité : le clinicien qui utilise l’outil ou le concepteur qui l’a développé. La réponse, pour l’instant, reste relativement constante dans les milieux juridiques et médico-légaux. Tant que l’intelligence artificielle est considérée comme un instrument, elle s’inscrit dans la continuité des dispositifs médicaux classiques et le médecin endosse pleinement la responsabilité. En pratique, le professionnel de santé est censé conserver la maîtrise du raisonnement clinique. Il interprète les résultats produits par l’algorithme, les intègre à son analyse et valide ou non les suggestions générées par l’IA. Cette appropriation implique une responsabilité pleine et entière, avec une exigence renforcée de justification et de traçabilité. Utiliser un outil d’intelligence artificielle ne dispense pas de vigilance, bien au contraire. Il impose de s’appuyer sur des solutions validées, d’en connaître les limites et de vérifier les résultats dans la mesure du possible. Ce qui est rassurant, c’est que l’intelligence artificielle peut aussi contribuer à réduire le risque médico-légal. Certaines expériences, notamment dans des services d’urgence, ont montré une diminution des plaintes lorsque des outils d’analyse assistée sont utilisés, en particulier en imagerie. L’amélioration de la précision diagnostique et la standardisation des procédures participent à renforcer la sécurité des patients et à limiter les contentieux. Ce constat ne doit cependant pas masquer la complexité des situations où une erreur survient. Attribuer la responsabilité devient alors un exercice délicat. Les recommandations classiques, comme la vérification systématique des résultats, se heurtent parfois à la réalité du terrain. Lorsque l’intelligence artificielle analyse des quantités inimaginables de données ou de littérature, contrôler chaque élément peut annuler le gain de temps attendu. Le praticien doit choisir entre efficacité et exhaustivité. L’avenir pourrait rendre cette écomplexifier davantage cette équation. Le développement de systèmes de plus en plus autonomes, combinant intelligence artificielle et robotique, laisse entrevoir des scénarios où l’intervention humaine va s’amenuiser. Dans ces configurations, la distinction entre la responsabilité du médecin et celle du fabricant devra être clairement redéfinie, à l’image de ce qui existe déjà pour d’autres technologies médicales. Sur le plan juridique, les cadres actuels restent évolutifs. La mise en cause d’un fabricant pour défaut de produit est possible, mais difficile à établir. Quant à l’idée d’accorder une personnalité juridique à l’intelligence artificielle, elle demeure pour l’instant théorique, même si certains experts n’excluent pas qu’elle puisse émerger dans les années à venir. Un basculement est peut-être en train de s’opérer. Aujourd’hui, la responsabilité repose sur celui qui utilise l’intelligence artificielle. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, elle pourrait peser sur celui qui choisit de ne pas y recourir. Pour les professionnels de santé, l’enjeu n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle doit être intégrée, mais comment le faire de manière éclairée, sécurisée et responsable.
Abderrahim Derraji - 21 avril 2026 10:34Les 17 et 18 avril 2026, la ville de Saïdia a accueilli la vingt-deuxième édition des Journées pharmaceutiques du Syndicat régional des pharmaciens d’Oujda, placée sous le thème de la pharmacie à l’aube de 2030. Les organisateurs ont souhaité interroger la situation actuelle du secteur, ses défis majeurs et les orientations à privilégier pour accompagner l’évolution de la pharmacie d’officine. Dès la session inaugurale, les intervenants ont souligné le rôle central du pharmacien tout en alertant sur les risques que pourrait engendrer une éventuelle ouverture du capital des officines. Cette perspective suscite de vives inquiétudes quant à la pérennité de la profession et à la continuité des services de santé, notamment dans les quartiers périurbains et les zones les plus reculées. Le programme scientifique a ensuite permis d’aborder les mutations profondes qui traversent le secteur. La sécurisation de la dispensation des anticancéreux en officine a ouvert les débats, rappelant la nécessité d’un cadre strict pour les pratiques à haut risque. Parallèlement, l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’exercice quotidien s’est imposée comme un axe incontournable, illustrant l’entrée de la profession dans une nouvelle ère technologique. Ces avancées, bien que porteuses de progrès, interrogent également sur les nouvelles responsabilités et la transformation du métier. La table ronde consacrée à la pharmacie d’officine à l’horizon 2030 a constitué un moment fort de ces rencontres. Les échanges ont porté sur des dossiers structurants tels que la reconnaissance du droit de substitution, la révision des modèles de rémunération ou encore l’inspiration tirée des expériences européennes. Ces réflexions témoignent d’une volonté partagée d’anticiper les réformes nécessaires pour préserver la viabilité économique des officines tout en renforçant leur mission de santé publique. Au-delà de son volet scientifique, cet événement a servi de plateforme pour affirmer la visibilité et l’influence de la profession auprès des décideurs publics, tout en sensibilisant à l’importance d’un cadre réglementaire et économique adapté aux réalités du terrain. Les travaux se sont conclus par une série de recommandations, destinées à protéger le modèle officinal, à guider les politiques de santé et à accompagner les pharmaciens dans un environnement en pleine transformation. Parmi les priorités figure l’abandon définitif de la proposition du Conseil de la concurrence visant à ouvrir le capital des pharmacies. Les participants ont également plaidé pour une répartition équitable des médicaments des listes T3 et T4 entre toutes les officines, ainsi que pour la pleine application du projet de tour de garde numérisé à Oujda, afin de garantir un accès fluide aux médicaments lors des gardes. L’exploitation de l’intelligence artificielle a été encouragée pour optimiser la pratique officinale, en cohérence avec la finalisation prochaine du projet de Dossier Pharmaceutique Partagé. Cette démarche devra néanmoins s’accompagner de garde-fous stricts pour respecter la législation en vigueur et protéger à la fois les patients et leurs données de santé. Enfin, les professionnels ont rappelé l’urgence de concrétiser leur dossier revendicatif, en particulier sur la dispensation des dispositifs médicaux stériles, l’encadrement des compléments alimentaires, la révision du dahir de 1922 et l’instauration effective du droit de substitution.
Abderrahim Derraji - 21 avril 2026 10:31Un nouveau médicament développé par la biotech américaine Revolution Medicines suscite un réel espoir dans la prise en charge du cancer du pancréas, l’un des cancers les plus agressifs. Selon une étude récente relayée par Franceinfo, ce traitement expérimental, le daraxonrasib, permettrait de doubler la durée de survie des patients atteints de formes avancées de la maladie. Administré sous forme de comprimé et pris quotidiennement, il a été évalué chez 460 patients ayant été traités par chimiothérapie. Les résultats observés sont particulièrement marquants. La durée médiane de survie atteint 13,2 mois chez les patients traités avec ce médicament, contre 6,7 mois pour les patients ayant reçu une seconde ligne de chimiothérapie classique. Une performance jugée inédite par certains spécialistes. Le professeur Pascal Hammel, oncologue à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif, souligne qu’un tel niveau d’efficacité n’avait encore jamais été observé dans cette indication. Il met également en avant la bonne tolérance du traitement, avec des effets secondaires limités, ce qui constitue un avantage important dans une pathologie où les options thérapeutiques sont souvent lourdes et difficiles à supporter. Le daraxonrasib agit en ciblant une mutation spécifique appelée RAS, présente dans environ 90% des cancers du pancréas, mais aussi dans d’autres types de tumeurs comme les cancers du poumon ou colorectal. En inhibant cette mutation, le médicament s’attaque directement à un mécanisme clé du développement tumoral. Cette approche ciblée explique en partie les résultats prometteurs observés. Le cancer du pancréas reste un enjeu majeur de santé publique. En France, près de 16 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023. La maladie est souvent détectée à un stade tardif, ce qui réduit les chances de survie du patient. Environ la moitié des malades décèdent dans l’année suivant le diagnostic, et seuls 12 pour cent sont encore en vie cinq ans après. En Europe, il constitue déjà la quatrième cause de mortalité par cancer et pourrait prochainement atteindre la troisième place en raison de l’augmentation de son incidence. Plusieurs facteurs de risque sont identifiés, notamment le tabagisme, l’obésité, le diabète, une alimentation déséquilibrée, le vieillissement ou encore l’exposition à la pollution. Face à cette situation, les experts insistent sur l’importance de la prévention, en adoptant une hygiène de vie saine combinant activité physique régulière et alimentation équilibrée, de type méditerranéen.
Abderrahim Derraji - 21 avril 2026 10:23Le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris a été officiellement dissous par l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, à la suite d’une série de dysfonctionnements graves mis en évidence par plusieurs instances. Cette décision fait suite à un signalement du ministère de la Santé au procureur de la République de Paris, sur la base de constats établis par l’Inspection générale des finances. Le rapport évoque notamment des indemnités et frais insuffisamment justifiés, des dépenses élevées mal contrôlées, ainsi qu’un pilotage défaillant des ressources et du patrimoine, en plus de manquements aux règles de la commande publique. La situation du conseil parisien était également fragilisée par des décisions de justice administrative ayant, à deux reprises depuis mai 2024, annulé les élections destinées à renouveler une partie de ses membres. Cette instabilité a entraîné une dégradation du service rendu, aussi bien pour les médecins que pour les patients. Parmi les conséquences concrètes figurent des retards importants dans le traitement des demandes de transfert de médecins, susceptibles de perturber leur exercice professionnel. Par ailleurs, des manquements graves ont été relevés dans le suivi disciplinaire de certains membres condamnés pour des faits pénaux sérieux, ce qui a accentué les inquiétudes sur le fonctionnement de l’institution. Ces différents éléments ont conduit les autorités à considérer que le conseil n’était plus en mesure d’assurer correctement ses missions, portant ainsi atteinte à la crédibilité de la profession médicale à Paris. Avant de prononcer la dissolution, l’Agence régionale de santé a recueilli l’avis favorable du Conseil national de l’Ordre des médecins. La dissolution est effective depuis le 13 avril 2026. Dans l’attente de nouvelles élections, une délégation provisoire a été mise en place pour assurer la gestion courante. Par ailleurs, les investigations de l’Inspection générale des finances ne se limitent pas à l’Ordre des médecins. D’autres ordres professionnels sont également concernés par des critiques. Chez les chirurgiens-dentistes, une hausse significative des rémunérations et des indemnités est pointée, ainsi qu’un défaut de contrôle des avantages accordés par des entreprises, en raison notamment de défaillances informatiques. Du côté des pharmaciens, l’absence de poursuites disciplinaires dans certains cas d’avantages perçus et des situations potentielles de conflits d’intérêts ont été relevées. Face à ces constats, des réformes structurelles sont envisagées, notamment une centralisation accrue du pilotage pour améliorer la gouvernance et la transparence.
Abderrahim Derraji - 21 avril 2026 10:17
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