Article N° 8373

Analogue du GLP-1

Analogue du GLP-1 : Risque de chute de cheveux confirmé, mais généralement réversible

Abderrahim Derraji - 25 juillet 2026 10:57

Les agonistes des récepteurs du GLP-1, devenus incontournables dans le traitement du diabète de type 2 et de l'obésité, continuent de faire l'objet d'une surveillance étroite concernant leurs effets indésirables. Une nouvelle étude publiée dans «The BMJ» apporte un éclairage rassurant mais important: ces médicaments sont bien associés à un risque accru de chute de cheveux, mais cet effet reste rare et, dans la majorité des cas, réversible.

Le sémaglutide et le tirzépatide, largement utilisés pour favoriser la perte de poids et améliorer le contrôle glycémique, avaient déjà fait l'objet de nombreux témoignages de patients rapportant une perte de cheveux. Jusqu'à présent, les données scientifiques restaient limitées. Cette nouvelle étude confirme l'existence d'une association entre les traitements à base de GLP-1 et l'apparition d'une alopécie cliniquement diagnostiquée.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux électroniques de patients atteints de diabète de type 2 traités soit par un agoniste des récepteurs du GLP-1, soit par un inhibiteur de SGLT-2, soit par un inhibiteur de DPP-4. Les résultats montrent que les patients sous GLP-1 présentaient un risque de chute de cheveux supérieur de 37 % par rapport à ceux traités par un inhibiteur de SGLT-2 et de 68 % par rapport à ceux recevant un inhibiteur de DPP-4.

Ces pourcentages peuvent paraître élevés, mais ils doivent être interprétés avec prudence. Les auteurs insistent sur le fait que le risque absolu demeure faible. Autrement dit, la grande majorité des patients traités par ces médicaments ne développeront pas d'alopécie. De plus, les cas observés étaient le plus souvent réversibles, les follicules pileux n'étant pas détruits. Une repousse des cheveux est donc généralement possible après l’arrêt du traitement.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette alopécie. Les spécialistes rappellent qu'une perte de poids rapide constitue, à elle seule, un facteur bien connu de chute de cheveux. La diminution importante des apports caloriques peut entraîner un stress physiologique ainsi que des carences en micronutriments essentiels, notamment en fer, en zinc ou en biotine, susceptibles de perturber le cycle normal de croissance des cheveux. Les modifications hormonales induites par les agonistes des récepteurs du GLP-1 pourraient également intervenir, même si leur rôle exact reste à démontrer.

Au-delà de son caractère bénin sur le plan médical, la chute de cheveux peut avoir un impact psychologique important. Elle est susceptible d'altérer l'image de soi, la qualité de vie et, surtout, l'adhésion au traitement. Pour cette raison, les auteurs estiment que les patients doivent être informés de ce risque potentiel avant le démarrage du traitement, sans pour autant remettre en cause les bénéfices majeurs des agonistes des récepteurs du GLP-1 dans la prise en charge du diabète, de l'obésité et de la prévention des complications cardiovasculaires.

Les chercheurs concluent que des études complémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes responsables de cette alopécie et identifier les patients les plus susceptibles de présenter cet effet indésirable.

Source : The BMJ