Article N° 8330

Maldie de Parkinson - Microbiote

Microbiote intestinal et Parkinson une avancée qui pourrait changer la donne

Abderrahim Derraji - 26 avril 2026 12:08

Une équipe internationale pilotée par University College London, avec la participation de INRAE, a mis en évidence une signature spécifique du microbiote intestinal associée à la maladie de Parkinson. Publiés dans Nature Medicine, ces travaux ouvrent des perspectives inédites en matière de dépistage précoce et de prévention.

La maladie de Parkinson, dont la prévalence a doublé en 25 ans selon l’Organisation mondiale de la santé, reste aujourd’hui difficile à diagnostiquer précocement. Si le vieillissement constitue le principal facteur de risque, des prédispositions génétiques existent, notamment liées au gène GBA. Pourtant, seule une minorité des porteurs développe effectivement la maladie, ce qui souligne la complexité des mécanismes en jeu et la nécessité d’identifier de nouveaux marqueurs prédictifs.

C’est dans ce contexte que les chercheurs ont étudié le microbiote intestinal de 464 individus au Royaume-Uni et en Italie, dont 271 patients atteints de la maladie de Parkinson. Leur approche repose sur une méthode d’analyse innovante qui ne se limite pas à l’étude des espèces bactériennes isolées, mais s’intéresse aux interactions entre les différentes communautés microbiennes. Cette lecture globale permet de mieux comprendre les déséquilibres du microbiote en lien avec la maladie.

Les résultats sont particulièrement marquants. Les patients atteints de Parkinson présentent des altérations spécifiques de leur microbiote, caractérisées par des variations coordonnées de groupes de bactéries. Plus la maladie progresse, plus ces altérations sont importantes, atteignant des niveaux jusqu’à quinze fois supérieurs chez les patients aux stades avancés. Cette signature a été retrouvée de manière cohérente dans plusieurs cohortes internationales, notamment aux États-Unis, en Corée du Sud et en Turquie, confirmant son caractère robuste et universel.

L’étude va encore plus loin en montrant que ces anomalies sont également détectables chez des individus à risque, avant même l’apparition des symptômes. Chez les personnes présentant une prédisposition génétique, des altérations similaires, mais moins marquées, ont été observées. Plus frappant encore, certains individus sans prédisposition génétique mais présentant des déséquilibres importants du microbiote montraient déjà des signes cliniques évocateurs, suggérant un risque accru de développer la maladie.

Ces résultats renforcent l’hypothèse d’un rôle clé de l’axe intestin cerveau dans la physiopathologie de la maladie de Parkinson. Ils ouvrent surtout la voie à de nouvelles stratégies de dépistage basées sur l’analyse du microbiote intestinal, avec l’espoir d’identifier les individus à risque bien avant l’apparition des symptômes.

Enfin, l’étude souligne l’impact potentiel du mode de vie. Les patients ayant une alimentation équilibrée présentaient des altérations moins sévères du microbiote et des symptômes plus modérés. Ces observations rejoignent celles d’autres travaux suggérant qu’un régime de type méditerranéen pourrait ralentir la progression de la maladie.

À terme, cette découverte pourrait transformer la prise en charge de la maladie de Parkinson en introduisant une dimension préventive et personnalisée, où le microbiote deviendrait un biomarqueur clé et une cible thérapeutique à part entière.

Source : inrae.fr