PHARMANEWS
La lettre hebdomadaire de pharmacie.ma
N°492 20 mai 2019
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[ ÉDITORIAL ]
Homéopathie : pas d’effet, pas de remboursement !

Abderrahim Derraji, docteur en pharmacie

D’après le quotidien français "Le Monde", la Commission de transparence de la Haute Autorité de la santé (HAS) aurait émis "un avis défavorable au maintien de la prise en charge par l’Assurance maladie des médicaments homéopathiques".


L’avis en question indique "qu’aucune étude n’a démontré la supériorité en termes d’efficacité (…) de l’approche homéopathique par rapport à des traitements conventionnels ou au placebo".

L'homéopathie se base sur un concept élaboré dès 1796 par un médecin allemand, Samuel Hahnemann. Ce concept repose sur le principe que ce qui provoque une maladie peut également aider à la soigner et à la prévenir. Les homéopathes sont persuadés que l’homéopathie fonctionne en stimulant le corps à se soigner lui-même.

La préparation des granules et des doses fait aussi appel au processus de dilutions en série et d'agitations qui "augmente" la puissance du produit malgré sa concentration insignifiante en actifs. Ces deux principes sont contestés par un grand nombre de professionnels de santé même si 72% des Français pensent que l’homéopathie a des effets positifs sur la santé et 52% ont déclaré consommer des granules ou des doses homéopathiques (1).

La décision définitive de la HAS, qui permettra à l’Assurance maladie d’économiser, en théorie, 129,6 millions d'euros (sur un total de 19,9 milliards pour l'ensemble des médicaments remboursés), est très attendue d’autant plus que ces dernières années des voix se lèvent de plus en plus contre cette médecine alternative.

En effet, un rapport de l'EASAC (Conseil scientifique des Académies des sciences européennes) publié en 2017 reproche à l’homéopathie : "l'absence de preuve solide et reproductible de l'efficacité". Cet organisme, qui conseille les décideurs européens, craint même des effets nocifs qui peuvent apparaître à chaque fois que le patient se contente de l’homéopathie au lieu de prendre rapidement les traitements appropriés.

Les auteurs de ce rapport ont recommandé l'arrêt du remboursement des produits homéopathiques "à moins que démonstration n'ait été faite, par des tests rigoureux, qu'ils étaient efficaces et sans danger". Ils ont aussi suggéré l’adoption d’un étiquetage plus clair et que des preuves soient apportées pour chaque prétention publicitaire relative à leur efficacité et à leur sécurité.

Les Académies françaises de médecine et de pharmacie ne sont pas restées les bras croisés. Puisqu’elles ont publié le 28 mars dernier(2) un communiqué affirmant que les me?ta-analyses rigoureuses n’ont pas permis de démontrer une efficacité des préparations homéopathiques. C’est la raison qui a poussé les Sages à formuler des  recommandations pour dé-rembourser les produits homéopathiques et mettre fin aux diplômes universitaires d’homéopathies qui ne devraient plus être délivrés par les facultés de médecine et de pharmacie. D’ailleurs, la Faculté de médecine de Lille a suspendu son diplôme d’homéopathie pour l’année universitaire 2018-2019.

Bien que personne ne puisse contester le libre choix du malade, la France semble de plus en plus suivre les pas de l’Angleterre. Cette dernière qui, malgré le fait que les dépenses relatives aux médicaments homéopathiques ne dépassent pas 103.000 euros (moins de 5% de l’enveloppe globale des dépenses de santé), a annoncé via le National Health Service britannique (NHS), en juillet 2017, le déremboursement de cette catégorie de médicaments. Cette décision a été attaquée en justice par la principale association britannique d'homéopathie, mais la Haute Cour de justice l’a retoquée.

La HAS rendra son avis définitif le mois prochain. C’est sur cet avis que le Gouvernement français s’appuiera pour décider de maintenir le remboursement ou non des produits homéopathiques. La partie s’annonce difficile pour les laboratoires homéopathiques qui ont de plus en plus de mal à justifier une médecine empirique à l’heure où le service médical rendu  règne sans partage… 

 

Source :
1- http://www.odoxa.fr/sondage/homeopathie-autres-medecines-alternatives-complementaires-patients-medecins-a-front-renverse/
2- http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2019/03/CP-homéopathie-ANM-ANP.pdf

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Revue de presse
Les pictogrammes grossesses prêtent à confusion ! Les pictogrammes grossesses prêtent à confusion !

Lors d’une séance qui s’est tenue le 15 mai à l’Académie de pharmacie (France), des recommandations ont été formulées pour redéfinir le périmètre du décret instaurant les pictogrammes grossesse.

Les Sages préconisent que "seules les substances ayant fait la preuve de leur effet délétère pour la grossesse humaine devraient être visées par une action de communication de cette nature, avec apposition d’un pictogramme “interdit”. Pour les autres substances, aucun pictogramme ne devrait être apposé". Dans ce cas de figure, «les échanges entre les prescripteurs, pharmaciens et patientes, sur la base des informations médicales et des notices devraient suffire, évitant de surcroît les effets d’alerte inutiles et contre-productifs».

Ces recommandations ont pour but d’éviter les confusions engendrées depuis l’adoption de deux pictogrammes grossesse : "médicament + grossesse = interdit" et "médicament + grossesse = danger".

Les Sages déplorent que le pictogramme «danger» conduise certaines patientes à s’abstenir de tout traitement, même quand il est indispensable.

Par ailleurs, les patientes ont du mal à faire la différence entre les deux types de pictogrammes qui se ressemblent.

À ceci s’ajoutent des appositions différentes de pictogramme pour des médicaments ayant la même composition en raison des modalités d’application qui ne sont pas claires. À titre d’exemple, on trouve le logo "Danger" sur l'azathioprine d'EG Labo et Téva et le logo "Interdit" sur l'azathioprine Mylan et le princeps Imurel !
Source : Lequotidiendupharmacien.fr

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Paracétamol : L’ajustement posologique n’est pas toujours au rendez-vous ! Paracétamol : L’ajustement posologique n’est pas toujours au rendez-vous !

L’analyse de 1.800 prescriptions de paracétamol ayant cours au sein du CHU de Rennes sur une période de 7 jours a révélé une forte prévalence de prescriptions à forte dose de paracétamol sans ajustement de dose chez les patients souffrant d’une insuffisance hépatique ou d’alcoolisme chronique.

Les auteurs de cette étude rappellent que les RCP (résumé des caractéristiques du produit) présentent des posologies de mise en garde différentes selon les formulations commercialisées. L’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) se penche actuellement sur cette problématique et devrait statuer avant la fin de l’année. 


Cette étude intéressante démontre tout l’intérêt que nous avons à continuer à sensibiliser les prescripteurs sur les facteurs de risque d’hépatotoxicité nécessitant une adaptation posologique du paracétamol, d’autant plus que le paracétamol reste le premier médicament impliqué dans les cas d’overdoses intentionnelles ou accidentelles.


Sept facteurs de risque exposent les patients à une plus grande vulnérabilité et toxicité hépatique en cas d’ingestion de fortes doses de paracétamol. Quand l’âge du patient dépasse 75 ans, l’alcoolisme chronique, un poids inférieur à 50 kg, la malnutrition, l’hépatite virale chronique, l’IRC sévère et l’insuffisance hépatocellulaire. D’autres études ont mis en évidence l’absence d’adaptation posologique systématique dans ces contextes cliniques.
Source : Univadis

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Feu vert de la Commission européenne pour Dupixent Feu vert de la Commission européenne pour Dupixent

Après l’autorisation en 2018 du Dupixent dans le traitement de l’asthme par la Food and Drug Administration (FDA), la Commission européenne vient, à son tour, de donner son accord pour la commercialisation de Dupixent dans le traitement de l’asthme sévère.

Ce médicament biologique, développé par le laboratoire Sanofi, est indiqué à partir de l’âge de 12 ans comme traitement adjuvant d’entretien de l’asthme sévère caractérisé? par une inflammation de type 2 avec élévation du taux d’éosinophiles et/ou de la quantité de monoxyde d’azote dans l’air exhale? (FENO), inadéquatement contrôlé par de fortes doses de corticoïdes inhalés en association avec un autre médicament prescrit en traitement d’entretien.

"Les personnes souffrant d’asthme sévère non contrôlé malgré un traitement standard continuent de présenter des difficultés respiratoires et des exacerbations asthmatiques potentiellement mortelles. Ce fardeau quotidien et le caractère imprévisible de la maladie peuvent sensiblement entamer leur qualité? de vie et se répercutent sur leur assiduité scolaire ou professionnelle, ainsi que sur leur vie sociale», a indiqué Tonya Winders, pre?sidente de la Global Allergy and Asthma Patient Platform (GAAPP). «La GAAPP se félicite de la mise à? disposition de nouveaux traitements comme Dupixent conc?us pour aider les personnes atteintes d’asthme sévère à contrôler leurs symptômes et a? vivre le plus normalement possible." (1)

"Dans les essais cliniques, Dupixent a amélioré la fonction respiratoire et la qualité de vie, et réduit les exacerbations sévères ainsi que la consommation de corticoïdes par voie orale", indique le communiqué de Sanofi.

Rien qu'en 2018, Dupixent a généré un chiffre d’affaires de 788 millions d’euros. D’après «Le Figaro» (2), Dupixent pourrait rapporter gros et entrer rapidement dans la catégorie des médicaments réalisant plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires par an, d'autant que d’autres indications pourraient être validées les années prochaines.

  1. http://hugin.info/152918/R/2243590/885748.pdf
  2. http://www.lefigaro.fr/societes/asthme-vers-un-nouveau-medicament-vedette-pour-sanofi-20190507
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Les médicaments à base de fenespiride bannis en Europe Les médicaments à base de fenespiride bannis en Europe

Le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne du médicament (EMA), et après avoir évalué les données disponibles concernant les médicaments à base de fenesperide, a conclu, vendredi dernier, que ces spécialités pharmaceutiques peuvent provoquer des troubles du rythme cardiaque.

Par mesure de précaution, il est recommandé aux malades qui détiendraient des médicaments à base de fenesperide de ne plus les utiliser.

Le laboratoire Servier commercialise le fenesperide sous la désignation commerciale Pneumorel en France et au Portugal, et sous la marque Eurespal en Roumanie, en Pologne et en Bulgarie. Ce produit est indiqué contre la toux et pour l’expectoration lors des maladies broncho-pulmonaires.

Au Maroc, le ministère de la Santé a suspendu l’autorisation de mise sur le marché du Pneumorel avec rappel de lots au mois de février dernier(1).   

1- https://pharmacie.ma/uploads/pdfs/Pneumorel-DMP.pdf

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