Article N° 5922

ANTIBIORESISTANCE

Lutte contre l’antibiorésitance : et si on passait à l’action… ?

Abderrahim DERRAJI - 07 janvier 2018 22:25

La Société marocaine d’infectiologie pédiatrique et de vaccinologie (SOMIPEV) a organisé, vendredi 5 janvier, un séminaire sur le bon usage des antibiotiques.

Cette rencontre, qui a eu lieu à Casablanca, a permis à une trentaine d’experts et de professionnels de la santé de se pencher sur l’antibiorésistance, phénomène qui constitue un réel défi aussi bien pour le Maroc que pour le reste du monde.


Lors de ce séminaire, le Pr Robert COHEN, pédiatre et infectiologue au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, a exposé l’expérience française en matière de lutte contre l’antibiorésistance. Les résultats obtenus, que cet expert a qualifié de positifs, sont le fruit d’une volonté politique claire qui a permis de mener une stratégie multisectorielle avec des actions concrètes en faisant de la communication sa pierre angulaire.

Lors de sa présentation, le Pr Robert COHEN, et après avoir rappelé la corrélation entre la consommation des antimicrobiens et l’antibiorésistance, a mis la lumière sur bon nombre de réalités que de nombreux professionnels de santé ont tendance à oublier :
Tout d’abord, l’extrême gravité de la situation, ensuite le recours injustifié aux antibiotiques dans le traitement de nombreuses affections, et enfin l’iatrogénie des antibiotiques qui doit être prise en considération. En effet, ces médicaments peuvent induire des effets indésirables immédiats et/ou favoriser l’apparition, à moyen ou à long terme, de pathologies telles que les allergies, le diabète, l’obésité et les maladies auto-immunes.


                                                                                                                                                          Pr. Robert COHEN            

La présentation du Pr Robert COHEN a été suivie d’une série de présentations de professionnels marocains qui ont, à leur tour, mis l’accent sur la gravité de la situation et sur l’importance de passer à des actions concrètes dans le cadre d’une approche intégrée et multisectorielle de prévention et de contrôle de l’antibiorésistance. Cette stratégie, qui doit être en phase avec les institutions mondiales telles que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et la FAO (agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), gagnerait à impliquer tous les acteurs de la santé.

Comme l’a rappelé le Pr Robert COHEN, les sociétés savantes comme la SOMIPEV ont un rôle capital à jouer pour convaincre les décideurs politiques et pour initier une dynamique dont la finalité est de responsabiliser les acteurs de santé à un usage rationnel des antibiotiques.

En attendant, on ose espérer que les professionnels de santé prennent conscience des enjeux en question et évitent la dilapidation de ce «bien commun de l’humanité» que constituent les antibiotiques.

Source : PMA

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