Article N° 8349
Montélukast - Cancer
Le montélukast à la rescousse de l’immunothérapie
Abderrahim Derraji - 31 mai 2026 07:54Des chercheurs de la Northwestern Medicine à Chicago ont mis en évidence une piste thérapeutique prometteuse pour le traitement de plusieurs cancers agressifs en s’appuyant sur un médicament déjà largement utilisé contre l’asthme et les allergies. Il s’agit du montélukast, un antiasthmatique appartenant à la famille des antileucotriènes, qui agit en bloquant le récepteur CysLTR1, une molécule impliquée dans les phénomènes inflammatoires.
Les travaux menés par ces chercheurs ont révélé que de nombreuses tumeurs exploitent ce récepteur afin d’échapper aux défenses immunitaires de l’organisme. En activant CysLTR1, les cellules cancéreuses favorisent la production de neutrophiles particuliers capables de freiner l’action du système immunitaire. Ce mécanisme crée un environnement favorable au développement tumoral et réduit l’efficacité des traitements anticancéreux, notamment de l’immunothérapie.
Les chercheurs ont étudié plusieurs modèles expérimentaux de cancers particulièrement agressifs, notamment le cancer du sein triple négatif, le mélanome, les cancers de l’ovaire, du côlon et de la prostate. Dans ces modèles, ils ont soit supprimé génétiquement le gène responsable de l’expression de CysLTR1, soit utilisé des médicaments capables de bloquer ce récepteur, dont le montélukast. Les résultats ont montré un ralentissement significatif de la croissance des tumeurs, une amélioration de la survie des animaux et une meilleure réponse aux traitements d’immunothérapie.
L’équipe a également analysé des cellules immunitaires humaines. Là encore, le blocage de CysLTR1 a empêché la formation de neutrophiles immunosuppresseurs, confirmant le rôle central de cette voie dans la capacité des cancers à neutraliser les défenses naturelles de l’organisme.
Afin de valider leurs observations, les chercheurs ont examiné des échantillons de tumeurs humaines ainsi que plusieurs bases de données publiques consacrées au cancer. Ils ont constaté que les patients présentant une forte activité du récepteur CysLTR1 avaient généralement un pronostic moins favorable, une survie plus courte et une réponse plus limitée aux immunothérapies, quel que soit le type de cancer étudié.
Cette découverte présente un intérêt particulier car le montélukast est déjà autorisé et largement utilisé depuis de nombreuses années. Son profil de sécurité est bien connu, ce qui pourrait accélérer son évaluation dans le cadre d’essais cliniques en oncologie. Les chercheurs estiment ainsi qu’il pourrait rapidement être testé chez des patients atteints de cancers agressifs afin d’améliorer l’efficacité de l’immunothérapie. Cette approche pourrait être particulièrement intéressante pour des cancers difficiles à traiter, comme le cancer du sein triple négatif, où les besoins thérapeutiques demeurent importants.
Source : leprogres.fr
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