PHARMANEWS
La lettre hebdomadaire de pharmacie.ma
N°550 28 septembre 2020
12829 Destinataires
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[ ÉDITORIAL ]
À l'impossible, nous sommes tous tenus !

Par Abderrahim Derraji

Lancée en 2009 à l’initiative de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP), la «Journée mondiale des pharmaciens» est célébrée le 25 septembre de chaque année afin de promouvoir le rôle et les missions des pharmaciens auprès du grand public.

La FIP a placé la Journée mondiale des pharmaciens 2020 sous le thème «Le pharmacien est le spécialiste de vos médicaments», et pour rappeler au grand public le rôle de ce professionnel de santé, cette organisation a mis en ligne quatre séquences vidéo qui sont consultables sur son site internet.

À l’occasion de cette Journée et pour la première fois, la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP) a placardé sur son site un message à travers lequel elle félicite et remercie l'ensemble des pharmaciens marocains et leurs quatre millions de confrères à travers le monde pour leur investissement quotidien permettant de garantir à tous un accès sécurisé et un bon usage du médicament.

La deuxième chaîne de télévision marocaine (2M) a aussi tenu à marquer l’événement en diffusant un reportage sur la pharmacie au Maroc avec un focus sur le rôle joué par les officinaux pendant la pandémie du Sars-CoV-2. En guise de conclusion, le présentateur de ce reportage a rappelé que les pharmaciens ne sont pas de simples «vendeurs de médicaments». Il ne croyait pas si bien dire, cette phrase résume presque, à elle seule, les difficultés d’une profession médicale qui peine à se défaire de son «étiquette commerciale».

Jadis, le pharmacien était le dépositaire exclusif d’un art qui lui permettait de préparer les remèdes avant leur dispensation au patient. Mais l'arrivée en force de l'industrie pharmaceutique a petit à petit réduit le rôle du pharmacien à la dispensation des médicaments qui est souvent assimilée à un simple acte de vente.

Les revenus du pharmacien sont aussi étroitement liés au chiffre d'affaires réalisé sur ces ventes. Ce lien rend le pharmacien vulnérable vis-à-vis de toute politique d’économie de santé ne prenant pas en considération la viabilité de l’officine.

Aujourd’hui, il faut militer pour la mise en place d’un honoraire rétribuant l'apport du pharmacien d'officine dans la prise en charge du patient. Mais cet honoraire n’est pas la panacée ! La profession devrait aussi troquer sa lente évolution contre une approche disruptive et proactive sachant tirer profit des expériences étrangères en la matière. Le Canada est un bel exemple à méditer, même si leur contexte est très différent du nôtre. Quant à l’exemple français, il n'est pas moins intéressant puisqu’en dépit d'une résistance farouche des autres professionnels de santé, les pharmaciens et leurs instances ont mené une bataille exemplaire qui leur a permis d’«arracher» de nouvelles missions, notamment la surveillance de certaines maladies chroniques, la vaccination, la téléconsultation via les officines, les tests rapides de diagnostic, etc. Et ils ne vont certainement pas s’arrêter en si bon chemin.

Les pharmaciens marocains savent dans leur majorité ce qui marche et ce qui ne marche pas, et surtout ce qu'il faut faire pour y remédier ! Seulement, le manque de concertation notamment avec leur ministère de tutelle et le contexte hostile qui en résulte sont peu enclins à la mise en place d'un modus operandi à même d’extirper le pharmacien de son marasme.

Aussi, le rêve de voir une profession en phase avec son environnement, une profession tournée vers l’avenir et permettant au pharmacien de vivre dignement de son métier, ne peut se concrétiser que si les pharmaciens comprennent, une fois pour toutes, que sans leur union, aucun sauvetage de l’officine ne peut être envisagé. Quant à certains responsables des organismes professionnels qui ont fait leur temps, il est temps qu’ils cèdent leur place à d’autres pharmaciens plus motivés et qui ont moins de comptes à régler...

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Revue de presse
Covid-19 : La HAS donne son feu vert aux tests antigéniques en pharmacie Covid-19 : La HAS donne son feu vert aux tests antigéniques en pharmacie

La Haute Autorité de la santé (HAS - France) est favorable à l'utilisation et au remboursement des tests antigéniques en situation diagnostique, pour les patients qui ont des symptômes de Covid-19. La présidente de la HAS, Dominique le Guludec, estime que même si ces tests sont moins sensibles que les RT-PCR, leur perte de sensibilité est compensée par leur facilité d'utilisation et la rapidité qu'ils permettent sur le rendu des résultats.

La HAS a pris cette décision pour soulager les laboratoires. Ces tests antigéniques nasopharyngés peuvent être effectués dans les cabinets médicaux et les pharmacies.

«Les officinaux peuvent faire des prélèvements nasopharyngés. Si le ministère de la Santé le décide, des tests nasopharyngés antigéniques pourront donc être proposés en pharmacie sous forme de TROD. Cela multipliera ainsi le nombre d'endroits où l'on pourra réaliser des tests. Tous les professionnels de santé seront d'ailleurs en capacité d'analyser les résultats », a indiqué la HAS. 

Pour être éligibles au remboursement, ces tests antigéniques devront disposer d’un marquage CE, avoir une sensibilité dépassant les 80% combinée à une spécificité de plus de 99%, conformément aux seuils minimaux de performance fixés par la HAS. La HAS indique, par ailleurs, que que ces  tests antigéniques nasopharyngés n'ont pas à être confirmés par RT-PCR, ce qui permettrait un gain de temps considérable.

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Lutényl®/Lutéran®  et risque de méningiome : rappel des recommandations préliminaires Lutényl®/Lutéran® et risque de méningiome : rappel des recommandations préliminaires

Dans un point d’information du 24 septembre 2020, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM - Franc) rappelle que  depuis le début de 2019, elle n’a cessé d’alerter les professionnels de santé et les femmes sur le risque de méningiome associé à l’utilisation d’acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) et d’acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques) dès lors qu'ils sont utilisés à dose élevée et d’une manière prolongée.

Une vaste étude épidémiologique menée en juin 2020 a permis de quantifier pour la première fois ce risque.

Une femme qui prend l’un de ces traitements pendant plus de six mois a environ 3,3 fois plus de risque de développer un méningiome par rapport au risque de base.

Le risque augmente avec la durée du traitement, et également avec la dose utilisée et l’âge de la patiente :

Sous Lutényl® le risque est multiplié par 12,5 à partir de cinq ans de traitement et sous Lutéran®, il est multiplié par 7 pour 3,5 ans de traitement.

Eu égard à ces nouvelles données, des recommandations préliminaires ont été élaborées par un comité d’experts.

Par ailleurs et pour établir les mesures appropriées d’utilisation de ces médicaments progestatifs au regard du risque de méningiome et des besoins des femmes pour lesquelles ces traitements sont justifiés, l’ANSM organise une consultation publique le lundi 2 novembre 2020.

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Toradol : un médicament sur-utilisé chez les joueurs de hockey au Canada Toradol : un médicament sur-utilisé chez les joueurs de hockey au Canada

Un grand nombre de joueurs de hockey de la Ligue nationale de hockey (LNH-Canada) consommeraient du Toradol à chaque match, or cet anti-inflammatoire non stéroïdien à base de kétorolac n’est habituellement prescrit que pour une durée ne dépassant pas les cinq jours.

Ce mésusage a été  révélé lors d’un documentaire «The Problem of Pain» diffusé mardi soir par la chaîne TSN qui a mis en avant les effets indésirables que cet anti-inflammatoire peut induire, notamment une nephrotoxicité, une hépatotoxicité et une atteinte de l’estomac.

Le joueur Ryan Kesler, qui déplore le manque d’information au sujet de cet antidouleur, a affirmé souffrir de nombreux problèmes de santé qui seraient liés à sa surconsommation. Ce joueur a même développé la maladie de Crohn.

Comme il s’agit d’un sport ou il faut être très compétitif, les joueurs continuent à jouer malgré leurs blessures et les douleurs dont ils souffrent. Certains d’entre eux continuent à les prendre même après leur retraite sportive. 

Les joueurs se sont confiés à ce documentaire pour faire connaître cette situation et pour qu’à minima les entraîneurs et les docteurs attirent leur attention sur les effets indésirables du Toradol.

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JPIC 2020 : Journée pharmaceutique internationale de Casablanca - Congrès virtuel Le 20.11.2020 - Casablanca Lire la suite
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