Article N° 8347

APNÉE DU SOMMEIL

Apnée du sommeil : vers une alternative médicamenteuse au masque respiratoire

Abderrahim Derraji - 31 mai 2026 07:43

L’apnée obstructive du sommeil toucherait près d’un milliard de personnes à travers le monde, dont une grande partie n’est pas diagnostiquée. Cette maladie se caractérise par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, entraînant fatigue, somnolence diurne et augmentation du risque cardiovasculaire. Jusqu’à présent, le traitement de référence repose sur la pression positive continue (PPC), un dispositif qui maintient les voies respiratoires ouvertes grâce à un masque. Toutefois, de nombreux patients supportent difficilement cet équipement ou refusent de l’utiliser.


Une étude de phase 3 publiée en mai 2026 dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine a évalué un traitement oral expérimental baptisé AD109. L’essai baptisé SynAIRgy mené dans 69 centres aux États-Unis et au Canada, a inclus 646 adultes souffrant d’apnée obstructive du sommeil légère à sévère et ayant échoué au traitement par PPC ou refusé son utilisation.

AD109 associe deux molécules, l’aroxybutynine et l’atomoxétine. Contrairement au masque respiratoire qui agit mécaniquement, ce traitement cible directement le mécanisme neuromusculaire responsable de l’obstruction des voies aériennes supérieures. Il stimule les muscles de la gorge afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil et de prévenir leur affaissement, sans perturber l’architecture normale du sommeil.

Après 26 semaines de traitement, les résultats montrent une diminution de 44,1 % des événements d’apnée chez les patients traités, contre 17,6 % dans le groupe placebo. Plus remarquable encore, près de 18 % des participants ont atteint une rémission complète, avec un indice d’apnée-hypopnée inférieur à cinq événements par heure. Les chercheurs ont également observé une amélioration de l’oxygénation nocturne et une réduction significative de la fatigue diurne, contribuant ainsi à une meilleure qualité de vie.

Comme tout traitement, AD109 n’est pas dénué d’effets indésirables. Les plus fréquents sont la sécheresse buccale, l’insomnie et les nausées. Environ 21 % des patients ont interrompu le traitement pour cette raison. Malgré cela, les spécialistes considèrent ces résultats encourageants compte tenu des difficultés d’observance associées au traitement par PPC. Grâce à ces données prometteuses, AD109 bénéficie désormais d’une procédure d’évaluation accélérée. Une autorisation de mise sur le marché est attendue au premier trimestre 2027, ouvrant la voie à une alternative thérapeutique simple et prometteuse pour les patients souffrant d’apnée du sommeil.

Source : medisite.fr