PHARMANEWS
La lettre hebdomadaire de pharmacie.ma
N°547 07 septembre 2020
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[ ÉDITORIAL ]
L’hydroxychloroquine peut prévenir les accidents de trottinette ?

Pas une semaine ne passe sans qu’il n’y ait de nouvelles publications vantant les mérites de l’hydroxychloroquine (HCQ) dans la prise en charge des patients affectés par le nouveau coronavirus, ou démontrant son inefficacité, voire sa toxicité cardiaque chez les malades traités. 

Or, il ne s’agit pas de n’importe quel médicament ! Certains pays comme le Maroc l’ont adopté dans leurs protocoles de prise en charge des patients Covid-19+. 

Ces études et les interprétations qui en sont faites ont divisé les professionnels de santé en deux clans : les pro-HCQ et les anti-HCQ. Elles ont aussi semé le flou dans l’esprit de la population qui a tendance à rallier les pro-HCQ, d’autant plus que les adeptes des théories du complot les opposent aux «Big pharma».

Le climat apaisé qui aurait dû prévaloir pour évaluer en toute sérénité l’apport de cette molécule dans la prise en charge des Covid-19+ a fait place à un débat passionnel où les évidences scientifiques ont de moins en moins droit de cité.

Il faut dire aussi que certains articles publiés par des revues de renommée ont créé un climat délétère qui a aggravé la situation, à l’exemple de l’étude publiée dans «The Lancet» le 22 mai dernier. Les auteurs de cette publication, qui a été présentée comme étant la plus grande étude jamais menée au sujet de l’HCQ, ont conclu que «La prise d’hydroxychloroquine et de chloroquine augmenterait le risque d’arythmie cardiaque et de décès.» 

L’annonce des résultats de cette étude ont provoqué un vrai séisme. Par mesure de précaution, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de suspendre provisoirement les essais cliniques concernant l’HCQ. On a ensuite assisté à un vrai coup de théâtre. Trois des quatre auteurs de la publication décriée ont demandé, le 4 juin, la rétractation de l'article en question !

Suite à l’indignation suscitée par la publication du «Lancet», l'OMS a finalement fait un pas en arrière en annonçant la reprise des essais cliniques avec l'HCQ. Selon le «New England Journal of Medicine» (NEJM), qui avait publié l’étude «Lien entre la mortalité due au Covid-19 et les maladies cardiaques», a fini par procéder à la rétractation de ces travaux.

À côté de ces revues prestigieuses, on trouve certaines revues payantes qui publient à tour de bras des articles sans qu’une vraie relecture par un comité scientifique ne soit assurée.

Récemment, la revue «Asian Journal of Medicine and Health» est tombée dans un «traquenard». Des chercheurs sont arrivés à lui faire publier un article loufoque intitulée  «Contrairement aux attentes, Sars-CoV-2 plus létal que les trottinettes : est-ce que l'hydroxychloroquine pourrait être la seule solution??» 

Ce texte, publié le 15 août et retiré ensuite du site de la revue, comporte des absurdités, avec des références médicales comme les magazines «Picsou» et «Pomme d'Api». Quant aux auteurs, on en trouve de tout, ça va de Nemo Macron (le chien du président français) à Otter F. Hantome (auteur fantôme), en passant par Sylvano Trottinetta et Manis Javanica (nom scientifique du pangolin).

Ces deux exemples et tant d’autres devraient nous interpeller dans une période de tumulte où on a plus que jamais besoin d’informations crédibles et fiables au sujet des traitements pouvant nous aider à endiguer cette  pandémie. 

Des vaccins contre le Sars-CoV-2 vont bientôt être mis à la disposition des malades dans les prochains mois. Malheureusement, et avant même d'évaluer leur  rapport bénéfice/risque, les anti-vaccins ont commencé à distiller des informations dont la finalité est de semer le doute dans l'esprit des personnes qui peuvent être tentées par le vaccin anti-Covid-19. Quant-aux motifs, ils importent peu. On peut utiliser des anciens qui ont fait «leurs preuves», ou en fabriquer au fur et à mesure et «plus c’est gros, plus ça passe !». Bien évidemment, la critique est aisée et les réseaux sociaux sont là pour relayer l’information, ou plutôt la désinformation !

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Revue de presse
Mise à jour du protocole Covid-19 Mise à jour du protocole Covid-19

Le ministère de la Santé vient de mettre à jour le protocole de prise en charge des personnes affectées par le Sars-CoV-2 pour écourter la durée du traitement des Covid-19+ et réduire la pression sur les structures de soins.

Les cas symptomatiques bénins bénéficieront désormais d’une prise en charge à domicile. L’identification des cas suspects repose sur l’observation des symptômes de cette affection : toux, mal de gorge et difficultés respiratoires, etc.

Quand il s’agit d’un cas probable, le traitement commencera après l’examen clinique et devancera le test PCR. Les sujets ayant une température supérieure à 38° seront inclus dans la catégorie des cas suspects, sauf si l’hyperthermie est engendrée par une autre pathologie bien identifiée. Le nouveau protocole considère également tout patient présentant une infection respiratoire aiguë nécessitant une hospitalisation comme un cas suspect.

On classe aussi dans cette catégorie les malades ayant eu un contact avec une personne probable ou affectée par le Sars-CoV-2, en lien avec un foyer infectieux identifié, un professionnel de santé exerçant dans une structure hospitalière ou un laboratoire chargé des analyses médicales et du dépistage de la pandémie.

Les malades ayant présenté une anosmie ou une agueusie feront partie de la catégorie des cas possibles ou plausibles, et il en est de même pour les personnes décédées sans cause apparente dans le cas où le décès fait suite à un essoufflement et que le défunt a côtoyé des personnes suspectes ou atteintes du nouveau coronavirus.  

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Un nouveau test pour différencier le Covid-19 de la grippe Un nouveau test pour différencier le Covid-19 de la grippe

La FDA (Food and drug administration) vient de donner son feu vert pour un test de diagnostique développé par le laboratoire Roche qui permet de distinguer le Covid-19 de la grippe à partir d’un simple frotti nasal ou nasopharyngé unique.

Ce test est également disponible sur les marchés reconnaissant le marquage CE et fait appel aux systèmes de laboratoires Cobas 6.800 et 8.000. Ces derniers peuvent délivrer respectivement jusqu’à 384 et 1.056 résultats par tranche de huit heures.

Ce test sera très utile parce que les symptômes du nouveau coronavirus peuvent être confondus avec ceux de la grippe saisonnière. Or, ces deux affections impliquent des approches thérapeutiques différentes.

Par ce nouveau test, le géant des médicaments et outils de diagnostic helvétique a renforcé sa position de leader dans le domaine du diagnostic du Covid-19 et a pris une longueur d’avance sur ses concurrents : Abbott, Siemens ou Thermafisher.

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Algérie : l’Agence nationale du médicament placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie pharmaceutique Algérie : l’Agence nationale du médicament placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie pharmaceutique

Depuis la publication de l’Ordonnance n° 20-02 du 30 août 2020 modifiant et complétant la loi n° 18-11 du 2 juillet 2018 relative à la santé en Algérie, l’Agence nationale du médicament a été officiellement placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie pharmaceutique.

Cette ordonnance indique «qu’une autorisation temporaire d’utilisation de médicaments non enregistrés peut être délivrée par le ministre chargé de l’Industrie pharmaceutique, après avis de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, lorsque ces médicaments sont prescrits dans le cadre de la prise en charge de maladies graves, qu’il n’existe pas de traitement équivalent sur le territoire national et qu’ils présentent une utilité thérapeutique prouvée.»

Les sociétés de promotion médicale seront dorénavant soumises à un agrément qui leur est délivré par le ministère chargé de l’Industrie pharmaceutique. Quant à la publicité des médicaments à prescription facultative destinée aux professionnels de santé, elle sera soumise au visa technique des services de ce même ministère. 

Cette ordonnance confie aux services du ministère chargé de l’Industrie pharmaceutique ou tout autre service compétent le contrôle spécifique administratif, technique et de sécurité de « - la production, la fabrication, le conditionnement, la transformation, l’importation, l’exportation, l’offre, la distribution, la cession, la remise, l’acquisition, la détention de substances, médicaments ayant des propriétés stupéfiantes et/ou psychotropes ; - l’emploi de plantes ou parties de plantes dotées de propriétés stupéfiantes et/ou psychotropes.»

Plusieurs articles de cette ordonnance sont également dédiés aux essais cliniques.
Source : https://www.algerie-eco.com

 

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