Article N° 8324

SRPO - Journées pharmaceutiques - Saïdia

Journées pharmaceutique du SRPO : La pharmacie à l’aube de 2030

Abderrahim Derraji - 21 avril 2026 10:31

Les 17 et 18 avril 2026, la ville de Saïdia a accueilli la vingt-deuxième édition des Journées pharmaceutiques du Syndicat régional des pharmaciens d’Oujda, placée sous le thème de la pharmacie à l’aube de 2030. Les organisateurs ont souhaité interroger la situation actuelle du secteur, ses défis majeurs et les orientations à privilégier pour accompagner l’évolution de la pharmacie d’officine.

Dès la session inaugurale, les intervenants ont souligné le rôle central du pharmacien tout en alertant sur les risques que pourrait engendrer une éventuelle ouverture du capital des officines. Cette perspective suscite de vives inquiétudes quant à la pérennité de la profession et à la continuité des services de santé, notamment dans les quartiers périurbains et  les zones les plus reculées.

Le programme scientifique a ensuite permis d’aborder les mutations profondes qui traversent le secteur. La sécurisation de la dispensation des anticancéreux en officine a ouvert les débats, rappelant la nécessité d’un cadre strict pour les pratiques à haut risque. Parallèlement, l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’exercice quotidien s’est imposée comme un axe incontournable, illustrant l’entrée de la profession dans une nouvelle ère technologique. Ces avancées, bien que porteuses de progrès, interrogent également sur les nouvelles responsabilités et la transformation du métier.

 


La table ronde consacrée à la pharmacie d’officine à l’horizon 2030 a constitué un moment fort de ces rencontres. Les échanges ont porté sur des dossiers structurants tels que la reconnaissance du droit de substitution, la révision des modèles de rémunération ou encore l’inspiration tirée des expériences européennes. Ces réflexions témoignent d’une volonté partagée d’anticiper les réformes nécessaires pour préserver la viabilité économique des officines tout en renforçant leur mission de santé publique. Au-delà de son volet scientifique, cet événement a servi de plateforme pour affirmer la visibilité et l’influence de la profession auprès des décideurs publics, tout en sensibilisant à l’importance d’un cadre réglementaire et économique adapté aux réalités du terrain.

Les travaux se sont conclus par une série de recommandations, destinées à protéger le modèle officinal, à guider les politiques de santé et à accompagner les pharmaciens dans un environnement en pleine transformation. Parmi les priorités figure l’abandon définitif de la proposition du Conseil de la concurrence visant à ouvrir le capital des pharmacies. Les participants ont également plaidé pour une répartition équitable des médicaments des listes T3 et T4 entre toutes les officines, ainsi que pour la pleine application du projet de tour de garde numérisé à Oujda, afin de garantir un accès fluide aux médicaments lors des gardes.

L’exploitation de l’intelligence artificielle a été encouragée pour optimiser la pratique officinale, en cohérence avec la finalisation prochaine du projet de Dossier Pharmaceutique Partagé. Cette démarche devra néanmoins s’accompagner de garde-fous stricts pour respecter la législation en vigueur et protéger à la fois les patients et leurs données de santé. Enfin, les professionnels ont rappelé l’urgence de concrétiser leur dossier revendicatif, en particulier sur la dispensation des dispositifs médicaux stériles, l’encadrement des compléments alimentaires, la révision du dahir de 1922 et l’instauration effective du droit de substitution.

Source : PharmaNEWS