PHARMANEWS
La lettre hebdomadaire de pharmacie.ma
N°469 17 décembre 2018
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[ ÉDITORIAL ]
Il faut redoubler de vigilance !

Par Abderrahim DERRAJI

La Société marocaine de pharmacovigilance a organisé, les 14 et 15 décembre à Rabat, son onzième Congrès sur le thème «Pharmacovigilance au Maroc, 30 ans après…»

Cet événement, qui a connu une forte participation, a permis aux nombreux experts et professionnels de santé de brosser un état des lieux des vigilances au Maroc à travers des présentations aussi riches que diversifiées.

La directrice du Centre marocain de pharmacovigilance (CMPV), le Pr Rachida Soulaymani, a ouvert ce conclave en rappelant les nombreuses réalisations du CMPV, centre dont le rôle est axé essentiellement sur les aspects techniques et scientifiques des vigilances. Ce centre jouit d’une bonne réputation internationale ce qui lui a valu d’être nommé, en 2011, Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Bien que ce centre gagnerait à recevoir davantage de notifications d’effets indésirables de la part des professionnels de santé et des industriels, et bien qu’il soit également handicapé par l’insuffisance de son cadre juridique basé essentiellement sur des circulaires dépassées, ce Centre reste la clef de voûte de la surveillance des médicaments et des produits de santé au Maroc.

Le rôle d’un tel centre s’affirme de jour en jour, d’autant plus que les scandales ayant touché récemment certains médicaments et certains dispositifs médicaux ont eu raison de la confiance que plaçaient les usagers des médicaments et des autres produits de santé dans les autorités de régulation sanitaire des pays touchés par ces scandales. Ces affaires ont aussi exacerbé la méfiance des patients vis-à-vis des médicaments et des laboratoires pharmaceutiques.

Par les temps qui courent, il ne fait pas bon d’occuper un poste de responsabilité au sein des autorités de régulation sanitaire. En effet, comment peut-on annoncer à un hypertendu que le médicament qu’il utilise depuis des années contient un principe actif, un excipient ou une impureté potentiellement cancérogène ? On peut également se demander si le fait d’actualiser le RCP (Résumé des caractéristiques du produit) suffit, à lui seul, à dissiper les craintes du patient qui préfère de loin une hypertension à un cancer !

Aujourd’hui, les autorités sanitaires ne ménagent aucun effort pour maîtriser les conflits d’intérêts des experts. Elles essayent, également, de corriger les déficiences en matière de communication notamment en impliquant les associations des malades. Mais ces mêmes autorités peinent à trouver des stratégies idoines leur permettant de faire face à la «désinformation» véhiculée en masse par certains médias et relayée par les réseaux sociaux.

Probablement, la société va mettre du temps à s’accommoder avec ces nouveaux modes de communication faits de post, de tweet et de buzz. En attendant, les professionnels de santé, les sociétés savantes et les journalistes engagés doivent redoubler de vigilance et conjuguer leurs efforts pour mettre en place un système de veille permettant de traquer les articles de presse comportant de fausses informations et/ou des inepties. Faute de quoi on risque de voir de plus en plus de patients abandonner des traitements qui peuvent être vitaux.

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Revue de presse
Pénurie du Sintrom en Tunisie : le torchon brûle entre les pharmaciens et le ministre de la Santé Pénurie du Sintrom en Tunisie : le torchon brûle entre les pharmaciens et le ministre de la Santé

Lors du Colloque national sur la santé des jeunes, qui a eu lieu à Hammamet le 13 décembre 2018, le ministre de la Santé, Abderraouf Cherif, a déclaré «qu’il n’y a plus de pénurie du Sintrom, mais ce sont les pharmaciens qui ne veulent pas le commercialiser parce qu’il est vendu à 2 dinars !» 

Abderraouf Cherif, qui n’occupe son poste que depuis un mois, a par ailleurs affirmé qu’il s’était entretenu, le 1er décembre, avec les responsables de la Pharmacie centrale au sujet de la rupture de stock qui affecte cet anticoagulant. Et d’ajouter que des mesures ont été prises pour approvisionner le marché tunisien en ce produit.

La réaction du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) ne s’est pas fait attendre. Par un communiqué officiel daté du 14 décembre, le Dr Chedly Fendri, président du CNOPT, a rappelé qu’il s’agit d’un problème d’approvisionnement international. Il a aussi assuré que les pharmaciens ne ménagent aucun effort pour s’acquitter de leurs devoirs, seulement les quantités importées de ce médicament ne suffisent pas à répondre aux besoins du pays. 

Le président du CNOPT a rappelé aussi que l’instance ordinale suit de près ces ruptures et qu’elle a contacté la Pharmacie centrale pour trouver des solutions à même de garantir une répartition équitable de ce médicament chez tous les pharmaciens.

Dr Fendry exhorte le successeur d’Imed Hammami de rentrer en contact avec l’Ordre des pharmaciens avant de faire des sorties médiatiques pouvant nuire à la bonne image de marque dont jouit le pharmacien tunisien.
Courrier du président du CNOPT

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Une convention de e-learning signée entre le ministère de la Santé et Johnson & Johnson Morocco Une convention de e-learning signée entre le ministère de la Santé et Johnson & Johnson Morocco

Dans un communiqué du 15 décembre, le ministère de la Santé annonce que Hicham Nejmi, secrétaire général du ministère de la Santé, a présidé, le vendredi 14 décembre 2018 au siège du ministère de la Santé, la cérémonie de signature d’une convention avec la société Johnson & Johnson Morocco relative à la dématérialisation de la formation professionnelle continue.

En adoptant un tel projet, le ministère de la Santé vise à réduire le coût inhérent à la formation présentielle et permettre à un nombre plus important de professionnels de santé d’accéder à une formation à distance dénuée de toute contrainte de temps et d’espace.

Les deux premiers modules de formation à distance rentrent dans le cadre des Programmes nationaux de lutte antituberculeuse et du Sida. Six régions pilotes sont concernées : Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Tanger-Tétouan-El Hoceïma et Souss-Massa.

Dans sa stratégie de e-santé, le ministère de la Santé prévoit d’autres projets de formation destinés aux professionnels de santé, comme il prévoit des modules qui rentrent dans le cadre de l’éducation sanitaire du grand public.

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Greffe de cœur : des babouins greffés par des cœurs de cochons ont survécu 6 mois Greffe de cœur : des babouins greffés par des cœurs de cochons ont survécu 6 mois

Après l’opération réalisée par une équipe de chercheurs américains et allemands qui a montré qu’un cœur porcin pouvait battre plus de deux ans et demi dans la poitrine d’un babouin, une équipe scientifique, composée de chercheurs allemands, suisses et suédois, a réussi une xénogreffe ayant permis à deux babouins de vivre plus de six mois avec un cœur de porc.

Pour réaliser cette prouesse, ils ont réalisé plusieurs modifications génétiques chez les porcs pour que le système immunitaire des babouins ne reconnaisse pas le cœur transplanté comme étant un élément étranger. L’équipe de chercheurs a également administré aux babouins des immuno-suppresseurs tout le long de l’expérience.

En plus de ces médicaments anti-rejet, les chercheurs ont administré aux babouins du temsirolimus pour empêcher les cœurs des petits cochons de grandir une fois transplantés chez les babouins ce qui risque d’altérer les organes avoisinant le cœur. Ils ont également réduit la pression sanguine des babouins pour l’adapter à celle des cochons, et donc à leur nouveau cœur.

Les chercheurs ont également innové en matière de conservation du greffon. Au lieu de plonger le cœur dans une solution glacée, ils l’ont branché à une machine pompant régulièrement un mélange oxygéné de sang et de nutriments. Et pour éviter que le cœur nécrose, ils ont prévu des infusions de sang répétées.

Cette première réalisée à Munich constitue une avancée considérable en faveur de la greffe de cœur d’animal chez l’homme. De nombreux obstacles médicaux et éthiques restent cependant à franchir.
Source : http://sante.lefigaro.fr

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Cannabis thérapeutique : l’ANSM publie la synthèse des avis du CSST Cannabis thérapeutique : l’ANSM publie la synthèse des avis du CSST

Le Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) sur l’évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France a été créé le 10 septembre 2018 par l’Agence de nationale de sécurité du médicament (ANSM-France). 

Le CSST a tenu 3 réunions dans le but d’évaluer l'intérêt thérapeutique du cannabis dans le traitement de certaines pathologies ou certains de leurs symptômes. Ce comité a également passé en revue les expériences et la réglementation nationale et internationale concernant le recours au cannabis thérapeutique.

Le Comité estime qu’il est pertinent d’autoriser l’usage du cannabis à visée thérapeutique pour les patients dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance des thérapeutiques, médicamenteuses ou non, accessibles.

Le recours au cannabis peut être envisagé en complément ou en remplacement de certaines thérapeutiques.

Les situations thérapeutiques retenues par les experts pour l’usage de cannabis à des fins médicales sont comme suit :
- Douleurs réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles.
- Certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco-résistances dans le cadre des soins de support en oncologie.
- Les situations palliatives.
- La spasticité douloureuse de la sclérose en plaques.

Le Comité préconise, également, qu’un suivi des patients traités soit mis en place sous forme d’un registre national pour assurer une évaluation de son bénéfice/risque, qu’une évaluation des effets indésirables soit régulièrement faite par les réseaux de pharmacovigilance et d’addictovigilance et que la recherche soit favorisée.

Le Comité souhaite pour que l’ensemble de ces propositions soit appliqué et qu’une évolution de la législation soit mise en œuvre.

Par ailleurs, considérant les risques pour la santé, le comité exclut la voie d’administration fumée pour le cannabis à visée thérapeutique. Il rendra le cas échéant un avis détaillé sur les différentes voies d’administration possibles.
Source : ANSM

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