Article N° 8418
NOMA - NIGERIA
Nigeria : le noma regagne du terrain chez les enfants malnutris
Abderrahim Derraji - 22 septembre 2026 21:32Dans le nord du Nigeria, les professionnels de santé s’alarment en raison d’une augmentation des cas de noma, une maladie infectieuse rare mais extrêmement agressive qui touche surtout les jeunes enfants souffrant de malnutrition et vivant dans des conditions de grande précarité. À l’hôpital spécialisé de Sokoto, plus de 500 enfants ont été pris en charge entre 2023 et 2025, tandis que d’autres attendent toujours une chirurgie reconstructrice.
Le noma débute généralement par une inflammation de la gencive avant de progresser rapidement vers les tissus de la bouche et du visage. Sans traitement précoce, l’infection peut détruire en quelques jours les tissus mous, voire les structures osseuses, entraînant de lourdes séquelles fonctionnelles et esthétiques. Les enfants âgés de 2 à 6 ans sont particulièrement touchés.
La maladie est étroitement associée à la malnutrition sévère, à l’extrême pauvreté, au manque d’hygiène et à l’accès insuffisant aux soins. L’Organisation mondiale de la santé classe le noma parmi les maladies tropicales négligées. Son véritable poids reste difficile à mesurer, notamment parce que de nombreux cas surviennent dans des régions où l’accès aux structures sanitaires est limité.
Pourtant, lorsqu’il est diagnostiqué suffisamment tôt, le noma peut être efficacement combattu. Le traitement associe généralement antibiotiques, soins locaux des plaies, amélioration de l’hygiène buccale et soutien nutritionnel. À un stade avancé, les enfants survivants peuvent nécessiter plusieurs interventions de chirurgie reconstructrice pour retrouver des fonctions essentielles comme l’alimentation ou la parole.
Au Nigeria, Médecins Sans Frontières participe notamment à des campagnes de chirurgie reconstructrice gratuite. Mais les soignants insistent sur un enjeu prioritaire : intervenir avant l’apparition des destructions tissulaires irréversibles.
L’amélioration de la nutrition infantile, la sensibilisation des familles, la formation des professionnels de première ligne et l’orientation rapide vers les centres spécialisés pourraient permettre d’éviter une grande partie des mutilations provoquées par cette maladie pourtant évitable lorsqu’elle est prise en charge précocement.
Source : Associated Press
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