Article N° 8273

VACCIN - CANCER

Quand le vaccin devient un traitement contre le cancer

Abderrahim Derraji - 03 février 2026 17:05
Les vaccins anticancéreux connaissent un essor majeur et sont en train de transformer profondément le paysage de l’oncologie. Longtemps cantonnés à la prévention de certains cancers d’origine virale, ils s’imposent désormais comme de véritables outils thérapeutiques, capables de traiter des tumeurs déjà installées en mobilisant le système immunitaire du patient. Cette évolution marque un changement de paradigme dans la prise en charge du cancer.
 
Les vaccins prophylactiques contre le papillomavirus humain (HPV) et l’hépatite B ont déjà démontré leur efficacité dans la prévention de cancers tels que celui du col de l’utérus, certains cancers ORL ou le cancer du foie. Aujourd’hui, de nouveaux vaccins dits thérapeutiques visent à entraîner le système immunitaire à reconnaître et détruire des cellules tumorales existantes. Des travaux récents, notamment publiés dans The Lancet par des équipes du Mount Sinaï de New York, mettent en lumière ces avancées prometteuses.
 
En situation adjuvante, notamment dans le mélanome et le cancer du pancréas, ces vaccins permettent de réduire la maladie résiduelle minimale et de diminuer le risque de rechute après un traitement initial. Dans des contextes plus avancés, y compris en cas de maladie métastatique, certaines stratégies vaccinales administrées directement au niveau tumoral ont montré des régressions systémiques, y compris dans des cancers du poumon, du sein ou dans certains lymphomes. L’intérêt scientifique est considérable, comme en témoignent les plus de 200 essais cliniques actuellement en cours à travers le monde.
 
Malgré ces avancées, des défis persistent. Certains cancers restent faiblement immunogènes, limitant l’efficacité des vaccins. Des obstacles réglementaires et industriels, notamment liés à la personnalisation et à la production des vaccins à ARNm, devront être surmontés. L’enjeu de l’accès équitable à ces innovations revêt une importance capitale. 
 
À l’avenir, le développement de plateformes vaccinales plus puissantes et leur intégration avec les immunothérapies et les thérapies cellulaires pourraient améliorer significativement la survie et la qualité de vie des patients. Les vaccins anticancéreux s’imposent ainsi comme un pilier majeur et en pleine expansion de la lutte contre le cancer.

Source : Univadis