PHARMANEWS
La lettre hebdomadaire de pharmacie.ma
N°712 10 décembre 2023
26196 Destinataires
ESSENTIALE 10 OCTOBRE 2023
[ ÉDITORIAL ]
FMIIP Pharmaday 2023 : La souveraineté sanitaire en question

Le 6 décembre 2023, l'École SupTech Santé de Mohammedia a accueilli la cinquième édition du FMIIP Pharmaday, organisée sous l’égide du ministère de la Santé et de la protection sociale, ainsi que du ministère de l’Industrie et du commerce. Le thème central de cette édition a été «Investissements et innovation dans l'industrie pharmaceutique : Quelles opportunités pour la souveraineté sanitaire nationale et continentale ?»

Dans son discours inaugural, le Dr Mohamed El Bouhmadi, président de la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques (FMIIP), a souligné l'importance cruciale de la souveraineté sanitaire à une époque marquée par des conflits géostratégiques et une multiplication des risques de crises sanitaires. La pandémie de la Covid-19 a mis en évidence le rôle important d'une industrie pharmaceutique robuste dans la préservation de la santé et de la sécurité des citoyens.

En garantissant un approvisionnement adéquat du marché, l'industrie pharmaceutique marocaine a contribué à atténuer les effets néfastes de la pandémie.

Le Dr El Bouhmadi a souligné l'impératif pour les acteurs industriels d'investir davantage dans l'outil industriel pharmaceutique, les nouvelles technologies et la digitalisation, tout en encourageant l'innovation.

 

Ces investissements ne se limitent pas à assurer la santé publique, mais ils sont également des moteurs de développement économique. Ils favorisent la création d'emplois, stimulent la Recherche & Développement (R&D), et participent à la concrétisation de la stratégie nationale d'industrialisation adoptée grâce à la Charte d'investissement du 26 janvier 2023. Cette stratégie met l'accent sur le renforcement de la souveraineté sanitaire et de l'innovation, tout en créant les conditions propices à l'attraction de nouveaux investissements.

Le président de la FMIIP a, par ailleurs, mis l’accent sur les défis à relever, notamment au niveau de la réglementation, qui doit s'adapter à la dynamique du secteur pharmaceutique. D'autres contraintes économiques, telles que l'augmentation des coûts liés à la main-d'œuvre, aux matières premières, à l'énergie, à l'inflation et à la fiscalité, doivent également être prises en considération pour préserver la compétitivité du tissu industriel pharmaceutique marocain.

 

Par son discours lu par le Dr Mrabti, directeur du Médicament et de la pharmacie, le ministre de la Santé a rappelé que le médicament est une ressource stratégique qui représente l'un des principaux leviers du développement industriel et un puissant moyen de régulation de l’assurance maladie et des dépenses globales de la santé. La Haute Autorité de la santé, l’Agence nationale du médicament et l’Agence nationale du sang et de ses dérivés, ainsi que les Groupements territoriaux de santé, seront des éléments essentiels qui vont, sans nul doute, contribuer à la réussite de la généralisation de la couverture médicale au Maroc.

Le ministre de l’Industrie a insisté dans le discours qu’il a transmis aux participants du FMIIP Pharmaday sur l’importance qu’accorde son département à la R&D et à l’innovation. Quant à M. André Azoulay, dont le discours a été prononcé par le Pr Hicham Medromi, délégué du président de la Fondation de recherche, de développement et d’innovation en sciences et ingénierie (Frdisi), il a à son tour insisté sur l’importance de la souveraineté sanitaire tout en rappelant que le volet social devrait prévaloir sur le volet économique.

 

La séance inaugurale a laissé place à deux tables rondes. La première avait pour thème «Stratégie nationale d’industrialisation : Opportunité pour l’industrie pharmaceutique». Quant à la seconde, elle avait pour thème : «Quelles sont les clés de réussite des réformes du secteur pharmaceutique ?»
 

Les experts qui ont animé la première séance ont mis en avant le rôle du Conseil de la concurrence que Ahmed Rahhou, président de cette même institution, a comparé à un «arbitre» dont la tâche est de veiller à ce que les règles soient respectées. L’apport de ce Conseil permet d’éviter les pénuries, garantir la qualité, favoriser l’innovation tout en permettant de baisser les prix.

Comme l’a rappelé M. Ahmed Rahhou, le Conseil de la concurrence doit veiller à ce que certains privilèges ne constituent pas un biais concurrentiel. Il a également exhorté les acteurs de l’industrie pharmaceutique à saisir le Conseil chaque fois qu’ils estiment qu’une disposition légale ou autre compromettent la libre concurrence.

La présentation du président du Conseil de la concurrence a été suivie par celle de Youssef Tber, directeur investissement et export à l’AMDIE (Agence marocaine de développement des investissements et des exportations).

Ce dernier a loué les avantages que présente la nouvelle Charte de l’investissement. Celle-ci permet de «fluidifier l’investissement» et d’améliorer «le climat des affaires» au Maroc. Cet expert a également rappelé les différents mécanismes mis en place afin d’accompagner les investisseurs.

La Dre Lamia Tazi, vice-présidente générale de la FMIIP, a, à son tour, rappelé la résilience dont a fait preuve l’industrie pharmaceutique lors de la pandémie Covid-19. Elle a également présenté certaines doléances des industriels, à commencer par la préférence nationale concernant les appels d’offres relatifs aux marchés publics. D’après la Dre Lamia Tazi, sans la mise en place d’une procédure accélérée d’octroi d’AMM (Autorisation de mise sur le marché) des médicaments génériques et le maintien de certaines dispositions favorisant les produits importés au détriment de ceux fabriqués localement, le Royaume hypothèque ses chances d’atteindre la souveraineté en médicaments.

 

Younes Hilali, directeur général des laboratoires Marbio, a souligné que le tout premier vaccin à sortir de l’unité de production de Ben Slimane sera celui contre le pneumocoque. Ce nouveau site répondra aux besoins en vaccins du Royaume et pourrait, en cas de réussite des pourparlers avec l’Unicef, Alliance GAVI et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en fournir à d’autres pays du continent africain, dont les besoins sont considérables.

Le dernier intervenant du premier panel est le Pr Hicham Medromi qui a insisté sur le rôle déterminant que peut jouer la Recherche & Développement pour atteindre la souveraineté nationale en matière de médicaments. Selon le délégué du président de la Frdisi, les contraintes de la R&D ne sont pas principalement d’ordre économique. Il a conclu son intervention en regrettant l’absence d’organismes dédiés au transfert technologique, éléments cruciaux pour faciliter la collaboration entre chercheurs et industriels.
 

Au cours de la seconde table ronde, le Dr Aziz Mrabti, directeur du médicament et de la pharmacie, a dressé un tableau des grands chantiers du secteur de la santé entrepris par le Maroc. Ces chantiers visent principalement à améliorer la gouvernance et à revaloriser le capital humain en tirant profit des partenariats public-privés. Le directeur du Médicament et de la pharmacie a également souligné l'importance que le ministère de la Santé accorde à la souveraineté sanitaire. Celle-ci ne peut se concrétiser sans une politique pharmaceutique nationale privilégiant la production locale de médicaments. Le Dr Mrabti a également informé l’assistance du projet de PPN 2024-2028 actuellement en cours de finalisation.

Quant à la Dre Maryam Bigdelli, représentante de l’OMS au Maroc, elle a insisté sur l’importance d'adapter en permanence la réglementation, compte tenu de la complexité de l’économie du médicament. Elle a également souligné l’importance de la transparence et le rôle crucial de la PPN, qui doit permettre l’accès aux médicaments, en particulier pour les populations les plus vulnérables.

Dre Hanan Sboul, secrétaire générale de la JAPM (Jordanian Association of Pharmaceutical Manufacturers), a centré sa présentation sur l’approche adoptée par son pays pour garantir le développement de son industrie pharmaceutique malgré la taille restreinte de son marché local. Selon cette experte, la Jordanie est devenue un leader en industrie pharmaceutique grâce à une approche collaborative et à un cadre légal dynamique.

La dernière présentation a été assurée par Dr Othoman Mellouk, qui s'est penché sur les obstacles à l'accès aux soins pouvant découler d'une «surprotection» souvent injustifiée des brevets, retardant ou compliquant l'accès à certains traitements vitaux.

Pour conclure, l'édition 2023 de la FMIIP Pharmaday a tenu toutes ses promesses. Les recommandations qui en ont découlé contribueront à dynamiser le secteur, une condition essentielle pour parvenir à la souveraineté pharmaceutique et assurer un approvisionnement en médicaments, en phase avec l'augmentation attendue de la consommation liée à la généralisation de la couverture médicale.

Revue de presse
Un candidat médicament pourrait permettre de lutter contre les overdoses de fentanyl Un candidat médicament pourrait permettre de lutter contre les overdoses de fentanyl

Un médicament expérimental appelé CSX-1004, développé par la société Cessation Therapeutics, pourrait offrir une solution aux overdoses de fentanyl, un opioïde responsable de la crise des opioïdes qui sévit aux États-Unis.

Testé sur des singes, le médicament, un anticorps, se lie rapidement au fentanyl, empêchant son accès au cerveau.

Les études précliniques ont montré qu'une dose quinze fois supérieure de fentanyl était nécessaire pour provoquer une dépression respiratoire qui est provoquée par l'overdose chez les animaux traités.

Le CSX-1004 a également atténué les effets antidouleur du fentanyl, suggérant un potentiel traitement de la dépendance. Cependant, l'anticorps est spécifique au fentanyl et ne peut pas agir sur d'autres opioïdes comme l’héroïne ou l’oxycodone.
Source : Courrier international

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Un cas humain de grippe porcine au Royaume-Uni Un cas humain de grippe porcine au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l'Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a signalé le premier cas humain de grippe porcine A(H1N2)v, une souche similaire à celle circulant chez les porcs.

Les infections humaines par ce virus sont sporadiques, survenant après une exposition directe ou indirecte à des porcs ou à des environnements contaminés.

Depuis 2005, seulement 50 cas de grippe A(H1N2)v chez l'homme ont été signalés dans le monde. Le cas détecté au Royaume-Uni appartient à un clade distinct. Les chercheurs évaluent actuellement ses caractéristiques et le risque pour la santé humaine.

La personne infectée s'est rétablie, mais la source de l'infection reste inconnue. Des enquêtes sont en cours pour déterminer la façon dont elle a contracté le virus.
 

Des élevages de porcs à proximité sont examinés, bien que la personne n'ait signalé aucune exposition directe à des porcs. Les autorités soulignent que la grippe A(H1N2)v est généralement légère à modérée, avec des symptômes qui durent de 3 à 5 jours. Les complications graves sont rares.

En 2009, la grippe porcine A H1N1(pdm09) avait provoqué une pandémie, mais elle circule maintenant de manière saisonnière chez l'homme, distincte des souches porcines actuelles.
Source : Univadis

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Un premier dispositif médical de télésurveillance pris en charge Un premier dispositif médical de télésurveillance pris en charge

La télésurveillance médicale pourrait connaître un nouvel essor depuis l'officialisation par l'Assurance maladie du dispositif numérique Cureety Techcare.

Ce dispositif est destiné à la télésurveillance des patients adultes atteints de cancers spécifiques. Il permet le recueil de symptômes via une application mobile.

Les opérateurs de télésurveillance, composés de médecins spécialisés en oncologie, d'infirmiers et de pharmaciens, suivent les alertes et adaptent les traitements en conséquence.

Les patients reçoivent des messages selon le niveau d'alerte, et la tarification pour cette télésurveillance varie en fonction de la file active de patients, avec un forfait mensuel par patient.

La télésurveillance médicale vise à améliorer la prise en charge des patients atteints de cancers tout en utilisant des dispositifs numériques pour une surveillance à distance.

Source : Univadis

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