PHARMANEWS
La lettre hebdomadaire de pharmacie.ma
N°468 10 décembre 2018
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[ ÉDITORIAL ]
Décembre : l’heure est aux bilans !

Par Abderrahim Derraji

Chez les pharmaciens, le mois de décembre est synonyme d’inventaires et de bilans, mais le hasard a voulu que ça soit également le mois où ont été promulgués ou publiés les principaux textes de loi qui régissent le secteur de la pharmacie, à commencer par le Dahir portant règlement sur l’importation, le commerce, la détention et l’usage des substances vénéneuses. Ce texte de loi quasi centenaire et toujours en vigueur a été signé de la main d’Urbain Blanc, le 2 décembre 1922.

Le Dahir n° 1-06-151 portant promulgation de la loi n° 17-04 a été aussi publié au mois de décembre 2006. De nombreuses dispositions de cette loi portant Code du médicament et de la pharmacie nécessitent aujourd’hui une réactualisation pour qu’elles puissent de s’adapter à l’évolution que connaît le secteur. Paradoxalement, certains textes d’application de cette même loi n’ont toujours pas été publiés. Pire, même quand les textes d’application existent, leur effectivité reste tributaire du bon vouloir de l’administration. À titre d’exemple, les dispositifs médicaux stériles qui font partie du monopole du pharmacien depuis 2006 continuent à être vendus comme n’importe quelle vulgaire marchandise, sans aucun respect des exigences les plus élémentaires que nécessitent ces produits sensibles. Pourtant, le Dahir n ° 1-13-90 portant promulgation de la loi 84-12 relative aux dispositifs médicaux, ses décrets et ses arrêtés ont bel et bien été publiés. Pour que ces textes deviennent effectifs à 100%, l’administration attend la publication de la pharmacopée de référence. Or la pharmacopée a déjà été prévue par le Dahir de 1960 et devrait, de ce fait, s’appliquer en attendant la publication de l’arrêté en question.

Le Dahir portant loi n° 1-75-453 instituant un Ordre des pharmaciens a aussi vu le jour le 17 décembre 1976. Ce texte qui était valable à une époque où le nombre de pharmaciens dépassait à peine quelques centaines, est devenu aujourd’hui anachronique et ne permet plus aux conseils de l’Ordre de réguler une profession qui compte plus de 11.000 ressortissants.

Un autre texte qui n’est pas moins important a été publié le 18 décembre 2013. Il s’agit du Décret 2-13-852 relatif aux conditions et aux modalités de fixation du prix public de vente des médicaments fabriqués localement ou importés. Ce texte a eu un effet immédiat puisqu’il a nivelé vers le bas, aussi bien le prix des médicaments que le moral de tous les acteurs du secteur. À ceci, s’ajoutent les baisses quinquennales qui affectent régulièrement les prix des princeps et de leurs génériques. Ce texte de loi, qui a été à l’accès aux médicaments ce que le mercurochrome est à la jambe de bois, a eu des effets pervers du fait que les médicaments ayant un prix inférieur au prix en vigueur dans les pays du benchmark n’ont pas été revus à la hausse. Ceci explique en partie les pénuries récurrentes qui affectent un grand nombre de spécialités pharmaceutiques.

Le 29 décembre 2004 est également un jour que les pharmaciens ne sont pas prêts d’oublier puisque c’est la première fois qu’ils ont fait une grève avec fermeture de la totalité des officines du pays. Cette grève et celle du 7 janvier 2005 ont permis aux pharmaciens d’engager un bras de fer qui a permis de dépouiller le projet de la loi 17-04 d’un grand nombre d’aberrations.

C’est également la date du 3 décembre 2018 que la Confédération des Syndicats des pharmaciens a choisie pour organiser un sit-in devant le ministère de la Santé. Ce sit-in mémorable a connu une large participation des officinaux qui ont fait le déplacement des quatre coins du Royaume pour manifester leur désapprobation vis-à-vis de la dégradation de leurs conditions de travail et de leur situation économique désastreuse. De son côté, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc a aussi appelé à une grève le 27 décembre.

Malheureusement, la Direction du médicament et de la pharmacie n’a pas su ou pu, durant la dernière décennie, jouer le rôle qui lui incombe pour accompagner un secteur qui a eu à subir, entre autres, le cataclysme des baisses de prix. Avec l’arrivée du nouveau directeur du médicament et de la pharmacie, le secteur a timidement renoué avec l’espoir. Mais, sans signaux forts et des actions concrètes avec un effet à court terme, le secteur risque de perdre, en peu de temps, des acquis qui ont demandé plusieurs décennies de sacrifices et d’efforts.

 

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Revue de presse
Augmentation de 50 % de la taxe sur les boissons sucrées Augmentation de 50 % de la taxe sur les boissons sucrées

Au Maroc, les députés de la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des Représentants ont proposé des amendements au projet de loi de finances 2019. Cette proposition a abouti à deux mesures importantes qui ont été adoptées à l’unanimité par la Commission et lors de la séance plénière de la première chambre.

D’une part, une hausse de 50% de la TIC (taxe intérieure sur la consommation) sera appliquée aux boissons gazeuses ou non contenant du sucre. D’autre part, une TVA spécifique de 70 dirhams/hectolitre sera appliquée aux boissons, gazeuses ou non, contenant plus de cinq grammes de sucre par 100 ml.

Ces mesures font suite aux conclusions du rapport du Haut Commissariat au Plan sur l'obésité réalisé en 2011. Ce rapport a révélé que 10,3 millions de Marocains adultes sont en situation d’obésité ou pré-obésité (dont 63,1% de femmes). Ce rapport confirme les chiffres publiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime à 14% le pourcentage des enfants touchés par l’obésité.

D’après une étude menée par le cabinet McKinsey en 2014, l’obésité coûte 24 milliards de dirhams par an aux finances publiques marocaines, soit environ 3% du PIB du Royaume.

Ces mesures, qui sont en bonne voie pour être appliquées au Maroc, sont en phase avec le Rapport de l’OMS «Fiscal policies for Diet and Prevention of Noncommunicable Diseases» qui révèle que la taxation des boissons sucrées permet de faire baisser la consommation de ces produits et de faire reculer le nombre de cas d’obésité, de diabète et d’autres maladies chroniques et coûteuses.

En adoptant ce système de taxation, le Mexique, la France et la Grande-Bretagne ont pu obtenir une diminution de la consommation des boissons sucrées.
Source : OMS

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Bayer licencie en masse ! Bayer licencie en masse !

Werner Baumann, Directeur général de Bayer, a annoncé le 29 novembre un sévère plan de restructuration de son groupe. Ce plan touchera l'ensemble des divisions et devrait affecter 10% de l’effectif, soit 12.000 postes à travers le monde !

Par ce plan qui commencera en 2019 et sera finalisé d'ici fin 2021, Bayer vise à rationaliser son portefeuille produits et initier des mesures drastiques permettant d’améliorer l'efficacité, l'innovation, la productivité et la rentabilité.

Et même si la division «Santé animale» bénéficie d'un marché attractif, le groupe préfère la céder et redéployer ses efforts pour ses principales activités : Pharmacie, Santé grand public et Crop Science. Le groupe pourrait également se débarrasser des 60% de parts qu'il détient dans le capital de l'Allemand Currenta, fournisseur de services industriels sur site.

La «Santé grand public» pourrait également être touchée. Bayer projette de céder Coppertone et Dr Scholl.

Bayer va de ce fait, couper des ressources en interne pour les redéployer vers les collaborations extérieures. Environ 900 postes de Recherche et développement (R&D) seront supprimés ainsi que 350 emplois en raison de l'abandon de l'usine allemande à Wuppertal.

«Ces décisions ne sont pas rendues nécessaires par la récente acquisition. Et certainement pas par les contentieux liés au glyphosate aux États-Unis», a déclaré Werner Baumann.

Il est difficile d’affirmer que ces restructurations ne sont pas liées à Monsanto. Parce que, d’une part, son acquisition a coûté la bagatelle de 60 milliards de dollars et, d'autre part, les 8.000 plaintes liées au glyphosate risquent de coûter assez cher au groupe.

En moins de 18 mois, Bayer a perdu la moitié de sa capitalisation boursière et le titre évolue aujourd’hui autour de 65 euros par action.
Source : https://www.info-chimie.fr

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Opération Smile : 184 patients opérés à Tanger Opération Smile : 184 patients opérés à Tanger

D’après un communiqué de la MAP du 7 décembre 2018, 184 patients, essentiellement des enfants originaires de la ville de Tanger et des villes avoisinantes, ont bénéficié de chirurgies correctives dans le cadre de l’Opération Smile.

Cette opération qui s’est déroulée pour la quatrième fois à Tanger, a été un «franc succès» et a dépassé son objectif initial de 160 patients, avec un taux de réussite de 100%.

L’équipe médicale multidisciplinaire et multinationale qui gère l’opération a «eu la bienveillance d’élargir ses journées de travail pour pouvoir s’accommoder à un plus grand nombre de patients», a souligné Mme Mahmoudi, co-fondatrice de l’Opération Smile Morocco.

De son côté, le ministre de la Santé, Anas Doukkali, s’est félicité de l’opération, qui est à sa 19e édition, et qui a permis à 11.000 enfants souffrants de malformations faciales de retrouver le sourire.

«À travers ces opérations, il y a un transfert du savoir-faire qui nous permet de continuer à faire ces opérations même tout au long de l’année dans certains hôpitaux», a affirmé le ministre de la Santé.

L’association Opération Smile Morocco, qui opère sous la Présidence d’Honneur de S.A.R. la Princesse Lalla Mariam, a pratiqué ces opérations à titre gracieux grâce à un partenariat avec l’Union des promoteurs immobiliers de Tanger et le ministère de la Santé.

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