Article N° 8402
VENTOLINE - GSK - EMPREINTE CARBONE
Ventoline se met au vert : GSK réduit de 92 % l’empreinte carbone de son inhalateur
Abderrahim Derraji - 05 septembre 2026 17:06Réduire l’impact environnemental des médicaments sans compromettre leur efficacité constitue désormais un enjeu important pour l’industrie pharmaceutique. GSK vient de franchir une nouvelle étape dans cette direction en annonçant des résultats positifs de phase III pour une nouvelle version à faible empreinte carbone de son inhalateur-doseur Ventoline (salbutamol).
Utilisé depuis plusieurs décennies dans le traitement symptomatique du bronchospasme, notamment chez les patients asthmatiques ou atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), le salbutamol administré par inhalation constitue l’un des médicaments respiratoires les plus largement utilisés dans le monde.
La particularité du nouveau Ventoline ne réside pas dans son principe actif, mais dans le gaz propulseur permettant de délivrer le médicament. Les inhalateurs-doseurs pressurisés utilisent en effet des hydrofluorocarbures (HFC), gaz dont le potentiel de réchauffement climatique peut être important.
GSK a donc développé une nouvelle formulation utilisant le HFA-152a, un propulseur présentant une empreinte climatique nettement inférieure à celle des gaz actuellement utilisés.
Selon le laboratoire, son adoption permettrait de réduire d’environ 92 % les émissions de gaz à effet de serre associées à chaque inhalateur, sans modifier le bénéfice thérapeutique attendu.
Les résultats de l’étude de phase III constituent à cet égard une étape essentielle. Ils montrent que la nouvelle formulation présente une équivalence thérapeutique avec le Ventoline actuel, avec un profil de sécurité comparable. Autrement dit, la réduction de l’impact environnemental ne se ferait pas au détriment de l’efficacité ou de la tolérance du traitement.
L’enjeu est considérable pour GSK. Ventoline représenterait à lui seul environ 45 % de l’empreinte carbone mondiale du groupe pharmaceutique. Une diminution massive des émissions associées à cet inhalateur pourrait donc avoir un effet significatif sur le bilan environnemental global de l’entreprise.
Le laboratoire prévoit des dépôts auprès des différentes autorités réglementaires afin de permettre la commercialisation de cette nouvelle génération d’inhalateurs. GSK ambitionne d’en faire progressivement une alternative durable pour les décennies à venir.
Au-delà de Ventoline, cette innovation illustre une transformation plus large de l’industrie pharmaceutique. L’empreinte environnementale d’un médicament ne dépend pas uniquement de sa fabrication ou de son transport : sa formulation, son dispositif d’administration et sa fin de vie doivent également être pris en considération.
Pour les traitements des pathologies respiratoires, utilisés quotidiennement par des millions de patients, le choix du dispositif peut donc devenir un véritable levier de décarbonation.
À condition toutefois de respecter une priorité fondamentale : la transition écologique du médicament ne peut se faire au dépend de son efficacité, sa sécurité et son accessibilité.
Source : PharmaNEWS
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