Article N° 8376
NOYADES
Prévenir les noyades : l’OMS dévoile sept mesures pour sauver des milliers de vies
Abderrahim Derraji - 28 juillet 2026 09:45À l'occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade, célébrée chaque année le 25 juillet, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté un nouveau programme technique destiné à aider les gouvernements et les collectivités à lutter plus efficacement contre un fléau encore largement sous-estimé. Baptisé PROTECT, ce cadre d'action rassemble sept stratégies fondées sur des preuves scientifiques afin de réduire durablement le nombre de décès liés à la noyade.
Chaque année, près de 300 000 personnes perdent la vie par noyade dans le monde. Cette cause de décès figure toujours parmi les dix premières chez les enfants âgés de 5 à 14 ans. Les drames surviennent aussi bien dans les rivières, les lacs et les puits que dans les réservoirs d'eau ou les piscines. Plus préoccupant encore, plus de 90 % des décès sont enregistrés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les infrastructures de sécurité et les dispositifs de prévention restent souvent insuffisants.
L'OMS souligne également que le changement climatique contribue à aggraver cette situation. Les vagues de chaleur, les inondations et les tempêtes, de plus en plus fréquentes, augmentent l'exposition des populations aux risques de noyade. Plusieurs études confirment ce lien. Au Royaume-Uni, par exemple, les chercheurs ont observé que le nombre de noyades augmente de 7,2 % pour chaque hausse de 1 °C de la température. Les journées où le thermomètre dépasse 25 °C présentent un risque de noyade près de cinq fois supérieur à celui observé lorsque la température reste inférieure à 10 °C.
Pour répondre à cette menace croissante, l'OMS propose le programme PROTECT, un ensemble de recommandations concrètes qui traduit en actions opérationnelles la Stratégie mondiale de prévention de la noyade lancée en 2025 par l'Alliance mondiale pour la prévention de la noyade.
Les sept axes d'intervention couvrent l'ensemble des situations à risque. Ils prévoient le développement d'infrastructures sécurisées aux abords des points d'eau, le renforcement des compétences en sauvetage et en réanimation, l'amélioration de la sécurité des travailleurs exposés aux milieux aquatiques, le renforcement des normes applicables au transport par voie d'eau, l'enseignement de la natation et des règles de sécurité aquatique dès le plus jeune âge, la mise en place de systèmes de surveillance des enfants et une meilleure préparation face aux inondations et aux autres catastrophes naturelles.
«Chaque noyade est une tragédie, et la plupart pourraient être évitées», rappelle le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS. Selon lui, la prévention de la noyade ne relève pas d'un seul ministère mais nécessite une mobilisation coordonnée des secteurs de la santé, de l'éducation, des transports, de la protection civile et des collectivités locales.
Le lancement officiel du programme PROTECT s'est déroulé au Ghana, un pays particulièrement concerné par cette problématique. On y estime qu'environ 1 100 personnes meurent chaque année par noyade, soit près de trois décès par jour, les enfants et les jeunes adultes étant les plus touchés. Ce choix illustre la volonté de l'OMS de mettre en avant les pays engagés dans des politiques ambitieuses de prévention afin d'encourager d'autres États à adopter des stratégies similaires.
Ce programme s'inscrit dans une collaboration engagée depuis plus de dix ans entre l'OMS, les gouvernements et Bloomberg Philanthropies, partenaire majeur de cette initiative depuis 2014. Pour la Dre Kelly Henning, responsable du programme de santé publique de la fondation, PROTECT constitue un outil capable de sauver des milliers de vies en aidant les pays à mettre en œuvre des mesures de prévention dont l'efficacité est désormais largement démontrée.
Placée sous le thème «S'unir pour inverser la tendance», la Journée mondiale de prévention de la noyade 2026 rappelle qu'une action collective et coordonnée demeure la meilleure réponse pour réduire durablement un nombre de décès qui reste, dans une très large majorité des cas, évitable.
Source : OMS
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