Article N° 6268

FAKE NEWS

Tout ce que tu dis ou tu ne dis pas risque d’être retenu contre toi !

Abderrahim DERRAJI - 11 février 2019 16:42

Si vous êtes du genre sensible, il vaut mieux vous abstenir de feuilleter certains quotidiens nationaux, ou de jeter un coup d’œil sur ce qui circule sur la Toile. Les journalistes et les internautes ne parlent plus que du virus AH1N1. Certains supports laissent même supposer qu’on est à l’aune d’une hécatombe.

Malheureusement, la science et l’expertise peinent de plus en plus à rivaliser avec des contenus mis en ligne à la va-vite dont les auteurs ne donnent pas l’impression d’accorder de l’importance à l’impact de leurs écrits sur leur lectorat. Chacun y va de sa propre analyse en jouant, sans le savoir ou en parfaite connaissance de cause, à celui qui fait le plus peur. Conséquence prévisible : une hystérie s’est emparée d’un large pan de la société marocaine.

Pourtant, le ministre de la Santé, Anas Doukkali, a relaté la situation telle qu’elle se présente au Maroc. Des experts se sont également relayés à travers les différents canaux médiatiques pour rappeler que le virus de la grippe AH1N1, qui sévit actuellement au Royaume et dans la plupart des pays, donne une simple grippe. Ce virus ne présente pas plus de danger que les autres virus circulants. Par ailleurs, Anas Doukkali n’a pas manqué de mettre l’accent sur les moyens de prévention et les risques qui peuvent survenir chez les personnes vulnérables non vaccinées. Mais malheureusement, les communiqués officiels du ministère de la Santé ne semblent pas trouver preneur chez certains médias classiques, ni chez certains «influenceurs» du web qui préfèrent verser dans le catastrophisme.

Cette situation est le fruit d’une démonopolisation de l’information qui s’accompagne d’un foisonnement d’un grand nombre de sites internet qui ne brillent malheureusement pas par l’exactitude des informations qu’ils diffusent. Cette situation qui n’est pas propre au Maroc met l’adaptabilité du service de communication du ministère de la Santé à rude épreuve. Les responsables de ce département doivent à chaque fois savoir s’il faut réagir ou pas et surtout quand et comment le faire. La sortie médiatique doit à la fois informer en toute transparence en veillant à ne pas affoler la population. Le service de communication du ministère de la Santé ne peut pas non plus faire l’économie d’une vraie stratégie dont la finalité est de traquer les fake news et de régir à chaque fois que c’est nécessaire. Mais, eu égard à l’augmentation exponentielle du nombre des sites d’informations, le département d’Anas Doukkali aura de plus en plus du mal à suivre, et les citoyens vont avoir de plus en plus du mal à séparer le bon grain de l’ivraie.

Pour conclure, à défaut de pouvoir faire face à cette avalanche d’écrits nuisibles à nos concitoyens, on n’a d’autre choix que d’envisager une approche pour leur apprendre à mieux utiliser la Toile et surtout à être vigilants et ne pas prendre pour argent comptant tout ce qu’ils lisent. 

Source : PharmaNEWS 477