Article N° 8302
Réseaux sociaux - Santé mentale
Santé mentale : les réseaux sociaux source de désinformation
Abderrahim Derraji - 22 mars 2026 23:05Une étude récente met en évidence un phénomène préoccupant concernant la diffusion d’informations sur la santé mentale sur les réseaux sociaux. Selon les chercheurs, plus de la moitié des publications consacrées à des troubles comme l’autisme, le TDAH, la schizophrénie, le trouble bipolaire, la dépression, les troubles alimentaires, l’anxiété ou les phobies contiennent des informations inexactes ou insuffisamment fondées scientifiquement. L’analyse de 27 études portant sur environ 5 000 contenus publiés sur différentes plateformes révèle que le taux de désinformation peut atteindre 56 %, ce qui souligne l’ampleur du problème dans un environnement où les contenus se diffusent rapidement et touchent un public très large.
Les résultats montrent que la désinformation varie selon les plateformes et les thématiques abordées. TikTok apparaît comme la plateforme où la proportion d’informations trompeuses est la plus élevée, notamment concernant la neurodivergence, comme l’autisme ou le TDAH. Sur cette plateforme, plus de la moitié des vidéos liées au TDAH et plus de 40 % de celles consacrées à l’autisme comporteraient des informations discutables ou erronées. En comparaison, les taux relevés sur YouTube et Facebook sont globalement plus faibles, bien que la présence de contenus inexacts reste significative. Les chercheurs soulignent que les formats courts et attractifs peuvent favoriser la viralité de messages simplifiés ou inexacts, parfois présentés comme des conseils médicaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les réseaux sociaux sont devenus une source importante d’information pour les jeunes. Selon l’Organisation mondiale de la santé, un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans souffre d’un trouble mental, ce qui représente une part importante de la charge mondiale de morbidité dans cette tranche d’âge. La dépression, l’anxiété et les troubles du comportement figurent parmi les principales causes de maladie et de handicap chez les adolescents. Dans ce contexte, de nombreux jeunes utilisent les plateformes numériques pour mieux comprendre leurs symptômes et tenter d’identifier un éventuel diagnostic.
Si cette démarche peut constituer une première étape vers une meilleure compréhension de soi, les chercheurs insistent sur la nécessité d’une évaluation clinique réalisée par un professionnel de santé qualifié. Les contenus inexacts peuvent en effet conduire à interpréter à tort des comportements courants comme des signes de troubles graves, ce qui peut générer de l’inquiétude inutile ou retarder la prise en charge adaptée. La diffusion d’informations non fondées peut également renforcer la stigmatisation associée aux maladies mentales et décourager certaines personnes de consulter.
Les plateformes concernées contestent toutefois certains aspects de l’étude. TikTok affirme que ses politiques visent à supprimer les contenus trompeurs et à promouvoir des informations provenant de sources fiables, notamment de l’OMS. De son côté, YouTube indique mettre en avant des contenus issus de professionnels de santé et appliquer des mesures spécifiques pour protéger les adolescents contre la désinformation médicale. Malgré ces engagements, les chercheurs estiment nécessaire de renforcer la qualité de l’information en ligne afin d’éviter que les réseaux sociaux ne deviennent une source de confusion plutôt qu’un outil d’éducation à la santé.
Source : euronews.com
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