Article N° 8262
PHARMACIE : FERMETURE DEFINITIVE
France : 2 500 officines ont baissé le rideau en dix ans
Abderrahim Derraji - 16 janvier 2026 06:02Le réseau officinal français connaît depuis une dizaine d’années une diminution significative du nombre de pharmacies sur l’ensemble du territoire.
Selon les données récemment publiées par le GERSData, entre 2015 et 2025, le nombre d’officines a reculé de 10,9 % au niveau national, soit environ 2500 pharmacies qui ont cessé leurs activités en dix ans. L’année 2025 s’inscrit dans cette même tendance, avec un rythme moyen d’environ vingt fermetures par mois, ce qui représente près de 250 officines par an. D’après les projections, cette érosion devrait se poursuivre dans les prochaines années avant d’atteindre une phase de stabilisation autour de 17000 officines à l’horizon 2035.
Derrière cette baisse globale se cache toutefois une réalité beaucoup plus contrastée selon les régions. L’évolution du maillage officinal apparaît très hétérogène, certaines zones parvenant à mieux résister à la diminution du nombre de pharmacies. C’est notamment le cas de l’Alsace, qui n’enregistre qu’une baisse marginale de 0,9 % sur la décennie. D’autres régions comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Languedoc-Roussillon affichent également des reculs relativement contenus, respectivement de 5,3 % et 6,5 %. À l’inverse, plusieurs territoires sont confrontés à une érosion bien plus marquée. La Bourgogne et le Limousin figurent parmi les régions les plus touchées, avec des baisses supérieures à 15 %, suivies par la Basse-Normandie, le Centre et la Bretagne, où environ une officine sur six a disparu en dix ans.
Ces disparités territoriales traduisent une fragilisation accrue du maillage officinal, en particulier dans des zones déjà vulnérables sur le plan de l’offre de soins, comme le centre de la France et les territoires ruraux. Les régions qui ont subi les plus fortes diminutions continuent d’ailleurs, en 2025, d’enregistrer des taux de fermeture supérieurs à la moyenne nationale, ce qui accentue les déséquilibres territoriaux et pose la question de l’accès de la population aux services pharmaceutiques de proximité.
Paradoxalement, cette baisse du nombre de pharmacie s’accompagne d’une augmentation continue du chiffre d’affaires moyen par officine. Celui-ci est passé d’environ 1,7 million
d’euros il y a dix ans à près de 2,5 millions d’euros aujourd’hui, avec une progression annuelle estimée entre 100000 et 200000 euros. Toutefois, cette hausse masque des inégalités croissantes entre officines, fortement dépendantes de leur localisation, de la densité médicale environnante et dudynamisme économique local.
Source : lemoniteurdespharmacies.fr
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